Archive pour novembre 2007

30
Nov
07

Panique sous-marine aux iles Farasan, Arabie Saoudite, Part 1

Je parie que très peu d’entre vous ont déjà entendu parler des iles Farasan. La raison principale à cela vient du fait qu’elles se trouvent dans un pays qui ne délivre pas de visas touristiques : l’Arabie Saoudite. Mais ce pays renferme des trésors cachés encore vierge de prédateurs que je vous ferai peu à peu découvrir…

Les iles Farasan se situent à l’extrême sud ouest de l’Arabie, tout près de la frontière avec le Yemen, en face de la ville de Jizan, dans la délicieuse mer rouge… Et c’est là que je voulais aller…J’avais entendu parler de ces iles comme d’un paradis pour les plongeurs. Et comme j’avais passé mon PADY (diplôme de plongé premier degré) en Thaïlande quelques mois auparavant, je décidai donc d’organiser une escapade à plusieurs plongeurs pour aller voir ça d’un peu plus prés !

On ne peut pas aller à l’improviste aux iles Farasan, la zone est gardée par l’armé. Il faut une autorisation spéciale pour s’y rendre. Il n’y existe qu’un petit hôtel, sur l’ile principale de Farasan Kabir, tenu par un passionné de plonger, Mohamed, travaillant la semaine à Riyad, à quelques 2500 kilomètres de là. Etant moi-même à Riyad (« jardin » en arabe), je décide de le rencontrer pour avoir plus de détails sur la façon de procéder. Momo avait 2 bateaux, il travaillait sur commande uniquement. Il me proposait un forfait 2 nuits à l’hôtel pension complète et 2 jours de plonger aux alentours de 350 euros par personne si nous étions au moins 7 ou 8, plus le vol pour Jizan, soit 100 euros supplémentaires. Mais cette expérience inédite valait bien cet investissement…

Je me mis donc à la recherche de partenaires pour ma petite aventure ! Je ne m’inquiétais pas pour ça car mes contacts étaient nombreux… Comme je travaillais pour l’Ambassade j’avais pu, petit à petit, me faire intégrer dans les soirées du quartier diplomatique.

Petite parenthèse à ce sujet : Sauf pour les événements officiels ou à la résidence de l’Ambassadeur, où l’on pouvait se croire dans la pub de Ferrero Rochet, les soirées en ambassades en Arabie sont les seules où l’on peut trouver un bar digne de ce nom ! Je tire à ce propos mon chapeau à l’Ambassade de Grande Bretagne pour ses nombreux Happy Hour, à l’Ambassade d’Allemagne, l’Ambassade d’Australie, l’Ambassade des Pays Bas et l’Ambassade américaine sans lesquelles on se serait fait bien chier ! L’ambassade de France n’organisant rien d’autres que des soirées culturelles pour écouter un concerto de luth ou autres évènements de ce genre ! Pas que ce soit mal, mais on aurait pu faire les deux ! Même pas un bar pour le personnel !! Bon heureusement on avait droit à une petite commande tous les 6 mois ! Je ferme ma parenthèse.

Tout ça pour vous dire que je côtoyais dans ces soirées pas mal expatrié(e)s de tous horizons… Et en moins d’un mois j’avais constitué ma petite équipe : 2 irlandais, 1 australien, 3 américains (dont une américaine), 1 sud africain, 1 italien et 1 français, moi ! Le seul n’ayant pas de réelle expérience de plonger ! Je ne compte pas Max, l’italien (Chef du département économique de l’Ambassade d’Italie et aussi devenu sur mes conseils organisateur des meilleurs soirées privées de tout le Pays) qui se contenterai du tuba par peur que ses poumons exposent. Mais je partais confiant, j’allais suivre, faire comme les autres… Le plus dur fut de trouver une date qui conviendrait à tous. Cette date tomba le 30 mars 2006. Le « hic » c’est que Momo ne pouvait pas ce jour là ! Il avait d’autres priorités de dernières minutes… Mais il me certifia que son personnel s’occuperait bien de nous, qu’il connaissait les coins par coeur… Par contre personne ne nous accompagnerait sous l’eau, c’était le seul homme grenouille de l’ile ! Humm, l’inquiétude me pris ! Le seul plongeur de ces lieux ne nous accompagne pas ! Mais bon, il y avait Corne, le sud africain, qui avait son diplôme d’instructeur… Donc allons-y quand même ! Sinon faut tout réorganiser… et ça fait chier !

Nous voilà donc parti… A l’exception de deux de nos compères ricains (dont la fille), qui venaient de Djeddah (Grand-mère en arabe), on se retrouve tous à l’aéroport international du Roi Fahad le mercredi soir (équivalent du vendredi chez nous !). Equipé de nos masques, palmes et tubas loués la veille dans le seul magasin de plonger de Riyad, nous sommes fin près à embarquer pour Jisan (je ne sais pas en arabe !) où il nous faudrait prendre le bateau pour nos tant désirées iles Farasan… 

dans le taxiMaxA Jisan, un taxi nous attend pour nous emmener au port. Mais une fois sur les lieux un bateau vient à peine de partir, il faudrait donc attendre le prochain ! Pendant ce temps on vérifie nos autorisations, on fume des clopes, et on apprend que la mer devient de plus en plus colèrique, que la traversé va être agité voir annulé ! Ah non ! Pas ça !! Du coup on se débrouille pour faire partir un bateau immédiatement, même à moitié plein, on s’arrangerait… Et les deux ricains nous rejoindraient le lendemain matin.

Moi

Dans le navireNous voilà donc dans notre embarcation, en pleine nuit, prenant le large pour une heure de mer… A peine les protections naturelles du port franchit que l’on se mit à sentir la houle nous secouer, ralentir le moteur, nous contre balancer… Au début tout le monde trouve cela marrant, un peu comme des gamins enivrés par une nouvelle aventure… Mais au bout d’un moment, certaines têtes changent de Cornecouleurs ! Je m’aperçois qu’Axel, le consul australien, n’a pas décroché un mot depuis un moment ! Que Corné, le sud africain, à ouvert le petit vasistas et respire de l’air à pleins poumons ! On demande si tout va bien mais je crois qu’il vaut mieux pas poser de question dans ces cas là ! Ils se concentrent dans autre chose ! Au lieu de me répondre, Axel se retourne et rend tout ce qu’il a à Max qui fait semblant, lui ca allétravers un autres vasistas ! Il était devenu livide ! Plus blanc que blanc ! L’œil blafard… Il avait pourtant pris des cachets contre le mal de mer ! Corne, entendant la scène se força à ne pas la regarder et à continuer son exercice, sans décrocher un mot non plus ! Cela dura comme ça presque tout le voyage. J’ai eu peur qu’Axel y laisse son estomac ! En plus la traversé a duré presque le double de temps, et je dois avouer que parfois c’était presque flippant, surtout avec la panique régnante à bord !

Moi

PhotoMais nous arrivâmes saints et saufs sur nos iles, il devait être près des 11 heures du soir ! L’armé nous contrôle, je prends une photo qu’on me demande d’effacer mais je l’efface pas, et un autre taxi nous attendait pour nous amener à l’hôtel. On apprend que jusqu’à nouvel ordre les bateaux effectuant la traversé sont annulé pour raison de tempête. Les deux ricains manquant risquent bien de passer le week-end à Jisan… Mais pour notre bateau de plonger ça devrait aller, en espérant que le temps s’améliore… on rentre donc vite à l’hôtel pour manger un bout et aller se coucher, demain une autre aventure nous attend…

Max au lit !

La carte des iles Farasan

29
Nov
07

L’écologie du voyage

Nous avons été collègue de travail, il a été un temps mon chef, il est le président de notre association les 1000 jours des 1001 nuits, et nous sommes amis depuis maintenant près de 7 ans, depuis que je suis entré chez Ecobilan, à l’époque une petite entreprise de conseil en Environnement.

En dehors de l’environnement qui est une passion et son travail, il a entre autre écrit un livre référence sur le développement durable, Philippe est un passionné de voyage. Il part tous les ans durant un mois découvrir les coins les plus reculés de notre petite planète avec ce tranquille recul d’observateur et la passion qui le caractérisent. Au retour de chaque voyage il nous offre ses récits de voyages et de nombreuses photos sur son site très complet. vous y trouverez aussi l’indispensable pour voyager en paix, les petites choses qui rendent la vie facile en voyage. bref un site très complet sur les pays où il s’est rendu, des conseils de voyage et des textes plus personnels, principalement sur l’environnement.

Alors laissez-vous tenter et entrez dans son monde : www.mesvoyages.net

28
Nov
07

Éviter la chute

Notre véhiculeIl y avait 4 jours que nous étions dans la charmante petite ville de Leymebamba. Entre les promenades sur les hauteurs et le passionnant musée de la ville, nous n’avions pas vraiment de raison de vouloir quitter ce petit paradis andin, mais il fallait bien se remettre en route. Le matin nous demandons donc quand il y aura un bus ou un camion pour atteindre Celedin. La réponse p’tre aujourd’hui, p’tre demain(En bon normand nous savons apprécier ce genre de réponse). Ce sera donc le lendemain et au sommet d’un camion que nous embarquons.

Compañera de viajeUne surcharge de marchandises, quelques poules et une petite dizaine d’humains se partage l’arrière du camion. Les deux premières heures de route se passent sans histoire, bien que l’arrivée au col en plein brouillard à plus de 4000m nous semble bien frisquet.Ça caille dur à 4000 m Nous commençons la descente toujours dans un brouillard bien dense et vers 3500m nous passons sous les nuages et découvrons l’impressionnante vallée qui s’étire sous nos pieds. Tout en bas, au centre de cet univers minéral, s’entrevoit une petite plaine verte, le fin-fond de la vallée, le village de Balsas à quelques 850m d’altitude. notre contemplation ne dure cependant que quelques minutes, car nous croisons le premier camion qui lui monte du fond de la vallée. À ce moment la peur plante ses premières banderilles.

En approchant du col - vers Balsas

Notre chauffeur se serre le long du précipice, freine, s’arrête. Notre préoccupation principale étant de savoir si nous avions encore ou non toutes les roues sur le route. Notre vue plongeante et magnifique sur Balsas ne nous rassurait pas franchement. La seconde banderilles est le passage d’un petit torrent qui traverse la route. Comme sur beaucoup de pistes, En approchant du col - vers Balsasles passages de torrents sont cimentés pour éviter que l’eau arrache trop régulièrement la route et bien entendu il existe un léger décalage entre la piste et le ciment, provocant un lent mouvement de roulis du camion amplifié par notre position très haute au-dessus de la route. En approchant du col - vers BalsasL’impression est imparable, le camion est en train de basculer dans le vide, ah non vers la montagne, à non vers le vide etc… Les péruviens se signent invariablement et même le plus athée des occidents prie pour un dieu dont il ignore le nom.

Descente vers BalsasLes 6 heures qui ont suivit ont donc été une lente succession de « oh que c’est beau », « putain je vais mourir », « C’est magnifique », « je vais mourrir », « Whaouou », »non pas encore », « Ouf » etc…, Vers 18 heures c’est avec un certain soulagement que nous voyons arriver la nuit, oui à partir de maintenant nous ne verrons plus ni la route, ni le précipice. Nous ne verrons plus que les camions qui nous croisent me suis-je dit. En fait non ! Car la lune capricieuse a décidé ce jour là d’être pleine et particulièrement lumineuse. Le paysage est encore plus sublimement beau ainsi, mais le précipice est toujours là bien visible. De plus le Descente sur Balsasnombre de camions que nous croisons est de plus en plus important depuis un embranchement qui s’enfonce on ne sait comment vers l’autre flanc de la montagne. La lune, la montagne en feu, méthode radicale pour nettoyer les mauvaises herbes, nous offre ainsi un spectacle fascinant où les fantômes de montagnes se montrent dans la blancheur de la lune, où les phares des camions traces une ligne pointillée qui nous montre le chemin restant à faire, où la montagne fumante offre d’étranges nuages qui jouent avec la lune, où les étoiles nous Adobe dans les rue de Balsasregardent semblant nous dire qu’elles nous accueilleront si quoi que ce soit nous arrive.Durant les deux dernières heures de descente, la température ne cesse de grimper. Quand enfin nous arrivons à Balsas, nous découvrons une végétation dense qui cache la lumière de la lune. Finalement, sur une place où sèchent des adobes, le camion s’arrête, la chaleur nous étouffe. Tant bien que mal après plus de 10 heures plantées sur le camion nous descendons, nous aidons à décharger, Altitude de Balsasnous cherchons un endroit pour dormir, une chambre surchauffée avec un sublime ventilateur, nous posons nos sacs prenons une douche aussi froide que possible, nous nous changeons, nous trouvons l’unique restaurant du village, nous nous posons, mangeons, quoi, je n’en ai aucune souvenir, mais c’était délicieux. Nous nous couchons. Le matin de très bonne heure, je me réveille et vais me balader pour découvrir le village et cette étrange vallée à la végétation digne de la jungle.

Pont de BalsasAprés le petit déjeuner, nous trouvons un camion pour nous emmener à Celendin, il faut remonter de l’autre côté à plus de 4000m avant de redescendre vers les 3000 en arrivant à Celendin. BalsasMais cette fois nous choisissons de rester sous la bâche du camion qui transportait des équipements de musique pour un concert de musique traditionnelle. La peur n’en n’est pas vraiment la raison, mais plutôt un besoin gigantesque de récupérer du stress et de la fatigue de la veille. Je n’ai quasiment aucun souvenir de ce bout du voyage, le sommeil m’ayant accompagné quasiment tout le long.

Voir carte du périple

27
Nov
07

Une nuit à Vondelpark

Le décor: Vondelpark, à Amsterdam. Les personnages: Leo et moi. La situation: froid…

Tout a commencé il y a 26 ans: mes parents m’ont eu le 9 septembre. Je suis né à Criciúma, ville du charbon et d’étés fulminants. Il fait si chaud là-bas que pendant presque toute l’année dès que vous sortez de la douche vous commencez à suer.

22 ans, 11 mois et 15 jours après, me voilà à Paris, où j’étais depuis début d’août. La cannicule brûlait la ville. Mon 23ème anniversaire s’approchait et je voulais faire quelque chose de nickel pour le commémorer. Mais quoi? J’ai décidé d’aller le passer à Amsterdam, ville que je ne connaissais pas. Billet de bus acheté (le moins cher), je suis parti à Amsterdam avec mon ami Leo.

Le 4 septembre nous y sommes arrivés.

Le même jour, nous rentrions à l’auberge après une soirée disco où nous avons fait connaissance du monde. Nous marchions par la rue et un mec nous a salué en hollandais: « … ». Nous n’en avons rien compris. Le mec a essayé en anglais: « Hey, dudes, what’s up? Would you… » Son accent était si rare et notre maîtrise de l’anglais si mauvaise que nous n’avons pas été capables de nous communiquer. Mais le mec a persisté: « Coño, tíos, ¿habláis español? » Ouais! Leo lui a répondu: « Y sí, pajarito, ¿qué quieres? » La conversation s’est faite. Le mec, de profession douteuse, nous a proposé que lui acheter le vélo. D’abord, il voulait 50 euros par le véhicule. Nous avons dit que non. Il a baissé le prix pour 45. Encore pas. 40? Non. 35? Pas du tout. 30? Non. « ¿Y cuánto me dáis entonces por la bicicleta? » Leo et moi nous sommes regardés et lui avons répondu à l’unisson: « 10 euros, papá! » Le mec, qui certes était un petit voyou, nous a regardé, a passé la main par la tête, a fait signe d’y réfléchir profondement et nous a finalement répondu: « ¡Pues sí! » Et nous voilà donc motorisés à Amsterdam.

Le mec est parti, Leo m’a regardé et m’a demandé: « Allez, tu pédales. Je suis fatigué. » Un peu honteux, sans savoir comment le lui raconter, je lui ai répondu: « Ben, écoute… Y a qu’un petit problème: je ne sais pas faire du vélo! » Surpris, Leo m’a dit: « Je te crois pas! On va bien changer ça. » Pour faire plus évidente sa surprise, il faut dire que Leo a un petit atélier de réparation de vélos à Barcelona. Figurez-vous donc que pour lui c’était quelque chose d’inimaginable une personne que ne sache pas faire du vélo. Pour moi, c’était vraiment normal, car mes parents ne savent pas non plus.

Le jour suivant, déterminés à changer ma situation, nous avons cherché un parc où je pouvais faire mes premiers essais. Leo était tout animé. Il me conseillait, m’avertissait, me montrait comment je devais faire. Moi, génétiquement incapable de m’équilibrer sur un vélo, j’ai fini toujours par tomber. Tout simplement, je ne le pouvais pas. Leo, déjà déçu et déprimé par mon inutilité, a laissé tomber l’affaire. Nous avons repris notre tourisme. Toujours en vélo avec Leo pédalant.

Leo et moi en vélo

Le 8 septembre. Nous étions déjà à Amsterdam depuis quelques jours. Notre vélo avait déjà gagné un nom, Macarena Amsterdada, et tout allait très bien. Leo et moi faisions une pause à l’ombre au bourd du Sloterplas. Du coup, il s’est tourné vers moi et m’a demandé: « Putain, demain c’est ton jour, n’est-ce pas? ».J’ai dit si. « Alors, qu’est-ce que tu veux faire demain? C’est à toi de choisir. C’est ton jour! N’importe quoi. » J’ai pensé pendant quelques instants et enfin j’ai répondu: « Tu sais, il me manque la mer. Je voudrais bien la voir, dormir sur la plage, passer le jour au bord de la mer. » « Allons donc découvrir une bonne plage aux environs et demain on va y aller. »

Nous avons fait une petite recherche à ce sujet et avons découvert que Zandvoort était juste à coté et que nous pouvions y aller facilement. D’accord. Ce serait donc Zandvoort. Nous avons découvert aussi qu’il y avait un train qui partait d’Amsterdam à 7h30, de façon que nous pouvions y arriver tôt pour profiter toute la journée. Comme nous faisions des soirées prolongées tous les jours et avions toujours très peu d’argent, Leo a eu une idée: « Mon vieux, on ne va pas sortir ce soir? Le train ne sort pas très tôt de la gare? Pourquoi on ne dort pas au parc qu’on a visité l’autre jour? Ce serait que quelques heures et comme ça on pourrait épargner l’argent qu’on allait dépenser inutilement avec l’aubergement. » « Ouais, quelle bonne idée, putain! » Et nous avons donc décidé de passer une partie de la nuit à Vondelpark. Au moment, je vous jure, ça m’a semblé pas mal comme idée…

Nous sommes allés à l’auberge, avons fermé nos comptes séjours, avons pris nos bagages et sommes repartis au parc. Il était encore jour, le soleil se couchant au soleil, et nous y sommes allés. Le but? Trouver un lieu caché où passer la nuit. Nous l’avons trouvé. C’était parfait. Il y avait un bon tas de feuilles au sol, qui nous serviraient comme matelas, et le site était bien abrité. Nous avons étudié pendant à peu près d’une heure notre futur refuge et avons décidé qu’il n’était pas dangereux. En plus, il était parfait. Nous nous sommes convaincus que ce n’était pas risqué de laisser nos choses cachées et sommes allés à la recherche d’une bonne soirée.

Nous l’avons trouvé et, au moment d’y entrer, il faisait très bon.

Vers 1h, quand nous sommes sortis, le climat avait changé. La bonne ambiance avait disparu et il faisait froid. Trop. Au parc, tout était comme nous avions laissé. Les bagages cachés, rien volé, tout parfait, sauf la température. Leo a pris son sac de couchage, s’est protégé avec tout ce qu’il avait de vêtement et s’est mis à dormir. Moi, j’ai essayé de faire le même, mais je n’ai pas réussi. Il faisait trop froid pour moi. Ça caillait, quoi! Aucune idée de comment il a fini par dormir, mais Leo, aux cinq minutes qu’il s’était déjà couché, rêvait déjà. Je ne comprenais rien. Les vêtements que j’avais portés n’étaient pas suffisants pour me protéger du froid. Je tremblais. Tout mon corps grelottait sans cesse. Et je n’arrivais surtout pas à dormir. J’ai dû me lever et bouger un peu, car je ne supportais plus. Une fois debout, je me suis mis à marcher, mais le froid était si fort que ça ne changeait rien. Quoi faire? Quoi faire? Il faut bouger, faire de l’exercice… Il m’est venu l’idée de prendre le vélo et pédaler pour me rechauffer. Mais je ne savais pas faire du vélo. « Je m’en fous! Faut me rechauffer, sinon je vais grelotter toute la nuit. » J’ai donc pris le vélo et pendant toute la nuit je me suis consacré à apprendre à faire du vélo et pédaler. Jusqu’à l’aube!

Mon cadeau d’anniversaire? Voir la mer et, après 23 ans, apprendre à faire du vélo. Premier détail important: il a fait 1 dégré ce soir. Deuxième détail important: nous avons revendu Macarena à deux Espagnols pour 30 euros.

Macarena et ses nouveaux propriétaires Espagnols

 

 

26
Nov
07

Le Pérou en cartes postales

J’ai vingt ans, mon espagnol est pitoyable, je ne sais ni quoi faire ni où aller. Mais je suis là, à Lima avec une putain d’envie de bouffer la vie avec toutes les dents. Après 3 jours à traîner dans des bars et boite-de-nuits, je prends un bus pour le Nord. Je ne sais pas pourquoi je pars dans le Nord, ni même pourquoi je suis au Pérou et pas ailleurs.
Quelques semaines passent, rien de très excitant ne m’arrive, même si je découvre des montagnes qui m’appellent. Le Huascaran m’a longtemps tenté… il restera sur une photo.

Plus tard, une de mes rencontres me pousse à m’installer dans un petit village de pêcheur. Je feins alors d’attendre que l’eau se réchauffe pour pouvoir me mettre à l’eau et surfer les vagues où les pêcheurs travaillent. Le temps passe, je bossouille, bricole des trucs, fait les marchés. C’est dans ce contexte que je rencontre celui qui va transformer mon voyage.

Lui est photographe, venezuelien sauf erreur, travaille au Pérou depuis une dizaine d’années. On blablate beaucoup les deux, objectif, profondeur… à l’époque la photo me fascine. Un rêve de gosse, comme celui d’être boulanger, mais là on m’offre, sur un plateau d’argent, une possibilité d’essayer. On se donne rendez-vous deux mois plus tard à Lima.
Je mets les bouts, trace ma route.
Deux mois de voyage à travers le Pérou, ma motivation est la photo. Des gens, des lieux, des instants, tout ce qui passe sous mon objectif reste dans la boite.
Je suis de retour à Lima mais cette fois je sais tout ce que je veux savoir, pas de doutes et plein de motivation. Je commence alors de longues journées de travail avec mon ami photographe. Sélection des photos, scan, montage informatique, impression, découpage… Après environ 2 semaines je me retrouve avec 10 mille cartes postales. 10 photos, 1000 exemplaires. Ben bien! Content l’ami ? mouaif.
Le résultat ne me plaît pas trop, les choix ne me semblent pas toujours être les bons, l’impression est d’une qualité plus que médiocre… mais bon ce sont mes photos, et je dois les vendre. Un gros acheteur à la poste locale nous débarrassera des trois quarts, le reste sera vite écoulé dans les boutiques pour touristes de Lima.

Après un mois à Lima je n’ai plus qu’un rêve… partir, aller voir plus loin, la ville m’a blasé, j’en ai marre, je rêve de nature, d’oiseau et d’aventure.

25
Nov
07

A 26 mètres des 6000 – Inde, Himalaya – Part 4

Ceci est la suite et fin de l’épisode 1, 2 et 3

Dès le lendemain, il fallait déjà repartir ! Le temps était compté. Je voulais continuer la Spiti valley jusqu’au village de Nako dont mes anglophones m’avaient tant parlé, tout près de la frontière avec le Tibet. On prend donc les même et on recommence ! James et moi abandonnons nos amis de la Rose et de la Fougère argentée qui avaient plus le temps de prendre leurs temps…

Toujours sur le toit du bus, nous passons tout près du Monastère de Dhankar Gompa perché en flanc de montagne. Eh devinez quoi ? Nous décidons bien évidement d’aller y passer la nuit ! Ce n’était plus rien pour nous, 1h30 de grimpette, de la gnognote je vous dis ! Même avec les sacs sur le dos cette fois !

Monastère de Dhankar Gompa, tout là haut Monastère de Dhankar Gompa Vue du Monastère de Dhankar Gompa

grottes de Gompa Pho, TaboLe jour suivant, nous faisons halte dans le village de Tabo, célèbre pour son ancestral monastère bouddhiste-tibétain où le Dalaï Lama voudrait, soit disant, passer ses vieux jours. Nous visitons également les grottes de Gompa Pho en face du village, dont certaine sont encore ornées de peintures murales antiques. Journée relaxe bien méritée après l’effort fourni ces derniers jours !

Porte d'acces au village de Tabo grottes de Gompa Pho, Tabo

 

NacelleLe lendemain, avant d’arriver à Nako, la route est coupée sur deux cent mètres. Elle s’était littéralement effondrée au fond de la vallée. Un câble reliait les deux cotés. Une nacelle fixée à une poulie était utilisée pour faire traverser les marchandises et les bagages. Un couple de touriste décide de tenter le manège et de franchir le ravin sur l’engin. C’était très impressionnant, mais bien peu rassurant ! Je vous rappelle que j’ai extrêmement le vertige, et je me disais : « Y’a pas de doute, on va faire pareil ! » Mais à mon grand étonnement James n’est pas tenté par l’expérience, il la trouve trop risquée. D’un côté je suis rassuré, mais d’un autre, ça voulait dire encore 2 heures de marche pour descendre et remonter la vallée de l’autre côté de la route ! Et j’en avais franchement marre de marcher ! Mais comme j’étais incapable d’accomplir cette « folie » tout seul, je l’ai suivi. Pour le coup il était raisonnable, fallait reconnaître !

Arrivé finalement à Nako, nous ne regrettons pas notre virée en ces lieux si reculés. Le village, orné d’un petit lac, est entièrement battis de pierres plates apparentes disposées les unes sur les autres, ce qui lui donne un charme incontestable.

village de Nako

Nako Nako Nako Nako Nako

La fin du voyage approchait, il ne me restait que trois jours avant mon vol depuis new Delhi ! Je commençais sérieusement à me dire qu’avec toutes les embuches sur la route, il était difficile de prévoir très justement le temps du retour ! Le lendemain il me fallait déjà regagner Kaza, à mi chemin de Manali. C’est donc ici que je fais mes adieux à James.

col de Kuzum LaAprès une longue journée de bus et deux heures de marche, pour franchir à nouveau l’éboulement de route de la veille, j’arrive à Kaza comme prévu. Mais la nuit fût courte ! Le jour suivant j’avais décidé de prendre le bus des aurores pour Manali, puis de quitter le bus au col de Kuzum La ! Pourquoi quitter le bus me direz vous ? Je suis sensé être dans l’urgence ! Et vous avez raison ! Mais à 9 km de là, il y avait un lac que je ne voulais pas manquer. Et selon mes calculs, j’avais le temps de faire cette escapade et de rattraper le bus de l’après midi pour Manali ! Ce lac s’appelle Chandratal, ou le lac de lune.

col de Kuzum La col de Kuzum La col de Kuzum La

L’excursion faisait 23 km au total. 9 km jusqu’au lac, puis 14 km pour continuer la descente à travers la Chandra valley jusqu’à Batal, pour récupérer le bus. Et j’avais 5 heures au maximum, le sac dans le dos ! Ce qui nous faisait une moyenne proche des 5 km à l’heure. Une allure normale pensais-je, surtout qu’il s’agissait essentiellement de descente, mais fallait pas trainer !

Lac chandratalMes calculs s’avérèrent trop ambitieux ! Je m’étais surestimé du haut de mes treks successifs. J’avais pourtant fait vite, sans presque une pause ! Juste une au bord du lac pour boire le thé avec le propriétaire d’une tente destinée à accueillir les touristes de passage. Il m’a pris pour un fou quand je lui ai dit que je faisais le parcours en une journée. Que je n’avais aucune chance d’arriver à temps pour le bus. Qu’il fallait que je dorme au lac ! Humm, c’aurait été avec plaisir, l’endroit est indéniablement éblouissant, mais je n’avais malheureusement pas le temps pour ça ! Ce soir là, je devais dormir à Manali pour prendre un bus le lendemain matin pour New Delhi ! Après ces propos peu rassurant, il fallait donc vite que je reparte… La route était encore longue jusqu’à Batal !

Arrivé au lac de lune La chandratal

J’accélère donc encore le rythme, avec l’espoir que le bus ait du retard ! Le timing était très séré mais tout restait encore jouable, du moins, je l’espérais ! Mais malgré ma cadence effrénée et mes cuisses qui gonflaient à vu d’œil, les 14 km n’en finissaient pas ! Et je fini par arriver à Batal 5h30 après ! J’avais raté le bus de 30 minutes !! Et le prochain n’était que le lendemain matin ! C’était foutu ! J’allais manquer mon vol !!

route vers Bata route vers Bata route vers Bata route vers Bata

Je pris mon mal en patience en implorant le ciel de faire passer un véhicule, un cheval, un âne, ou n’importe quoi qui pourrait me faire arriver à Manali assez tôt le lendemain matin pour ne pas rater le bus pour New Delhi !

Et le ciel ce jour là m’avait écouté ! En un peu moins d’une heure de temps, le miracle m’apparût ! Et ce n’était ni un âne, ni un cheval, mais un 4×4 d’israéliens ! J’étais près à monter sur le toit s’il le fallait ! Mais ça ne fût même pas nécessaire, il y avait même une place pour moi en se serrant un peu !

4x4

Je fini par arriver à Manali à la tombé de la nuit, lessivé, mais heureux d’avoir pu accomplir tout mon programme. Ce passage dans l’Himalaya fût vraiment intense. J’ai poussé mes limites à l’extrême, mais le souvenir de tous ces instants sont là, comme si c’était hier, et il fallait que je vous les fasse partager… Vous comprenez mieux maintenant comment j’ai pu perdre 8 kilos en l’espace d’un mois en Inde 😉

La carte du parcours

24
Nov
07

Souvenirs:Perdu au milieu des lions (Final)

Voir Part 1; Part 2

Durant cette marche (cela faisait un peu penser à Rambo perdu dans les bourbiers du Vietnam, si si je vous assure 😉 ) nous avons eu l’occasion de voir un couple de phacochère (le même?) et des points noirs à l’horizon…des éléphants et des girafes à ce qu’il paraît! moi je n’ai vu que des points noirs!Et là, la délivrance! l’entrée du parc avec tous les gardiens qui s’apprêtaient à venir nous chercher, les oeil ebobis (j’aime bien ce mot…sûrement la première fois que je l’écris!) en nous voyant arriver à pieds plein de boue sur le corps. Et voit-il pas que l’on commence à se faire engueuler, se faire traiter de fou, d’inconscient et d’irresponsable…drôle de façon de nous accueillir! Ok, ok ce n’était peut-être pas malin de notre part mais tout de même dans l’histoire on est victime, merde!

On décide de rentrer « fissa » à l’hotel où nous logions à Maroua mais biensûr on ne peut pas le faire à pied et on ne va pas attendre que les gardiens se chargent de désembourber notre 4×4…temps qu’ils appellent un camion et surtout le temps qu’ils trouvent le 4×4 au milieu du parc…on était pas rendu! et la nuit était déjà tombée. A quelques 100 mètres de là, un barrage de flics est sur la « nationale » pour faire des contrôles sur les camions. Je me dirige alors vers eux pour leur demander s’ils pouvaient demander à l’un de ces camions de nous ramener en ville…je vous laisse imaginer la tête des deux flics! en voyant arriver 4 touristes à cette époque de l’année (même, au Cameroun cela ne court pas les rues des « routards »), plein de boue et moi pieds nus car marcher avec des tongs dans la boue c’est pas facile…je les ai d’ailleurs paumé!Et là vous voulez la meilleure? le flic commence à m’engueuler et vouloir me verbaliser car je suis pieds nus sans aucune chaussure à mettre au pieds!!!!! Le comble, la cerise sur le gateau, le ponpon, le truc de trop quoi…et là pétage de plombs de ma part.

Moi: »J’hallucine, vous me faites chier car je n’ai pas de chaussure alors que dans votre (j’ai dû lui dire » ton » à ce moment là 😉 ) pays la majorité des gens marche pieds nus! » (il devait aussi y avoir quelques « putain » dans cette phrase). Biensûr le gars se vexe (normal) commence à se défendre et tout le tralala…mais grâce aux deux allemandes, qui ont su jouer de leur charme, au bon moment, le flic s’est calmé sans avoir manqué de nous raqueter tous ce qu’il nous restait (sac, un peu de pognon, pilule pour désinfecter la flotte etc…mais pas jusqu’aux appareils photos!) Bon bref, on monte dans la benne d’un camion et après quelles heures nous arrivons à l’hotel…et devinez qui nous y attendait?…biensûr, le proprio du 4×4 qui pensait qu’on lui avait volé sa caisse. Pour éviter de le « tuer » sur place, nous lui disons simplement et gentillement que nous sommes fatigué et que l’on verra le lendemain avec lui, mais rien à faire, il insiste le bougre! et en plus il nous demande de lui payer le reste que nous lui devions!!!Sous son insistance nous lui expliquons notre mésaventure, lui disons que son chauffeur est resté au parc et l’attend pour sortir sa caisse de là bas. Il est fou de rage, surtout que nous lui disons qu’il hors de question que nous payons le reste…que le « deal » était aller/retour avec son 4×4 et que dans notre cas il n’y avait pas eu de retour, qu’il était inconscient d’envoyer des gens dans ce parc sans équipements à sa voiture etc…Vu son insistence de plus en plus menaçante nous avons décidé la nuit même de quitter la ville!

Bilan: pas vu un putain de lion ni même une grosse bestiole…que des traces! et je ne le regrette pas du tout mais alors pas du tout. Et puis surtout maintenant je fais gaffe quand je loue une voiture surtout si c’est pour me rendre dans des lieux reculés où difficile d’accès.Avant de terminer mon histoire, je voudrai préciser que le Cameroun est un pays merveilleux avec des gens fort sympathique…j’aurai l’occasion de vous le prouver dans un prochain récit de voyage…sûrement la meilleure « aventure » ou « expérience » qu’il me soit arrivée en voyage…c’est vous dire!

Voir carte

23
Nov
07

Reposez en paix trains des Mineurs (Uyuni – Bolivie)

la carte

Salar d'Uyuni et Parc Eduardo AvaroeSalar d'Uyuni et Parc Eduardo AvaroeSalar d'Uyuni et Parc Eduardo Avaroe

Quand vous arrivez à Uyuni et si vous n’êtes pas Boliviens vous venez pour découvrir le salar du même nom qui s’étend sur plus de 100 km au nord-ouest de la ville et le parc Eduardo Avaroa, plus au sud. Ces deux lieux sont tellement surprenant, incroyable, déroutant, unique, sublime, que le détour par Uyuni semble une évidence pour tout ceux et toutes celles qui découvrent la Bolivie. La blancheur infinie du salar sur laquelle flotte les montagnes à l’horizon, qui transforme de vulgaires tas de sel en diamants auxquels un dieu saugrenu aurait donné le don de lévitation ou encore qui se fait miroir parfait sur lequel humains et volcans se prennent pour Narcisse. Une ile de corail à plus de 4000m, La maison de l’Inca, dite ile des pêcheurs , au centre de cet océan blanc et sans vie, sur laquelle poussent des cactus géants et entre lesquels jouent les colibris. Les lagunes qui s’amusent à changer de couleurs suivant l’orientation du vent et qui par comble de coquetterie s’offrent quelques flamands roses, mouettes et autres oiseaux comme ornement. Salar d'Uyuni et Parc Eduardo AvaroeSalar d'Uyuni et Parc Eduardo AvaroeDes Geysers dont la gueule ressemble à une fleur. Des volcans au noms puissant qui nous regardent du haut de leur 6000m, fumant parfois les entrailles de la terre. La terre elle-même qui se prend pour un arc en ciel. De cette magie le scientifique retiendra, bore, sel, argent , antimoine, plomb, argent, or, cuivre et je sais quoi encore. Vous vous retiendrez cette sensation unique d’être dans un autre univers à la beauté féroce et envoutante.

Cimetière de trains d'Uyuni Cimetière de trains d'Uyuni Cimetière de trains d'Uyuni Cimetière de trains d'Uyuni Cimetière de trains d'Uyuni

Cimetière de trains d'UyuniTout près de la ville, à quelques centaines de mètres, se trouve un autre endroit étonnant, mais qui, cette fois, a été façonné par les hommes. En suivant les voies, vous arrivez à un embranchement, d’un côté la voie qui dessert Calama au Chili et Villazon en Bolivie et de l’autre une vieille voie dont il manque les rails et qui s’ouvre sur un vieux wagon abandonné , rempli de terre et de déchet métallique :

Le gardien du cimetière de train d’Uyuni.

Cimetière de trains d'Uyuni Cimetière de trains d'Uyuni Cimetière de trains d'Uyuni Cimetière de trains d'Uyuni Cimetière de trains d'Uyuni

Comme dans une grande partie de la Cordillère des Andes, la région d’Uyuni regorge de métaux divers et variés, argent, cuivre, mais aussi le bore ou le sel. Au cours du XIXème siècle les mines se sont industrialisées, le train est arrivé, s’est étendu, a relié la côte Pacifique au niveau d’Antafagasta, alors port bolivien. Les guerres, l’épuisement des filons, la modernisation et l’arrivée des camions ont tué petit à petit les mines et bien sur le réseau ferré. Ne sachant que faire de ces vieilles locomotives, wagons de passagers ou wagons de marchandise, les boliviens les ont abandonnés en plein désert à la sortie d’une voie abandonnée. À l’origine l’idée était de récupérer le métal qui rouillait à quelques encablures de la ville, puis, voyant l’intérêt que les touristes lui portaient, il s’est transformé en une espèce de musée ferroviaire minier. C’est ainsi qu’est né le cimetière de train.

Cimetière de trains d'Uyuni Cimetière de trains d'Uyuni Cimetière de trains d'Uyuni Cimetière de trains d'Uyuni Cimetière de trains d'Uyuni

Avant d’entrer dans cet étrange univers, faites une pause, tourner sur vous même, regardez, les montagnes qui émergent sur l’horizon, le ciel aux couleurs changeantes, Uyuni dont vous apercevez un clocher et quelques maisons basses, la ligne de train qui sort de la ville et s’enfonce dans le désert. Respirer cet air rare et d’une pureté enivrante, fermez les yeux un instant, écoutez le vent et les bruits ténus venant de la ville.

Cimetière de trains d'Uyuni Cimetière de trains d'Uyuni Cimetière de trains d'Uyuni Cimetière de trains d'Uyuni Cimetière de trains d'Uyuni

Voilà, vous êtes près, vous pouvez entrer, suivez la voie, touchez les vieilles carlingues, écoutez leurs histoires, observez leur date, leur lieu de naissance, une grande majorité ont traversé l’océan venant d’Angleterre. Au milieu des amas de métal, des tas de vis qui autrefois liaient le rail à ses traverses, quelques plantes rachitiques, piquantes aux fleurs jaunes vous observent. Passez les carcasses des wagons de voyageur, découvrez c’est incroyable wagon rouge vif à l’avant défoncé. Un peu plus loin se trouve les wagons citernes toujours orgueilleusement marqués du signe YPFB (la compagnie pétrolière bolivienne).
Cimetière de trains d'Uyuni Cimetière de trains d'Uyuni Cimetière de trains d'Uyuni Cimetière de trains d'Uyuni Cimetière de trains d'Uyuni
Faufillez-vous entre les essieux qui ont perdu leur fonction et sont orphelins de leur wagon. remontez lentement jusqu’à arriver devant l’alignement de dizaines de vieilles locomotives à vapeur. Les touristes, les Boliviens y ont laissé leurs marques, un enfant a dessiné la voiture de ses parents, un autre sa maman, une autre personne se prend pour Einstein, une autre cherche un mécanicien, Urgent. Puis tout au bout, le voie continue seule, une locomotive s’est mise en tête du cimetière, gardienne de la sortie. Quand vous arrivez à ses côté, le désert s’ouvre infini, bordé de montagne et d’horizon.

Cimetière de trains d'Uyuni Cimetière de trains d'Uyuni Cimetière de trains d'Uyuni Cimetière de trains d'Uyuni Cimetière de trains d'Uyuni

Cimetière de trains d'UyuniGrimpez sur une des locomotives, attendez que le soleil se couche, buvez une petite bière, une Potosina par exemple, en admirant ce paysage. Les montagnes se font plus net, l’air semble en plus pur, le rouge, l’orange, le violet, le bleu nuit ce mélange au bleu du ciel, brun du sol et au rouge de la rouille. Voilà les premières étoiles apparaissent, la croix du sud vous salut et vous annonce qu’il est temps de rentrer. Marchez le long de la voix, derrière vous les derniers feux du soleil s’éteignent, la voie ferré vous porte jusqu’à la gare, le froid vous attrape, les lumières de la ville vous entourent, vous rassurent, vous font oublier. choisissez un bar sympa, un resto tranquille revenez au monde des vivants, du bruit, des hommes.
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Toutes les photos du cimetière de trains d’Uyuni

22
Nov
07

A 26 mètres des 6000 – Inde, Himalaya – Part 3

Ceci est la suite de l’épisode 1 et 2

petit dejHabituellement me lever tôt n’est pas ma tasse de thé, mais ce matin là, comme mes acolytes, j’étais debout aux aurores ! Après avoir pris le petit déjeuné sur la terrasse, nous décidons d’aller voir le village d’un peu plus haut depuis le sommet de la montagne en amont. D’après notre hôte il n’y avait pas plus d’une heure de marche. Comme la température devenait clémente en même temps que le soleil l’élevait, je décide de porter mes sandales. Autrement j’avais une paire de vieilles Patogas toutes troués qui auraient pu faire l’affaire. Les mêmes qui avaient parcouru les savanes Zimbabwéennes 6 ans auparavant ! Mais rassurez-vous, je les ai jeté depuis 😉 Vuer de Kibber

Nous voilà donc parti. Le rythme est bon ! Après une heure de marche à peine, nous atteignons effectivement le sommet surplombant le village de Kibber. Mais ce sommet n’avait rien d’un sommet, ce n’était rien de plus qu’une courbe suivit d’un petit plat faisant face à une autre colline. Déçu par ce Berger sur le cheminconstat, nous décidons de continuer notre grimpette jusqu’en haut de cette deuxième colline, pas plus haute que celle que nous venions de franchir.En moins d’une heure nous atteignons ce deuxième sommet. Mais pour la seconde fois, la montagne se joue de nous ! Nous n’étions pas au sommet, et nous en étions loin ! Cette deuxième butte n’était que l’arbre qui cache la forêt ! Au lieu d’une vue sur une autre vallée, comme nous l’espérions, nous avions désormais la montagne face à nous, la vraie, celle avec toute sa splendeur, sa crête escarpée et ses deux sommets. A ce moment là, une question devait être posée : Que faire ? L’australien, le néozélandais, l’anglais et moi-même, étions partis, si l’on peut dire, en short ! Nous n’avions amené ni bouteille d’eau, ni rien à grignoter. Je vous rappelle que nous n’étions censés faire qu’une petite marche d’une heure à peine au départ. Mais heureusement pour nous, les filles sont plus avisées ! La française et l’allemande avaient pensé à prendre une bouteille d’eau chacune, Prendre une décision !ainsi que quelques bananes. Mais pour sept bonhommes, cela restait quand même peu ! D’autant qu’une bonne quantité avait déjà été bu par leurs propriétaires pendant ces deux premières heures. Nous devions donc passer en mode survie si nous voulions continuer ! J’avale ma première gorgée d’eau depuis le départ, et nous décidons de poursuivre, c’est trop bête d’abandonner ici. Nous avions déjà trop avancé…Nous décidons de longer la crête pour arriver au premier des deux sommets, le moins haut. Mais cette fois au moins, nous pouvons enfin parler de sommet, et espérer voir l’autre côté de la vallée !L’australien caracole en tête, plus motivé que jamais ! Il nous sert de catalyseur. Nous le suivons comme nous pouvons sans trop nous poser de question, d’un pas de plus en plus lourd, mais décidés à ne pas trop nous laisser distancer ! La pente est de plus en plus raide. Les cailloux qui la façonnent se glissent continuellement entre la semelle de ma sandale et mon talon. C’est extrêmement agaçant ! Mon rythme est cassé à chaque fois que je dois m’arrêter pour m’en libérer ! Je commençais vraiment à regretter mes vieilles Patogas !!Après deux heures et demi de marche supplémentaire, sans autres haltes que celles pour reprendre notre souffle, nous atteignons le sommet de la crête. Enfin nous pouvons voir l’autre versant de la vallée, avec ses montagnes enneigées et ce flot continuels de pointes blanches à l’horizon… Nous étions sur le toit du monde… Ou presque ! Puisque que le vrai sommet était encore à quelques encablures le long de la crête.Arrivé au premier sommetDe là, nous faisons une pause bien méritée ! Nous buvons chacun une gorgée d’eau et avalons une bouchée de banane, et nous en finissons du même coup avec notre pitance. Nous n’avions aucune idée précise de l’altitude à laquelle nous nous trouvions. 5000 mètres, 5200 mètres peut être…Tout le monde semblait exténué ! Le gros de la troupe décide donc de retourner au village. Mais je voyais bien que l’australien ne se satisfaisait pas de voir le sommet face à nous. Il décide de continuer ! Il ne restait environ qu’une heure de marche au même rythme entamé depuis le début du périple. Juste une heure ! Simplement une petite descente et la montée finale vers le pinacle de ces lieux ! Pourquoi s’en priver !! Il n’a pas eu besoin de me convaincre de le suivre, je ne voulais pas qu’il soit le seul à réussir cet exploit ! Je représentais l’image de la France tout de même ! Et cela nous permettrait de redescendre par l’autre versant de la montagne au lieu de revenir sur nos pas…

Vue de la vallée du coté de Kibber

Nous voilà donc repartis laissant notre groupe derrière nous… Comme il était déjà midi passé, nous décidons d’accélérer encore le rythme ! Enfin, l’australien décide, moi j’essaye de le suivre ! Avec toujours mes petits cailloux dans les godasses qui m’obligent à m’arrêter continuellement ! Les vue de la crête que nous avons longé entre les deux sommetsderniers mètres sont les plus durs, je souffre, le souffle et l’énergie me manque. Mon cœur bat à la démesure, et mes jambes pèse deux tonnes chacune. Tous les trois ou quatre pas je fais une pause ! Mais après une heure trente d’effort, nous arrivons enfin au sommet ! Et cette fois enfin, nous pouvions affirmer que nous étions sur le toit du monde… Des monticules d’amas de pierres disposaient par l’homme nous le prouvait ! Nous ne pouvions aller plus haut ! Ceci me rassurait d’un coté, parce que sans ça, l’australien n’aurait pas lâché !

Pendant un temps nous apprécions la vue, encore beaucoup plus impressionnante que celle de l’autre sommet. Nous pouvons apercevoir un petit lac en contre bas que nous ne pouvions voir auparavant, et rien n’entravait le spectacle sur 360 degrés cette fois ! C’était prodigieux… Aujourd’hui est un jour mémorable ! Celui de mon premier sommet !!Vue du sommet

Et comme chaque grande occasion se doit d’être célébrée comme il se doit, je vois James, mon australien, sortir une feuille à rouler, une clope, et son Charas (nom du haschich de la région, autrefois célèbre pour cela !) dans l’idée de se rouler un joint ! T’es sûr lui dis-je !? Est-ce bien raisonnable !?? Il nous reste encore toute la descente, et nous n’avons plus d’eau !!

Mais l’endroit était magique, et faute de champagne, nous nous fumâmes ce pet en récompense de nos efforts ! Je ne pouvais le laissé seul pour ce coup, on avait déjà tellement partagé depuis le toit du bus, qu’il fallait qu’on vive ensemble ce grand moment ! Mais à quelle altitude sommes-nous ??

Le sommet, enfin !

La célébration terminée, il fallait se presser. Il était déjà 14 heures, et il nous fallait redescendre avant la tombé de la nuit. Il nous restait 4 heures ! Cette course contre le temps a permis à l’adrénaline de prendre le dessus sur l’effet du Charas. Nous nous hâtons de descendre par la voie la plus directe, la Mes chaussuresligne droite, pas le choix ! Par petit bonds successifs, sans réfléchir, en nous laissant pousser par l’attraction, l’effort me semblait presque imperceptible… La pente, plus ardue de ce côté de la montagne, nous entrainait d’elle-même. Par contre j’aurais donné n’importe quoi pour une paire de chaussures sans trous ! Mais plus le temps de s’arrêter pour des gravillons, seules les pierres me faisaient stopper ! Il fallait suivre James, coûte que coûte !!

Couché du soleil sur KibberA part quelques arrêts photos indispensables et une tranche d’escalade obligée par le relief de notre ligne droite, nous avançons sans répit ! Lorsque nous arrivons enfin à Kibber, les lampadaires éclairaient déjà le village, le soleil était sur le point de se coucher ! Et moi de m’écrouler !!

Nous retrouvons nos amis qui commençaient franchement à s’inquiéter ! Passer la nuit en pleine montagne, en sandalette, short et t-shirt, sans rien à manger ni à boire, aurait été une vrai épreuve de survie !

Mais la grande question restait ! Le chiffre ! A quelle altitude était ce sommet que nous avions si péniblement accomplit !??

Notre hôte avait cette réponse : 5974 mètres !! J’avais du mal à le croire ! Nous avions donc monté et descendu presque 1800 mètres de dénivelé en une seule journée !! Un trek de deux jours normalement !! Ca paraissait incroyable ! Il est vrai que depuis 8 heures du matin nous avions marché à un rythme effréné sans presque une pause ! Soit environ 10 heures de marche ! Dommage quand même d’être passé si près des 6000 !

Le soir je me suis effondré ! J’étais vidé, incapable de réfléchir, de parler, de bouger, j’avais tout donné ! Manger et au lit…

Dans la dernière partie vous verrez la fin de mon parcours himalayesque, dont mon arrivé à Nako, village au charme unique à la frontière tibétaine, et la splendeur du lac Chandratal…

21
Nov
07

Petit repas à Bruxelles

Il était une fois un pauvre brésilien perdu à Bruxelles…

Avant de continuer, il faut parler un tout petit peu du choix Belgique pour le sujet de ce récit de voyage. Je sais que la majorité des histoires publiées dans ce blog se sont passées dans les lieux les plus inusités et lointains du monde. Je sais aussi qu’il se peut qu’une petite histoire en Belgique ne devait pas avoir beaucoup d’importance, vu où ce trouve ce pays et les infimes difficultés d’y arriver. Je sais que les auteurs de ce blog sont en la majorité Français et que, pour eux/vous, aller en Belgique c’est presque comme aller à la boulangerie du coin. Cependant, je voudrais juste vous demander une minute pour suivre mon raisonnement : si pour vous, qui sont de France, la Belgique est juste à coté et le plus intéressant c’est d’aller en Amérique du Sud, Afrique et Asie, pour moi, qui suis d’un pays d’Amérique du Sud tiers-mondiste, l’Europe est toujours un but à atteindre. Dit ça, continuons le récit.

Il était donc une fois un, corrigeons, deux deux pauvres brésiliens perdus à Bruxelles sans un sou dans la poche et déjà un peu soucieux de quoi ils vont manger à bientôt. Mon ami Leo et moi n’ayant aucune idée, nous nous asseyons en place publique et regardons la foule à passer.

« Putain, des idées ? », me demande-t-il Leo.
« Aucune. Ce que je sais c’est que j’ai faim, quoi. »
« Faut bouger ou nous mangeons pas. »
« D’acc. Pourquoi nous ne retournons pas à l’auberge et voyons s’il y a encore quelque chose à manger là-bas ? »
« Allez, bonne idée, allons-y. »

Et nous sommes partis vers l’auberge à la recherche de quoi manger. Là-bas, que de la déception. Pas de bouffe, pas de rien ! « Putain, on s’est foutu, quoi », je me suis dit. « Mais ne désistons pas. On va y arriver. Faut y réfléchir. » m’a dit-il mon ami.

Les deux désillusionnés, jetés dans des chaises, l’un regardant le visage de l’autre sans aucune pensée productive. Moi, je feuillais une revue sans y faire attention quand, du coup, mon ami se lève et me dit :

« J’ai eu une idée. Reste là que je reviens. »

Comme mon ami avait toujours plein d’idées folles qui à la fin n’arrivaient nulle part, je suis resté et ai continué a feuilleter la revue. Dix minutes après revient Leo et me communique tout content :

« Ça y est. On a à quoi manger. Bougeons ! »
« Mais comment ? Qu’est-ce que tu as fait ? », lui ai-je demandé.
« Peu importe. Lève-toi qu’on va manger. »

Que de la joie se lever pour manger quand vous avez faim. Et nous voilà en allant à un très bon resto avec deux mecs Américains avec lesquels on s’était croisé le jour avant. Le repas, superbe. Vraiment pas mal du tout.

« Demandez ce que vous voudrez ! » nous a dit l’un des Américains.

Et nous avons vraiment mangé tout ce que nous voulions mangé. L’addition ? À peu près 300€ pour les quatre.

En rentrant à l’auberge, au hall, mon ami dit aux deux Américains : « On va juste prendre n’importe quoi et on vous rejoint d’ici dix minutes. »

À l’ascenseur, j’ai dit à Leo : « Putain, qu’on a bouffé super ! »

Il m’a répondu : « Je sais. Mais, maintenant, si tu ne veux pas te coucher avec les deux américanards, faut bouger vite fait. »

Époustouflé, je lui ai demandé : « Quoi ? Pas du tout ! »

Il m’a répondu tout tranquillement : « C’est exactement ce que tu viens d’écouter. Je nous ai vendu à ces deux mecs là. Je leur ai dit que nous nous coucherions avec eux s’ils nous payaient du repas. »

Moi encore époustouflé : « Mais quoi ? »

Leo, tout simplement, s’est mis à rire et m’a dit : « As-tu mangé ou pas ? »




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