Archive pour 8 novembre 2007

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à 26 mètres des 6000 – Inde, Himalaya – Part 1

Des enfants et moiLorsque je suis allé pour la première fois en Inde, en août 2002, je pesais 72 kilos, j’avais pris 4 kilos pour avoir arrêté de fumer un ou deux mois auparavant. Lorsque je suis revenu, un mois après, j’étais descendu à 64 kilos, le poids de mes 16 ans ! Et ceci sans faire de régime 😉 Mais il y a des raisons à cela ! Certes en Inde on passe au régime végétarien, aussi, lorsqu’on voyage en routard on n’a pas de service de chambre ou de frigo pour grignoter à toute heure, mais surtout, il y a une journée où j’ai du en perdre quatre d’un coup, Dromadaires pres de Jaisalmer, radjasthanet c’est celle là que je vais vous compter…

Après avoir fait le tour du Radjasthan, être passé furtivement à Agra pour admirer le Taj Mahal, et quelques jours obligatoires à Vârânasî, où tout indou doit mourir s’il veut son accès réservé au nirvana, je décide de remonter le Gange en train jusqu’à Haridwar puis de pénétrer dans l’Himalaya où la première étape est le village de Manali, perché à 2000 mètres d’altitude. De là on peut choisir plusieurs options de route. Soit partir vers le Ladakh, au nord, soit prendre la direction de la Spiti valley, en direction de la Chine, oups pardon, je voulais dire du Tibet. C’est donc cette dernière option que j’ai choisi car il ne me restait que neuf ou dix jours de vacances, et vu qu’il faut parfois 8 heures pour faire 150 km, je n’avais pas vraiment d’autre choix.

Bahai temple, New Delhi Vache, New Delhi Havelis à Jhunjhunu, Radjasthan Havelis à Jhunjhunu, Radjasthan Karni Mata Temple à Deshnok près de Bikaner, Radjasthan Charmeur de serpent

Jaisalmer, Rajasthan village de Khuri, sud est de Jaisalmer, Radjasthan

Les dunes de Khuri, sud est de Jaisalmer, Radjasthan Les dunes de Khuri, sud est de Jaisalmer, Radjasthan village de Khuri, sud est de Jaisalmer, Radjasthan village de Khuri, sud est de Jaisalmer, Radjasthan Musicien à Jaisalmer, Radjasthan Chez un vendeur d'épice à Jodhpur, Radjasthan

Jodhpur, la ville bleue, Radjasthan Pushkar, Radjasthan

entre Jodhpur et Jaipur, Radjasthan Taj Mahal, Agra

Varanasi Burning ghat, Varanasi Offrandes au Ganga, Varanasi

Varanasi Ghats d'Haridwar Ghats d'Haridwar Ghats d'Haridwar

Je suis d’abord resté 2 jours à Manali, ou plutôt à Vashisht, petit village 300 mètres plus haut, plus tranquille, avec des plants de cannabis poussant un peu partout et des sources de chaude. Endroit plus sympa le temps de décider quoi faire.

Vashisht Sources d'eau chaudes, Vashisht

Pendant l’une de ces 2 journées je décide d’aller voir le col de Rohtang La culminant à 3979 mètre et à seulement 51 km de Manali, avec les quelques chutes d’eau sur la route.
En Inde on roule à gauche, et c’était aussi le coté du ravin. col de Rohtang LaJ’étais assis également du côté gauche, juste derrière la porte du bus, et je n’aurai donné ma place pour rien au monde ! Je m’explique. Lorsque deux bus viennent à se croiser sur cette route, même moi, assis du côté de la pente, côté fenêtre, je ne voyais plus la route, mais seulement du vide, presque à l’infini, ou disons plutôt le fond de la vallée, en tout petit petit. Comme si nous avions la moitié des roues du côté gauche dans le vide. Je ne me rappelle pas avoir prié car je suis trop cartésien pour ça, mais je me préparai à bondir en dehors du bus en cas de frémissement de chute. J’ai rarement eu aussi peur ! Les chauffeurs sont certainement très doués, mais le fait d’être entouré d’être considérant la mort physique comme une nouvelle naissance dans un autre corps leur permettant de poursuivre leurs évolutions vers le Nirvana (appelé plus communément le Moksha en Hindouisme) ne me rassurait guère. Ma confiance restait donc toute relative. Moi j’aime la vie, et j’ai bien peur qu’on en ait qu’une !col de Rohtang La
J’avais donc pris la décision de ne pas déconcentrer le chauffeur, et de le laisser nous conduire jusqu’au col qui n’était plus très loin, en comptant sur ma bonne étoile tout devrait bien se passer. Ensuite je voyagerais sur le toit du bus ! Au moins là j’avais une chance de m’en tirer en sautant ;).
Bon, le retour, vu qu’on était du bon côté, je l’ai quand même fait dans le bus, il faisait vraiment froid et je n’étais pas parti équipé ce jour là.Mais j’étais content d’avoir pris conscience de ce fait, qui me servirai dès le lendemain, jour du départ dans les profondeurs de l’Himalaya. D’ailleurs pendant toute la route qui me menera au travers des villages de Batal, Losar, Kaza, Kye, Kibber (4205 mètres, d’où partira l’aventure), Tabo, et enfin Nako tout près du Tibet (Cette fois je ne me trompe pas ;)), en passant par le col de Kuzum La pêrché à 4551 mètres et le lac Chandertal (lac de la lune), vraiment époustouflant, il n’est pas rare de voir des bus écrasés au fond d’une vallée…

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Passer la frontière – 2

Lei roumainNous en étions donc au moment où la douanière roumaine nous réveille. Elle nous demande nos passeports ce que nous nous empressons de faire. Puis voyant nos sacs verts kaki, elle décide de les fouiller. Je fais ici une brève aparté pour expliquer comment deux antimilitaristes de base voyagent avec des sacs de troufions. La raison est bien simple, nous cherchions des sacs de grandes tailles et surtout les plus solide possible et les seuls sacs répondant à ces deux caractéristiques était un Karimor type armé et n’existait qu’en une couleur, le vert kaki. Donc pour la première fois nous découvrions l’effet que la couleur de nos sacs provoquaient systématiquement sur des douaniers.

Elle se met à fouiller le sac de Claudio, qu’elle lui fait intégralement vider, éventrant avec un plaisir évident les sacs plastiques protégeant les habits plutôt que de les ouvrir. Elle s’arrête prés de 5 minutes devant une carte photocopiée de Bratislava (un secret défense ?) avant de tomber littéralement en arrêt devant le rouleau un papier toilette (arme de destruction massive???), bref 15 minutes plus tard, elle en finit avec le sac de Claudio et s’attaque au mien, même rituel, sauf que les découvertes faites dans le sac de Claudio semblent la rendre encore plus méfiante. C’est ainsi qu’elle découvre sur mon sac 2 poches qu’elle avait ratées sur le sac de Claudio. Elle se précipite donc sur mon camarade, mais son mouvement est intercepté par un autre douanier qui nous demande de tout remballer et de descendre du train. nous rangeons nos sacs avec la lenteur que nous impose notre fatigue et notre envie de faire chier discrètement les douaniers et une bonne dizaine de minutes plus tard nous posons enfin les pieds sur le sol roumain.

Eglide d'oradeaNous suivons notre douanier quand un étrange hurluberlu nous propose de nous changer de l’argent au noir. Nous essayons de lui expliquer que ce n’est pas vraiment le moment et que s’il attend un peu que nous ayons nos tampons d’entrée en Roumanie, nous serions ravis de faire affaire avec lui. Bien sur notre connaissance du roumain étant aussi limité que son anglais et son français, il nous a abandonné fort déçu à la porte du bureau de la douane. Là, c’est le chef qui nous reçoit, fort aimablement et dans un excellent français. Après un brin de causette, il nous tamponne nos passeports, nous sortons, nous sommes officiellement en Roumanie ! Par contre notre changeur a lui disparu. Qu’importe nous entrons dans le hall de la gare, regardons l’heure des trains, il est 7h30, nous avons un train à 9h tout est pour le mieux dans le meilleurs des mondes. Par contre la caissière refuse de nous vendre les billets car nous n’avons que des couronnes hongroises, des euros et quelques dollars, mais aucun lei roumain. Bref nous devons trouver un moyens de changer quelques euros en lei afin de pouvoir prendre le train. Mais où donc est passé notre hurluberlu? Ne le trouvant pas, nous décidons de tenter notre chance dans Solanto. Solanta est une de ces villes que Ceaucecus a profondément modifiée. la ville est une succession de petit bloc en béton de 3-4 étages qui se suivent jusqu’à ce que la ville s’arrête et laisse place à la campagne. Bien sur pas une banque et pas un magasin ouvert sur tout ce trajet (nous sommes dimanche pour ceux qui suivent encore).

vin Vampire
Bref de retour à la gare nous retournons au bureau de la douane pour demander où nous pourrions changer de l’argent. La réponse est nulle part, mais à ce moment de l’autre côté de la rue nous voyons une buvette qui ouvre. Claudio propose d’aller demander là, mais le douanier nous retient et nous change 5 euros contre une véritable fortunes de quelques 172 000 lei. Ouf, il est 8 heures, il nous reste une heure pour acheter les billets. Nous nous dirigeons vers le guichet quand le chef de gare nous demande si nous allons à Oradea. A notre réponse positive il nous dit de courir et de sauter dans le train qui part à la seconde même ou nous y montons. En effet, nous avions oublié un petit détail, il y a une heure de décalage entre la Roumanie et la Hongrie, il n’est donc pas 8 heures comme nous le pensions, mais bien 9 heures!

C’est ainsi que nous fraudons pour notre premier voyage en Roumanie. Nous croisons un contrôleur à qui nous essayons d’expliquer le problème. Il réfléchi longuement sort un petit livre avec tous les prix et nous montre la somme gigantesque de 200 000 lei. Nous lui montrons notre fortune, il regarde alors notre argent, regarde nos tronches, regarde notre argent, regarde nos tronches, regarde notre argent, prend un billet de 50 000 lei et s’en va sans nous donner le moindre ticket en contrepartie, trop fatigués, trop estomaqués par les aventures qui se succèdent depuis la veille, nous restons sans la moindre réaction. Fort heureusement, nous ne verrons plus le bout du nez du moindre contrôleur avant l’arrivée à Oradea.
La rivière d'Oradea
Totalement épuisés, nous descendons du train posons nos sacs, en sortons une bouteille de lait et un pain acheté la veille en Hongrie et nous nous offrons un sublime petit déjeuner. À ce moment, passe notre contrôleur, celui des 50 000 lei, il nous montre d’un geste de la tête et raconte quelque chose aux deux collègues qui l’accompagne. Nous ne serons jamais ce qu’il a dit, mais une chose est certaine cela à provoquer un éclat de rire général dans le groupe…

Qu’importe, nous étions en Roumanie et nos aventures dans ce pays nous ont appris que ce que nous avions vécu ces dernières heures étaient dans l’ordre de la normalité dans le plus dépaysant des pays européens. Pays oú l’on trouve un restaurant dans la maison de naisance de Vlad tepesh dracul dit dracula, pays où l’on croise des femmes entrant dans un cimetière avec un râteau dont la manche est taillé en pieu, pays dont les trains s’arrêtent au milieu de nulle part, pays où l’on trouve un vin, blanc ou rouge qui se nomme vampire.




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