Archive pour 15 novembre 2007

15
Nov
07

Au dessus le ciel

en bas 4700mCarte de l’ascension du Chachani
Nous étions à Arequipa depuis 2 jours, le Misti et le Chachani, les deux volcans qui dominent la ville, nous narguaient. À la fin du second jour, dans le petit bouiboui où nous mangions, nous rencontrons un guide, nous discutons un moment avec lui et, l’envie étant plus forte que tout, nous décidons que nous essayerons de grimper le Chachani dont le sommet culmine à 6075m. Le soir même nous allons à l’agence afin de voir le matériel nécessaire à l’ascension. Le sommet étant sans neige à cette époque de l’année, nous avons presque tout le matériel nécessaire. Il nous prêtera une paire de vraie chaussure de montagne à chacun et une tente en tout et pour tout. Après nous avoir donné quelques conseils d’usage, on ne grimpe pas n’importe comment à ces altitudes, et nous avoir expliqué, carte à l’appui, le programme du lendemain. Nous sommes allés nous pioter avec une vague peur au ventre.
la tente, la pente et le vent
Le lendemain après un rapide petit déjeuner, nous grimpons dans un 4*4 direction les flancs du Chachani, 3 bonnes heures de routes et de pistes dans des décors sublimes. En arrivant à 4700m notre chauffeur nous abandonne. Une pente à l’apparence infinie s’ouvre devant nous. Le camp de base est à 5200m, nous voilà donc en chemin pour grimper les 500 m de cette première journée de marche. À notre grande surprise, nous grimpons bien sans vraiment ressentir l’altitude. Il est vrai que nous sommes depuis plus d’un mois au dessus de 3000m et nous sommes donc plutôt bien acclimatés à l’altitude. Camp de base 5200mEn deux heures environs nous arrivons aux camp de base, un replat au pied du col qui permet l’accès au sommet du volcan. Un autre groupe se trouve aussi là, se préparant pour l’ascension du lendemain. Près d’un muret fait avec les pierres jonchant les flancs de la montagne, nous installons notre tente. Bien que l’endroit ait été choisit par notre guide, nous comprenons facilement ce choix tant les rafales de vent sont puissantes. Après avoir avalé un morceau, nous allons nous tester en marchant une bonne heure en direction du col. Le paysage totalement minéral et désertique est fascinant, mais au moment où le soleil se cache, le vent se fait encore plus violent et surtout la température dégringole dramatiquement. Nous n’avons d’autre choix que de nous réfugier dans la tente et de préparer une bonne soupe chaude afin de ne pas congeler sur place.

depuis le camp de base

coucher de soleilLe départ de la grimpette étant prévue à 3 heures du matin, nous n’imaginons même pas de nous planter devant notre réchaud pour jouer aux cartes jusqu’à pas d’heure, il est à peine 8 heures quand nous allons nous dormir. C’est là que nous découvrirons un inconvénient fondamental du sommeil (je dirai plutôt tentative de sommeil) en altitude. A 5200 m, il n’y a pas beaucoup d’air et la nuit il fait terriblement froid. Il faut alors choisir entre avoir chaud et ne pas respirer ou respirer et se geler la tête en ce congelant le système respiratoire. Je dois donc bien accepter ce fait, je ne dormirai pas cette nuit ! Cinq minutes la tête dans le duvet en apnée pour se réchauffer, cinq minutes la tête hors du duvet pour respirer. Je sors un moment de la tente pour aller pisser un coup. Le duvet, la polaire, la parka, les gants et deux paires de chaussettes thermiques sont indispensable pour ne pas congeler sur place. C’est donc avec un relatif soulagement que je vois apparaitre la tête de notre guide dans la tente pour nous dire qu’il est l’heure d’y aller.

Arequipa depuis le colUn bon thé chaud et quelques tartines à la confitures, nous voilà sur les pente du Chachani. La montée s’effectue à la frontale jusqu’au col ou nous attend un spectacle incongru. Une plaque de lumière s’entend au bas du volcan, Arequipa se dévoile. C’est à ce moment que je prends conscience du désert qui nous entoure, pas une lumière n’est visible en dehors de la ville ou de très rare faisceaux de voitures ou de camions. Du côté du camp de base seules les étoiles offraient de la lumière. Nous montons doucement, pour ne pas dire lentement, le lever de soleil est un moment extraordinaire et nous l’apprécions encore plus quand ses rayons nous réchauffent enfin.Guide et pénitents Le paysage nous offre sa minéralité et ses couleurs, le rouge, le brun, le gris, le jaune, le bleu, le blanc, incroyable mélange que ne vient perturbé que le bruit de nos respirations et de nos pas. Nous montons toujours plus lentement, chaque pas coute davantage que le précédent, le sol rouge brun semble se dérober, nous souffrons, mais nous avançons. Nous apercevons enfin le sommet, qu’il semble loin et haut! Dans une petite descente, nous traversons un étrange champ de glace que le vent à sculpter pour former une procession de pénitents. Voilà nous sommes à 6000 m, plus que 75 m à grimper un enfantillage. Dernière montée, il commence à faire chaud, nous commençons à avoir vraiment chaud, dernière montée, dernière souffrance, combien de temps pour ces 75 derniers mètres plus d’une heure probablement ! Perte de repère, où est le ciel, où est le sol, où est l’horizon.

Au dessus de 6000mAu dessus de 6000mLe misty depuis le somment du ChachaniLe sommet

Enfin nous arrivons, l’autre groupe est arrivé une bonne demi-heure avant nous, même si nous avons récupéré un de ses membres, trop fatigué pour suivre leur rythme et qui était près à abandonner si nous ne l’avions pas pousser à franchir les derniers mètres. Il est un peu plus de 8 heures. Au sommet le bonheurLe sommet l’incroyable bonheur d’avoir pousser mes limites et le bonheur de ce paysages irréel, la lumière est différente, les couleurs sont différentes. On a chaud pourtant il gèle, nous nous en rendons compte en respirant. Peu de vent à cette heure, nous pouvons rester en admiration devant ce spectacle. Sur l’horizon, à l’ouest, une ligne bleue foncée, notre guide nous dit que c’est le Pacifique, incrédulité, fascination.
Descendre
L’envie de rester est forte, mais il faut bien descendre et la descente sera pénible et longue, la fatigue se fait sentir. Il est environ 11h30 quand nous arrivons aux camp de base, nous dévorons tout ce que nous trouvons, je mange même avec plaisir de la confiture de fraise (je déteste les fraises). Le temps de ranger la tente, de nettoyer notre campement, de mettre le sac sur le dos, nous disons adieu au Chachani. Une dégringolade rapide nous voilà au point deLes héros sont fatigués rendez-vous avec le 4*4 que nous attendons une bonne heure. Le retour est assez terrifiant avec un chauffeur qui ne conçoit que de rouler à gauche de la route et le plus proche possible du ravin. En une heure de moins qu’il nous en avait fallu pour venir, nous arrivons, sans trop savoir comment, vivant à Arequipa. Retour à l’hôtel, une bonne bouffe et tombons de fatigue. Ce n’est que le lendemain matin en regardant le volcan depuis la ville que nous nous rendons compte jusqu’où nous sommes allés.

Voilà, nous avons passé ce jour-là les 6000m. Mais il ne faut pas croire que le volcan ne se soit pas venger de notre victoire. Les jours suivants mon organisme à souffert, je mourrai de faim 24h sur 24, j’ai perdu beaucoup de poids , j’étais aussi très fatigué, ce n’est qu’en entrant un mois plus tard en Argentine que j’ai retrouvé la forme. Le bonheur d’une viande Argentine est inestimable.

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