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Humberstone ou l’enfer du salpêtre

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Humberstone est l’une des incroyables mines de salpêtre à ciels ouverts du nord du Chili. Un des grands lieux de l’esclavagisme de l’ère industrielle. Cette région, chilienne depuis 1884 et la guerre du pacifique impliquant chiliens, Boliviens et Péruviens était le seul accès à la mer de la Bolivie. Aujourd’hui le port le plus accessible pour la Bolivie est porto Alegre sur l’Atlantique.

Humberstone

HumberstoneLes Boliviens réclament depuis 100 ans leur accès à la mer, mais les nationalismes exacerbés des deux protagonistes n’ont pas permis de faire évoluer le conflit d’un millimètre durant cette période. La guerre s’est déclenchée quand les Boliviens ont voulu taxer les mines de cette région qui avaient été développées par les Chiliens et les Anglais (ce qui explique le nom peu hispanique d’Humberstone.

Durant plus d’un siècle les mines se sont développées dans cette régions particulièrement inhospitalière; certains disent qu’il n’y pleut qu’une fois tous les 50 ans et que ce jour-là le désert se couvre de fleurs. Comme on peut se l’imaginer, Les conditions de travaille y était terrible. Pablo Neruda raconte, dans un chapitre de son magnifique livre autobiographique « j’avoue que j’ai vécu », ses luttes dans cette région à l’époque où il en était député. Certains massacres comme celui d’Iquique en 1907, durant lequel plus de 3000 mineurs sont tué par l’armée, restent encore dans toutes les mémoires chiliennes.

Humberstone Humberstone Humberstone Humberstone Humberstone

Voici donc quelques photos de la ville et mine fantôme de Humberstone où à son apogée 5000 ouvriers vivaient. La région autour d’Humberstone est le seul endroit au monde que je connaisse où l’on ne voit pas la moindre herbe, le moindre cactus pousserHumberstone. Laissez-vous porter, cherchez les fantômes des ouvriers, ils sont nombreux, combien d’histoires à raconter, combien de drames, d’histoires d’amour (dans un monde où les célibataires n’avaient le droit qu’à un lit). La rouille parle d’une voix forte, les barrières des maisons s’ouvrent, se ferment, un simple nuage de poussière entre ou sort. Dans le théâtre résonne des voix fortes des émotions de scènes, entre les cliquetis des premiers projecteurs de cinéma, une belle femme en noir et blanc embrasse son amant. Dans la boulangerie l’odeur du pain frais est plus qu’un souvenir. Les bancs de l’école sont parfaitement encaustiqués, les élèves vont bientôt rentrer, écoutez leur voix, près de la route. Approchez de la zone industrielle, les panneaux vous indiquent un chemin vers « peligro » (danger), craquement, claquement, poussière dans les yeux. ciel bleu, invariablement bleu, terre rouge, terre brune, coups de pioches, sirène, explosion, coups de pioches, au bout d’un rail perdu une locomotive monte au paradis des vapeurs, dernier coup de corne.

Humberstone Humberstone Humberstone Humberstone Humberstone

Le regard se repose un instant une infinie plate et brune et au dessus une infinie bleue. Passage blanc, le spectre d’un nuage que le soleil rageur éteind en quelques secondes. une infinie vide, une infinie sans vie, d’où deux fois par siècle surgit un océan de fleurs et de couleurs.

Je vous vois déjà crier hurler. Infini est masculin! L’infinie est trop belle pour être masculin.

Humberstone

Fermez les yeux, entrez dans l’absence du monde, Humberstone, ville fantôme où la vie, sorcière au bois dormant, attend un prince charmant aux yeux de pluie.

Toutes les photos d’Humberstone

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8 Responses to “Humberstone ou l’enfer du salpêtre”


  1. novembre 19, 2007 à 4:24

    Fait ch…! j’ai loupé cet endroit! cela semble magnifique! très belles photos

  2. novembre 19, 2007 à 4:34

    C’est le même endroit que cette photo de marc :http://www.transam.fr/blog/?p=780
    Santa Laura est de l’autre côté de la route par rapport à Humberstone, je l’ai marqué sur la carte d’ailleurs

  3. novembre 19, 2007 à 4:49

    On sent bien que l’endroit est remplit d’émotion, et que tu n’as pas été indifférent à cela ! On dirait que le temps c’est brusquement arrété…
    Tu aurais pu y bosser guillaume y’a 100 ans !

  4. novembre 19, 2007 à 6:04

    je n’y aurai pas fait long feu!

  5. novembre 19, 2007 à 6:12

    Je crois que pas grand monde y faisait long feu, il suffit de lire Neruda ou marcher sans faire d’effort pendant une heure sous ce soleil de plomb…

  6. 6 Castro
    décembre 20, 2009 à 9:07

    De tres belles photos. Félicitations!
    Je visite souvent ce ville, j’habite à Arica et j’aime bien marcher sur ces rues en silence sous le soleil, on écoute le vent siffler l’après midi. Ca me rapelle mon village d’origine: María Elena. Si vous avez des amis qui veulent passer, mettez-les en contact avec moi. Je suis chilien.
    Alfonso Castro Campos
    castro.alfonso@hotmail.com

  7. juillet 4, 2010 à 12:32

    Très beau, bien écrit.

    Si ça vous dit, voici un lien sur un court métrage qui a été tourné en partie à Humberstone et Santa Laura, qui est juste à côté.

    Voici le lien:
    http://zoun.fr/blog/?p=1058


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