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Éviter la chute

Notre véhiculeIl y avait 4 jours que nous étions dans la charmante petite ville de Leymebamba. Entre les promenades sur les hauteurs et le passionnant musée de la ville, nous n’avions pas vraiment de raison de vouloir quitter ce petit paradis andin, mais il fallait bien se remettre en route. Le matin nous demandons donc quand il y aura un bus ou un camion pour atteindre Celedin. La réponse p’tre aujourd’hui, p’tre demain(En bon normand nous savons apprécier ce genre de réponse). Ce sera donc le lendemain et au sommet d’un camion que nous embarquons.

Compañera de viajeUne surcharge de marchandises, quelques poules et une petite dizaine d’humains se partage l’arrière du camion. Les deux premières heures de route se passent sans histoire, bien que l’arrivée au col en plein brouillard à plus de 4000m nous semble bien frisquet.Ça caille dur à 4000 m Nous commençons la descente toujours dans un brouillard bien dense et vers 3500m nous passons sous les nuages et découvrons l’impressionnante vallée qui s’étire sous nos pieds. Tout en bas, au centre de cet univers minéral, s’entrevoit une petite plaine verte, le fin-fond de la vallée, le village de Balsas à quelques 850m d’altitude. notre contemplation ne dure cependant que quelques minutes, car nous croisons le premier camion qui lui monte du fond de la vallée. À ce moment la peur plante ses premières banderilles.

En approchant du col - vers Balsas

Notre chauffeur se serre le long du précipice, freine, s’arrête. Notre préoccupation principale étant de savoir si nous avions encore ou non toutes les roues sur le route. Notre vue plongeante et magnifique sur Balsas ne nous rassurait pas franchement. La seconde banderilles est le passage d’un petit torrent qui traverse la route. Comme sur beaucoup de pistes, En approchant du col - vers Balsasles passages de torrents sont cimentés pour éviter que l’eau arrache trop régulièrement la route et bien entendu il existe un léger décalage entre la piste et le ciment, provocant un lent mouvement de roulis du camion amplifié par notre position très haute au-dessus de la route. En approchant du col - vers BalsasL’impression est imparable, le camion est en train de basculer dans le vide, ah non vers la montagne, à non vers le vide etc… Les péruviens se signent invariablement et même le plus athée des occidents prie pour un dieu dont il ignore le nom.

Descente vers BalsasLes 6 heures qui ont suivit ont donc été une lente succession de « oh que c’est beau », « putain je vais mourir », « C’est magnifique », « je vais mourrir », « Whaouou », »non pas encore », « Ouf » etc…, Vers 18 heures c’est avec un certain soulagement que nous voyons arriver la nuit, oui à partir de maintenant nous ne verrons plus ni la route, ni le précipice. Nous ne verrons plus que les camions qui nous croisent me suis-je dit. En fait non ! Car la lune capricieuse a décidé ce jour là d’être pleine et particulièrement lumineuse. Le paysage est encore plus sublimement beau ainsi, mais le précipice est toujours là bien visible. De plus le Descente sur Balsasnombre de camions que nous croisons est de plus en plus important depuis un embranchement qui s’enfonce on ne sait comment vers l’autre flanc de la montagne. La lune, la montagne en feu, méthode radicale pour nettoyer les mauvaises herbes, nous offre ainsi un spectacle fascinant où les fantômes de montagnes se montrent dans la blancheur de la lune, où les phares des camions traces une ligne pointillée qui nous montre le chemin restant à faire, où la montagne fumante offre d’étranges nuages qui jouent avec la lune, où les étoiles nous Adobe dans les rue de Balsasregardent semblant nous dire qu’elles nous accueilleront si quoi que ce soit nous arrive.Durant les deux dernières heures de descente, la température ne cesse de grimper. Quand enfin nous arrivons à Balsas, nous découvrons une végétation dense qui cache la lumière de la lune. Finalement, sur une place où sèchent des adobes, le camion s’arrête, la chaleur nous étouffe. Tant bien que mal après plus de 10 heures plantées sur le camion nous descendons, nous aidons à décharger, Altitude de Balsasnous cherchons un endroit pour dormir, une chambre surchauffée avec un sublime ventilateur, nous posons nos sacs prenons une douche aussi froide que possible, nous nous changeons, nous trouvons l’unique restaurant du village, nous nous posons, mangeons, quoi, je n’en ai aucune souvenir, mais c’était délicieux. Nous nous couchons. Le matin de très bonne heure, je me réveille et vais me balader pour découvrir le village et cette étrange vallée à la végétation digne de la jungle.

Pont de BalsasAprés le petit déjeuner, nous trouvons un camion pour nous emmener à Celendin, il faut remonter de l’autre côté à plus de 4000m avant de redescendre vers les 3000 en arrivant à Celendin. BalsasMais cette fois nous choisissons de rester sous la bâche du camion qui transportait des équipements de musique pour un concert de musique traditionnelle. La peur n’en n’est pas vraiment la raison, mais plutôt un besoin gigantesque de récupérer du stress et de la fatigue de la veille. Je n’ai quasiment aucun souvenir de ce bout du voyage, le sommeil m’ayant accompagné quasiment tout le long.

Voir carte du périple

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12 Responses to “Éviter la chute”


  1. novembre 28, 2007 à 3:03

    hehe, ça me rappelle quelque chose !! En plus dans les descentes j’ai toujours peur que les freins laches ! Mais pas de risque dans ton cas, le camion avait l’air tout neuf 😉

  2. novembre 28, 2007 à 3:07

    Ah tient, je crois que j’ai occulté cette possibilité, putain je vais stressé encore plus maintenant lol.

    Repeint ouias, neuf pas sur.

  3. novembre 28, 2007 à 3:17

    Tout neuf c’était ironique ! lol
    L’histoire des freins qui chauffent ça met arrivé une seul fois gamin, dans la côte de Mayres (guillaume connait) en ardèche. On a du foncer dans la falaise pour s’arréter ! Depuis j’y pense toujours et j’utilise au maximum le frein moteur 🙂 Dans ton cas tu pouvez toujours sauter bu toit…

  4. novembre 28, 2007 à 4:04

    tu m’étonnes que je connais la Cote de Mayres…la route des vacances et une montée incroyable surtout en moto…les cale-pieds frottent très facilement sur le bitume et les pneus morflent sur toute leur largeur hehehe putain que cela me manque!

  5. novembre 28, 2007 à 4:11

    Sur le frein moteur, j’ai le souvenir d’avoir grillé une boite de vitesse en en abusant 8 heures de route de montagnes dans le jura, ca puait le cramé grave quand on est arrivé:).

  6. novembre 28, 2007 à 4:47

    Je savais pas que tu étais un motard guillaume ! La route par villefort est superbe aussi dans le genre…
    Dul, le frein moteur ne signifie pas de rouler en premiere ou de rétrograder à 5000 tours 😉 Faut y aller fort pour griller la boite quand même !

  7. novembre 28, 2007 à 5:09

    Je dois avouer qu’à la fin j’étais tellement mort que je ne maitrisais plus trop l’embraillage :), pour ne rien arangé s’était une voiture de loc qui avait pas mal de kilomètres

  8. novembre 28, 2007 à 5:30

    Je te preterais pas ma voiture, lol !

  9. novembre 28, 2007 à 5:36

    Je voulais dire que la boite n’était pas bien fraiche avant d’ailleurs le loueur n’a pas eu l’air étonné 🙂

    sinon tu as raison 🙂

  10. novembre 28, 2007 à 5:49

    Les voiture qui brulent … jajaja moi aussi j’en ai une sur mon cv… une neuve, de loc pour la boite qui m’employait. le col de Vars lui a été fatal… mais en montée!!!
    Ils me l’ont remplacée mais ils était pas du tout content. J’ai pourtant dit qu’elle devait avoir un problème de fabrication. Parce que cramer le moteur à 1000km c’est pas bien normal!!!

    Sympa les voyages en camion… ça m’en a rappelé un au Pérou. Mais dans un énorme semi… 40 tonnes de riz, donc pas vraiment de problème d’excès de vitesse… plutôt l’inverse!

  11. 11 Castafiora
    novembre 28, 2007 à 9:30

    Bon mes chéris, tout ça fait bien peur mais en deux mots je vous raconte comment j’ai failli mourir de peur dans une coquille de noix avec un fou qui avait décidé de faire Athènes – Santorin avec cette merde à moteur d’environ 4 mètres sur une mer Egée très houleuse (au mois d’août, le vent Meltem souffle fort) – heureusement, le moteur du bateau a lâché le troisième jour et nous avons fait du bateau stop pour retourner à Athènes – nous étions 4 sur le bateau, le capitaine (le fou-furieux, psychiatre à Saint Anne), sa femme (complètement shootée au Valium sur la couchette), mon copain à peu près bien et moi qui ne rêvait que d’une chose : mourir vite !!!!
    Ceci dit, c’est très intéressant mais ça m’a rappelé cette histoire que j’avais oubliée ! Merci Dul ! J’ai fait du bateau à voile après dans de grands et beaux bateaux et même dans la mer démontée, je n’ai pas eu peur !!!!

  12. novembre 28, 2007 à 11:44

    c’est un plaisir de vous plonger dans vos souvenir ma chère 🙂


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