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Panique sous-marine aux iles Farasan, Arabie Saoudite, Part 2

Ceci est la suite de l’épisode 1 

arrive sur le bateauLe lendemain matin nous somme tous au pied de guerre… curieux de ce que le temps nous réserve après la tempête de la veille. Après le petit déjeuné notre minibus nous emmène au bateau et l’armée nous autorise à prendre la mer. Ouf… C’aurait été dommage de venir jusqu’ici et de ne pas pouvoir plonger ! 

Avec mon boité spécial plongée pour mon appareil photo, j’étais fin près, juste un peu anxieux à l’idée de croiser des requins, chose courante aux dires de Momo… Mais comme nous étions plusieurs j’allais me tenir au milieu du groupe afin d’être épargné par les premières bouchés !

RaieArrivé sur notre premier spot nous faisons une première plongée à 20 mètres avant de revenir près de la barrière de corail, moitié moins profonde. Nous faisons des binômes, chacun devant surveiller son partenaire Norme de sécurité élémentaire en plongée ! Je passe donc avec l’américain…

Ebloui par les fonds je suis à l’affut des meilleurs clichés, oubliant parfois de suivre le groupe et de surveiller mon binôme ! La variété est exceptionnelle, un raie par ci, des poissons clowns par là, des poissons perroquets, des poissons lunes, de nombreux types de discus, … et bien d’autres espèces dont je ne connais pas les noms… Mais pas de requins en vue, ce qui ne me manquait pas ! Après une bonne quarantaine de minutes les réserves d’oxygène commencent à s’épuiser, il nous faut penser à retourner au bateau… Mais c’est à ce moment là aussi que nous franchissons une bordure de la barrière de corail avec plus de profondeur, et un fort courant latéral nous entraine encore plus loin ! Pris dans mes photographies, je suis le dernier à me rendre compte que nous dérivons inexorablement…

Corne me fait signe de revenir ! Je vois les pieds palmés de tous mes compagnons à une quinzaine de mètres devant moi battant la cadence en chœur pour revenir à contre courant ! J’essaye de suivre… j’enchaine les battements de jambes à mon rythme maximum, mais je fais du sur place, je regarde les coraux, et il ne bouge pas, je n’avance pas… Je vois les autres s’éloigner… Je me Cornedemande si je suis vraiment plus faible ou si cela vient de mes palmes qui sont un peu plus courtes et qui ne me permettent pas de suivre l’allure, ou encore si je suis dans une partie où le courant est plus fort, vu que j’avais été un petit peu plus loin ! Je décide donc de m’aider de mes bras par des mouvements de brasse… Mais rien n’y fait, j’ai toujours l’impression de ne pas avancer d’un copeck ! Je m’essouffle, je commence à paniquer ne voyant presque plus mes acolytes et ne pouvant les appeler ! Je maudissais Corne et mon binôme de ne pas se retourner pour voir où j’en étais, mais je crois que c’était difficile pour tout le monde… 

A ce moment là mon bras gauche, dans son mouvement de brasse, attrape mon détendeur et l’arrache de ma bouche ! Je bois la tasse, tousse, m’étouffe, ravale de l’eau ! Je dois remonter illico à la surface. Déjà épuisé et essoufflé par l’effort fourni, je n’avais pas besoin de ça ! J’ai cru me noyer ! Arrivé à la surface, j’étais exténué… Je devais reprendre mon souffle, mais mon cœur battait la sérénade, les vagues m’envoyaient de l’eau en pleine figure en m’obligeant à reboire la tasse tellement je ne pouvais retenir mon souffle, et ceci jusqu’à ce que mon esprit ait de nouveau assez d’oxygène pour fonctionner et penser à gonfler mon gilet pour flotter sans efforts ! C’en était donc fini d’essayer de suivre le groupe. Je ne pouvais plus rien faire. Le courant m’entrainait vers les rochets. J’hurlais pour que quelqu’un m’entende, me voit… mais en vain ! J’étais seul, perdu dans les méandres des eaux façonnant les iles Farasan, sans bouée fluo pour me faire repérer ! Seul Corne en avait une ! Il ne manquait plus qu’un requin vienne me bouffer les pieds ! Je n’osais même pas y penser, tellement j’étais persuadé d’en avoir sous moi ! Et j’étais une cible facile, telle une proie à l’agonie flottant à la surface… Il ne restait plus qu’à attendre et espérer, il n’y avait aucun espoir que l’on m’entende de toute façon… Ou serais-je lorsqu’ils se rendraient compte que je manque à l’appel ! Putain Corne retourne toi !Après quelque interminables minutes, je vois une tête au loin sortir de l’eau, Corne, enfin, mon héro ! Je me remets à hurler pour qu’il me voit ! Mais le voilà qu’il se dirige dans ma direction, ouf, enfin, je suis sauvé ! Une fois à mon niveau, il sorti la bouée pour que le bateau nous repère et se mis à siffler avec le sifflet spécial ! L’ouïe fine et les yeux de lynx de Max, qui était resté sur le bateau, avaient entendu notre appel de détresse ! Corne me remis mon détendeur pour que j’arrête de prendre de l’eau dans la gueule et nous pûmes rejoindre le bateau qui se voguait vers nous !Mes jambes flageolaient, mes mains tremblaient, j’avais bien cru y rester aujourd’hui… J’explique à Max et à Corne ce qu’il s’est passé en même temps que nous allons récupérer le reste du groupe. Corne me précise que si je n’avais pas bu la tasse et toussé, j’aurais pu faire éclater mes poumons ! Avec la panique j’avais oublié la règle la plus importante lors d’une remontée d’urgence. En effet, à 10 mètres de profondeur, ou un bar de pression, l’air est compressé de moitié. Et si vous remontez à la surface en gardant de l’air inspiré à cette profondeur, vos poumons explosent inéluctablement !Enfin, je m’en étais tiré avec une grosse frayeur et une expérience qui ne me ferait plus jamais oublier cette loi d’Archimède ! Une fois tout le monde sur le bateau, il était temps d’aller manger, de reprendre nos esprits, de se poser quelques temps sur un bout de plage paradisiaque d’une des iles de l’archipel.L’après midi nous referons une plongée, mais seul l’australien et moi même décidons d’y retourner car la mer est très agité, et je crois que j’ai fait peur avec mon histoire ! Mais cette fois le bateau nous suivrait en même temps que nous dérivions avec le courant ! Je voulais prendre d’autres photos…Le soir, de retour à l’hôtel, nous apprenons que les bateaux ne refont toujours pas la traversé vers Jisan, la mer ne le permettant pas. Nos deux américains manquants n’auront malheureusement pas eu la chance de nous rejoindre. Corne et les irlandais avaient peur de ne pas pouvoir revenir à temps pour l’avion le lendemain si le temps ne s’arrangeait pas ! Et ils ne pouvaient pas se permettre de passer une semaine sur l’ile ! Seuls les employés consulaires n’avaient pas de soucis de ce côté-là ! Ils tentent donc par tout moyen de trouver une embarcation qui les ferait traverser, même si c’est en pleine nuit ! Tant pi pour les plongées prévues le deuxième jour…Depart pour le retourLe lendemain, nous constatons avec Max que tout le monde est parti ! Apparemment la personne qu’ils avaient chargée pour trouver un bateau les avait réveillé à 3 heures du matin pour tenter la traverser, la mer étant plus calme en pleine nuit. Comme je n’allais pas faire de la plongée seul, nous voyons avec Max s’il est possible de rejoindre Jisan, soit avec le même type de bateau sur le retour a jisanque le premier jour, soit avec le ferry de l’armée, ce qui prendrait trois fois plus de temps… Mais la mer s’était apaisée et tout était redevenu normal ! Accompagné d’un groupe d’infirmière, la traversé se fit deux fois plus vite que l’avant veille.

   

Une fois à l’aéroport nous retrouvons nos amis qui s’apprêtaient à embarquer sur un vol mais il n’y avait plus de place pour nous. Nous passons donc l’après midi dans une ferme et visitons un peu les alentours pour attendre notre vol prévu en fin d’après midi.

    

  max   Mangier axel

Le week-end ne s’était pas vraiment passé comme je l’avais espérer, mais on ne lutte pas contre les éléments, et j’avais eu ma dose de souvenir et d’histoires à raconter malgré tout…

La carte des iles Farasan

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12 Responses to “Panique sous-marine aux iles Farasan, Arabie Saoudite, Part 2”


  1. décembre 7, 2007 à 4:23

    décidément tu rigoles pas dans tes délires!

    C’est étonnant la différence radicale entre la mer et la ferme.

    il y a une photos de chameau (dromadaire?) qui déconne, la 3 ème de la ferme.

  2. décembre 7, 2007 à 5:39

    Je dois admettre que je suis un peu tête brûlée ! Mais je sentais dès le départ qu’il allait nous arriver quelque chose du fait que Momo ne pouvait pas plonger avec nous… C’est risqué de plonger quand on ne connait pas l’endroit et mon expérience était vraiment limité, et mes souvenirs de mon Pady quasi nul ! Donc… A cuba je n’ai pas osé plonger tout seul par exemple car on m’avait certifié que j’allais voir des requins et j’ai eu peur de paniquer ! Je deviens raisonnable peut être !

  3. décembre 7, 2007 à 7:02

    C’est l’âge 🙂

    je dois avouer ne jamais avoir plongé et ne jamais avoir été tenté de la faire.

  4. décembre 7, 2007 à 7:46

    Je te croyais curieux mon cher dul ! y’a tout un monde qui se cache sous la mer, y’a pas que la surface sur terre 😉 Moi j’ai cette envie de tout découvrir, tout nouvelles expérience m’intéresse, je peux pas lutter 🙂 Je suis tellement persuadé d’avoir qu’une vie limité dans le temps que je veux en faire un maximum… !

  5. décembre 7, 2007 à 11:16

    flippant ton histoire…mais franchement vous n’avez pas assuré! on ne rigole pas avec la plongée…tu les as toutes faites jejeje
    remonter sans faire de palier et pire encore, replonger et surtout prendre l’avion après avoir plongé!!! c’est de la folie pure…l’histoire aurait pu être tragique!

    enfin, plonger la bas et voyant tes photos cela valait le coup hehehe

  6. décembre 8, 2007 à 8:43

    Tu as raison guillaume, mais on était pas assez pronfond pour les paliés, jusqu’à 25 mètres je crois qu’il n’y a pas besoin. Concernant la deuxième plongée, corne avait un ordinateur calculant le niveau d’azote dans le sang et le temps que l’on pouvait rester !
    Le seul risque qu’on avait décidé de prendre c’est l’avion, pas le choix ! Normalement il faut attendre minimum 24 h avant ! Mais comme finalement on n’a pas plongé le deuxième jour, le risque était quasi nul ! Je crois qu’on élimine presque tout l’azote dans les première heures, ensuite il en reste un peu pendant un temps mais les risques sont bien diminués !
    En faite le seul vrai problème que j’ai avec la plongé, c’est mes oreilles ! Une fois sur deux je n’arrive pas à décompresser avec toutes les autites que j’ai fait gamin ! Quand j’ai passé mon Pady, le troisième jour je pouvais faire siffler mon tympan en me bouchant le nez ! J’ai un film, c’est allucinant ! Apres j’ai entendu la mer pendant 10 jours !

  7. décembre 8, 2007 à 6:12

    Cours accéléré de plonger merci les gars.

  8. janvier 7, 2008 à 6:56

    Décidément, Greg, t’es le mec le plus voyagé et le plus FOU de ce blog! Il te manquait des requins pour bien clôre l’histoire…

  9. 9 PERES cécile
    juillet 27, 2008 à 12:00

    Salut,
    je bosse au qatar depuis quelques mois et suis dans le coin pour 2 ans. Je suis habituée de la plongée sous marine et c’est en cherchant à organiser qques jours de plongée pour tt un groupe dans un site particulierement vierge de fréquentation humaine que je suis tombée sur les iles farasan et ton blog. Je souhaiterai avoir plus de détail sur tes impressions quand à la qualité de l’hotel-club de plongée… par exemple aviez vous tous votre matos ou bien est ce momo qui vous l’a loué? Penses tu que c’est envisageable de lui proposer un groupe de 10 personnes ou n’en a t il pas la capacité? toutes tes remarques seront les bienvenues. Aussi, simple curiosité, quel modele d’appareil photo a tu utilisé pour ces clichés?
    Merci
    Cécile

    • 10 Marie
      mai 9, 2009 à 12:01

      Bonjour Cecile,

      je vis en arabie et serais tres interessee par un sejour plongee aux iles Farasan. je me demandais si tu avais finalement organise ton voyage avec ton groupe? Si oui pourrais tu me recommander un club de plongee et un hotel? Comment vous etes vous rendu sur l’ile principale? Y a t-il un systeme de navette? Peut etre que ce site est devenu plus organise depuis l’epoque de Greg en 2007? Merci pour tes suggestions et informations.

      Marie

  10. juillet 29, 2008 à 4:03

    Salut cecile,
    Momo a 2 bateaux d une capacite de 10 a 12 personnes chacuns il me semble. moi il avait fallu que je trouve 8 personnes minimum sinon c etait pas rentable pour lui. Donc 10 pas de soucis.
    L hotel est simple, c est pas le grand luxe, mais de toute facon il n y a pas d autre endroit ou dormir.
    Par contre il faut bien que tu te metes en contacte avec momo avant pour qu il prepare les autorisations militaires pour se rendre sur l ile. Le mieux est de prendre un avion jusqu a Gizan puis soit un bateau rapide, soit le ferry de l armee pour l ile principale des Farasan. Ensuite momo vient te chercher.
    Il faut bien reserver tout a l avance car momo n y est pas tout le temps. Et de m ont temps il ne faisait ca que les week end (jeudi, vendredi). Mais il comptait bien un jour y rester donc ca a peut etre change.
    Il a tout le matos necessaire, pas la peine d ammener quoi que ce soit. moi j ai quand meme pris mon masque. Mais le mieux c est de lui demander. Je dois avoir son mail en france mais pas ici. Je crois que je l avais trouve sur un lonely planet special diving in the Red Sea qui existe seulement en anglais.
    Mon appareil n est etait a l epoque un numerique sony 7 millions de pixel avec un boitier plonger 40m adapte precisement a l appareil.
    Si tu veux d autre info n hesite pas et si tu ne trouve pas son mail, renvois moi un message d ici 3 semaines je pourrais te trouver ca… LA je pars 15 jours en vadrouille autoure de l argentine… Ciao

  11. 12 Anne-corinne Moraine
    septembre 22, 2009 à 3:28

    Bonjour,

    je suis journaliste à Thalassa . Je pars faire un reportage aux iles farazan en novembre. je voudrais savoir quel est le club de plongée qui connait le mieux cet archipel? On m’a parlé d’une jonque chinoise avec de la porcelaine Ming qui serait dans les eaux des farazan?Merci à vous.
    Au fait petite précision: vous avez plongé dans l’archipel des farazan ou sur le banc Farazan? Anne-Corinne


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