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Ça caille, putain!

Dans mon cher pays, pendant le mois de décembre, il fait si chaud que même avant de sortir de la douche vous avez déjà commencé à suer désespérément. C’est dégueulasse. En Europe, par contre, non. Il fait froid là-bas, surtout dans ce petit pays appelé Auvergne. À la moitié du dernier mois de l’année, en 2004, il faisait froid, mais pas trop sur ville. J’imagine que la température rondait les 10 degrés.

Dans cette époque, j’avais un ami à moi qui me rendait visite à Clermont…

Cependant, pour pouvoir continuer ce récit, il faut parler un peu de lui. Goura c’est comment on l’appelle. Demi hari-krshna demi bon-vivant, au Brésil il est l’ami avec qui je pars souvent aux chutes d’eau, avec qui je fais mes randonnées, avec qui je pars à la recherche des sommets des montagnes de Serra do Mar, petite sierra à coté de chez moi. Goura est aussi le mec le plus zen dont j’ai jamais fait connaissance. C’est incroyable. Il est calme, tranquille, un mec avec qui la vitesse n’a pas de lieu.

Bon, Goura était venu me rendre visite à Clermont. Il est resté chez moi, sur mon coin, avec mon matelas. Ma roommate américaine était partie à Paris pour rencontrer le copain américain. Ma copine, américaine aussi, avec qui je passais tout le temps que j’avais libre, m’a accepté comme réfugié chez elle pendant le séjour de mon ami.

Le 18 décembre 2004, ma petite amie est partie pour passer la journée avec une famille qui l’avais aubergée lors de son arrivée en France. Moi, je suis rentré chez moi pour lézarder un tout petit peu avec Goura. Mon autre roommate, Lele, un italien fou de la tête, était sorti. Goura était là en train de prendre le petit déjeuner. Pendant on parlait et se demandait comment était allée la nuit antérieure, Goura est allé au balcon et a regardé le monde: ciel bleu, pas de nuages, ambiance agréable (pas si froid, chose de ne porter qu’un blouson). Il m’a donc dit: « Putain, ça te dit si on fait une randonnée n’importe où aux environs de la ville? » Moi, je lui ai répondu « Oui, bien sûr. Pourquoi pas? » Quelle destinée? Après avoir réfléchi un tout petit peu, on s’est décidé par le Puy-de-Dôme. Volcan, on dit que c’est touristique… Nous, déjà habitués à faire des randonnées à l’improviste, avons pris quelques choses que nous pensions que nous seraient utiles et sommes partis. Quelles choses avons-nous pris? Chacun portait un pantalon jeans, une tee-shirt, un blouson, un bonnet de laine et un pair de gants. Aux pieds, qu’un pair de chaussettes. D’acc. On y va, quoi.

dans le bus vers Orcines

Nous avons marché à pied jusqu’à la Place Jaude, d’où on m’avait dit que nous pouvions prendre un bus pour Orcines et de là-bas pour Puy. C’est ce que l’on m’a dit, parce que le bus nous a laissé au milieu de la route, où il n’y avait même pas une maison.

faisant de l’auto-stop

Putain, quoi faire? Ce fut un bon commencement. Faisons de l’auto-stop. Goura s’est levé le doigt, moi aussi, et nous avons lancé le coup. Première voiture, rien. Deuxième voiture, rien non plus. On s’est dit que cela n’allait pas marcher. Troisième voiture, le chauffeur a arrêté. La vache! Parfait. On n’a même pas attendu deux minutes. Où allait monsieur le chauffeur? Juste au parc du Puy-de-Dôme, car il allait faire un picnic avec sa femme et fils, qui l’attendaient déjà.

Ben, nous, on lui a remercié et s’est mis en marche vers le sommet.

le Puy

le commencement

 

On a pris le chemin et a sonné le cloche du début. Le commencement, comme vous voyez sur les photos d’au-dessus, tout était absolument parfait. Du soleil, pas trop de nuages. Il faisait bon.

pour commencer c’est toujours moins difficile

La montée s’est montrée pas trop importante au début. Du béton, des arbres côtoyant la route, le soleil qui nous chauffait. Du coup, on sent que la montée s’est faite augmenter et que les pas d’avant ne suffisaient plus. Il fallait faire plus d’effort pour atteindre les mêmes résultats du début. D’un moment à l’autre une brume s’est lancée vers nous et nous a avalé. On s’est vu complètement entourés. La portée de la vue atteignait, au plus, les cinq mètres. Il a commencé à bruiner. En peu de minutes, la température avait baissé sensiblement. Moi, je me suis mis mon bonnet, Goura a fait le même, chacun s’est mis ses gants et on a continué. De plus en plus penchée…

la brume

À peu près cinq minutes de bruine et brumes, on s’est croisé avec de la neige. La première fois que je voyais de la neige dans ma vie. Quelle émotion! Quel transport de voir quelque chose que je ne voyais que par la télé! Quel froid qu’il faisait! Attention déviée par la neige, la bruine et la brume, on ne sentait pas trop la sensation promue par le froid. On s’est arrêté un tout petit peu pour une pause repos et puis on a recommencé.

une petite halte

au milieu du néant

A chaque pas, la pente se faisait plus importante et le froid un peu plus intense. Mais pas de question de désister. On s’était dit qu’on allait jusqu’au bout. Autrement dit, jusqu’au sommet. Question d’orgueil. On ne pourrait pas retourner sans être montés comme il faut.

On a continué, continué, et la neige a augmenté, le vent s’est présenté comme autre adversaire, la brume nous diminuait la portée de la vue, la bruine nous mouillait peu à peu. La sensation des vêtements humides a commencé à nous préoccuper. Brusquement, le froid s’est vachement intensifié. Ça caillait, ça gelait… C’était vraiment quelque chose pour laquelle on ne s’était pas préparé. On était tout simplement au milieu de ce qu’on a appelé une tempête. Dans ce moment-là précisement, on a même pensé à désister, mais on a résolu de ne pas le faire. Faut continuer, quoi! On est des aventuriers.

ou la la la vache!

La montée continuait implacable et nous, encore nous croyant des courageux aventuriers, avons repris le chemin. Faut y arriver. Finalement, après avoir vacillé plusieurs fois (on désiste ou pas?), on est arrivé au sommet du Puy-de-Dôme.

Puy-de-Dôme

Il faisait si froid qu’on pensait que soit on allait perdre quelques doigts ou les oreilles, soit on allait arriver à Clermont avec une pneumonie. Dieu nous le dira, c’est certain. Là au-dessus, personne. Même pas une pauvre âme pour nous dire bonjour, coucou ou quoi que ce soit. La maison-établissement qu’il y a là, fermé. Tout fermé, quoi. Que nous! Il neigeait fort déjà, il faisait super froid. Mais nous, on n’a pas voulu désisté. Si l’on est là, faut parcourrir un tout petit peu et voir ce qu’il y a à voir. Comme la bruine, tempête de neige et brume étaient fortes, on n’a pas vu de loin les ruines. Ç’a été par hasard qu’on s’est allé se balader par là et on les a trouvé. Quelle bonne surprise au milieu de tout ce qui nous entourait.

les ruines latinesgelésGoura debout

On a pu résister à peu près 30 minutes au sommet. Il faisait trop froid pour nous deux. Qu’avec un blouson, un bonnet et un pair de gants de 3 euros on arrivait plus à y rester. On a dû descendre vite fait. En courrant, pour voir si le froid nous pardonnait un peu. Moi, je le savais déjà: j’attraperai au moins une grippe et problablement une pneumonie.

Et finalement on est descendu sains et sauvés… Dieu merci, quoi. Apprentisage que l’on peut en retirer: ne jamais sortir en hiver sans une doudoune!

Une fois sur Clermont, on a vu sur net qu’il faisait -7 au sommet du Puy! Et personne n’est tombé malade.

 

 

 

 

 

 

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2 Responses to “Ça caille, putain!”


  1. janvier 7, 2008 à 10:35

    L’Auvergne n’est pas pour les poules mouillées 🙂
    Et puis le Puy de Dôme, il faut le mériter! c’est un vieux par rapport aux Alpes ou Andes mais il a de la bouteille!

  2. janvier 10, 2008 à 6:38

    He he, je crois que le jour où je l’ai fait il faisait le même temps, tout était givré ! En auvergne, quand ça caille, la brise peut vous percer les poumons, faut être solide ! Mais bon, moi je suis monté en voiture, c’est beaucoup moins exceptionnel, sauf que j’ai arpenté pas mal de volcans alentours la même journée… Mais je suis auvergnat donc ça compte pas (heu, Velave en vrai, mais bon) donc mon esprit arrive par lui même à réchauffer mes extrémités…


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