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un voyage, une rencontre ou alors une rencontre, un voyage…

Voyager seul… Il a mille manières de partir, mille manières de voyager, il n’existe pas une fois ou cela se ressemble, pas une fois où on partira sans rien trouver.

Voyager seul est égoïste, mais pour certain nécessaire. On ne partage pas, on est seul; seul face à un paysage idyllique, une montagne, une mer ou un océan, un désert, ou seul face à soi même.

Avant de partir, avant de dire au revoir aux autres, de dire au revoir à soi même, il y a le gros moment de doute. Le doute de supporter cette solitude, le doute du pendant, de l’après…

Et puis la décision: partir, partir suffisamment longtemps pour être sûr que le changement soit radical. A ce moment là 8 mois me semblait suffisant. Après avoir réunis l’argent nécessaire je m’étais mis une seule condition: passer mon deug. Un deug que j’ai fait par hasard, pour rien, seulement pour prendre le temps d’être capable de partir seul. Le jury m’a aidé, et je suis parti.

J’atterris alors au Pérou, comme ça, par hasard et finalement qu’importe. Je passerai 3 semaines à me poser cette question, pourquoi le Pérou… simplement parce que c’était le premier billet pour l’Amérique du Sud? peut être… mais pendant 3 semaines, un mois peut être je regrettais cette décision, non pas pour le Pérou mais pour être parti, parti seul.

Je visitais le nord du pays, les montagnes, le Huscaran, si beau, si élégant. Mais rien n’y faisait, j’avais arrêté des études inutiles, abandonné ma copine toxicomane, laisser mes potes et mes fêtes. Pourquoi?

Après 2 mois mon espagnol progresse, je commence à peine à pouvoir communiquer. Des rencontres futiles, d’un ou deux jours m’aident… mais cela reste précaire. Je croise aussi d’autres voyageurs, le jeune dynamique super ambitieux qui visite le Pérou en 15 jours, le baroudeur qui a vu le monde entier et qui s’écoute parler, la femme de 40 ans, célibataire et faussement féministe… etc. On retrouve un bout de soi même dans chacun. Le reflet fait parfois mal, parfois non. Mais il est toujours instructif.

Deux rencontres marqueront mon début de voyage, une qui m’emmènera faire des photos et l’autre qui me montera le chemin, mon chemin.

Je venais de passer la frontière chilienne et je projetais d’aller à Putre et dans le parc Lauca. La veille de prendre le bus je tombais sur un type à l’hôtel qui râlais en français sur la pauvre employée qui n’avait rien fait. A ce moment je pense que c’est encore un de ces français râleur et désagréable qui a tout vu et surtout qui n’arrête pas de dire qu’il y a la même chose chez lui…

Je le retrouve dans le bus le lendemain, et à coté de lui… alors on commence à parler. Il est belge et était architecte mais à 30 ans il a décidé qu’il y avait assez de maison sur la terre et que l’être humain était un sale con. Il passe donc son temps à bosser dans n’importe quoi et à voyager a travers le monde, de préférence où il y a peu d’humanoïde. Il a 45 ans environ. Sa voix est rauque, cela fait 3 mois qu’il voyage et il n’a presque pas parlé… il erre, admire les oiseaux et la nature.

On arrive à Putre et décidons de partager l’hôtel. Il me dit que j’ai l’air d’un sale con avec mes dread locks et mes boucles d’oreilles mais quant fin de compte je ne le suis pas tant que ça, ça me rassure, je lui dit que lui aussi est un nase et que l’employée de service n’avait rien fait. On voyagera 2 semaines, peut être 3, à la découverte de parcs naturels bien caché… en Bolivie et au Chili.

Ce gars m’impressionne, voyager comme lui me fait rêver même si ça haine me semble inutile. Il disait que la seul qualité de l’humain était sa capacité intellectuel mais malheureusement il ne savait pas s’en servir. En suivant cette logique la connaissance serait le fondement d’une éventuelle amélioration…

Je resterai pensif sur cette idée après avoir laissé ce compagnon de route partir à l’Est. Et après 3 autres mois de voyage je me retrouvais au nord du Chili, dans un désert en bord de mer. Je voulais rejoindre Antofagasta pour aller à San Pedro de Atacama, mais je suis descendu du bus avant. Une station essence avec une route qui partait en direction de la mer m’attirait. Je pris donc 7 litres d’eau et je commençais à marcher. Il était temps pour moi d’être vraiment seul et de rencontrer ce que je cherchais.

Le soir de ce même jour j’arrivais enfin au bord de l’océan et rapidement je me suis senti bien, il me fallait donc rationner mon eau pour faire durer le plaisir. Je passe mes journées à l’ombre, immobile à observer les cactus et les oiseaux. Le soir je me fais des bouillons de pâtes, c’est dégueu, mais comme ça je ne gâche pas d’eau. Après 3 jours je sens déjà la déshydratation m’envahir, mais j’arriverai à prolonger ma réflexion pendant 5 jours. Le sixième j’entends à nouveau le son de la voix humaine.

Ma décision est prise, je retournerai chez moi… pour étudier, même si j’ai appris à ce moment qu’apprendre à apprendre cela ne s’apprenait pas à l’école…

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20 Responses to “un voyage, une rencontre ou alors une rencontre, un voyage…”


  1. mars 26, 2008 à 2:02

    Excellent! J’ai bien aimé ton texte moi. C’est vrai, apprendre à apprendre c’est le plus difficile dans la vie, surtout parce qu’il faut apprendre ses propres limites et ça s’apprend pas à l’école…

    Les gens, malheureusement j’ai pas d’argent pour l’instant, mais ce serait pas mal d’organiser une « Rencontre Histoires de Voyageurs », de ses auteurs. Moi, je connais déjà Guillaume, Dul et maintenant Greg. Ils me manquent Tonio, Manu et Samu. Pensons-y!

  2. mars 26, 2008 à 3:48

    Merci Tonio.

    Maikon, on trouvera une solution pour se voir tous dans un point ou l’autre du monde un jour ou l’autre, laissons le hasard nous porter et nos rêves bien sur eux ….

  3. mars 26, 2008 à 4:59

    oui laissons le hasard faire les choses… ça viendra surement.

  4. mars 27, 2008 à 12:12

    beau texte! moi je suis plutôt à voyager seul…même si au bout du compte je ne suis jamais seul! mais c’est vrai que souvent on a envie de partager des moments, paysages ou rencontres avec ses proches…

    Maikon, on aura l’occas’ de se recroiser…Faire venir Sam de nouveau par ici risque d’être difficile…la NZ n’est pas à côté!

  5. mars 27, 2008 à 3:13

    Tout â fait, les gars. C’est pas urgent. C’est juste une idée lancée au vent comme ça…

  6. mars 27, 2008 à 3:48

    on va suivre le vent ne t’inquiète pas trop 🙂

  7. mars 27, 2008 à 2:06

    Mais l’idée est bonne… on est tous d’accord…enfin je pense… à moins que Guillaume ressorte la hache de guerre 😉
    Moi j’espère bien pouvoir débarquer un de ses jours a BA. mais c’est plus loin et plus cher que je pensais.

  8. mars 27, 2008 à 2:41

    On peut faire une moyenne, on se retrouve au lac Titicaca :), une petite semaine sur l’ile du soleil du côté de Chalapampa :).

    Programme :
    – refaire le monde.
    – Inventer des projets insensés.
    – Marcher dans l’île et battre le record du monde du nombre de 4000 m passé en une journée.
    – Aller à la pèche.
    – Se baigner dans le lac.
    – Apprendre le Quecha.
    – Profiter d’un bon maté de coca avant d’aller dormir
    – Organiser des soirées de contes avec les villageois, en Français, Espagnol, Quecha, Portugais et Italien.

    toutes autres idées est la bienvenue:)…

  9. mars 27, 2008 à 2:41

    petite semaine qu’on peut faire durer un mois hein 🙂

  10. mars 27, 2008 à 3:06

    ouais mais avec du rhum, des femmes …
    enfin ça quoi: http://www.youtube.com/watch?v=WVUhNxC-skE

  11. mars 27, 2008 à 3:59

    du rhum nos femmes? 😉

  12. mars 27, 2008 à 11:26

    Ouais, c’est pas mal du tout comme idée, sauf que Dul a la sienne et elle ne va pas trop aimer ce petit excès… Pour moi, petite pause d’une semaine en Bolivie me va. Faut qu’épargner de l’argent pour y aller… Faut donc attendre. C’est pour ça que je dis que je suis pas pressé moi.

  13. mars 28, 2008 à 7:20

    Si vous me laissez un peu de temps pour mettre un peu de fric de côté, il y a des chances que je fasse partie du truc, même si j’ai jamais été un voyageur de votre envergure… Ceci dit, Toño avec les dreadlocks, ça devait être marrant 😉

  14. mars 28, 2008 à 7:55

    J’adore ton texte toño… Je m’y retrouve tout à fait… J’éprouve constamment le desir de partir, mëme si ça fait vraiment chier de laisser les potes, les fêtes… Mais le desir d’aventure est plus fort, et les potes devraient être toujours là ! Il faut juste avoir le courage de partir… ensuite, en ce qui me concerne la reflection s’est faite toute seule, je ne suis jamais parti me chercher, ce sont les voyages qui m’ont fait… inevitablement voyager seul donne le temps de révléchir sur soi, sur l’existence… Mon problème étant que j’aime trop m’amuser, et chez moi j’ai trop de potes qui sont autant de tentation, je dois fuire, en faisant un effort, si je veux avoir le temps de réfléchir !
    Je précise juste que si ma pensée s’est fait a posteriori, c’est que la première fois que je suis parti seul j’avais 15 ans, ma mère m’ayant proposer de partir une année aux Etats Unis parce qu’elle n’aimait pas trop mes fréquentations… Mais j’ai pas hésité, sans même réfléchir!!! Ensuite on se demande ce qu’on fout là…, et puis…

    J’adore les commentaires et réecouter Soldat Louis (2X) 😉 c’est clair qu’avec du rhum et des femmes c’est mieux, parce qu’entre couilles plus d’une semaine ça risque d’être dur !!! Au final, Ca devrait pas couter très cher, si on reste à camper sur une ile avec du rhum du supermercado et de la lima au prix bolivien, on devrait presque faire des économies ! Mais suivont le vent, j’adore…

  15. mars 29, 2008 à 6:14

    Entre couilles… hahahaha… Quelqu’un de vous auriez une idée de budget pour ce petit voyage, pour que je commence à mettre du fric de coté?

    Changeant de sujet, faut le dire: greg est un mec bohème, je l’ai témoigné moi-même.

    À propos de notre cher blog, j’ai des idées dans ma tête pour des nouveaux textes. Faut que je les burile avant de vous les proposer…

  16. mai 23, 2008 à 8:27

    Chouette texte, Tonio… j’y trouve aussi des bouts de moi même. Mais je n’ai pas su m’affronter comme cela en tête à tête si longtemps; peut être pour cela que je suis un hyper actif! Finalement le voyage c’est aussi la fuite de soi, mais on fini souvent par retourner au bercail et se retrouver. Et finalement la fuite a été salutaire car on a pris du recul sans même y penser… jusqu’à la rechute suivante.

  17. 17 samikazeze
    juillet 22, 2008 à 8:44

    tu sais que je donne toute ma vie saauf un jour pour aller a l amerique je suis un homme tunisien de 24ans ma longueur 1.88cm je pese 85k mes yeux vert sportif honnetemment dis j ai la chance dans ma vie mais pour aller a l amerique je ne sais pas pourquoi? je jure jusqu a la fin de ma vie et de la vie je sens mal a mon coeur lorsque jeattend le mot de l amerique ou une parole de l amerique en tos ca mes amis ces pour ce la je dis que j ai pas la chance dans ma vie et maintenant iltauna quelq un qui peut m expliquer pourquoi bisou de mon profond a qu il lit mon message

  18. octobre 16, 2008 à 12:37

    quand je lis cela , je prend la conscience,… toute ete j avais l argent mais je n avais pesonne a voyager avec
    et maintenant je pense que j ai compris. … je suis deja habituée a la solitude, et je sais qu elle est précieuse…
    on peut pas se retrouver sans se perdre.. alors, je finis l université et je commence une voyage…:)
    merci pour la motivation


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