Author Archive for greg descours

06
Juin
08

Maiden Saleh, l’autre Petra – 2

Et si les Mammouths existaient encore…

Mammouth

27
Mai
08

Maiden Saleh, l’autre Petra… – 1

Il y a 2000 ans, alors que certains construisaient des pyramides pour leur voyage dans l’au-delà, les nabatéens bâtirent leurs tombeaux à même la roche.

La taille commence toujours par le haut, les bâtisseurs détruisant après chaque étape de construction la plateforme élaborée à même le gré qui leur permettaient d’atteindre ces hauteurs !

Cette tombe, la plus gigantesque, resta inachevée…

Tombe

La carte

02
Avr
08

Virée au sud du Brésil… un départ un peu galère !

Tout s’est décidé à la dernière minute. Tout le monde se faisant la malle pour le week-end de pâques, je me devais d’en faire autant ! Donc je me rends à la gare routière de Retiro à Buenos Aires afin de voir s’il restait des places pour une destination valant le déplacement pour une dizaine de jours. En passant le long des nombreux bureaux de vente, qui n’avaient plus rien à vendre, je tombe sur une compagnie qui proposait le Brésil, et le Brésil, ça sonne bien ! Je m’arrête, je demande… Il ne restait qu’une seule place dans le bus du lendemain pour Florianopolis, 24 heures de bus !
J’hésite 5 minutes, le temps de voir qu’aucune autre compagnie ne proposait cette destination. Et puis le Brésil je n’y suis jamais allé, au diable les 24 heures de bus ! J’achète mon billet !
En arrivant chez moi je passe illico un mail à notre ami blogiste brésilien, Maikon, car j’avais cru comprendre qu’il résidait quelque part dans le sud ! Très rapidement, il me répond que le sud est très grand ! (Hummm, je sais que le brésil n’est pas la Suisse !) Et que lui habite à Curitiba, un peu plus au nord de Floripa, et qu’il peut me recevoir… Tout ça, même prévu au dernier moment, ne s’annonçait pas mal du tout ! Rien de tel que d’être avec quelqu’un du coin pour connaitre un pays ! Je lui réponds donc que dès que j’arrive je prends un bus pour le rejoindre…
Ce soir là j’avais une soirée concert pour l’inauguration de l’album de Kirt, un ami allemand que j’ai connu dans des soirées portéñiennes. Accompagné de quelques franchutes, dont Guillaume, la soirée se passe bien, mais fini tard et bien arrosée ! Le lendemain il fallait que je me lève tôt pour clôturer mon inscription à l’Université de Buenos Aires avant de partir, après ce serait trop tard !! Le réveil sonne à 7 heures. Lui (le réveil) comme mon corps n’ont pas compris ce qu’il se passait ! Mais quand il s’agit de partir en vacance je n’attends pas la deuxième sonnerie au risque de me rendormir ! Même vaseux, donc, j’arrive à faire tout mon programme dans la matinée, et je suis de retour chez moi vers 11 heures ; Il ne restait plus qu’à faire le sac. 
A midi moins dix je prends un taxi pour être certain d’arriver à l’heure à la gare routière. Mais j’ai bien cru que je n’y arriverais pas ! Deux minutes après le départ, dans les ruelles de Palermo viejo, un vélo manque d’un poil de c… de rentrer dans mon taxi. Le cycliste se met à traiter mon chauffeur de tous les noms, dont un « Puta Madre » qui a particulièrement déplut à ce dernier ! Je vois les yeux de mon chauffeur sortir de leurs orbites, son visage changer de couleur, ses poils s’hérissés ! Et ni une ni deux, sans même me consulter, il tente de changer de direction pour courser le cycliste ! Mais la manœuvre s’avère impossible ! Du coup, on passe la voiture devant nous, je ne sais pas trop comment, et à toute berzingue on contourne le pâté de maison pour retrouver notre insolent ! On fini par le croiser à contre sens, le cycliste utilisant désormais les trottoirs pour fuir ! Mais grâce à un freinage contrôlé digne de Starsky et Hutch, cette fois, notre fuyard ne pu se dérober ! Je restais spectateur muet de la scène ! Qu’allait-il advenir du cycliste !? Finalement il en fut quitte pour une bonne frayeur, milles excuses, et peut être quelques goûtes dans le pantalon. Mais il aura surement compris la leçon ! Quand on ne connait pas, on reste poli, même si on a l’impression d’avoir raison ! En l’occurrence je ne sais pas vraiment si mon chauffeur avait raison vu qu’il avait freiné puis ré-accéléré au dernier moment, mais ce que j’ai vite compris, c’est qu’il était très susceptible, donc moi j’ai fermé ma gueule !
Une fois le visage de mon pilote redevenu normal, orné d’un sourire de satisfaction d’avoir recouvré son honneur, j’acquiesçais que ce jeune homme était vraiment très impoli, et qu’il méritait bien la leçon ! Mais ceci dans le seul but de préciser que j’avais un bus à prendre, au cas où une autre situation de ce genre arriverait !
Une galère n’arrivant jamais seule, à peine deux minutes plus tard, on se retrouve bloqué dans un bouchon tout à fait inhabituel pour l’endroit ! C’était le week-end de pâques, ok, mais on n’était que mercredi midi ! Les premières personnes en vacances ne devaient pas l’être avant la fin d’après midi !! Je commençais à regretter de ne pas avoir pris métro ! Mon supermarché Jumbo à 12 minutes à pieds de chez moi était à ma gauche et ça faisait presque 20 minutes que j’étais dans le taxi ! Bref, au total j’ai mis 40 minutes pour arriver à la gare routière au lieu de 15 minutes maximum en temps normal, mais j’étais encore dans les temps pour mon bus, c’est tout ce qui comptait ! Mais je n’étais pas au bout de mes peines !
Après une heure trente de bus à peine, on se retrouve immobiliser par les grèves paysannes. Cela durera 9 heures ! Quand je dis immobilisé, le mot est à prendre au premier degré ! Les gens sortaient des voitures, fumaient des clopes… alors que nous étions sur l’autoroute ! Ca m’a fait penser à la dernière fois que mon père est parti au ski ! J’étais gamin, on allait aux Arc pendant les vacances scolaires de février ! Mon père s’est juré ce jour là de ne plus jamais aller au ski de sa vie ! On avait du mettre 12 heures au lieu de 3 ! Et mon père a tenu sa promesse ! En ce qui me concerne, j’ai mis 35  heures au lieu de 24 ! Au final presque tout le bus se connaissait ! Mais ça n’arrangeait pas mon programme, car au lieu d’arriver à 13 heures à Florianopolis et d’enchainer sur un autre bus pour rejoindre Maikon à Curitiba, je du me résoudre à coucher à destination. Ne sachant pas où aller, je décidais de suivre trois jeunes filles, blondes, dans la posada qu’elles avaient réservée au sud de l’ile pour y passer la nuit…
Après une petite soirée bien sympathique avec un brésilien, un argentin, et les 3 jeunes blondes résidant à Buenos Aires mais de nationalités américaine, autrichienne et finlandaise, ainsi qu’une petite rando le lendemain matin pour aller voir les plages alentours, je retourne à la gare routière qui me manquait déjà pour aller retrouver Maikon, à 5 heures de bus d’ici ! 
Floripa floripa Floripa Floripa Floripa floripa Floripa 
Maikon est venu me chercher à la gare. Il me demande si je suis fatigué. Je lui réponds qu’avec tout le bus que je me suis tapé ces 2 derniers jours je pourrais ne pas dormir pendant quelques temps ! Donc nous voilà parti pour une tournée des grands ducs qu’il a décrits dans un post précédent ! Camilo, son colloc de Buenos Aires, qui parle couramment le français aussi, nous accompagnera dans la plupart de ces bas fond. Je peux d’ailleurs presque dire que Curitiba est une ville francophone ! La plupart des amis de Maikon que j’ai rencontré maîtrisent parfaitement la langue de Molière ! Je n’ai presque pas eu besoin d’utiliser mon portugais tellement je sentais que ça leur faisait plaisir de pratiquer un peu avec un vrai de vrai 😉 On a pas mal trainé aussi avec des artistes qui projetaient de faire des pistes cyclables dans la ville. Nous avons d’ailleurs assisté à la réalisation de la première rue ! Et on a fini le dernier soir par un petit concerto d’une suissesse établie au Brésil qui nous a chanté Barbara, Gainsbourg, Yann Tiersen, Henri Salvador et autres musettes ou chansonnettes, accompagnées de son ex au piano et de son copain à la guitare 😉 Le tout dans un endroit très charmant pour le moins underground, le Wonka. A éviter le samedi si vous cherchez une copine brésilienne car elles sont toutes lesbiennes, très jeunes, et ne partagent pas ! 
Curitiba Curitiba Maikon Curitiba curitiba, chez les artistes Curitiba, chez les artistes Curitiba, chez les artistes Curitiba, chez les artistes curitiba, chez les artistes 
Le week-end passé, le lundi matin je retourne à Floripa pour profiter un peu des plages. Mais il ne fait pas beau ! J’en profite pour continuer à sortir pour rencontrer du monde, mais les débuts de semaines ne sont pas très animés ! Ce n’est pas vraiment la période touristique et ceux qui bossent, je comprends qu’ils ne sortent pas trop le lundi !
Mardi, plages de surf de Mole et de Joaquina, toujours sous les nuages ! Vu la force du courant et le niveau des surfeurs je décide de seulement regarder. On va éviter le ridicule et de se faire mal ! Il y en a même qui font du surf sur une dune ! Le soir, Mexican food à volonté et concert de Samba dans un pub pour digérer ! 
Floripa, Mole Floripa, Mole Floripa, Mole Floripa, Mole, surf sur le sable floripa, Joaquina, surf des sables floripa, Joaquina Floripa, Joaquina Floripa, Joaquina Floripa, Joaquina Floripa, Joaquina floripa, Joaquina Floripa, Joaquina floripa, Lagoa Floripa, Lagoa Floripa, Lagoa floripa, Lagoa 
Mercredi, ah, du ciel bleu ! Je décide d’aller à la plage de los Ingleses au nord, mais après avoir attendu le bus 50 minutes, j’abandonne pour ne pas passer ma journée à l’arrêt de bus ! Profitons un peu des rayons du soleil tant qu’ils sont là ! Je vais donc poser ma serviette à Barro de Lagoa tout prés. 
Floripa, Barro de Lagoa Floripa, Barro de Lagoa Floripa, barro de Lagoa floripa, barro de Lagoa Floripa, Barro de Lagoa Floripa, Barro de Lagoa Floripa, Barro de Lagoa Floripa, Barro de Lagoa Floripa, Barro de Lagoa Floripa, Barro de Lagoa Floripa, Barro de Lagoa Floripa, Barro de Lagoa 
Le soir, le dernier, ça commence à bien bouger. Je me retrouve dans un bar concert jusqu’à 3 heures du mat à boire des caipirinhas. Mais le moral n’y ait pas, je pensais toujours à cette sublime brésilienne qui avait mangé à côté de moi ce soir là ! Elle était parfaite, et en plus charmante et souriante ! Pour une fois j’avais pu sympathiser, mais elle avait son petit de 17 mois à ramener et s’occuper ! Y peuvent pas se demerder ces mômes, c’est mon dernier soir putain ! 
Le lendemain, retour en bus, seulement 27 heures, et j’ai pris le Métro pour rentrer chez moi !
07
Déc
07

Panique sous-marine aux iles Farasan, Arabie Saoudite, Part 2

Ceci est la suite de l’épisode 1 

arrive sur le bateauLe lendemain matin nous somme tous au pied de guerre… curieux de ce que le temps nous réserve après la tempête de la veille. Après le petit déjeuné notre minibus nous emmène au bateau et l’armée nous autorise à prendre la mer. Ouf… C’aurait été dommage de venir jusqu’ici et de ne pas pouvoir plonger ! 

Avec mon boité spécial plongée pour mon appareil photo, j’étais fin près, juste un peu anxieux à l’idée de croiser des requins, chose courante aux dires de Momo… Mais comme nous étions plusieurs j’allais me tenir au milieu du groupe afin d’être épargné par les premières bouchés !

RaieArrivé sur notre premier spot nous faisons une première plongée à 20 mètres avant de revenir près de la barrière de corail, moitié moins profonde. Nous faisons des binômes, chacun devant surveiller son partenaire Norme de sécurité élémentaire en plongée ! Je passe donc avec l’américain…

Ebloui par les fonds je suis à l’affut des meilleurs clichés, oubliant parfois de suivre le groupe et de surveiller mon binôme ! La variété est exceptionnelle, un raie par ci, des poissons clowns par là, des poissons perroquets, des poissons lunes, de nombreux types de discus, … et bien d’autres espèces dont je ne connais pas les noms… Mais pas de requins en vue, ce qui ne me manquait pas ! Après une bonne quarantaine de minutes les réserves d’oxygène commencent à s’épuiser, il nous faut penser à retourner au bateau… Mais c’est à ce moment là aussi que nous franchissons une bordure de la barrière de corail avec plus de profondeur, et un fort courant latéral nous entraine encore plus loin ! Pris dans mes photographies, je suis le dernier à me rendre compte que nous dérivons inexorablement…

Corne me fait signe de revenir ! Je vois les pieds palmés de tous mes compagnons à une quinzaine de mètres devant moi battant la cadence en chœur pour revenir à contre courant ! J’essaye de suivre… j’enchaine les battements de jambes à mon rythme maximum, mais je fais du sur place, je regarde les coraux, et il ne bouge pas, je n’avance pas… Je vois les autres s’éloigner… Je me Cornedemande si je suis vraiment plus faible ou si cela vient de mes palmes qui sont un peu plus courtes et qui ne me permettent pas de suivre l’allure, ou encore si je suis dans une partie où le courant est plus fort, vu que j’avais été un petit peu plus loin ! Je décide donc de m’aider de mes bras par des mouvements de brasse… Mais rien n’y fait, j’ai toujours l’impression de ne pas avancer d’un copeck ! Je m’essouffle, je commence à paniquer ne voyant presque plus mes acolytes et ne pouvant les appeler ! Je maudissais Corne et mon binôme de ne pas se retourner pour voir où j’en étais, mais je crois que c’était difficile pour tout le monde… 

A ce moment là mon bras gauche, dans son mouvement de brasse, attrape mon détendeur et l’arrache de ma bouche ! Je bois la tasse, tousse, m’étouffe, ravale de l’eau ! Je dois remonter illico à la surface. Déjà épuisé et essoufflé par l’effort fourni, je n’avais pas besoin de ça ! J’ai cru me noyer ! Arrivé à la surface, j’étais exténué… Je devais reprendre mon souffle, mais mon cœur battait la sérénade, les vagues m’envoyaient de l’eau en pleine figure en m’obligeant à reboire la tasse tellement je ne pouvais retenir mon souffle, et ceci jusqu’à ce que mon esprit ait de nouveau assez d’oxygène pour fonctionner et penser à gonfler mon gilet pour flotter sans efforts ! C’en était donc fini d’essayer de suivre le groupe. Je ne pouvais plus rien faire. Le courant m’entrainait vers les rochets. J’hurlais pour que quelqu’un m’entende, me voit… mais en vain ! J’étais seul, perdu dans les méandres des eaux façonnant les iles Farasan, sans bouée fluo pour me faire repérer ! Seul Corne en avait une ! Il ne manquait plus qu’un requin vienne me bouffer les pieds ! Je n’osais même pas y penser, tellement j’étais persuadé d’en avoir sous moi ! Et j’étais une cible facile, telle une proie à l’agonie flottant à la surface… Il ne restait plus qu’à attendre et espérer, il n’y avait aucun espoir que l’on m’entende de toute façon… Ou serais-je lorsqu’ils se rendraient compte que je manque à l’appel ! Putain Corne retourne toi !Après quelque interminables minutes, je vois une tête au loin sortir de l’eau, Corne, enfin, mon héro ! Je me remets à hurler pour qu’il me voit ! Mais le voilà qu’il se dirige dans ma direction, ouf, enfin, je suis sauvé ! Une fois à mon niveau, il sorti la bouée pour que le bateau nous repère et se mis à siffler avec le sifflet spécial ! L’ouïe fine et les yeux de lynx de Max, qui était resté sur le bateau, avaient entendu notre appel de détresse ! Corne me remis mon détendeur pour que j’arrête de prendre de l’eau dans la gueule et nous pûmes rejoindre le bateau qui se voguait vers nous !Mes jambes flageolaient, mes mains tremblaient, j’avais bien cru y rester aujourd’hui… J’explique à Max et à Corne ce qu’il s’est passé en même temps que nous allons récupérer le reste du groupe. Corne me précise que si je n’avais pas bu la tasse et toussé, j’aurais pu faire éclater mes poumons ! Avec la panique j’avais oublié la règle la plus importante lors d’une remontée d’urgence. En effet, à 10 mètres de profondeur, ou un bar de pression, l’air est compressé de moitié. Et si vous remontez à la surface en gardant de l’air inspiré à cette profondeur, vos poumons explosent inéluctablement !Enfin, je m’en étais tiré avec une grosse frayeur et une expérience qui ne me ferait plus jamais oublier cette loi d’Archimède ! Une fois tout le monde sur le bateau, il était temps d’aller manger, de reprendre nos esprits, de se poser quelques temps sur un bout de plage paradisiaque d’une des iles de l’archipel.L’après midi nous referons une plongée, mais seul l’australien et moi même décidons d’y retourner car la mer est très agité, et je crois que j’ai fait peur avec mon histoire ! Mais cette fois le bateau nous suivrait en même temps que nous dérivions avec le courant ! Je voulais prendre d’autres photos…Le soir, de retour à l’hôtel, nous apprenons que les bateaux ne refont toujours pas la traversé vers Jisan, la mer ne le permettant pas. Nos deux américains manquants n’auront malheureusement pas eu la chance de nous rejoindre. Corne et les irlandais avaient peur de ne pas pouvoir revenir à temps pour l’avion le lendemain si le temps ne s’arrangeait pas ! Et ils ne pouvaient pas se permettre de passer une semaine sur l’ile ! Seuls les employés consulaires n’avaient pas de soucis de ce côté-là ! Ils tentent donc par tout moyen de trouver une embarcation qui les ferait traverser, même si c’est en pleine nuit ! Tant pi pour les plongées prévues le deuxième jour…Depart pour le retourLe lendemain, nous constatons avec Max que tout le monde est parti ! Apparemment la personne qu’ils avaient chargée pour trouver un bateau les avait réveillé à 3 heures du matin pour tenter la traverser, la mer étant plus calme en pleine nuit. Comme je n’allais pas faire de la plongée seul, nous voyons avec Max s’il est possible de rejoindre Jisan, soit avec le même type de bateau sur le retour a jisanque le premier jour, soit avec le ferry de l’armée, ce qui prendrait trois fois plus de temps… Mais la mer s’était apaisée et tout était redevenu normal ! Accompagné d’un groupe d’infirmière, la traversé se fit deux fois plus vite que l’avant veille.

   

Une fois à l’aéroport nous retrouvons nos amis qui s’apprêtaient à embarquer sur un vol mais il n’y avait plus de place pour nous. Nous passons donc l’après midi dans une ferme et visitons un peu les alentours pour attendre notre vol prévu en fin d’après midi.

    

  max   Mangier axel

Le week-end ne s’était pas vraiment passé comme je l’avais espérer, mais on ne lutte pas contre les éléments, et j’avais eu ma dose de souvenir et d’histoires à raconter malgré tout…

La carte des iles Farasan

30
Nov
07

Panique sous-marine aux iles Farasan, Arabie Saoudite, Part 1

Je parie que très peu d’entre vous ont déjà entendu parler des iles Farasan. La raison principale à cela vient du fait qu’elles se trouvent dans un pays qui ne délivre pas de visas touristiques : l’Arabie Saoudite. Mais ce pays renferme des trésors cachés encore vierge de prédateurs que je vous ferai peu à peu découvrir…

Les iles Farasan se situent à l’extrême sud ouest de l’Arabie, tout près de la frontière avec le Yemen, en face de la ville de Jizan, dans la délicieuse mer rouge… Et c’est là que je voulais aller…J’avais entendu parler de ces iles comme d’un paradis pour les plongeurs. Et comme j’avais passé mon PADY (diplôme de plongé premier degré) en Thaïlande quelques mois auparavant, je décidai donc d’organiser une escapade à plusieurs plongeurs pour aller voir ça d’un peu plus prés !

On ne peut pas aller à l’improviste aux iles Farasan, la zone est gardée par l’armé. Il faut une autorisation spéciale pour s’y rendre. Il n’y existe qu’un petit hôtel, sur l’ile principale de Farasan Kabir, tenu par un passionné de plonger, Mohamed, travaillant la semaine à Riyad, à quelques 2500 kilomètres de là. Etant moi-même à Riyad (« jardin » en arabe), je décide de le rencontrer pour avoir plus de détails sur la façon de procéder. Momo avait 2 bateaux, il travaillait sur commande uniquement. Il me proposait un forfait 2 nuits à l’hôtel pension complète et 2 jours de plonger aux alentours de 350 euros par personne si nous étions au moins 7 ou 8, plus le vol pour Jizan, soit 100 euros supplémentaires. Mais cette expérience inédite valait bien cet investissement…

Je me mis donc à la recherche de partenaires pour ma petite aventure ! Je ne m’inquiétais pas pour ça car mes contacts étaient nombreux… Comme je travaillais pour l’Ambassade j’avais pu, petit à petit, me faire intégrer dans les soirées du quartier diplomatique.

Petite parenthèse à ce sujet : Sauf pour les événements officiels ou à la résidence de l’Ambassadeur, où l’on pouvait se croire dans la pub de Ferrero Rochet, les soirées en ambassades en Arabie sont les seules où l’on peut trouver un bar digne de ce nom ! Je tire à ce propos mon chapeau à l’Ambassade de Grande Bretagne pour ses nombreux Happy Hour, à l’Ambassade d’Allemagne, l’Ambassade d’Australie, l’Ambassade des Pays Bas et l’Ambassade américaine sans lesquelles on se serait fait bien chier ! L’ambassade de France n’organisant rien d’autres que des soirées culturelles pour écouter un concerto de luth ou autres évènements de ce genre ! Pas que ce soit mal, mais on aurait pu faire les deux ! Même pas un bar pour le personnel !! Bon heureusement on avait droit à une petite commande tous les 6 mois ! Je ferme ma parenthèse.

Tout ça pour vous dire que je côtoyais dans ces soirées pas mal expatrié(e)s de tous horizons… Et en moins d’un mois j’avais constitué ma petite équipe : 2 irlandais, 1 australien, 3 américains (dont une américaine), 1 sud africain, 1 italien et 1 français, moi ! Le seul n’ayant pas de réelle expérience de plonger ! Je ne compte pas Max, l’italien (Chef du département économique de l’Ambassade d’Italie et aussi devenu sur mes conseils organisateur des meilleurs soirées privées de tout le Pays) qui se contenterai du tuba par peur que ses poumons exposent. Mais je partais confiant, j’allais suivre, faire comme les autres… Le plus dur fut de trouver une date qui conviendrait à tous. Cette date tomba le 30 mars 2006. Le « hic » c’est que Momo ne pouvait pas ce jour là ! Il avait d’autres priorités de dernières minutes… Mais il me certifia que son personnel s’occuperait bien de nous, qu’il connaissait les coins par coeur… Par contre personne ne nous accompagnerait sous l’eau, c’était le seul homme grenouille de l’ile ! Humm, l’inquiétude me pris ! Le seul plongeur de ces lieux ne nous accompagne pas ! Mais bon, il y avait Corne, le sud africain, qui avait son diplôme d’instructeur… Donc allons-y quand même ! Sinon faut tout réorganiser… et ça fait chier !

Nous voilà donc parti… A l’exception de deux de nos compères ricains (dont la fille), qui venaient de Djeddah (Grand-mère en arabe), on se retrouve tous à l’aéroport international du Roi Fahad le mercredi soir (équivalent du vendredi chez nous !). Equipé de nos masques, palmes et tubas loués la veille dans le seul magasin de plonger de Riyad, nous sommes fin près à embarquer pour Jisan (je ne sais pas en arabe !) où il nous faudrait prendre le bateau pour nos tant désirées iles Farasan… 

dans le taxiMaxA Jisan, un taxi nous attend pour nous emmener au port. Mais une fois sur les lieux un bateau vient à peine de partir, il faudrait donc attendre le prochain ! Pendant ce temps on vérifie nos autorisations, on fume des clopes, et on apprend que la mer devient de plus en plus colèrique, que la traversé va être agité voir annulé ! Ah non ! Pas ça !! Du coup on se débrouille pour faire partir un bateau immédiatement, même à moitié plein, on s’arrangerait… Et les deux ricains nous rejoindraient le lendemain matin.

Moi

Dans le navireNous voilà donc dans notre embarcation, en pleine nuit, prenant le large pour une heure de mer… A peine les protections naturelles du port franchit que l’on se mit à sentir la houle nous secouer, ralentir le moteur, nous contre balancer… Au début tout le monde trouve cela marrant, un peu comme des gamins enivrés par une nouvelle aventure… Mais au bout d’un moment, certaines têtes changent de Cornecouleurs ! Je m’aperçois qu’Axel, le consul australien, n’a pas décroché un mot depuis un moment ! Que Corné, le sud africain, à ouvert le petit vasistas et respire de l’air à pleins poumons ! On demande si tout va bien mais je crois qu’il vaut mieux pas poser de question dans ces cas là ! Ils se concentrent dans autre chose ! Au lieu de me répondre, Axel se retourne et rend tout ce qu’il a à Max qui fait semblant, lui ca allétravers un autres vasistas ! Il était devenu livide ! Plus blanc que blanc ! L’œil blafard… Il avait pourtant pris des cachets contre le mal de mer ! Corne, entendant la scène se força à ne pas la regarder et à continuer son exercice, sans décrocher un mot non plus ! Cela dura comme ça presque tout le voyage. J’ai eu peur qu’Axel y laisse son estomac ! En plus la traversé a duré presque le double de temps, et je dois avouer que parfois c’était presque flippant, surtout avec la panique régnante à bord !

Moi

PhotoMais nous arrivâmes saints et saufs sur nos iles, il devait être près des 11 heures du soir ! L’armé nous contrôle, je prends une photo qu’on me demande d’effacer mais je l’efface pas, et un autre taxi nous attendait pour nous amener à l’hôtel. On apprend que jusqu’à nouvel ordre les bateaux effectuant la traversé sont annulé pour raison de tempête. Les deux ricains manquant risquent bien de passer le week-end à Jisan… Mais pour notre bateau de plonger ça devrait aller, en espérant que le temps s’améliore… on rentre donc vite à l’hôtel pour manger un bout et aller se coucher, demain une autre aventure nous attend…

Max au lit !

La carte des iles Farasan

25
Nov
07

A 26 mètres des 6000 – Inde, Himalaya – Part 4

Ceci est la suite et fin de l’épisode 1, 2 et 3

Dès le lendemain, il fallait déjà repartir ! Le temps était compté. Je voulais continuer la Spiti valley jusqu’au village de Nako dont mes anglophones m’avaient tant parlé, tout près de la frontière avec le Tibet. On prend donc les même et on recommence ! James et moi abandonnons nos amis de la Rose et de la Fougère argentée qui avaient plus le temps de prendre leurs temps…

Toujours sur le toit du bus, nous passons tout près du Monastère de Dhankar Gompa perché en flanc de montagne. Eh devinez quoi ? Nous décidons bien évidement d’aller y passer la nuit ! Ce n’était plus rien pour nous, 1h30 de grimpette, de la gnognote je vous dis ! Même avec les sacs sur le dos cette fois !

Monastère de Dhankar Gompa, tout là haut Monastère de Dhankar Gompa Vue du Monastère de Dhankar Gompa

grottes de Gompa Pho, TaboLe jour suivant, nous faisons halte dans le village de Tabo, célèbre pour son ancestral monastère bouddhiste-tibétain où le Dalaï Lama voudrait, soit disant, passer ses vieux jours. Nous visitons également les grottes de Gompa Pho en face du village, dont certaine sont encore ornées de peintures murales antiques. Journée relaxe bien méritée après l’effort fourni ces derniers jours !

Porte d'acces au village de Tabo grottes de Gompa Pho, Tabo

 

NacelleLe lendemain, avant d’arriver à Nako, la route est coupée sur deux cent mètres. Elle s’était littéralement effondrée au fond de la vallée. Un câble reliait les deux cotés. Une nacelle fixée à une poulie était utilisée pour faire traverser les marchandises et les bagages. Un couple de touriste décide de tenter le manège et de franchir le ravin sur l’engin. C’était très impressionnant, mais bien peu rassurant ! Je vous rappelle que j’ai extrêmement le vertige, et je me disais : « Y’a pas de doute, on va faire pareil ! » Mais à mon grand étonnement James n’est pas tenté par l’expérience, il la trouve trop risquée. D’un côté je suis rassuré, mais d’un autre, ça voulait dire encore 2 heures de marche pour descendre et remonter la vallée de l’autre côté de la route ! Et j’en avais franchement marre de marcher ! Mais comme j’étais incapable d’accomplir cette « folie » tout seul, je l’ai suivi. Pour le coup il était raisonnable, fallait reconnaître !

Arrivé finalement à Nako, nous ne regrettons pas notre virée en ces lieux si reculés. Le village, orné d’un petit lac, est entièrement battis de pierres plates apparentes disposées les unes sur les autres, ce qui lui donne un charme incontestable.

village de Nako

Nako Nako Nako Nako Nako

La fin du voyage approchait, il ne me restait que trois jours avant mon vol depuis new Delhi ! Je commençais sérieusement à me dire qu’avec toutes les embuches sur la route, il était difficile de prévoir très justement le temps du retour ! Le lendemain il me fallait déjà regagner Kaza, à mi chemin de Manali. C’est donc ici que je fais mes adieux à James.

col de Kuzum LaAprès une longue journée de bus et deux heures de marche, pour franchir à nouveau l’éboulement de route de la veille, j’arrive à Kaza comme prévu. Mais la nuit fût courte ! Le jour suivant j’avais décidé de prendre le bus des aurores pour Manali, puis de quitter le bus au col de Kuzum La ! Pourquoi quitter le bus me direz vous ? Je suis sensé être dans l’urgence ! Et vous avez raison ! Mais à 9 km de là, il y avait un lac que je ne voulais pas manquer. Et selon mes calculs, j’avais le temps de faire cette escapade et de rattraper le bus de l’après midi pour Manali ! Ce lac s’appelle Chandratal, ou le lac de lune.

col de Kuzum La col de Kuzum La col de Kuzum La

L’excursion faisait 23 km au total. 9 km jusqu’au lac, puis 14 km pour continuer la descente à travers la Chandra valley jusqu’à Batal, pour récupérer le bus. Et j’avais 5 heures au maximum, le sac dans le dos ! Ce qui nous faisait une moyenne proche des 5 km à l’heure. Une allure normale pensais-je, surtout qu’il s’agissait essentiellement de descente, mais fallait pas trainer !

Lac chandratalMes calculs s’avérèrent trop ambitieux ! Je m’étais surestimé du haut de mes treks successifs. J’avais pourtant fait vite, sans presque une pause ! Juste une au bord du lac pour boire le thé avec le propriétaire d’une tente destinée à accueillir les touristes de passage. Il m’a pris pour un fou quand je lui ai dit que je faisais le parcours en une journée. Que je n’avais aucune chance d’arriver à temps pour le bus. Qu’il fallait que je dorme au lac ! Humm, c’aurait été avec plaisir, l’endroit est indéniablement éblouissant, mais je n’avais malheureusement pas le temps pour ça ! Ce soir là, je devais dormir à Manali pour prendre un bus le lendemain matin pour New Delhi ! Après ces propos peu rassurant, il fallait donc vite que je reparte… La route était encore longue jusqu’à Batal !

Arrivé au lac de lune La chandratal

J’accélère donc encore le rythme, avec l’espoir que le bus ait du retard ! Le timing était très séré mais tout restait encore jouable, du moins, je l’espérais ! Mais malgré ma cadence effrénée et mes cuisses qui gonflaient à vu d’œil, les 14 km n’en finissaient pas ! Et je fini par arriver à Batal 5h30 après ! J’avais raté le bus de 30 minutes !! Et le prochain n’était que le lendemain matin ! C’était foutu ! J’allais manquer mon vol !!

route vers Bata route vers Bata route vers Bata route vers Bata

Je pris mon mal en patience en implorant le ciel de faire passer un véhicule, un cheval, un âne, ou n’importe quoi qui pourrait me faire arriver à Manali assez tôt le lendemain matin pour ne pas rater le bus pour New Delhi !

Et le ciel ce jour là m’avait écouté ! En un peu moins d’une heure de temps, le miracle m’apparût ! Et ce n’était ni un âne, ni un cheval, mais un 4×4 d’israéliens ! J’étais près à monter sur le toit s’il le fallait ! Mais ça ne fût même pas nécessaire, il y avait même une place pour moi en se serrant un peu !

4x4

Je fini par arriver à Manali à la tombé de la nuit, lessivé, mais heureux d’avoir pu accomplir tout mon programme. Ce passage dans l’Himalaya fût vraiment intense. J’ai poussé mes limites à l’extrême, mais le souvenir de tous ces instants sont là, comme si c’était hier, et il fallait que je vous les fasse partager… Vous comprenez mieux maintenant comment j’ai pu perdre 8 kilos en l’espace d’un mois en Inde 😉

La carte du parcours

22
Nov
07

A 26 mètres des 6000 – Inde, Himalaya – Part 3

Ceci est la suite de l’épisode 1 et 2

petit dejHabituellement me lever tôt n’est pas ma tasse de thé, mais ce matin là, comme mes acolytes, j’étais debout aux aurores ! Après avoir pris le petit déjeuné sur la terrasse, nous décidons d’aller voir le village d’un peu plus haut depuis le sommet de la montagne en amont. D’après notre hôte il n’y avait pas plus d’une heure de marche. Comme la température devenait clémente en même temps que le soleil l’élevait, je décide de porter mes sandales. Autrement j’avais une paire de vieilles Patogas toutes troués qui auraient pu faire l’affaire. Les mêmes qui avaient parcouru les savanes Zimbabwéennes 6 ans auparavant ! Mais rassurez-vous, je les ai jeté depuis 😉 Vuer de Kibber

Nous voilà donc parti. Le rythme est bon ! Après une heure de marche à peine, nous atteignons effectivement le sommet surplombant le village de Kibber. Mais ce sommet n’avait rien d’un sommet, ce n’était rien de plus qu’une courbe suivit d’un petit plat faisant face à une autre colline. Déçu par ce Berger sur le cheminconstat, nous décidons de continuer notre grimpette jusqu’en haut de cette deuxième colline, pas plus haute que celle que nous venions de franchir.En moins d’une heure nous atteignons ce deuxième sommet. Mais pour la seconde fois, la montagne se joue de nous ! Nous n’étions pas au sommet, et nous en étions loin ! Cette deuxième butte n’était que l’arbre qui cache la forêt ! Au lieu d’une vue sur une autre vallée, comme nous l’espérions, nous avions désormais la montagne face à nous, la vraie, celle avec toute sa splendeur, sa crête escarpée et ses deux sommets. A ce moment là, une question devait être posée : Que faire ? L’australien, le néozélandais, l’anglais et moi-même, étions partis, si l’on peut dire, en short ! Nous n’avions amené ni bouteille d’eau, ni rien à grignoter. Je vous rappelle que nous n’étions censés faire qu’une petite marche d’une heure à peine au départ. Mais heureusement pour nous, les filles sont plus avisées ! La française et l’allemande avaient pensé à prendre une bouteille d’eau chacune, Prendre une décision !ainsi que quelques bananes. Mais pour sept bonhommes, cela restait quand même peu ! D’autant qu’une bonne quantité avait déjà été bu par leurs propriétaires pendant ces deux premières heures. Nous devions donc passer en mode survie si nous voulions continuer ! J’avale ma première gorgée d’eau depuis le départ, et nous décidons de poursuivre, c’est trop bête d’abandonner ici. Nous avions déjà trop avancé…Nous décidons de longer la crête pour arriver au premier des deux sommets, le moins haut. Mais cette fois au moins, nous pouvons enfin parler de sommet, et espérer voir l’autre côté de la vallée !L’australien caracole en tête, plus motivé que jamais ! Il nous sert de catalyseur. Nous le suivons comme nous pouvons sans trop nous poser de question, d’un pas de plus en plus lourd, mais décidés à ne pas trop nous laisser distancer ! La pente est de plus en plus raide. Les cailloux qui la façonnent se glissent continuellement entre la semelle de ma sandale et mon talon. C’est extrêmement agaçant ! Mon rythme est cassé à chaque fois que je dois m’arrêter pour m’en libérer ! Je commençais vraiment à regretter mes vieilles Patogas !!Après deux heures et demi de marche supplémentaire, sans autres haltes que celles pour reprendre notre souffle, nous atteignons le sommet de la crête. Enfin nous pouvons voir l’autre versant de la vallée, avec ses montagnes enneigées et ce flot continuels de pointes blanches à l’horizon… Nous étions sur le toit du monde… Ou presque ! Puisque que le vrai sommet était encore à quelques encablures le long de la crête.Arrivé au premier sommetDe là, nous faisons une pause bien méritée ! Nous buvons chacun une gorgée d’eau et avalons une bouchée de banane, et nous en finissons du même coup avec notre pitance. Nous n’avions aucune idée précise de l’altitude à laquelle nous nous trouvions. 5000 mètres, 5200 mètres peut être…Tout le monde semblait exténué ! Le gros de la troupe décide donc de retourner au village. Mais je voyais bien que l’australien ne se satisfaisait pas de voir le sommet face à nous. Il décide de continuer ! Il ne restait environ qu’une heure de marche au même rythme entamé depuis le début du périple. Juste une heure ! Simplement une petite descente et la montée finale vers le pinacle de ces lieux ! Pourquoi s’en priver !! Il n’a pas eu besoin de me convaincre de le suivre, je ne voulais pas qu’il soit le seul à réussir cet exploit ! Je représentais l’image de la France tout de même ! Et cela nous permettrait de redescendre par l’autre versant de la montagne au lieu de revenir sur nos pas…

Vue de la vallée du coté de Kibber

Nous voilà donc repartis laissant notre groupe derrière nous… Comme il était déjà midi passé, nous décidons d’accélérer encore le rythme ! Enfin, l’australien décide, moi j’essaye de le suivre ! Avec toujours mes petits cailloux dans les godasses qui m’obligent à m’arrêter continuellement ! Les vue de la crête que nous avons longé entre les deux sommetsderniers mètres sont les plus durs, je souffre, le souffle et l’énergie me manque. Mon cœur bat à la démesure, et mes jambes pèse deux tonnes chacune. Tous les trois ou quatre pas je fais une pause ! Mais après une heure trente d’effort, nous arrivons enfin au sommet ! Et cette fois enfin, nous pouvions affirmer que nous étions sur le toit du monde… Des monticules d’amas de pierres disposaient par l’homme nous le prouvait ! Nous ne pouvions aller plus haut ! Ceci me rassurait d’un coté, parce que sans ça, l’australien n’aurait pas lâché !

Pendant un temps nous apprécions la vue, encore beaucoup plus impressionnante que celle de l’autre sommet. Nous pouvons apercevoir un petit lac en contre bas que nous ne pouvions voir auparavant, et rien n’entravait le spectacle sur 360 degrés cette fois ! C’était prodigieux… Aujourd’hui est un jour mémorable ! Celui de mon premier sommet !!Vue du sommet

Et comme chaque grande occasion se doit d’être célébrée comme il se doit, je vois James, mon australien, sortir une feuille à rouler, une clope, et son Charas (nom du haschich de la région, autrefois célèbre pour cela !) dans l’idée de se rouler un joint ! T’es sûr lui dis-je !? Est-ce bien raisonnable !?? Il nous reste encore toute la descente, et nous n’avons plus d’eau !!

Mais l’endroit était magique, et faute de champagne, nous nous fumâmes ce pet en récompense de nos efforts ! Je ne pouvais le laissé seul pour ce coup, on avait déjà tellement partagé depuis le toit du bus, qu’il fallait qu’on vive ensemble ce grand moment ! Mais à quelle altitude sommes-nous ??

Le sommet, enfin !

La célébration terminée, il fallait se presser. Il était déjà 14 heures, et il nous fallait redescendre avant la tombé de la nuit. Il nous restait 4 heures ! Cette course contre le temps a permis à l’adrénaline de prendre le dessus sur l’effet du Charas. Nous nous hâtons de descendre par la voie la plus directe, la Mes chaussuresligne droite, pas le choix ! Par petit bonds successifs, sans réfléchir, en nous laissant pousser par l’attraction, l’effort me semblait presque imperceptible… La pente, plus ardue de ce côté de la montagne, nous entrainait d’elle-même. Par contre j’aurais donné n’importe quoi pour une paire de chaussures sans trous ! Mais plus le temps de s’arrêter pour des gravillons, seules les pierres me faisaient stopper ! Il fallait suivre James, coûte que coûte !!

Couché du soleil sur KibberA part quelques arrêts photos indispensables et une tranche d’escalade obligée par le relief de notre ligne droite, nous avançons sans répit ! Lorsque nous arrivons enfin à Kibber, les lampadaires éclairaient déjà le village, le soleil était sur le point de se coucher ! Et moi de m’écrouler !!

Nous retrouvons nos amis qui commençaient franchement à s’inquiéter ! Passer la nuit en pleine montagne, en sandalette, short et t-shirt, sans rien à manger ni à boire, aurait été une vrai épreuve de survie !

Mais la grande question restait ! Le chiffre ! A quelle altitude était ce sommet que nous avions si péniblement accomplit !??

Notre hôte avait cette réponse : 5974 mètres !! J’avais du mal à le croire ! Nous avions donc monté et descendu presque 1800 mètres de dénivelé en une seule journée !! Un trek de deux jours normalement !! Ca paraissait incroyable ! Il est vrai que depuis 8 heures du matin nous avions marché à un rythme effréné sans presque une pause ! Soit environ 10 heures de marche ! Dommage quand même d’être passé si près des 6000 !

Le soir je me suis effondré ! J’étais vidé, incapable de réfléchir, de parler, de bouger, j’avais tout donné ! Manger et au lit…

Dans la dernière partie vous verrez la fin de mon parcours himalayesque, dont mon arrivé à Nako, village au charme unique à la frontière tibétaine, et la splendeur du lac Chandratal…

18
Nov
07

Panique entre les chutes Victoria et le lac Kariba – Zimbabwe

pots de fleursecoleAprès avoir pendant 3 semaines réparé une école dans le nord du pays, je dis réparé parce que c’est ce que nous étions censé faire suite au dégât causés par la guerre d’indépendance, 20 ans auparavant ! En fait, la seule chose aboutie que nous ayons construit, sont des bacsPreparation du repas à fleurs autours des salles de classe. Je ne pense pas que des fleurs aient pu poussées un jour vu le manque d’eau le puitet le climat, mais bon ! En cas de changements climatiques, au moins, ils étaient là !! Faut dire qu’on était dirigé par le chef de l’école qui était déjà saoul à 9h du matin ! Enfin, ça permettait au A tablemoins aux enfants des villageois alentours de venir nous aider et surtout de partager le repas avec nous !

Danse le soir auprès du feu messe jeu de dame Vie au village viande de chevre fumé

Donc, trouvant ce chantier international complètement inutile, après deux semaines de maçonnerie, nous décidons, avec un collègue de camps franchute, d’aller visiter un peu le pays, qui, soit dit en passant, est magnifique.

baobab beneton

chutes Victoriadescente du canyon pour le départ du rafting, tout près des chutes VictoriaPour en revenir à nos moutons, ou presque, après avoir visité Bulawayo et les chutes victoria où, entre parenthèse, j’ai eu les pires frayeurs de ma vie en raft sur le Zambèze; éjecté 3 fois dans le torrent, avec des rapides presque incontrôlables pour notre raftingpetit raft et des crocos dans les zones plus calmes… bref, ça c’est une autre histoire ! ; nous nous séparons avec mon ami. Lui décide d’aller au lac Malawi par la Zambie, et moi, comme j’étais pris par le temps, de faire un petit safari puis de me rendre au lac Kariba pour le traverser en ferry, et enfin rentrer aux bercails pour faire ma deuxième terminale !!

On y arrive…Les 3 jours de safari dans le parc de Hwange se passent à merveille, je vois presque tous les animaux d’Afrique, zèbres, gnous, beaucoup d’éléphants, des girafes, des rhinos… mais rien de la famille des chatons ! Pourtant on nous assura qu’il y en avait.

safari girafe zebre elephant le pere, la mere et l’enfant

Le voyage presque terminé, pour me rendre de Hwange au lac Kariba, tard dans la journée, pour prendre le ferry le lendemain à 6h du matin, je décide de faire du stop. Aucun problème pour partir du parc avec un taxi brousse, mais celui-ci étant collectif, il a du me laisser à un croisement où il me restait environ 10 km à parcourir. Je décide donc d’attendre qu’une autre voiture passe et veuille bien me faire preuve d’hospitalité. J’attends, j’attends, je donne de la pâte à modelé à des enfants qui me donnent des œufs durs en contre parti, j’attends encore, mais rien d’autre que quelques voitures de touristes pleines à craquer ou des minibus de tour operator.

peut être mon dernier couché de soleilComme la nuit allait bientôt tomber, je décide d’y aller à pieds. Je ne pouvais pas me permettre de rater le bateau au risque de rater mon vol de retour ! Equipé d’une torche, je prends donc la route. Pendant un temps un villageois m’accompagne, mais finit, en voyant le coucher du soleil arriver, par rentrer, en me précisant tout de même qu’il était beaucoup trop dangereux de faire la route à pieds en pleine nuit, qu’il y a des lions et autres bêtes sauvages !! Donc, je continue seul, et vraiment pas du tout rassuré par ces derniers propos !

La nuit tombée, avec ma torche qui n’éclairait plus que le bout de mes pieds, je commence vraiment à flipper, et pas une voiture à l’horizon. C’est là que je vois, grâce à la lune, à environ cinquante mètres devant moi, quelque chose bouger prés d’un arbre. Merde, que faire!? Si c’est un lion je suis foutu…

Presque instantanément, comme un réflexe de survie, je cherche un arbre où grimper au besoin. Car les lions ne grimpent pas aux arbres comme les léopards peuvent le faire, du moins, je me rassure de cette info que j’avais pu voir dans des reportages télé sur les animaux de la savane, sans toutefois en être convaincu. Puis, comme je n’allais pas passer la nuit dans un arbre, je décide de m’approcher petit à petit, sans quitter mon arbre de secours des yeux !

Finalement j’entends un braiement ! Ouuufffffffff, ce n’était qu’un âne putain !!!! On se sent vraiment tout petit dans ces moments là ! Et il me restait encore de la route à faire. Je n’étais plus du tout sûr de pouvoir m’en sortir !!

Et là, coup de chance, enfin, une voiture qui arrive ! Je me mets au milieu de la route en espérant ne pas me faire écraser car l’ampoule de ma torche ne donnait plus qu’un scintillement de lumière. Mais la voiture de touristes ne m’a pas écrasé, et, voyant ma détresse, à même bien voulu me faire une place. Un blanc, tout seul, en pleine nuit, et surtout en pleine brousse, faut dire que la situation n’était pas banale, même pour des touristes sud-africains.

Tout c’est finalement bien terminé. J’ai finalement vu des lions le lendemain, pendant la traversé en ferry, sur les berges du lac Kariba. Je préférais de loin cette configuration ! D’autant que le film « Itinéraire d’un enfant gâté », où bebel fini sa vie au bord de ce lac avec ses amis les lions, était ancré dans mon esprit !

ferry coucher ou lever du soleil sur le lac kariba

Voilà donc pour ma petite histoire de panique avec les animaux sauvages !

Carte du périple

16
Nov
07

Pierrot et Kinou

Pierrot et KinouJe connais Pierrot depuis la maternelle, on était dans la même classe (avec guillaume). Et on est resté ami depuis ! Des amis de trente ans quoi 😉 Et dès qu’il pouvait, un compagnon de voyage.
Kinou, ça doit faire 12 ans que je la connais maintenant. Comme elle venait de sa campagne, elle a eu un appart au Puy en Velay avant tout le monde. C’était là où on se retrouvait tous ! « C’est un peu comme chez Lorette chez cette Kinou » me disait mon père, he he, s’il savait tout 😉
Ces deux zigotos donc, ont pris la décision l’année dernière de changer de vie ! Pierre vend son Tabac, Kinou arrête les crédits bancaires à taux variables, et ils décident de partir 4 mois en Amérique Centrale, au Brésil et en Argentine pour trouver un quelque chose à racheter ou à créer.
Je crois que j’y suis un peu pour quelque chose dans cette décision de partir, depuis le temps que je leurs répète : « On ne serait pas bien si on achetait un bout de plage, on construit des bungalows, un bar, un restau, dans un petit coin de paradis, fini le stress, les doigts de pieds en éventails, entres potes… Et à nous la belle vie » 😉
En ce moment ils en sont à mi-parcours. Je crois qu’ils se sont posés au Brésil hier. Mais allez voir plutôt leur blog… Voyage en Amérique centrale

13
Nov
07

à 26 mètres des 6000 – Inde, Himalaya – Part 2

Ceci est la suite du premier épisode

col de Rohtang LaLe lendemain matin, comme prévu, je demande à passer sur le toit du bus. Le chauffeur me prends pour un fou, il me dit que c’est très dangereux… J’avoue qu’on n’avait pas la même logique ! Je lui ai finalement dit que c’était mon choix, que je voulais de mon plein gré prendre le risque de voyager sur le toit du bus parce que je ne voulais pas prendre le risque de voyager à l’intérieur ! Je ne suis pas certain qu’il m’ait compris, mais bon, comme je n’avais pas l’air de vouloir revenir sur ma décision, je suppose qu’il a abandonné et m’a laissé me caler au milieu des sacs, que l’on puisse enfin y aller.
Les quelques touristes du voyages n’avaient à ce moment là pas vraiment compris la raison de mon insistance. Ils devaient se dire que c’était pour avoir une meilleure vue, pour prendre des photos sans ces putains de fenêtres de bus ! Ils finiront par comprendre me disais-je 😉 Et s’il n’en reste qu’un, ce sera moi, j’ai tout prévu !

col de Kuzum LaBon je n’ai pas eu chaud, c’est sûr ! Ca doit être la raison pour laquelle personne ne m’a rejoint une fois arrivé au même col que j’avais connu la veille. Ou alors ils étaient tous du côté droit du bus, soit du coté de la montagne, vous vous souvenez ! Moi j’étais du côté gauche et j’ai eu le vertige dans un bus! Sur mon toit, en revanche, une fois bien couvert, j’étais benaise,col de Kuzum La le terme est adéquoi 😉 J’essayais seulement de ne pas regarder sur les bas côtés. Juste l’horizon et le ciel, tout en restant attentif pour les passages délicats.
On a continué comme ça pendant toute la journée en s’arrêtant de temps à autres pour déplacer des cailloux qui avait bouché la route, ou le chemin, ça dépend, ce qui permettait au moins une pause pipi ! On est monté aussi très haut (le premier col de la veille à 3979 mètres puis un second à 4551, le col de Kuzum La), on a longé deux splendides vallées (Lahaul valley, Spiti valley) et traversé des villages hors du temps (Batal, Losar), continuellement entouré par ces montagnes majestueuses qui forment la chaine de l’Himalaya.

Lahaul Valley Lahaul Valley

village de Losar Spiti Valley Spiti Valley Spiti Valley

On arrive finalement à Kaza en fin d’après midi, petit village à 3600 mètres au fond de la Spiti valley (Effectivement, on n’est pas dans les alpes, les vallées sont très hautes ici !).

Après une bonne nuit de récupe, je décide d’aller explorer un peu les environs

Faut quand même préciser qu’en venant en Inde je n’avais pas du tout prévu d’aller dans l’Himalaya. Je n’y avais même pas songé ! En fait j’ai croisé un type qui m’a parlé de ce village de Kaza et m’y voilà 😉

Hauteurs de KazaJe prends donc la décision de monter sur l’une des deux crêtes de la vallée pour voir d’autres perspectives, et du même coup un autre village au nom de Comic se trouvant de l’autre côté d’une semi vallée. En clair, en haut de ma crête, il y avait un plat (que l’on pourrait aussi nommer petit plateau !), puis ça redescendait un peu avant de Village de Comicremonter beaucoup plus haut et ainsi de suite, car derrière encore on pouvait apercevoir d’autres sommets enneigés…
Bon une fois ma photo du village de Comic en poche, je décide que j’en ai assez fait. J’étais passé de 3600 mètre à 4000 mètres, j’avais aussi traversé le petit plateau, sans compter le retour qu’il restait encore à faire… hey je suis encore étudiant moi, je n’ai pas encore eu le temps de me remettre au sport 😉 Pour une première journée c’était déjà bien.

Hauteurs de Kaza Hauteurs de Kaza Petit plateau

Le jour suivant, j’avais fait la connaissance de trois anglo-saxons, un australien, un néo zélandais et un british. Sur le toit du busIls étaient à Kaza depuis 3 jours et voulaient aller passer la nuit dans le village de Kibber, soit disant le village le plus haut du monde avec de l’électricité, à 4205 mètres d’altitude. Ni une, ni deux, je les suis 😉 Je suis content de voir que je ne suis plus le seul à avoir l’idée saugrenu de voyager sur le toit des bus. C’est l’australien qui me suit, James, s’il vous plait ! Je n’ai donc peut être pas halluciné lorsque j’ai vu des cadavres de bus à certains endroits.
Sur notre toit, James m’apprends l’existence du mal des montagnes, que ça peut tuer si on ne le soigne pas, que ça arrive sans prévenir ! Et que là où on est, on est bien loin du Village de Kyepremier hôpital !! Mais il va me faire flipper le con ! Que la meilleure façon de l’éviter c’est de fonctionner par pallier en restant 3 jours autours des 3500 mètres avant d’aller plus haut. Que c’est pour cela qu’ils étaient restaient 3 jours à Kaza !!! Hummmm,humm, quelqu’un aurait pu me prévenir ! Moi la veille j’étais encore à 2000 mètres ! Enfin, j’étais un ancien sportif, j’avais de beaux restes, et puis surtout on était déjà parti et je n’avais pas trop le temps de glander trois jours à Kaza. Faut positiver dans ces moments là !
Sur la route on s’arrête dans le petit village de Kye (4116 mètres), perché sur un Village de Kibbermonticule attenant à la falaise, avant de rejoindre Kibber, à la tombé de la nuit. Le groupe s’était alors agrandi. Dans le bus il y avait un couple de jeunes allemands et une française qui, comme nous, avaient décidé de passer une nuit plus près des étoiles.

Après avoir trouvé une maison qui pourrait tous nous accueillir, nous dînâmes et allâmes nous coucher, sans biensur avoir omis d’admirer au préalable à quel point les étoiles peuvent être belles sous un ciel pur et dépourvu de toute luminosité. La lune était absente ce jour là.

Demain va être un grand jour… 😉




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