Author Archive for

06
Nov
08

Coimero Polonais

L’été dernier, j’ai eu l’occasion de faire un roadtrip en Europe accompagnant un ami argentin; voici une petite anecdote:

L’entrée en Pologne est vraiment surprenante, autant entre la Hollande et l’Allemagne la frontière est quasi transparente autant, après Frankfurt an der Oder (pas am Main), il faut bien un panneau avec les étoiles européennes pour savoir qu’on est encore dans l’Union. Les abords des routes changent , on n’y trouve plus que des night clubs et des hôtels. Les villages sont moins bien entretenus et on est clairement dans un monde rural.

Les routes sont étroites est ils utilisent le bas-cote pour l’élargir. Mon ami argentin se sent un peut comme chez lui vu que pour la conduite c’est un peu la loi de la jungle; les dépassements sont plutôt cavaliers.

Organisation polonaise de la route à 2 voies qui font 3,5

Organisation polonaise de la route à 2 voies qui font 3,5

Vous voyez ci dessus comment on fait presque 4 voies sur une route qui n’est apparemment que 2 voies. Il faut un certain temps pour s’y accoutumer si l’on est français; ce temps est sensiblement plus court pour un argentin ;-).
En haut d’une côte une voiture serre la droite pour me laisser passer.
Je ne remarquais même plus la double ligne blanche que personne ne respecte.

Pas de chance quelque centaines des metres plus loin, un policier nous arrete. Je me dis qu’avec un peu de chance , il ne parle que polonais…
mais non, après nous avoir salué il a commencé en anglais. Et de sortir son permis, de jouer l’étonné;
– Monsieur, il faut payer une amende de 100.
– 100 Euros ??
– Non, mais 100 Zlotys = aprox 30 Euros.
On prétend n’avoir que 10 Euros et on propose de payer en cheque ou carte bancaire. Bien sûr seul le liquide est accepté et comptant svp, content ou pas.
je n’en mène pas large mais le sudaca qui m’accompagne gère la négociation d’une main de maitre. Le flic propose que nous allions retirer de l’argent au distributeur et nous laisse mariner en retournant a sa voiture avec mes papiers. Étrangement il n’a toujours pas établi le PV alors que nous lui avons réclamé le papier supposant l’arnaque.

Finalement il revient et demande si nous avons pris notre décision et nous revoila repartis pour 10 minutes de palabres. S’il vous plait monsieur, nous avons un rendez-vous d’affaire à Poznan, laissez nous partir.

-Et que se passe-t-il si nous ne pouvons pas payer?
-Et bien la semaine dernière, un Australien n’a pas pu payer et il est allé en prison!

Rires entendus qui cassent l’effet recherché par le policier qui du coup se met à sourire.

Finalement, nous nous en sommes tirés avec une mise en garde et 25 min de retard, ce qui n’est pas rien quand on est parti le matin de la Hollande et qu’il nous reste encore plus de 200 bornes sur les routes polonaises.

14
Juil
08

Hakuna Matata

Mais quelle phrase magnifique, Hakuna Matata quel son fantastique… vous connaissez sans doute la ritournelle du de Roi Lion des studios Disney; A l’époque j’avais 17 ans, mais on est jamais trop vieux pour cesser de regarder les dessins animés qui sortent au cinéma. On se trouve toujours un petit cousin, un parents plus ou moins éloigné à accompagner. Ca tombe bien ma petite soeur devait avoir 10 ans.

Nous étions à bord de Mitsio et faisions du cabotage autour de Nosibe. Le skipper (Eric?) parlait français, le moussaillon non. C’était un garçon d’une dizaine d’année au large sourire; nous l’avions embarqué pour quelques jours puisque notre route vagabonde l’arrangeait.

Un après midi, nous péchions à la ligne depuis la jupe arrière. Il faisait beau, la mer était tranquille et limpide, la côte luxuriante, des vacances de rêve en somme. Depuis le début de la partie de pêche, nous faisions silence et l’on entendait seulement le clapot et le bruit d’une drisse dans le haubans. Ce devait être l’heure sacrée de la sieste dont le succès était assuré par le cocktail Rhum-Repas-Soleil. Et tout l’équipage bercé par un léger clapot était assoupi.

Nous ramenions à bord de quoi faire une bouillabaise tropicale pour dîner. Je pousse alors la chansonnette fredonnant. Quelle ne fut pas ma surprise de voir voir mon jeune compagnon au premier refrain rigoler et me baratiner quelque chose d’incompréhensible ponctué d’Hakuna Matata! Comment aurait-il pu voir le film? De toute évidence il ne l’avait jamais vu, mais Hakuna Matata est un mot emprunté au malgache… une joie partagée par 2 garçons d’univers si différents qui se trouvent un petit quelque chose en commun.


La carte.

11
Juin
08

La plus belle traversée

Il n’est pas forcément nécessaire d’aller au bout du monde pour faire de jolis voyages; en voici, un des plus beaux, il est matériellement accessible à tous, mais une grande partie de l’intérêt de cette traversée est culturel, voire émotionnel. Je dis traversée, il ne s’agit pas de la trans-atlantique, mais c’est à peine moins fameux que le passage du Cap Horn: Il s’agit de la traversée du Vieux Port dans le Ferry Boat ( dites « Feri Boite »).

Le Feri Boite traversant le vieux port

Je l’ai effectuée à de nombreuses reprises, et la dernière fois en compagnie de toute une troupe d’estrangers (rendez vous compte, certains venaient même de Paris, peuchère!). Mais le temps du teuf teuf teuf du César a pris fin; l’antique ferry boat au diesel a fait son temps, il sera remplacé prochainement par une réplique flambante mue par un moteur électrique! En attendant, il vous faudra faire le tour à pied en passant en bas de la plus belle avenue du monde, la Canebière.

30
Mai
08

Huayana Potosi, 6088m au dessus du niveau de la mer en Bolivie – Partie 2

Ce billet est la suite et fin du 1er épisode.
Campo Alto
Comme dans de nombreuses courses, la marche d’approche jusqu’au refuge suit la moraine du glacier; La moraine marque les bords du lit d’un glacier; elle est caractérisée par un amas de rochers trainés et accumulés par le glacier. On dirait un peu comme une dune sauf que la forme de sa coupe caractéristique et plus pointue. Souvent on trouve le long de cette crête un sentier qui permettait de remonter le glacier en sécurité, sans passer au milieu des séracs et des crevasses. Maintenant, avec le réchauffement climatique les glaciers qui ont généré les moraines tendent à perdre du terrain et remonter en altitude; J’avais observé ce phénomène impressionnant en l’espace de 6 ans au Glacier Blanc dans le Massif des Ecrins (Alpes) c’est aussi le cas au Huayna Potosi. Porfi, le guide me dit même que les géologues prévoient une disparition totale des glaciers d’ici 50 ans; ce qui est une catastrophe pour La Paz dont dépend l’approvisionnement en eau et en électricité .

La marche d’approche se fait bien pourvu qu’on ait été habitué à l’altitude en séjournant quelques jours sur l’Altiplano; pour ma part, j’avais passé 3 jours à Potosi (4070m) juste avant de débarquer à La Paz donc pas de souci.

A midi nous atteignons le refuge. Il est en fonction depuis a peine 1 an et demi. Dispose de l’électricité grâce à un panneau solaire. Électricité qui est distribuée dans la petite pièce à vivre par des câbles de sonorisation Hifi; ce n’est pas la première fois que je vois ça en Bolivie. Nous sommes les derniers arrivés, sur place il y-a Alex -israélien, c’est dingue le nombre d’israélien qu’on croise en Bolivie, on trouve même couramment les menus traduits et hébreux-, Marc -Américain-, un couple d’australiens et votre serviteur cuisse de grenouille. Chacun est accompagné d’un guide. Je suis impressionné par le monticule de bouteilles plastiques qui sont entassées devant le seuil refuge! Je n’avais jamais vu une chose pareil en France! En règle générale, ceux qui pratique la montagne ont conscience de la fragilité du milieu et le respecte,notamment en redescendant ses déchets…

Le diner est servi a 17h. J’espérais échanger quelques chants montagnards français contre leurs équivalents locaux, mais finalement je suis le seul à chanter et à jouer de l’harmonica. Et tous ont eu la politesse de faire au moins semblant d’aimer ;-) . A 19h extinction des feux. Je peine à m’endormir, j’ai mal aux bras, de manière assez diffuse, un peu comme si j’avais des courbatures mais en moins fort; je n’avais pourtant pas fait d’effort particulier avec mes bras, il parait ce ce sont les effet de l’altitude. Je tourne et me retourne dans mon duvet assez longuement avant de trouver le sommeil.

La nuit est courte est agitée. Le réveil difficile mais rappelant de bon souvenirs. La météo est excellente, pas un nuage sur notre zone et pourtant il ne fait pas très froid; de toute façon je n’ai jamais été autant équipé. Les cordées quittent le refuge a 1h du matin. Le lune, au 3/4 pleine, nous permet de progresser sans nos lampes frontales. Le rythme est tranquille et pour limiter les effets de l’altitude, je chique quelques feuilles de coca. Techniquement parlant, la voie normale ne présente que 2 légères difficultés. La “pala pequeña” et la “pala grande”, qui sont 2 passages de forte inclinaison et de longueur respective 40 et 200m. Le manque d’oxygène se fait ressentir, mais la beauté des paysage fait oublier l’effort. Le silence de la nuit est à peine troublé du bruit de nos respirations lentes et régulières. De l’autre coté de la cordillère Real, coté tropical, de nombreux nuages moutonnent et de temps à autre un éclair vient illuminer notre versant. Le spectacle est magique, le son du tonnerre ne nous parvient pas; on entent que le bruit de la neige qui craque doucement sous nos pas. Au dessus de nos têtes, les étoiles scintillent, c’est vraiment féérique.
Porfi.JPG
La régularité de notre pas nous isole en tête des cordées assez rapidement. Nous progressons en crampons, corde tendue, le piolet toujours dans la main amont. Nous faisons de courtes pauses pour manger une barre de chocolat (glacée) et nous hydrater. Sur une bosse nous admirons le passage escarpé de la voie dite « française ». Il s’agit d’un itinéraire passant sur une ligne de crête assez technique ouvert par des français. Les dernières longueurs dans la pala grande sont éprouvante, la pente est forte et je suis obligé de m’arrêter tous les 3 mètres. Heureusement le soleil ne s’est pas encore levé et la neige est en bon état, et puis je suis motivé à bloc, il n’y a plus de raison de ne pas y arriver. Alors je dois me prouver à moi même que je peux le faire; comme l’avait remarqué Greg précédemment il y a aussi une sorte de compétition internationale qui joue! Chacun se sentant un peu le porte drapeau de son pays…

Nous arrivons au sommet avant le lever du soleil. Il ne fait pas si froid que ça, mais la batterie de l’appareil photo n’apprécie pas trop. On voit au loin les lueurs de La Paz. Et l’aube qui commence à poindre. Il eut fallut que Dul ou Patrick soient là pour saisir les nuances des reflets dans le ciel noir… avec mon petit numérique je n’ai pas réussi à sortir de cliché qui fasse ressortir la beauté éphémère du moment. Mais une fois la beauté du spectacle consommée, nous savons que le soleil sera une plaie pour nous, il dégrade la qualité de la neige, fait mal aux yeux et tient chaud… aussi nous repartons sans plus attendre. Nous croisons la cordée de l’américain et celle des australiens au bas de la pala grande. Ils semblent progresser assez difficilement.

Au camp de base, le taxi nous attendait, il nous a offert un verre de Coca, dont nous avons soigneusement renverse une part par terre en offrande a la Pachamama et au Huayna Potosi, puis je me suis avachi sur la banquette arrière et dans un moment d inconscience j ai cherche la ceinture de sécurité; c’est vous dire si j’étais déjà dans un état second.

Le sommet 6088m

Je me connecte de nouveau – mon sevrage Internet se passe tant bien que mail, mais l’etat des becannes et des connexions en Bolivie a un effet assez dissuasif- et je prends des nouvelles du monde. Il semble que cela chauffe pour les pinguins en Argentine et que les routes, tout du moins au nord soient bloquees, plus de viande, je sens que les argentins vont bientot devoir se rabatre sur le pinguin grille… et il me faut repasser par Buenos Aires prochainement!

La carte

23
Mai
08

Huayana Potosi, 6088m au dessus du niveau de la mer en Bolivie – Partie 1

17h, je me réveille comateux dans une vilaine chambre.
Des klaxons, des sifflets étranges et des cris montent de la rue. Ah oui, je suis a La Paz; en fond, Julien Leperse distille ses question sur TV5. Ou la la, j ai la tête a l’envers! Ha oui les choses me reviennent… quelle sieste; il faut dire que ce matin, le réveil a sonne a 00h00 et que je me suis enfile pres de 900m de dénivelé positif. J’ai gravi le Huayna Potosi, 6088m. Je crois que c’est mon 13eme sommet, et sans doute le plus haut.

L’aventure commence hier, a 7h00 je suis sur le pied de guerre; je boucle mes sacs et nous allons prendre le petit déjeuner au Café Luna. A 8h30 pétantes, me voila dans le bureau de l’agence qui organise l’excursion. Je fais la connaissance de Porfi, mon guide. L’américain qui devait partager ma cordée a finalement annulé et je me retrouve avec un guide rien que pour moi, pour la modique somme de 120 USD la sortie de 2 jours, tout compris ( repas, encadrement matériel technique et vêtements de montagne).

Un taxi nous dépose au camp de base; Nous remontons les rues de La Paz pour rejoindre l’Alto. L’Alto, ce sont les faubourgs de La Paz. Il faut s imaginer La Paz comme tapissant une cuvette et débordant sur tout son pourtour. Gigantesque, improbable. Les rues les plus pentues de San Francisco ne doivent pas l’être autant que celles de La Paz. Et une agitation, un fourmillement, oui, le mot juste est fourmillement; La Paz c’est comme une fourmilière à l’envers; des colonnes de véhicules convergent traversant les no mans land andin et se concentrent là. Un tumulte de tous les diables y règne, ne serait-ce qu’à cause des minubus qui sillonnent la ville: A cause de l’illettrisme, chaque véhicule est pourvu d’un portier-crieur qui hurle les destinations.

Hayana Potosi - 6088m

La route qui y mène au camp de base dessert une mine qui n’est presque plus exploitée -antimoine- une station de veille sismique et un barrage hydroélectrique. La rumeur de la ville s’est tue et la pollution s’est dissipée. En fait de route, comme la majorité du réseau routier bolivien, nous parcourons un chemin de terre plein de nids de poules et d’ornières.

Le Taxi nous dépose près d’un refuge qu’ils appellent un peu pompeusement le camp de base. Avant de s’engager dans le sentier vers le refuge ( Campo Alto ) je profite des commodites (les Whoua whoua ;-) ) qui sont équipes d un siege, mais pas d eau courante. Pour tirer la chasse, il faut puiser devant la porte dans le ruisseau.




Blog Stats

  • 60 358 hits
juillet 2020
L M M J V S D
 12345
6789101112
13141516171819
20212223242526
2728293031  

Articles les plus consultés

Carnet de voyages - groupe Flickr

Amis voyageurs du monde

Vous venez d’où?