Author Archive for Samuel Racine

02
Juil
08

La pura vida

Fin de semaine, le weekend commence. Je n’ai qu’une idée en tête. Direction le port pour, je passe la barrière de la marina, descend la passerelle, et finalement, me voila en face de Yotasorus. Un autre monde s’ouvre à mes yeux. Ce n’est dons plus un rêve, me voila désormais sur mon voilier.

Ce dimanche suis parti du port d’Auckland en direction de Rangitoto. Cette ile volcanique n’a que 600ans et on raconte que certaines tribus maoris ont assisté aux éruptions qui l’on crée. En sortant du port c’est la pétole.Même pas un nœud pour gonfler les voiles….puis, à peine passé le cap de North Cote, une fraiche brise se lève, j’éteins le moteur et seul le bruit de l’eau et du vent m’accompagnent maintenant.

Si mes calculs sont corrects, avec la marée qui descend et qui me fera gagner quelques nœuds, je devrai arriver a Islington bay dans deux heures.

C’est la première sortie en solitaire et je suis un peu crispé. Ai-je bien tout mon équipement ? La météo annonce l’arrivée d’une dépression seulement demain après-midi, le temps d’aller, passer la nuit et revenir.

J’arrive juste avant le tomber de la nuit et jette l’ancre. 5 m de profondeur, 10 de chaine et 15 de corde feront l’affaire.L’endroit est bien protégé des vents du nord et ma nuit devrait se passer en toute tranquillité. Il est 9h est je suis emmitouflé dans mon sac de couchage, tel un papi, vendredi soir en plus ! Mes yeux se ferment gentiment et sombre doucement berce par la houle.

Mais un bruit me réveille. En tendant l’oreille, j’entends maintenant un grignotement, sa gratte, on dirait que….sa ronge. Merde, ça doit être un rat qui est monté à bord ce matin lors que je faisais sécher la cabine. L’enfoiré doit se régaler avec les câbles de ma batterie, les feux de navigation, la radio !

Trois fois je sors de mon duvet, m’habille et cherche dans tous les coins du bateau. Rien. C’est pas possible le bateau n’est pas bien grand et je regarde par tout.

Je me convaincs que ça doit être la fibre de glace qui travaillait avec le froid de la nuit. On est en début d’hiver et a quelques miles du 40eme parallèle sud.

A quatre heures du mat je me réveille de sursaut. Le vent s’est levé et ça commence à siffler dans le mat. Avec le repère prit avant de me coucher, je contrôle si le bateau a dérivé. Pas bougé d’un mètre mais ça tire bien sur l’ancre et me décide de laisser encore une dizaine de mètres de corde. Par paresse, je sors pied nus, en caleçons et t-shirt. Quelle connerie,le temps de faire mes réglages je suis à moitié congelé ! De retour sous le duvet, j’écoute le vent et m’imagine ce que ça doit être en plein océan. Quelques passages du livre de Vito Dumas (un argentin qui dans les années 40 a fait le tour du monde en solitaire) me passent par l’esprit et j’en ai un frisson dans le dos.

Mon sommeil n’est maintenant plus tranquille et me réveille toutes les demi-heures pour contrôler si on dérive.

Enfin, le jour ce lève et je découvre cette baie magnifique entourée de forêt humide et dense et de roches volcaniques.

En sirotant mon café assit sur le pont, je me souviens de cette expression emblématique du Costa Rica pour définir « le pied total »: « La pura vida »

12
Juin
08

exchange of ideas

Today something funny happened to me. I was happily rollerblading on the street when someone pushed me. 65 years old, in a dark suit. Angrily, the guy told me that New Zealand doesn’t need people like me. He said that I should “go back to my country”.

Managing to keep my steam under control, I told him that I am working and paying my taxes here so the one who should leave if not happy should be him. He didn’t quite agree and start shouting. I felt pity for him. With all the foreigners living in Auckland, he must be having some hard time! Especially if he tries to tell everybody to go back home!

I wanted to tell him as well that must probably his ancestors were offloaded from a boat coming from the UK just some 150 years ago and, even if he doesn’t need me here, his wife and daughters would be very disappointed about me leaving….. he he he.

But my Swiss diplomatic attitude took the lead and decided not to add oil onto fire. I wished him a nice day and left. 50 m away he was still shouting “piss off, piss off”. I guess he must have accumulated quite some bitterness over the years.

Now, taking the time to write down what happened, I realize that, if I had to go back to my country, I wouldn’t know which one to choose.
The red passport doesn’t make me particularly Swiss. In fact, the country where I was told the most to “go back to your country” is Switzerland. Unbelievable! Ticino!

And the problem now is, that all the countries I have lived in are a bit “my country”.

In fact, the Earth is my country! The Blue Planet!

I have in my mind a nice metaphor. Imagine a colorful butterfly telling another to go back to its flower. “I have been here for now 56min, this flower is mine; go back to where you come from”. Do you think that’s happening? Shit, I hope not! That would be quite ridiculous.

Anyway, nowadays, the only place I call home is my boat. That’s the marvel of a sailing boat, she can bring you all around the world, slowly drifting or powerfully sailing… no fuel needed.

And there is no such saying as “go back to your sea”. Sea people are wise. We are mostly made of water and water units us all. It may sound a bit biblical, but I guess that’s true.

Might the Earth swallow all the racists, burying them deep underground so that they can really feel alone in their land.

Tonight, I feel sorry for them.

23
Jan
08

Le mariage de Nasratullah

Aujourd’hui Nasrat se marie à Kaboul. Nous partons vers la salle des événements ou, en plein après-midi, aura lieu la cérémonie.

Cet une belle journée d’hiver, le ciel est bleu, l’air vif et on aperçoit les montagnes enneigées en arrière plan. Nous faisons un détour et passons par l’aéroport. Encore les traces de la guerre, un vieil avion de chasse qui désormais ne fait plus peur a personne. Mélancolique et rouillé. A Kaboul il y a toujours un détail pour se rappeler, pas besoins de lire de millier de pages pour comprendre. L’histoire se déroule devant nous yeux.

Mais aujourd’hui est un jour de fête. Nasrat se marie avec….personne de notre groupe connait le nom de la marie. La « femme de Nasrat » fera l’affaire.

Devant la salle une foule de shawar kamiz et bourkas s’agglutine et nous nous joignons à l’attente. Echanges de regards, un sourit timide, des yeux interrogateurs. J’essaye de deviner les femmes qui se cachent sous ses tissus indigo. Mon imagination fertile part au gallot…et soudain un longue barbe noire. Retour a la réalité. C’est Abibullah, un des chauffeurs avec qui je suis allé jusqu’à Bamyan ils y a quelques jours. 12h de route magnifique entre montagnes, valles et champs de mines. « Khuda Afiz », bienvenue les amis ! et il nous ouvre le chemin. La chaleur de son accueil et la froideur de ces yeux de glace me transportent dans mes rêves. Un joueur de Bouzkachi aux allures des cavaliers de Kessel.

En montant les escaliers vers la salle, je suis quatre femmes en bourkas. Leurs chaussures aux couleurs vifs et leurs sacs a-main tout en frou-frou et paillettes laissent transpirer un peu de leurs vrai personnalité. Malheureusement nos chemins se séparent, elles d’un cote, nous, les hommes, de l’autre.

C’est assit dans une immense salle froide et presque silencieuse que notre attente commence. Les hommes se regardent, se scrutent et une camera fais le tour de tous les invites afin de les immortaliser. Ambiance assez formelle a la limite du chiant. Je me dis qu’en plus aujourd’hui il n’y aura pas l’effet désinhibiteur de l’alcool pour chauffer l’ambiance. Une bonne tasse de the et des raisins secs feront l’affaire.

Puis finalement, Abibullah nous rejoins. Nous échangeons quelques mots. Super, il a un plan pour aller voir ce qui se passe de l’autre cote, chez les femmes. Nous sortons discrètement et nous nous introduisons dans l’autre salle.

Surprise ! Tombés les bourkas, l’ambiance et bien plus gaie et décontractée. Elles dansent et chantent, belles et désinvoltes. Ces yeux maquilles qui nous regardent et cette joie de vivre. Je suis dans un autre monde. Le monde caché des femmes afghanes, celles qui dans la rue longent les murs, méfiantes et apeurées. Celles qui, a travers du quadrillage de leur voile, on vu les pires horreurs et continuent à subir encore plein d’humiliations. Elles rigolent le cœur léger. Un souffle d’air et de bonheur dans cette ambiance un peu pesante.

Mais nous devons partir, ce n’est pas bien de rester. Pour elles surtout. Nos regards inquisiteurs pourraient enlever un peu de leur pureté et de leur valeur. Partis, nous rejoignons les hommes. Deux mondes en contraste total.

Je réfléchis en sirotant mon thé bouillant.

19
Jan
08

Les chamanes de Tarapoto

C’est en bus depuis Lima que j’arrive dans la petite ville de Tarapoto. En fin d’après-midi, le centre est encore endormi par la chaleur et l’humidité. Les recherches commencent pour y trouver l’objet de ma visite.

Le centre Takiwasi. Ouvert et géré par un médecin de MSF, ce centre a comme but de soigner et réintégrer à la vie « normale » des accros à la pasta base (une drogue pas chère dérivée des restes de cocaïne).

Je suis intéressé par le concept que l’on puisse traiter cette dépendance grâce au chamanisme et a ses connaissances ancestrales. Pour être précis, je devrais écrire, grâce aux curaderos de la foret Amazonienne. En effet, le terme chaman vient de Mongolie mais s’applique maintenant de l’Amérique du Sud à l’Afrique et l’Asie.

Apparemment, le taux de guérison des patients du centre est de 60% !

Apres une visite de la ville, je le trouve en lisière de foret, dans le calme et la fraicheur, proche d’une belle rivière. L’ambiance est détendue et je me sens tout de suite a l’aise. Une charmante française m’accueille, me fait visiter le centre et m’explique le concept. Je suis passionné par ce que je vois et elle me propose de participer a un cours de trois jours de développement personnel. Apparemment, ils offrent ces cours afin de générer l’argent nécessaire au fonctionnement du centre. Parfais !

Je ne pouvais mieux demander. Le séjour se déroule ainsi.

Premier, une purge traditionnelle a base de magnésium et lait de coco. On commence. Rien de mieux qu’un bol de ce breuvage pour rentrer de suite en chambre et y rester pour un bon moment.

Rendez-vous le lendemain en début d’après-midi pour la deuxième purge. Celle vomitive.

Je vous passe les détails de fin de journée et me voici le lendemain, frais comme un rose, assis par terre, avec un seau, une carafe d’eau en plastique, trois autres participants et le chaman au milieu. Il nous explique que la purge vomitive est un élément essentiel dans la purification avant la séance chamanique de demain. Nous allons boire une mélasse gluante et amère extraite d’une plante et, pour faciliter la purification, avaler un maximum d’eau.

J’ingurgite, grimace, boit ma carafe de 1.5lt et en demande un autre. Le chaman me dit que certaines personnes, lors de vomissements sentent le gout de médicament qu’ils on prit il y a des années….je m’attend au pire!

Forcement, au bout d’un moment je commence à me questionner sur la raison de ma visite ici. Je n’étais pas bien au Galápagos, la plage, les animaux, le soleil. Décidément, l’homme est un animal bien complique.

Et c’est au milieu de ces pensées que la nausée commence à monter. Littéralement. Plié en quatre sur mon seau, je regarde le chamane et ai la confirmation que tout est normal. La purge commence. Je bois, je vomis, on vide le seau…et c’est reparti.

Malade comme un chien, j’aperçois mon voisin, un Alemand de mon âge. Le pauvre n’a pas encore commencé à se vider, il est vert et gonflé, j’ai mal pour lui.Trois heures plus tard, à bout de force, je me lève pour rentrer en chambre. Je peux partir avec la recommandation de ne rien manger jusqu’à demain soir. Enfin chez moi, une séance de lutte gréco-romaine avec la cuvette des chiottes me guète. La crise passée, je me sent mieux et vais m’allonger sur le lit. Vide, je me rends compte qu’il est minuit. Le temps vole quand on gerbe de la bile.

Quelle bonheur de se sentir de nouveau bien, léger. Je suis surement purifie mais mon estomac est vide et crie famine. Le chaman m’a dit…un thé peut être…impossible. Mon sang italien hurle, j’ai besoin d’une bonne pizza pour me remettre en forme. Par pure miracle, j’en trouve une en ville et l’avale comme un ogre. Ma conscience me fout la paix et je vais me coucher comme un bébé.

Troisième jour, séance chamanique a l’Ayahuasca.

Le Chamane nous explique que cette plante a des pouvoirs psychotropes et aide à communiquer a travers les mondes. Comme c’est une plante femelle, elle ne doit être prise que dans la nuit avec l’aide d’un guide.

Nous allons dans la foret pour voir à quoi ressemble cette plante fascinante. Noire, tordue, entremêlée de racines froides, elle m’inspire de la crainte et du respect. On voit bien que ce n’est pas un végétal commun. De cette racine, le chamane extrait le liquide qui, mélange a une autre plante (pour donner de la couleur aux visions), sera la base de notre expérience.

Je suis content de me trouver avec Juan, ce chamane en qui j’ai confiance, et de savoir qu’il sera mon guide cette nuit. Je me sens en sécurité et ne voudrais pas prendre de l’Ayahuasca dans un autre contexte, en soirée ou sur une plage pour se faire un trip. Si je peux donner un conseil et si l’expérience vous tente, faites le dans ce type de cadre et avec des personnes dont vous avez confiance.

Il fait noir, nous sommes en cercle, assit par terre. Au milieu de la foret d’Amérique du Sud on n’est jamais seul, tous ces sons, ces bruits. Un moment de silence et ça repart. Je bois mon Ayahuasca. Le gout amer enveloppe ma bouche et tortille mes entrailles. Je croise les jambes et me concentre.

Juan, commence à chanter. Sa voix et douce et mélodieuse, elle me porte, je suis léger et heureux. Puis, petit à petit, je sens que mon état de conscience change. Je ressens des choses, de la chaleur, des nouveaux bruits et le chant du chamane. Doucement, je commence un voyage qui ne terminera qu’au lever du soleil, demain matin. Le cercle que nous formons m’apporte la confiance nécessaire pour profiter de cette expérience. La voix de Juan me berce et son timbre change, comme pour accélérer mes pensées quand elles sont lentes et les calmer quand elles s’emballent. Ce n’est pas un hasard et j’éprouve de plus en plus de respect pour cet homme un peu frêle et modeste.

D’un coup, j’ouvre la porte d’un nouveau monde. Tout en couleur, je vois, je sens et j’écoute. Je me balade comme je le ferais dans une nouvelle ville, pour y découvrir ces merveilles.

Assis, un milieu de cette foret, je me rends compte que je suis vraiment éclaté et essaye de me concentrer sur mon voyage pour ne pas laisser la panique détruire ce nouveau monde des merveilles.

Et puis, une voix me parle, comme celle d’un guide. Ce n’est pas Juan. Peut être juste mon inconscient ou peut être… A chacun d’en décider. Pendant le reste de la nuit il va m’accompagner et répondre à mille questions que je lui pose. Il me parle des serpents, je les vois qui se glissent dans mes jambes, sensuels, je les crains et les admire. Je pourrais continuer encore longtemps.

Toutefois, ce qui me reste clairement gravé dans mon esprit est le respect de la Nature. Un dégout pour le chimique et l’artificiel qui m’accompagne encore aujourd’hui dans mes choix de vie. La vision du monde des chamanes me plait beaucoup. Animiste, je la trouve bien plus intéressante et valorisante que celle catholique du Vatican.

Je quitte Tarapoto et Juan plein d’énergie et les remercie de cette magnifique expérience. Je remercie également l’esprit de l’Ayahuasca pour m’avoir amené dans ce nouveau monde sans trop de tempête. Mon voisin ne pourra pas en dire autant.

Plus tard dans ma vie, j’aurai encore l’occasion d’aller voir ce qui se passe là-bas. Mais ceci je ne le sais pas encore et ce sera peut être une autre histoire….

18
Jan
08

Les Chamanes de Tarapoto

Ciao ragazzi, une histoire sur les chamanes de la Selva péruvienne ca vous intéresse ?




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