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10
Nov
08

Un homme pressé

Je le disais un jour ici même: « Il y a mille manières de partir, mille manières de voyager, il n’existe pas une fois ou cela se ressemble, pas une fois où on partira sans rien trouver »
Ce jours là je me voulais philosophe de bistro, pourtant ce voyage à l’époque avait vraiment changé la donne et m’avait poussé vers l’université… tellement fort que 7 ans après j’y suis encore. Et étrangement cette phrase m’est revenue à la mémoire lors de mon dernier « voyage ».
C’est mardi, après avoir donné mon cours je n’ai pas le temps de parler avec personne, je file, oui ma carrière est en jeu, direction l’aéroport. Le taxi fait crisser les pneus sur le bitume bogotien, son klaxon s’use pour gagner quelques minutes. J’arrive tout droit sur le guichet d’Air France, sans faire la queue bien sûr, je n’ai pas le temps… 3 ou 4 miss se charge de moi, tamponne, appelle et rectifie, et me guide jusqu’au VIP. Juste le temps de boire un verre et on m’envoie dans l’avion.
Champagne, foie gras, camembert, vin rouge… petit film et ronflette. Je ne sens pas passer le vol, j’ai dormi comme un bébé, à peine le temps de lire un document de travail. On commence notre descente sur Paris. Je récupère ma veste et mes costards, je saute dans le premier bus, change de terminal, passe toute la queue de la douane avec une hôtesse, et je remonte dans l’avion. Oui oui j’ai mis un pied en sol français, et je suis bien content d’avoir mangé mon fromage et bu un pastis. Mais je n’ai pas le temps, je file, ma carrière est en jeu.
L’avion suivant est plus petit moins long et très vite j’arrive à l’aéroport nord de Moscou. Passeport, douane, bienvenue, un chauffeur m’attend, on file… et on arrive à l’hôtel, ma chambre est au 14e et une collection de document m’attend, je rencontre le coordinateur qui m’explique comment doit se dérouler l’événement, les transports, les restaurants… tout est bien calculé. Je dors 4 heures et c’est parti. Le bus nous emmène à la salle de conférence.
On se présente, discute, le protocole n’est pas encore vraiment là, pour l’instant on est juste une série de fonctionnaires et d’experts, alors on s’échange nos cartes, nos idées…
Qui veut entrer dans la toile de mon réseau?
La journée finie, on visite un musée au pas de course (le sexe de Raspoutine dans le formol est très beau, oui bien sûr), on mange vite, il faut rentrer à l’hôtel préparer la journée de demain. 3 heures de sommeil, et on recommence. Je ne sais pas vraiment quel jour il est mais qu’importe, il faut être là, le protocole est de rigueur, les jeux politicodiplomatiques commencent… pas pour moi, je suis juste là pour présenter, dénoncer, proposer… et Je peux toujours m’ramener ma science.
Militant quotidien
La journée passe, le soir le musée est annulé, pas le temps, il faut discuter… le restaurant doit être russe, on mange du caviar …. On dort peu, et le lendemain on recommence. La seule différence est que cette fois on fini à 4 heures de l’après midi, et que tout le monde pars en courant. Cette fois j’aurais le temps d’aller voir le Kremlin, la place rouge, d’aller boire une vodka avec mes « compagnons de route » dans le centre archi branché de Moscou ….
Finalement J’connais le tout Moscou et puis le reste aussi.
Je peux repartir, après une nuit d’une heure, mon chauffeur vient me chercher à l’hôtel et m’emmène tout droit à l’aéroport où je reviens à mon point de décollage 5 jours plus tôt. Je m’autorise une demie journée de repos, pour regarder la pluie tomber et inonder les rues de Bogotá, je sais que là au bout du ruisseau il se passe exactement ce que j’ai été raconté à Moscou, et peut être que dans dix ans on aura réussit à réguler un problème qui n’existera plus de cette forme, peut être … qui sait… mais ce n’est pas grave… Moi je vais vite, très vite, ma carrière est en jeu.
La mardi suivant à l’université on me demande comment s’est passé mon week-end… où je suis sorti samedi. Bof … j’ai traversé le monde, mais j’aurais surement trouvé plus excitant d’ouvrir une porte.

20
Juin
08

Photos d’Amazonie et du peuple Kuna

Être expatrié ne signifie pas forcément être voyageur, on peut partir vivre dans un pays lointain tout en gardant la même vie que dans son village. On voit même parfis des expatriés qui emmène leur frigo… De la même manière il est possible dêtre voyageur tout en restant dans son village, il suffit parfois d’ouvrir une porte

Il  y en a d’autre qui choississe les deux, vivre en expat et voyager. Un couple d’italo-français a fait ce choix en Colombie et nous en fait profiter à travers 3 différents blogs.

Amazonie mon amour, nuedi et nuedi.

08
Avr
08

à la conquête de la Terre de feu

Après la traversée en bateau nous arrivons à Porvenir, un petit village mignon, mais on ne fait presque pas attention à ce qui nous entoure. Cela fait à peine une semaine que j’ai retrouvé mon frère, et après plusieurs mois de voyage je suis juste content de discuter avec lui, de manger du fromage et du chocolat. Alors on quitte Porvenir le jour même, nos gros sac sur le dos, de quoi se nourrir pour 3 ou 4 jours et plein d’énergie et de motivation. Nous partons à pied, une carte en main, à la conquête de la Terre de Feu et sûr de notre coup. Après quelques heures de marche nous décidons de planter la tente et de profiter de ce paysage incroyable, sans arbre, vallonné où trottent plein de bébêtes.

Le soir on se cuisine une bonne platée de pâtes, un lac à nos pieds nous sert de source. Nous regardons ensuite le tardif couché du soleil et nous admirons quelques instants le ciel étoilé avant de sombrer dans un sommeil profond. Tout est parfait.

Le réveil est un peu plus dur, le thé avec l’eau du lac a un sérieux goût de sel. Un blague qui nous fait pas vraiment rire, nos stocks d’eau sont très limité et si nous ne trouvons pas de sources nous risquons d’avoir des problèmes. Pourtant en Patagonie l’eau ne devait pas être un souci…

Malgré tout, nous décidons de reprendre notre route, à chaque lac on vérifie le goût de l’eau. A chaque fois le même dégoût, ce n’est franchement pas agréable. Le temps passe et la première voiture que nous voyons en deux jours nous prend en stop. Sur 10 kilomètres, rien de transcendant. Selon la carte que nous avons, nous sommes à une centaine de kilomètres de notre but. Sans eau ça va être dur. Un autre voiture nous avance dix de plus. Mais là c’est le drame, on apprend que la prochaine ville n’est pas à cents mais trois cent kilomètres (un peu moins en réalité). La question n’est plus seulement celle de l’eau, mais aussi celle de la bouffe, du temps etc.

On ne sait pas vraiment quoi faire alors on continue à marcher, espérant une solution miracle, on se regarde comme deux cons, avec notre carte pourrie. Sans se le dire nous pensons tous les deux la même chose… bordel de merde! C’est la deuxième fois qu’on se fait avoir comme des bleus pour une histoire de saloperie de carte, la première fois on s’était perdu dans une montagne en Thaïlande… On n’a pas appris!

Mais finalement le miracle arrive assez vite, on a toujours de la chance quand on voyage. Un nuage de poussière arrive à mille l’heure, le bus qui passe deux fois par semaine fonce sur la piste. Sans réfléchir on se met au milieu les bras en l’air pour lui faire des signes, et même si au dernier moment on se rabattra sur le bas côté (imaginez si les freins étaient pourris!), nous étions bien décidé à stopper ce bus. Bien logiquement il est plein, mais le chauffeur nous propose le couloir à moitié prix. Sans hésiter on accepte. Nous retrouvons nos compagnons de traversée qui eux sont restés à Porvenir pour attendre le bus qu’ils avaient réservé deux ou trois jours avant!

Quelques heures plus tard, après avoir passé la douane, descendu et remonter dans le bus pour éviter le terminal de Rio Grande, nous arrivons à Ushuaia.

El fin del mundo.

25
Mar
08

un voyage, une rencontre ou alors une rencontre, un voyage…

Voyager seul… Il a mille manières de partir, mille manières de voyager, il n’existe pas une fois ou cela se ressemble, pas une fois où on partira sans rien trouver.

Voyager seul est égoïste, mais pour certain nécessaire. On ne partage pas, on est seul; seul face à un paysage idyllique, une montagne, une mer ou un océan, un désert, ou seul face à soi même.

Avant de partir, avant de dire au revoir aux autres, de dire au revoir à soi même, il y a le gros moment de doute. Le doute de supporter cette solitude, le doute du pendant, de l’après…

Et puis la décision: partir, partir suffisamment longtemps pour être sûr que le changement soit radical. A ce moment là 8 mois me semblait suffisant. Après avoir réunis l’argent nécessaire je m’étais mis une seule condition: passer mon deug. Un deug que j’ai fait par hasard, pour rien, seulement pour prendre le temps d’être capable de partir seul. Le jury m’a aidé, et je suis parti.

J’atterris alors au Pérou, comme ça, par hasard et finalement qu’importe. Je passerai 3 semaines à me poser cette question, pourquoi le Pérou… simplement parce que c’était le premier billet pour l’Amérique du Sud? peut être… mais pendant 3 semaines, un mois peut être je regrettais cette décision, non pas pour le Pérou mais pour être parti, parti seul.

Je visitais le nord du pays, les montagnes, le Huscaran, si beau, si élégant. Mais rien n’y faisait, j’avais arrêté des études inutiles, abandonné ma copine toxicomane, laisser mes potes et mes fêtes. Pourquoi?

Après 2 mois mon espagnol progresse, je commence à peine à pouvoir communiquer. Des rencontres futiles, d’un ou deux jours m’aident… mais cela reste précaire. Je croise aussi d’autres voyageurs, le jeune dynamique super ambitieux qui visite le Pérou en 15 jours, le baroudeur qui a vu le monde entier et qui s’écoute parler, la femme de 40 ans, célibataire et faussement féministe… etc. On retrouve un bout de soi même dans chacun. Le reflet fait parfois mal, parfois non. Mais il est toujours instructif.

Deux rencontres marqueront mon début de voyage, une qui m’emmènera faire des photos et l’autre qui me montera le chemin, mon chemin.

Je venais de passer la frontière chilienne et je projetais d’aller à Putre et dans le parc Lauca. La veille de prendre le bus je tombais sur un type à l’hôtel qui râlais en français sur la pauvre employée qui n’avait rien fait. A ce moment je pense que c’est encore un de ces français râleur et désagréable qui a tout vu et surtout qui n’arrête pas de dire qu’il y a la même chose chez lui…

Je le retrouve dans le bus le lendemain, et à coté de lui… alors on commence à parler. Il est belge et était architecte mais à 30 ans il a décidé qu’il y avait assez de maison sur la terre et que l’être humain était un sale con. Il passe donc son temps à bosser dans n’importe quoi et à voyager a travers le monde, de préférence où il y a peu d’humanoïde. Il a 45 ans environ. Sa voix est rauque, cela fait 3 mois qu’il voyage et il n’a presque pas parlé… il erre, admire les oiseaux et la nature.

On arrive à Putre et décidons de partager l’hôtel. Il me dit que j’ai l’air d’un sale con avec mes dread locks et mes boucles d’oreilles mais quant fin de compte je ne le suis pas tant que ça, ça me rassure, je lui dit que lui aussi est un nase et que l’employée de service n’avait rien fait. On voyagera 2 semaines, peut être 3, à la découverte de parcs naturels bien caché… en Bolivie et au Chili.

Ce gars m’impressionne, voyager comme lui me fait rêver même si ça haine me semble inutile. Il disait que la seul qualité de l’humain était sa capacité intellectuel mais malheureusement il ne savait pas s’en servir. En suivant cette logique la connaissance serait le fondement d’une éventuelle amélioration…

Je resterai pensif sur cette idée après avoir laissé ce compagnon de route partir à l’Est. Et après 3 autres mois de voyage je me retrouvais au nord du Chili, dans un désert en bord de mer. Je voulais rejoindre Antofagasta pour aller à San Pedro de Atacama, mais je suis descendu du bus avant. Une station essence avec une route qui partait en direction de la mer m’attirait. Je pris donc 7 litres d’eau et je commençais à marcher. Il était temps pour moi d’être vraiment seul et de rencontrer ce que je cherchais.

Le soir de ce même jour j’arrivais enfin au bord de l’océan et rapidement je me suis senti bien, il me fallait donc rationner mon eau pour faire durer le plaisir. Je passe mes journées à l’ombre, immobile à observer les cactus et les oiseaux. Le soir je me fais des bouillons de pâtes, c’est dégueu, mais comme ça je ne gâche pas d’eau. Après 3 jours je sens déjà la déshydratation m’envahir, mais j’arriverai à prolonger ma réflexion pendant 5 jours. Le sixième j’entends à nouveau le son de la voix humaine.

Ma décision est prise, je retournerai chez moi… pour étudier, même si j’ai appris à ce moment qu’apprendre à apprendre cela ne s’apprenait pas à l’école…

06
Fév
08

un voyage devant ma porte

J’ai toujours cru que pour voyager il n’était pas nécessaire de partir bien loin. Bien souvent il est possible d’ouvrir la porte de son « chez soi » et commencer un voyage tout aussi excitant qu’à l’autre bout du monde. Bien sûr vous n’aurez pas de problème de langue, pas de problème de choc culturel, simplement une aventure qui débute sur votre palier…

On a 18 ans, peut être 19 ans, on est plein d’énergie et d’envie. Je suis avec mon pote Ju, c’est mon compagnon de cordée, un peu comme mon frère… Et on se prépare pour nos sessions de snowboard extrême. Bien sûr vivre dans les alpes nous facilite la tache…

Alors un samedi de septembre, on décide d’aller au sommet de l’Europe voir si on y est, au niveau montagne le Mont Blanc n’a pas grand chose d’attirant, mais pour le physique il est tip top. On emboutit donc toutes nos affaires dans la voiture et on file à St Gervais pour prendre le train et commencer notre marche. On a prévu de faire la montée en une fois, on transporte juste une tente pour laisser nos affaires au dessus du dernier refuge (le Goûter) et continuer la montée de nuit, pour arriver au sommet sur le coup des 5 ou 6 heures du matin .

En théorie c’est largement faisable….

Le premier problème surgit sur la route, on a 30 minute de voiture pour arriver sur place qui se transforme en une bonne heure pour cause de crevaison sur l’autoroute. le pneu éclate littéralement et la jante finit en bouillie. On arrive donc limite à attraper le dernier train. Et dans notre précipitation on oublie la moitié de notre réserve d’eau. Après quelques heures de marche on se rend compte de notre oubli. On rationne. On fait bouillir de la neige pendant nos pauses. Ça se passe.

On traverse le fameux couloir « de la mort » où les pierres tombent comme de la pluie (à cause du dégel, on s’amuse sur les rochers, on admire le magnifique couché du soleil sur la vallée et sur nos alpes chérie. On sent se lever le petit vent qui rafraîchit l’air. On passe le refuge du Goûter, content de voir le dernier lien avec le bas. On est libre et heureux!

Pourtant le manque d’eau et la montée un peu rapide (en une journée) de 400m à 4000m a rendu pale mon pote Ju. Rien de bien grave à priori, et on monte la tente sans trop se poser de question. On se prépare notre petit repas à la lueur de la frontale, buvons un petit thé…

Et là c’est la catastrophe. Le vomi crépit la tente. Mon pote entre en pleine crise de délire. C’est pas très beau à voir. Le mal des montagne a fait son effet. On se calme, rien de grave, simplement on abandonne le sommet. Il est minuit, on est au milieu de nulle part et il fait moins 20. Impossible de redescendre avant le lever du jour, la montée était possible car il nous reste que de la marche sur glace, rien de bien dangereux, on a passé les endroits compliqué de jour.

Il faut donc prévoir la nuit…. mais le détail est que nous n’avons pas de sac de couchage, on ne devait pas dormir. On rigole 5 minute, on nettoie le vomi, … mais le froid commence sérieusement à se faire sentir. On installe alors notre corde pour s’isoler du sol, c’est pas très confort, mais c’est presque efficace. Ensuite on retire nos chaussures et mettons nos pied dans nos gants, et dans nos sacs. Rapidement on glisse nos mains sous nos aisselles et on se serre. Difficile de dormir, le petit vent du soir souffle fort, la tente bouge bien, malgré le mur de neige que nous avons construit.

On restera réveillé toute la nuit, allumant le réchaud chaque demi heure, 5 minutes, pas plus car au moment où la température monte on sent notre corps s’endormir… et avec le réchaud allumé ça pue la catastrophe.

Le jour se lève enfin, je n’ai jamais attendu le lever du jour avec autant d’impatience, la vue est absolument magnifique, la tente a été recouverte par la neige soufflée, mais on a pas vraiment le goût ni l’envie d’admirer. On entame alors notre longue marche de retour qui se passe sans encombre, on arrive épuisé, complètement vidé.

Le lundi: « t’as fait quoi ce week end? …. non rien, j’ai ouvert une porte. »

26
Nov
07

Le Pérou en cartes postales

J’ai vingt ans, mon espagnol est pitoyable, je ne sais ni quoi faire ni où aller. Mais je suis là, à Lima avec une putain d’envie de bouffer la vie avec toutes les dents. Après 3 jours à traîner dans des bars et boite-de-nuits, je prends un bus pour le Nord. Je ne sais pas pourquoi je pars dans le Nord, ni même pourquoi je suis au Pérou et pas ailleurs.
Quelques semaines passent, rien de très excitant ne m’arrive, même si je découvre des montagnes qui m’appellent. Le Huascaran m’a longtemps tenté… il restera sur une photo.

Plus tard, une de mes rencontres me pousse à m’installer dans un petit village de pêcheur. Je feins alors d’attendre que l’eau se réchauffe pour pouvoir me mettre à l’eau et surfer les vagues où les pêcheurs travaillent. Le temps passe, je bossouille, bricole des trucs, fait les marchés. C’est dans ce contexte que je rencontre celui qui va transformer mon voyage.

Lui est photographe, venezuelien sauf erreur, travaille au Pérou depuis une dizaine d’années. On blablate beaucoup les deux, objectif, profondeur… à l’époque la photo me fascine. Un rêve de gosse, comme celui d’être boulanger, mais là on m’offre, sur un plateau d’argent, une possibilité d’essayer. On se donne rendez-vous deux mois plus tard à Lima.
Je mets les bouts, trace ma route.
Deux mois de voyage à travers le Pérou, ma motivation est la photo. Des gens, des lieux, des instants, tout ce qui passe sous mon objectif reste dans la boite.
Je suis de retour à Lima mais cette fois je sais tout ce que je veux savoir, pas de doutes et plein de motivation. Je commence alors de longues journées de travail avec mon ami photographe. Sélection des photos, scan, montage informatique, impression, découpage… Après environ 2 semaines je me retrouve avec 10 mille cartes postales. 10 photos, 1000 exemplaires. Ben bien! Content l’ami ? mouaif.
Le résultat ne me plaît pas trop, les choix ne me semblent pas toujours être les bons, l’impression est d’une qualité plus que médiocre… mais bon ce sont mes photos, et je dois les vendre. Un gros acheteur à la poste locale nous débarrassera des trois quarts, le reste sera vite écoulé dans les boutiques pour touristes de Lima.

Après un mois à Lima je n’ai plus qu’un rêve… partir, aller voir plus loin, la ville m’a blasé, j’en ai marre, je rêve de nature, d’oiseau et d’aventure.

16
Nov
07

Les trains du Mali (3 et fin)

Cet épisode est la suite (et fin) du second épisode.

Voir carte


Nous partons plus tôt que la première fois et plus motivés que jamais. Le chemin entre le camps de base et le pied de la falaise se fait d’un pas rapide et sûr. Nous arrivons donc au pied de notre déesse très vite. Il fait encore nuit lorsque nous commençons à grimper.

Cette fois les pas les pas s’enchaînent sans encombre. On survole cette magnifique roche en oubliant presque que nous sommes au milieu du désert. Sentir cette symbiose avec la falaise est un plaisir énorme, la température est idéal et on arrive au sommet en moins de 4 heures.

le sommet est un petit plateau de quinze mètres sur quinze avec trois cents mètres de vide tout autour. Le désert s’étend jusqu’à l’horizon. La vue est grandiose, envoûtante, on restera de longs moments muets, couché sur la pierre, regardant le vide, savourant le désert. On profite de ces moments de vie inoubliable où plus rien n’existe. Pachamama est la plus grande, la plus belle, la plus forte…

C’est sans un mot mais avec le sourire jusqu’aux oreilles que nous quittons notre El Dorado du jour. La descente est bien plus rapide que la veille, cependant un piton mal accroché nous fait blêmir. Lors d’un rappel où un mouvement de balancier était nécessaire il s’est mis à bouger prédisant le pire… une grosse frayeur mais ce n’est pas notre jour.

Nous déposons les deux pieds sur la terre ferme fatigués mais heureux … Les trains sont déjà loin.

La même histoire en un seul épisode.

12
Nov
07

Les Trains du Mali (2)

Ceci est la suite du premier épisode

Au petit matin nous partons d’un pas décidé cherchant notre chemin à la frontale. Un peu plus d’une heure nous est nécessaire pour arriver au pied de la falaise, le jour commence à se lever et nous sommes tout excité, pourtant je me sens moyen. J’ai le bide en vrac avec un arrière goût du lait de la vache peule qui nous a accompagné cette dernière nuit.
Je ne dis rien, espérant que ça me passera. Mon pote part en tête, on commence lentement à enchaîner les longueurs. Tous les 40 mètres, on bidouille un relais, on discute quelques minutes et on admire le désert. Mais, malgré les encouragements de Nico je traîne, je suis incroyablement lent pour aligner les pas, lent pour faire les manips’ techniques et le soleil monte.
A 10h on n’a pas grimpé plus de 150 mètres, la moitié. La chaleur devient insupportable, définitivement je me sens mal. D’un coup c’est le malaise, je glisse, tout doucement mais sûrement et je reste pendu à ma corde, regardant le sol une centaine de mètre plus bas. J’entends Nico gueuler, mais je suis cuit, le soleil est trop fort: je vomis.
Après quelques minutes, qui me paraissent des heures, j’arrive à rejoindre Nico au relais. Il est presque 11 heures, il nous faut rebrousser chemin. Dépité on commence la descente. C’est long, très long, Nico se charge de presque tout, moi je suis un sac. Je traîne, j’ai de la fièvre. On pendra bien 3 heures pour arriver au camp. Et là direct je me couche, et je dors. Une longue nuit m’attend. La fièvre est montée et je délire, je me réveille mille fois en hurlant. Une grande première pour moi, des lumières partout et des trains qui passent tout près.
Je me souviens encore d’un, juste là, à coté de nous, qui traverse le désert …
La nuit passe et le lendemain je me sens mieux. Le train est parti aussi vite qu’il est venu, mais une journée de repos me requinque vraiment. La nuit suivante je dors comme ours et cette fois je me lève à 3 heures du matin comme un chat. On est prêt et motivé plus que jamais pour retenter notre ascension.

10
Nov
07

Les trains du Mali (1)

J’ai souvent comparé les préparations de voyage avec les préparations de course de montagne. Comme le disait Lachenal, premier homme au sommet d’un 8000, il faut mentaliser la course. Lui, il aimait mettre une photo de la face qu’il allait escalader, rêvant du chemin à parcourir pour atteindre le sommet. Je n’ai jamais été bien capable de mentaliser le chemin que j’aillais parcourir en m’essayant aux sommets alpins, mais ça m’a toujours fait rêver de le faire.

La préparation d’un voyage ressemble à mes préparation de course, je n’ai jamais réussis à mentaliser où je voulais aller, ni où j’irai. Mélanger les deux, alpinisme ou plutôt grimpe avec le voyage devenait réellement compliqué. Non seulement il fallait mentaliser le voyage mais en plus la falaise.
Avec un ami grimpeur nous décidons qu’on partirait au Mali escalader la main de Fatma. Un guide français avait soi disant équipé quelques voies et quelqu’un sur place essayait de développer cette activité. Alors on a mentalisé.
C’était la première fois que je partais en Afrique, la première fois aussi que je partais grimper ailleurs que dans mes alpes, autant dire que je n’avais aucune idée de la falaise qui nous attendait… en plein désert, j’imaginais ça chaud, et c’est bien tout. Mon pote connaissait le Mali, et on ne grimpait pas trop mal, alors j’étais confiant. Ça ne pouvait être que bien.
Nous avons donc pris l’avion, destination Bamako où bien logiquement les douaniers nous taquinent, les baudriers, cordes, coinceurs et dégaines ne sont pas monnaie courante, alors on a droit au milles questions…
On continue notre route, direction Hombori une petite bourgade en plein désert située au pied du Mont Hombori, le point culminant du Mali. On s’installe dans ce village pour quelques jours, le temps de rencontrer le guide local et de préparer notre escalade. Le temps aussi de visiter les alentours et d’aller escalader les bouts de bloc qui trainent par-ci par là.

On apprend très vite qu’à partir de 10 heures du matin il est totalement inutile de grimper. La chaleur est beaucoup trop forte pour faire le moindre effort. Cela nous préoccupe un peu, on projette de grimper 300 mètres de falaise et être au sommet avant 10 heures signifie partir de nuit. Enfin, on est là et gonflé à bloc, on a visualisé le sommet,… pas le parcourt mais le sommet.
Lorsque tout est prêt on part s’installer au camp de base, à une heure de marche du pied de la falaise. La soirée est magnifique, on distingue les cinq pics de la main de Fatma sous la lueur de la lune. Pourtant on a du mal à profiter, malgré un vent doux venant du désert on est nerveux, le grand jour c’est demain!

La suite




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