Archive for the 'Amérique du sud' Category

28
Jan
09

Cabo Polonio

Incrustré au milieu des dunes et rochers, sans énergie électrique et isolé du monde par l’absence de routes, vous n’arrivez à Cabo Polonio qu’en des camions spécialement adaptés et résistants au sable. 

Camion adapté au sable

Camion adapté au sable

Après 15 minutes dans la benne d’un de ces camions, vous voyez une jolie plage, large, qui devient autoroute vers le village hippie à Cabo. Sur le chemin, quelques chiots d’otaries perdus et malheureusement morts.

Première vue de Cabo sur les dunes

Première vue de Cabo sur les dunes

L'autoroute de sable

L'autoroute de sable

Encore plus 15 minutes d’autoroute et vous arrivez au centre « urbain » de Cabo. Vous descendez et avez toute la journée pour vous-même, soit pour parcourir les dunes des alentours, pour vous baigner dans la mer ou pour vous assoir sur une sombre et essayer de boire une bière fraîche. N’oubliez pas qu’il n’y a pas d’énergie électrique sur Cabo, alors que des frigos à glace pour gêler les boissons. 

Le village

Le village

Faisant le tour du Cabo, juste au pied du phare, sur les rochers, il y a une réserve ambientale d’otaries, qui ont réussi vivre en parfaite harmonie avec les êtres humans qui y habitent.

Les rochers au pied du phare

Les rochers au pied du phare

Des centaines d’elles s’éparpillent sur les pierres escarpées. Les unes dorment, les autres bâillent…

Une mer d'otaries

Une mer d'otaries

Vous faites attention et vous vous rendez compte qu’elles ne sont pas très différentes de nous. Tous les sept péchés capitaux y trouvent une démonstration: la paresse, l’orgueil, la gourmandise, la luxure, l’avarice, la colère et l’envie. Il ne leur en manque aucun. 

La paresse

La paresse

D’autre coté de Cabo, vers, disons, le continent, vous trouvez les dunes, qui font face à la mer. L’eau est froide et les vagues, très fortes. Parfait pour y passer des heures en vous bronzant.

Les dunes

Les dunes

 

 

 

L’histoire de comment et quand j’ai écouté parler de Cabo par la première fois c’est intéressante. J’étais à Gibraltar, un pub au milieu de San Telmo, à Buenos Aires, et j’ai fait connaissance d’une hollandaise fille de diplomatiques qui avait déjà vécu partout dans le monde: Thaïland, Japon, Chine, Afrique du Sud, Gambia, Nouvelle Zélande. On a parlé longtemps sur des voyages. Du coup, je lui ai posé une question: quel est le lieu qui t’a plus plû dans tous tes voyages? Elle m’a répondu immédiatement, sans avoir même hésité: Cabo Polonio, en Uruguay. Et elle a encore ajouté: faut que t’y ailles. 

Cette conversation est restée plus de deux ans dans ma tête. Quand, j’ai décidé que j’allais en Uruguay pour les vacances, je n’ai pas pu ne pas inclure Cabo Polonio dans le projet !

Je vous laisse là quelques deux liens utiles pour ceux qui se sont intéressés à Cabo:

Page de Wikipédia en espagnol sur Cabo Polonio

Portal del Cabo

 

19
Déc
08

L’avant voyage

Il y a un genre de sentiment qui m’a toujours touché: la sensation que j’ai avant de partir en voyage. Je soupçonne que je ne suis pas le seul à la subir. C’est comme si j’avais le coeur pressé avant un rendez-vous avec une fille que j’aime mais avec qui je ne suis jamais sorti, c’est un mélange de peur, crainte, anxiété et plaisir pour savoir que le monde sera mon foyer pendant les prochains jours.  

Ce transport, allié à celui d’être à l’étranger et de ne pas se sentir attaché à quoi que ce soit, c’est ce qui me fait aimer les voyages. C’est la liberté de l’instant, le savoir vivre sans préjugés et ouvert au monde et à ce qu’il peut nous apporter…

Moi, je suis dans cet état d’esprit les derniers jours. Mon voyage road trip par l’Uruguay va commencer demain matin, vers 4h. Je partirai en voiture vers le voisin brésilien, en parcourant les profondeurs du pays. 

 

Uruguay road trip

Uruguay road trip

 

Chaque fois que je suis au point et prêt à voyager, je sens ça. Et c’est toujours la même chose. La crainte et la peur me font penser que peut-être je ne devrais pas partir. Par des moments, j’y réfléchis. Mais ça ne dure qu’une minute. La soif de voyage me donne encore plus envie de partir et heureusement, messieurs, je finis par le faire. Avez-vous déjà senti ça? Partagez-vous ce sentiment avec moi?

Au retour, je vous écrirai des billets sur les aventures uruguayennes. 

Je vous souhaite donc un joyeux Noël, joyeux Nouvel An et un bon fin d’année à tous. Nous nous verrons en 2009 pleins d’histoires de voyageurs à raconter.

 

 

05
Déc
08

Portraits sur Amazone – 5

Yurimaguas

Yurimaguas, nous la nommerons ici la porte des Andes; De là part la route qui monte à Tarapoto d’où l’on aperçoit enfin les Andes. Yurimaguas c’est aussi une ville qui possède une cathédrale, laide, bleue, mais construite par Gustave Eiffel. C’est aussi à Yurimaguas que nous rencontrerons Nilo celui qui deviendra notre guide de la jungle.

Nous partons, notre direction l’improbable village de Parinari. Pour accéder à notre bateau, nous sautons de bateau en bateau. Fini la croisière sur les grands et “puissants” bateaux qui remontent le fleuve. Ici une longue barque étroite, couverte d’un toit de bois et de tôles ondulées,  un petit moteur et tout au bout, des latrines en suspension au dessus du fleuve, un simple trou comme chasse d’eau. Nous venons de nous installer quand ces deux enfants commencent à scruter le fleuve dans l’attente du départ.  Sortir l’appareil, les immortaliser, tel un réflexe.

Le moteur démarre. Nous voilà, flottant à hauteur de l’eau, dans le bruits de tondeuse du moteur, direction la jungle et de nombreux moments émouvants, déroutants et même douloureux.

vers Yurimaguas

19
Nov
08

Portraits sur Amazone – 4

Parinari

Nous sommes à Parinari, petit village de la jungle. Aujourd’hui nous sommes invités à visiter l’école publique du village. C’est un jour spécial, un jour de fête chaque enfant est venu avec une petite pirogue, œuvre d’un de leurs parents. Même au cœur de la jungle à 3 heures de marche du bateau le plus proche pour retourner à la ville Yurimaguas , les enfants ont leur uniforme, comme dans toute l’Amérique latine.

Parinari

libellule de Parinari

18
Nov
08

Portraits sur Amazone – 3

Sur l'amazone vers Tabatinga

Les mains accrochées au bastingage, les yeux perdus sur l’immensité du fleuve. Dans le regard de cette toute jeune enfant,  j’ai l’impression de croiser le regard ancestral du premier homme ou de la première femme qui a vu le fleuve. Nous sommes à quatre jours de bateau de Manaus, ici le fleuve est une gigantesque mer intérieur. Quand un affluent, du cœur de la forêt vierge s’y jette, pendant de longs kilomètres une ligne noire et dense refuse de se mélanger à l’eau saumâtre du fleuve.

Trois jours plus tôt :

Sur l'amazone vers Tabatinga

17
Nov
08

Portraits sur Amazone – 2

Vers Yurimaguas

Nous sommes sur le dernier bateau, entre Iquitos et Yurimaguas. La nuit précédente, je me suis fait subtilisé mes bons godillots de marche qui pourtant avait déjà souffert pendant plus d’un an sur diverses terres fascinantes. Un incident de voyage sans grande importance, mais toujours désagréable et surtout aux conséquences insoupçonnées (une grosse dizaine d’ampoules aux pieds après une marche en botte dans la jungle, mais nous y reviendrons).

Le nuit tombera dans quelques minutes avec cet empressement déroutant des crépuscules équatoriaux. La jeune fille est sur le pont inférieur, je suis sur le pont supérieur. A la main elle tient une tortue aux pates entravées qui terminera le lendemain ou le jour suivant au fond d’une marmite. Les heures sont longues sur le bateau, elle joue donc avec son futur repas pour accélérer le temps.

14
Nov
08

Portraits sur Amazone

La grosse fatigue se combinant maintenant avec des insomnies, j’ai décidé de me faire voyager un peu la tête et de vous emmener avec moi le long du plus grand fleuve du monde, verticale aorte de l’Amérique du sud, la stupéfiante Amazone.

J’ai découvert le fleuve le 17 août 2004 à Manaus et je l’ai quitté à Yurimaguas le 19 septembre de cette même année, malade comme un chien, mais triste de quitter cette fascination après un long mois de contemplation.

Pendant ce voyage au royaume des eaux et des arbres, le temps s’est déroulé au rythme des astres, de la chaleurs, des bateaux,  de la nature.

En tout nous naviguerons 11 nuits sur 3 bateaux. Nous traverserons ou croiserons 3 pays et 2 langues officielles.

Dans cette tranquillité féroce de la jungle, je me suis laissé prendre au jeux des portraits. Ce sont ces portraits que je vais partager avec vous dans les jours qui viennent. Ainsi je m’échapperai un peu de la canicule de Buenos Aires et le chaos de ma fatigue en vous entrainant sur les routes de ces beaux visages qui m’ont tant marqué pendant cette rencontre avec le Fleuve.

Sur l'Amazone - de Santa Rosa à Iquitos - Pérou

Nous sommes entre Santa Rosa et Iquitos. Dans la matinée du jour suivant nous arriverons à Iquitos, la plus grande ville au monde sans route, seuls le fleuve et l’avion permettent d’y accéder. Dés le premier jour de bateau la petite fille nous a  demandé notre bouteille de 5l d’eau. L’ayant terminés nous lui offrons. Ce qu’elle en fera nous l’ignorons un récipient pour de l’eau ou de l’huile ou même de l’essence difficile à dire, quoi qu’il en soit cette bouteille est pour elle un trésor précieux. Derrière elle se cache son petit frère, mais nous le retrouverons sur d’autres photos.

18
Sep
08

Destination: Salvador

Pendant ce sejour à Pirajá, la bande (la française Chloë, le brésilien Leo, l’anglais Alex et moi) a fait des tours touristiques par Salvador, Ilha de Itaparica e Morro de São Paulo (ces deux dernières destinations seront les sujets des deux prochains billets).

À Salvador, on a parcouru toute la ville, car on avait le natif mâlin Leo, qui tout connaissait. Les voici quelques photos de Salvador de Bahia.

 

Mercado Modelo (Marché Modèle)

Mercado Modelo (Marché Modèle)

 

L'intérieur du Mercado Modelo

L'intérieur du Mercado Modelo

 

Elevador Lacerda (Ascenseur Lacerda)

Elevador Lacerda (Ascenseur Lacerda)

 

Devant l'Elevador Lacerda

Devant l'Elevador Lacerda

 

Clairvoyante

Clairvoyante

 

Pelourinho

Pelourinho

 

Cidade Baixa (Ville d'en bas)

Cidade Baixa (Ville d'en bas)

16
Sep
08

Destination: Pirajá?

Vers fin août 2005, mon ami Leo (celui qui est parti à Amsterdam avec moi) m’a appelé de Barcelona (il y habite) et m’a invité de partir à Pirajá, banlieue de Salvador de Bahia, avec lui, son épouse et un ami Anglais à eux, pour tourner un documentaire sur sa propre vie (mec de famille pauvre, part en Europe sans presque rien avec le but de trouver un moyen d’entretenir économiquement sa famille à Pirajá). Hébergement et vols allée-retour tout payé. Je lui ai demandé deux jours pour lui donner ma réponse. Il me fallait savoir si c’était possible concilier un voyage de deux mois avec la fin du semestre à la fac et une absence si prolongée au boulot.

J’ai parlé à tous mes profs, qui m’ont dit que je pourrais partir sans souci. C’est certain que je leur ai pas dit que j’allais partir à Bahia pour faire un documentaire, mais à cause d’une offre de travail irrécusable. Quel mensonge ! Hahahaha ! Mais qu’est-ce qu’on ne fait pas pour l’art ?

À toute vitesse, car le départ était dans un mois et demi, j’ai fait en avance tous mes travaux de fac et j’ai dépanné une correctrice substitute pour me remplacer au boulot. Au même temps, car cela était un de mes devoirs dans le documentaire, j’ai budgété tout le film, y compris les vols de nous quatre, nos hébergements, équipements cinématographiques et d’autres petites choses qu’il faut préparer pour un événement comme celui-là.

Vers 15 octobre, me voilà prenant un vol pour Rio pour y retrouver Alex (l’Anglais) et repartir les deux ensembles vers Salvador. Notre destination : Pirajá ?

N’en avez vous pourtant jamais entendu parlé ? Pirajá c’est un quartier-bidonville incrusté dans Salvador, capitale de Bahia. Mais quand tu dis bidonville, veux-tu dire quoi exactement ? Je veux dire justement « bidonville » au vrai sens brésilien du mot, quoi.

Je vous laisse donc avec quelques photos de ce deux mois-là de voyage-tournage.

 

Pirajá - vue de chez Leo

Pirajá - vue de chez Leo

 

gamin à Pirajá

gamin à Pirajá

 

Cité des gamins

Cité des gamins

 

Avec les gamins

Avec les gamins

 

Jardin

Jardin

 

21
Août
08

Chemin d’Itupava

Ça commence avec un désir de faire une agréable randonnée au milieu de la forêt atlantique. Un trajet, appelé Caminho do Itupava, de 40km qui traverse la Serra do Mar (Sierra de la Mer) par de voies de tropeiros (des voyageurs typiques du Brésil colonial, qui ouvraient les routes internes du pays de leurs propres mains sur des ânes) et finit au début d’un des bras de la Baie de Paranaguá, à Porto de Cima, près de Morretes.

Le trajet, on l’avait déjà fait plusieurs fois avec d’autres amis. Soit la descente, soit la montée. Pas de problème non plus pour les 8 heures en moyenne de durée. On s’y faisait déjà.

Mais Bruno, plein d’idées révolutionnaires (voir Petite virée en stop), suggère de faire une randonnée nocturne. Comme ça on pourrait camper au milieu du parcours, dans une petite chapelle, bas un ciel complètement étoilé, faire du feu et causer avec des marshmallows.

par Adilson Gomes

Chapelle (par Adílson Gomes)

Bruno et moi, on arrive à Quatro Barras, point de départ, vers 17h (le coucher du soleil était vers 18h-18h30.) Sacs à dos en main, on prend le chemin. Ravis, on commence à marcher tous enthousiasmés. La perspective c’était de 40km de diversion, drôleries et bavardage.

Quand le soleil se couche, on prend nos lanternes pour illuminer les pas d’en avant. On marche 30 minutes, 1 heure. Sans aucun souci, on arrive à l’ancienne maison que Dom Pedro I a utilisé pendant son bref séjour au département.

par Alessandro Dias

Maison de l'Ipiranga (par Alessandro Dias)

Jusque là, le chemin c’est très évident. À partir de là, d’autre part, il faut prendre certaines voies pour arriver à la chapelle.

On prend une voie et on suit. Peu à peu on commence à douter qu’elle soit la bonne. Quoi faire ? On ne savait pas si c’étaient nous qui ne reconnaissions le chemin à cause des ténèbres ou si l’on avait vraiment pris la mauvaise voie.

On hésite.

On décide de continuer un tout petit peu et chercher de trouver des indices de que l’on était sur la bonne direction (la vérité c’est que l’on souhaitait savoir que l’on n’avait pas tort).

L’univers n’a pourtant pas conspiré pour nous. On marche encore 30 minutes et on n’arrive pas à aucune conclusion. Bonne ou mauvaise voie ? Pas d’idée.

On reprend le chemin vers l’opposée pour retrouver l’ancienne maison, notre point de référence, et de là fouiller les alentours jusqu’à trouver la bonne voie. Mais on se perd à nouveau et on n’arrive même pas à retourner à la maison.

On panique.

On commence aussi à marcher en circules. Il arrive un bon moment où on ne sait plus où on est, où est le nord, le sud ou quoi que ce soit.  Pour empirer, une grosse bruine tombe sur nous, chose attendue à cette époque à la forêt atlantique, mais inespérée pour nous. On ne croyait pas à nos yeux.

On fait une petite pause pour manger. Qui sait les biscuits que l’on avait apportés avec nous ne nous calmeraient pas et nous feraient raisonner avec plus de clarté ?

Tout au contraire. C’est quand on arrête et voit en quelle situation on est que le désespoir nous abat. L’idée de continuer à chercher la bonne voie est abandonnée. La priorité était alors réussir à retrouver la maison et rentrer chez nous s’il nous restait encore d’énergie.

Après trois heures perdus, déjà au bout de nos forces, on retrouve l’ancienne maison. Notre joie est inexplicable. Une autre pause est nécessaire. On finit tous les biscuits que l’on avait encore. La bruine n’a qu’augmenter. On ne pouvait voir que deux mètres devant.

Une demi-heure de repos, on décide de continuer. Il faudrait dormir chez nous pour compenser le tracas que l’on a eu. Quoique désister n’est pas une chose que j’aime faire, parfois il faut savoir reconnaître l’échec. Il y a des trucs que l’on ne peut pas faire sans une boussole !


P.S.: si vous cliquez sur le lien de la carte et, chez Google Maps, appuyez sur Photos, vous aurez beaucoup d’images concernant le Chemin d’Itupava.




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