Archive for the 'Aventure' Category

28
Jan
09

Cabo Polonio

Incrustré au milieu des dunes et rochers, sans énergie électrique et isolé du monde par l’absence de routes, vous n’arrivez à Cabo Polonio qu’en des camions spécialement adaptés et résistants au sable. 

Camion adapté au sable

Camion adapté au sable

Après 15 minutes dans la benne d’un de ces camions, vous voyez une jolie plage, large, qui devient autoroute vers le village hippie à Cabo. Sur le chemin, quelques chiots d’otaries perdus et malheureusement morts.

Première vue de Cabo sur les dunes

Première vue de Cabo sur les dunes

L'autoroute de sable

L'autoroute de sable

Encore plus 15 minutes d’autoroute et vous arrivez au centre « urbain » de Cabo. Vous descendez et avez toute la journée pour vous-même, soit pour parcourir les dunes des alentours, pour vous baigner dans la mer ou pour vous assoir sur une sombre et essayer de boire une bière fraîche. N’oubliez pas qu’il n’y a pas d’énergie électrique sur Cabo, alors que des frigos à glace pour gêler les boissons. 

Le village

Le village

Faisant le tour du Cabo, juste au pied du phare, sur les rochers, il y a une réserve ambientale d’otaries, qui ont réussi vivre en parfaite harmonie avec les êtres humans qui y habitent.

Les rochers au pied du phare

Les rochers au pied du phare

Des centaines d’elles s’éparpillent sur les pierres escarpées. Les unes dorment, les autres bâillent…

Une mer d'otaries

Une mer d'otaries

Vous faites attention et vous vous rendez compte qu’elles ne sont pas très différentes de nous. Tous les sept péchés capitaux y trouvent une démonstration: la paresse, l’orgueil, la gourmandise, la luxure, l’avarice, la colère et l’envie. Il ne leur en manque aucun. 

La paresse

La paresse

D’autre coté de Cabo, vers, disons, le continent, vous trouvez les dunes, qui font face à la mer. L’eau est froide et les vagues, très fortes. Parfait pour y passer des heures en vous bronzant.

Les dunes

Les dunes

 

 

 

L’histoire de comment et quand j’ai écouté parler de Cabo par la première fois c’est intéressante. J’étais à Gibraltar, un pub au milieu de San Telmo, à Buenos Aires, et j’ai fait connaissance d’une hollandaise fille de diplomatiques qui avait déjà vécu partout dans le monde: Thaïland, Japon, Chine, Afrique du Sud, Gambia, Nouvelle Zélande. On a parlé longtemps sur des voyages. Du coup, je lui ai posé une question: quel est le lieu qui t’a plus plû dans tous tes voyages? Elle m’a répondu immédiatement, sans avoir même hésité: Cabo Polonio, en Uruguay. Et elle a encore ajouté: faut que t’y ailles. 

Cette conversation est restée plus de deux ans dans ma tête. Quand, j’ai décidé que j’allais en Uruguay pour les vacances, je n’ai pas pu ne pas inclure Cabo Polonio dans le projet !

Je vous laisse là quelques deux liens utiles pour ceux qui se sont intéressés à Cabo:

Page de Wikipédia en espagnol sur Cabo Polonio

Portal del Cabo

 

19
Déc
08

L’avant voyage

Il y a un genre de sentiment qui m’a toujours touché: la sensation que j’ai avant de partir en voyage. Je soupçonne que je ne suis pas le seul à la subir. C’est comme si j’avais le coeur pressé avant un rendez-vous avec une fille que j’aime mais avec qui je ne suis jamais sorti, c’est un mélange de peur, crainte, anxiété et plaisir pour savoir que le monde sera mon foyer pendant les prochains jours.  

Ce transport, allié à celui d’être à l’étranger et de ne pas se sentir attaché à quoi que ce soit, c’est ce qui me fait aimer les voyages. C’est la liberté de l’instant, le savoir vivre sans préjugés et ouvert au monde et à ce qu’il peut nous apporter…

Moi, je suis dans cet état d’esprit les derniers jours. Mon voyage road trip par l’Uruguay va commencer demain matin, vers 4h. Je partirai en voiture vers le voisin brésilien, en parcourant les profondeurs du pays. 

 

Uruguay road trip

Uruguay road trip

 

Chaque fois que je suis au point et prêt à voyager, je sens ça. Et c’est toujours la même chose. La crainte et la peur me font penser que peut-être je ne devrais pas partir. Par des moments, j’y réfléchis. Mais ça ne dure qu’une minute. La soif de voyage me donne encore plus envie de partir et heureusement, messieurs, je finis par le faire. Avez-vous déjà senti ça? Partagez-vous ce sentiment avec moi?

Au retour, je vous écrirai des billets sur les aventures uruguayennes. 

Je vous souhaite donc un joyeux Noël, joyeux Nouvel An et un bon fin d’année à tous. Nous nous verrons en 2009 pleins d’histoires de voyageurs à raconter.

 

 

17
Nov
08

Portraits sur Amazone – 2

Vers Yurimaguas

Nous sommes sur le dernier bateau, entre Iquitos et Yurimaguas. La nuit précédente, je me suis fait subtilisé mes bons godillots de marche qui pourtant avait déjà souffert pendant plus d’un an sur diverses terres fascinantes. Un incident de voyage sans grande importance, mais toujours désagréable et surtout aux conséquences insoupçonnées (une grosse dizaine d’ampoules aux pieds après une marche en botte dans la jungle, mais nous y reviendrons).

Le nuit tombera dans quelques minutes avec cet empressement déroutant des crépuscules équatoriaux. La jeune fille est sur le pont inférieur, je suis sur le pont supérieur. A la main elle tient une tortue aux pates entravées qui terminera le lendemain ou le jour suivant au fond d’une marmite. Les heures sont longues sur le bateau, elle joue donc avec son futur repas pour accélérer le temps.

10
Nov
08

Un homme pressé

Je le disais un jour ici même: « Il y a mille manières de partir, mille manières de voyager, il n’existe pas une fois ou cela se ressemble, pas une fois où on partira sans rien trouver »
Ce jours là je me voulais philosophe de bistro, pourtant ce voyage à l’époque avait vraiment changé la donne et m’avait poussé vers l’université… tellement fort que 7 ans après j’y suis encore. Et étrangement cette phrase m’est revenue à la mémoire lors de mon dernier « voyage ».
C’est mardi, après avoir donné mon cours je n’ai pas le temps de parler avec personne, je file, oui ma carrière est en jeu, direction l’aéroport. Le taxi fait crisser les pneus sur le bitume bogotien, son klaxon s’use pour gagner quelques minutes. J’arrive tout droit sur le guichet d’Air France, sans faire la queue bien sûr, je n’ai pas le temps… 3 ou 4 miss se charge de moi, tamponne, appelle et rectifie, et me guide jusqu’au VIP. Juste le temps de boire un verre et on m’envoie dans l’avion.
Champagne, foie gras, camembert, vin rouge… petit film et ronflette. Je ne sens pas passer le vol, j’ai dormi comme un bébé, à peine le temps de lire un document de travail. On commence notre descente sur Paris. Je récupère ma veste et mes costards, je saute dans le premier bus, change de terminal, passe toute la queue de la douane avec une hôtesse, et je remonte dans l’avion. Oui oui j’ai mis un pied en sol français, et je suis bien content d’avoir mangé mon fromage et bu un pastis. Mais je n’ai pas le temps, je file, ma carrière est en jeu.
L’avion suivant est plus petit moins long et très vite j’arrive à l’aéroport nord de Moscou. Passeport, douane, bienvenue, un chauffeur m’attend, on file… et on arrive à l’hôtel, ma chambre est au 14e et une collection de document m’attend, je rencontre le coordinateur qui m’explique comment doit se dérouler l’événement, les transports, les restaurants… tout est bien calculé. Je dors 4 heures et c’est parti. Le bus nous emmène à la salle de conférence.
On se présente, discute, le protocole n’est pas encore vraiment là, pour l’instant on est juste une série de fonctionnaires et d’experts, alors on s’échange nos cartes, nos idées…
Qui veut entrer dans la toile de mon réseau?
La journée finie, on visite un musée au pas de course (le sexe de Raspoutine dans le formol est très beau, oui bien sûr), on mange vite, il faut rentrer à l’hôtel préparer la journée de demain. 3 heures de sommeil, et on recommence. Je ne sais pas vraiment quel jour il est mais qu’importe, il faut être là, le protocole est de rigueur, les jeux politicodiplomatiques commencent… pas pour moi, je suis juste là pour présenter, dénoncer, proposer… et Je peux toujours m’ramener ma science.
Militant quotidien
La journée passe, le soir le musée est annulé, pas le temps, il faut discuter… le restaurant doit être russe, on mange du caviar …. On dort peu, et le lendemain on recommence. La seule différence est que cette fois on fini à 4 heures de l’après midi, et que tout le monde pars en courant. Cette fois j’aurais le temps d’aller voir le Kremlin, la place rouge, d’aller boire une vodka avec mes « compagnons de route » dans le centre archi branché de Moscou ….
Finalement J’connais le tout Moscou et puis le reste aussi.
Je peux repartir, après une nuit d’une heure, mon chauffeur vient me chercher à l’hôtel et m’emmène tout droit à l’aéroport où je reviens à mon point de décollage 5 jours plus tôt. Je m’autorise une demie journée de repos, pour regarder la pluie tomber et inonder les rues de Bogotá, je sais que là au bout du ruisseau il se passe exactement ce que j’ai été raconté à Moscou, et peut être que dans dix ans on aura réussit à réguler un problème qui n’existera plus de cette forme, peut être … qui sait… mais ce n’est pas grave… Moi je vais vite, très vite, ma carrière est en jeu.
La mardi suivant à l’université on me demande comment s’est passé mon week-end… où je suis sorti samedi. Bof … j’ai traversé le monde, mais j’aurais surement trouvé plus excitant d’ouvrir une porte.

18
Sep
08

Destination: Salvador

Pendant ce sejour à Pirajá, la bande (la française Chloë, le brésilien Leo, l’anglais Alex et moi) a fait des tours touristiques par Salvador, Ilha de Itaparica e Morro de São Paulo (ces deux dernières destinations seront les sujets des deux prochains billets).

À Salvador, on a parcouru toute la ville, car on avait le natif mâlin Leo, qui tout connaissait. Les voici quelques photos de Salvador de Bahia.

 

Mercado Modelo (Marché Modèle)

Mercado Modelo (Marché Modèle)

 

L'intérieur du Mercado Modelo

L'intérieur du Mercado Modelo

 

Elevador Lacerda (Ascenseur Lacerda)

Elevador Lacerda (Ascenseur Lacerda)

 

Devant l'Elevador Lacerda

Devant l'Elevador Lacerda

 

Clairvoyante

Clairvoyante

 

Pelourinho

Pelourinho

 

Cidade Baixa (Ville d'en bas)

Cidade Baixa (Ville d'en bas)

16
Sep
08

Destination: Pirajá?

Vers fin août 2005, mon ami Leo (celui qui est parti à Amsterdam avec moi) m’a appelé de Barcelona (il y habite) et m’a invité de partir à Pirajá, banlieue de Salvador de Bahia, avec lui, son épouse et un ami Anglais à eux, pour tourner un documentaire sur sa propre vie (mec de famille pauvre, part en Europe sans presque rien avec le but de trouver un moyen d’entretenir économiquement sa famille à Pirajá). Hébergement et vols allée-retour tout payé. Je lui ai demandé deux jours pour lui donner ma réponse. Il me fallait savoir si c’était possible concilier un voyage de deux mois avec la fin du semestre à la fac et une absence si prolongée au boulot.

J’ai parlé à tous mes profs, qui m’ont dit que je pourrais partir sans souci. C’est certain que je leur ai pas dit que j’allais partir à Bahia pour faire un documentaire, mais à cause d’une offre de travail irrécusable. Quel mensonge ! Hahahaha ! Mais qu’est-ce qu’on ne fait pas pour l’art ?

À toute vitesse, car le départ était dans un mois et demi, j’ai fait en avance tous mes travaux de fac et j’ai dépanné une correctrice substitute pour me remplacer au boulot. Au même temps, car cela était un de mes devoirs dans le documentaire, j’ai budgété tout le film, y compris les vols de nous quatre, nos hébergements, équipements cinématographiques et d’autres petites choses qu’il faut préparer pour un événement comme celui-là.

Vers 15 octobre, me voilà prenant un vol pour Rio pour y retrouver Alex (l’Anglais) et repartir les deux ensembles vers Salvador. Notre destination : Pirajá ?

N’en avez vous pourtant jamais entendu parlé ? Pirajá c’est un quartier-bidonville incrusté dans Salvador, capitale de Bahia. Mais quand tu dis bidonville, veux-tu dire quoi exactement ? Je veux dire justement « bidonville » au vrai sens brésilien du mot, quoi.

Je vous laisse donc avec quelques photos de ce deux mois-là de voyage-tournage.

 

Pirajá - vue de chez Leo

Pirajá - vue de chez Leo

 

gamin à Pirajá

gamin à Pirajá

 

Cité des gamins

Cité des gamins

 

Avec les gamins

Avec les gamins

 

Jardin

Jardin

 

21
Août
08

Chemin d’Itupava

Ça commence avec un désir de faire une agréable randonnée au milieu de la forêt atlantique. Un trajet, appelé Caminho do Itupava, de 40km qui traverse la Serra do Mar (Sierra de la Mer) par de voies de tropeiros (des voyageurs typiques du Brésil colonial, qui ouvraient les routes internes du pays de leurs propres mains sur des ânes) et finit au début d’un des bras de la Baie de Paranaguá, à Porto de Cima, près de Morretes.

Le trajet, on l’avait déjà fait plusieurs fois avec d’autres amis. Soit la descente, soit la montée. Pas de problème non plus pour les 8 heures en moyenne de durée. On s’y faisait déjà.

Mais Bruno, plein d’idées révolutionnaires (voir Petite virée en stop), suggère de faire une randonnée nocturne. Comme ça on pourrait camper au milieu du parcours, dans une petite chapelle, bas un ciel complètement étoilé, faire du feu et causer avec des marshmallows.

par Adilson Gomes

Chapelle (par Adílson Gomes)

Bruno et moi, on arrive à Quatro Barras, point de départ, vers 17h (le coucher du soleil était vers 18h-18h30.) Sacs à dos en main, on prend le chemin. Ravis, on commence à marcher tous enthousiasmés. La perspective c’était de 40km de diversion, drôleries et bavardage.

Quand le soleil se couche, on prend nos lanternes pour illuminer les pas d’en avant. On marche 30 minutes, 1 heure. Sans aucun souci, on arrive à l’ancienne maison que Dom Pedro I a utilisé pendant son bref séjour au département.

par Alessandro Dias

Maison de l'Ipiranga (par Alessandro Dias)

Jusque là, le chemin c’est très évident. À partir de là, d’autre part, il faut prendre certaines voies pour arriver à la chapelle.

On prend une voie et on suit. Peu à peu on commence à douter qu’elle soit la bonne. Quoi faire ? On ne savait pas si c’étaient nous qui ne reconnaissions le chemin à cause des ténèbres ou si l’on avait vraiment pris la mauvaise voie.

On hésite.

On décide de continuer un tout petit peu et chercher de trouver des indices de que l’on était sur la bonne direction (la vérité c’est que l’on souhaitait savoir que l’on n’avait pas tort).

L’univers n’a pourtant pas conspiré pour nous. On marche encore 30 minutes et on n’arrive pas à aucune conclusion. Bonne ou mauvaise voie ? Pas d’idée.

On reprend le chemin vers l’opposée pour retrouver l’ancienne maison, notre point de référence, et de là fouiller les alentours jusqu’à trouver la bonne voie. Mais on se perd à nouveau et on n’arrive même pas à retourner à la maison.

On panique.

On commence aussi à marcher en circules. Il arrive un bon moment où on ne sait plus où on est, où est le nord, le sud ou quoi que ce soit.  Pour empirer, une grosse bruine tombe sur nous, chose attendue à cette époque à la forêt atlantique, mais inespérée pour nous. On ne croyait pas à nos yeux.

On fait une petite pause pour manger. Qui sait les biscuits que l’on avait apportés avec nous ne nous calmeraient pas et nous feraient raisonner avec plus de clarté ?

Tout au contraire. C’est quand on arrête et voit en quelle situation on est que le désespoir nous abat. L’idée de continuer à chercher la bonne voie est abandonnée. La priorité était alors réussir à retrouver la maison et rentrer chez nous s’il nous restait encore d’énergie.

Après trois heures perdus, déjà au bout de nos forces, on retrouve l’ancienne maison. Notre joie est inexplicable. Une autre pause est nécessaire. On finit tous les biscuits que l’on avait encore. La bruine n’a qu’augmenter. On ne pouvait voir que deux mètres devant.

Une demi-heure de repos, on décide de continuer. Il faudrait dormir chez nous pour compenser le tracas que l’on a eu. Quoique désister n’est pas une chose que j’aime faire, parfois il faut savoir reconnaître l’échec. Il y a des trucs que l’on ne peut pas faire sans une boussole !


P.S.: si vous cliquez sur le lien de la carte et, chez Google Maps, appuyez sur Photos, vous aurez beaucoup d’images concernant le Chemin d’Itupava.

16
Août
08

Train et d’autres amours VII

1ère partie, 2e partie, 3e partie, 4e partie, 5e partie et 6e partie

Au troisième ou quatrième escalon, après avoir fermé la porte, j’ai pensé : « Putain ! Je peux pas partir comme ça ! Ce fut probablement la dernière fois que j’ai vu la femme de ma vie. »

Je suis retourné et, à l’iminence de frapper sur sa porte, elle l’a ouvert. Nous nous sommes embrassés.

Néanmoins, il fallait encore que je parte.

Lis, je voudrais juste te dire que je t’aime fort bien, que j’irais n’importe où avec toi…

Une larme s’est écoulée par son visage.

Je… Je suis tellement désolée… Je peux pas. Je te le jure. Moi je t’aime bien aussi, mais je peux pas maintenant…

Quoique ça m’eût fait du mal, je le savais. Ce n’était pas notre heure (si jamais on aura un moment pour nous).

Elle m’a embrassé, m’a pris de nouveau dans ses bras et m’a demandé de partir.

Repars, je t’en pris. J’en pourrai plus.

Je suis allé, moi aussi avec des larmes aux yeux. J’étais en train de dire adieu à la femme.

Quand je suis arrivé à la cour intérieure du bâtiment, elle est sorti à la fenêtre et a crié :

Hey, guapo.

J’ai regardé vers le haut.

Sepa que te quiero mucho. Perdóname, ¿sí?

Il n’y avait pas grand-chose à dire : también te quiero. Que te vaya bien…

Je crois qu’il ne faut pas décrire mon état d’âme les jours suivants. J’étais complètement accablé. Mais la vie, ça continue. Elle n’arrête point.

Je suis allé à Clermont, où je devais me présenter quelques jours après.

Deux mois plus tard, après m’être installé, le portable a sonné. C’était le soir.

Bonsoir.

Bonsoir ?

C’est moi !

Toi ?

Oui, moi.

Lol, la vache !

Je voulais écouter ta voix. Juste ça.

Je suis content que t’as appelé. Comment ça va à Londres ?

Lis m’a tout raconté. L’enregistrement de son nouveau CD, les musiciens qui y collaborait, les gens dont elle avait faites connaissance. Pour finir, elle a laissé échapper :

Tu me manques!

Moi aussi.

Faut que j’aille, d’acc. Pense pas que je t’aime pas…

Dans ce moment-là, j’ai tout compris. Pas seulement mon histoire avec elle, mais l’amour en général. Amour appartient à celui qui aime, pas à celui qui est aimé.

J’ai décroché le téléphone triste et heureux à la fois. Triste pour avoir l’impression que je ne lui parlerais plus jamais ; heureux pour avoir compris un peu plus sur l’amour.

Depuis lors, on s’est parlé avec peu d’assiduité, mais on s’est parlé quand même. Parfois distants, d’autres fois plus proches, toujours par mél. Le dernier, il n’y a plus de deux mois, elle m’a dit :

Es increíble como nunca te olvidas de mí.

Ma réponse, que je ne lui ai pas encore envoyée, ce sera ce texte-là. Parfois la vérité est trop longue pour être dite en peu de mots…

et c’est finalement fini!

05
Août
08

Train et d’autres amours VI

1ère partie, 2e partie, 3e partie, 4e partie et 5e partie

Quand je l’ai vu s’éloigner, je me suis senti complètement détruit. Cependant, toujours avec le but de comprendre ce qui s’était passé, j’ai pensé qu’il y avait encore de l’amour dans tout ça. Ce fut donc que j’ai pensé à Grande Sertão : Veredas (roman de l’auteur brésilien João Guimarães Rosa). La vie est une marche, ce sont des chemins (A vida é um estradar, são veredas). À ce moment-là, en y pensant, j’ai su que j’avais besoin de lui donner ce bouquin, à n’importe quel prix.

Je suis sorti comme un fou à la recherche du livre. J’ai cherché dans toutes les grandes librairies de Paris, mais je ne l’y ai pas trouvé. La traduction existait, mais elle était épuisée, disait-il un de fonctionnaires. Je cheminais sans espoir par le Quartier Latin quand je suis passé devant une librairie lusophone. Je suis entré, j’ai posé la question sans trop d’enthousiasme et j’ai reçu une réponse qui m’a déconcerté.

Oui, j’en ai un. Le dernier.

Combien ?

Huit euros.

Parfait. Cette fois-là je n’ai pas hésité. J’ai acheté le bouquin et je suis rentré chez moi vite fait. J’avais déjà tout une lettre écrite pour elle en tête.

De 15 pages ! Et en français !

Le lendemain, je lui ai passé un coup de fil.

Bonjour, ça va ?

Bonjour. Ça va, et toi ?

Ben… je voudrais te voir.

Moi aussi.

Je t’ai acheté un cadeau.

Ah bon ?

Ouais. Je suis passé toute la journée hier à la recherche, jusqu’à le trouver.

Lol, et pourquoi tu ne viens pas chez moi me le rendre ?

A quelle heure ?

Écoute, je suis très occupée aujourd’hui. Je prépare tout pour partir à Londres, mais vers 17h ça me ferait plaisir de te recevoir. On pourrait prendre un café ou tasse de thé ou n’importe quoi.

D’acc. À 17h pile j’y serai. Gros bisous.

Pour toi aussi.

À 17h j’y étais déjà. Cela ne pourrait pas être différemment. Depuis le moment de l’appel jusqu’à l’heure de frapper sur sa porte, je ne faisais que penser à elle, à son parfum, à sa bouche, à sa peau. J’étais sûr qu’elle était la femme de ma vie.

Avant que la porte soit ouverte, je suais froid déjà, avec les paumes umides, très nerveux en attendant sa réaction.

Je suis entré. La porte d’entrée conduisait directement à la cuisine. La maison était complètement à l’envers, notamment à cause de déménagements.

Tu veux t’assoir ?

Hum… franchement je ne sais pas.

Pourquoi t’es nerveux ?

J’pas.

J’ai menti, c’est clair. Je savais parfaitement pourquoi j’avais les nerfs à la gorge.

Tu veux du thé ?

Oui, merci.

Je ne pouvais plus attendre. J’avais besoin de lui rendre le cadeau que je lui avais acheté.

Alors, je voulais te rendre le cadeau. Je sais qu’il se peut que tu ne le lises jamais, ou qu’il se perde au milieu des allées, retours et déménagaments de ta vie, mais je voudrais te le donner quand même. C’est un auteur dont j’aime trop. Pour moi, l’un des meilleurs livres jamais écrits. Et je pense qu’il s’agit un peu de notre histoire…

Merci beaucoup. Dès que je peux, je vais le lire. Je te le promets.

Et…

Elle a ouvert le livre et a trouvé la lettre qui y était dedans.

Tu m’as écrit une lettre ?

Oui…

Et elle dit quoi ?

Faut que tu la lises pour savoir.

Elle s’est mise à la lire.

Non. Pas maintenant. Lis-la quand tu seras sur le train ou n’importe où, quand tu auras le temps. En plus, je voudrais pas que tu la lises devant moi.

Pourquoi ? Elle dit quoi ?

Si jamais tu la lis, tu vas découvrir.

Je la lirai aujourd’hui le soir.

Bon, je crois que je pars déjà. J’ai vu que t’as plein de choses à faire et je veux pas te déranger.

Ay, si j’avais pas besoin de partir demain matin, ça m’aurait fait plaisir que tu restes.

Je comprends. C’est pas grave.

Vraiment désolée.

Excuse-moi. (j’ai dit ça en pensant que je ne suis pas allé avec elle à Amstelveen la première fois).

Moi, je m’en vais donc.

Nous nous sommes pris l’un dans les bras de l’autre et avons commencé de nous séparer. Les deux ne le voulions pas. Mais il était su que dans un moment ou autre il aurait fallu que je m’en aille. Elle allait partir définitivement.

J’ai pris du courage et suis parti.


suite…

23
Juil
08

Train et d’autres amours V

1ère partie, 2e partie, 3e partie et 4e partie

Une fois à la ville-lumière, en arrivant à l’appartement où je m’hébergeais, à Belleville, la première chose que j’ai faite c’était l’appeler.

Bonjour, c’est moi !

Bonjour, t’es venu !

Oui. Tu pensais que j’allais pas venir ?

J’pas.

Je veux te voir.

Moi aussi je veux te voir, mais le seul problème c’est que mes horaires sont compliqués à cause de mon déménagement.

Dis-moi à quelle heure et où que j’y serai.

Écoute, moi je peux cet après-midi, vers 16h, à la petite place à Châtelet. Tu la connais ?

Oui.

Parfait.

On se rencontre là-bas alors.

On se rencontre…

J’étais là-bas à l’attente avant même 16h. De loin, je l’ai vu arriver. Par hasard, le même jeans de l’autre jour, mais une autre chemise. Pour ne pas en dire trop, elle était absolument étonnante. Ce fut l’avoir vu pour être sûr, à nouveau, que c’était elle la femme de ma vie.

Coucou.

Elle m’a embrassé sur la joue et m’a fait un hug.

Jourbon.

Moi, je souriais comme un con d’être à son coté une autre fois.

Elle a pris ma main dans la sienne et m’a poussé.

Je connais un petit coin sympa par là. On y pourra parler tranquillement.

En fait il y avait un coin très calme au milieu de la zizanie de Chatelet. On s’est jeté sur le gazon, s’est déchaussé et a bavardé pendant des heures. Parfois, elle se faisait caresser par moi, d’autres fois c’était moi.

Lis était toute ravissante. Enthousiasmée d’aller à Londres enregistrer son premier CD solo. Son souris s’épandait de l’un coté du visage à l’autre.

À cet instant-là, mon cœur sautait déjà par ma gorge. J’avais tellement envie de lui dire tout ce que je sentais (que c’était elle !), mais ou je n’avais pas de courage ou je ne trouvais pas d’opportunité. Jusqu’à ce que, son idée, on s’est levé et est allé prendre un café. On s’est assis vis-à-vis, de façon que je ne risquais pas de la suffoquer et lui donnais encore de l’espace pour courir. Je me suis donc déclaré. Sincère et ouvertement. Je n’ai rien caché et ai tout dit. Que je n’avais pas pu ne pas arrêter de penser à elle, que j’en étais amoureux, que je savais qu’elle était la femme, que je pouvais l’accompagner n’importe où elle aille.

Elle a écouté tout ce que j’avais à dire. Son silence, faut-il le dire, m’a laissé de plus en plus apréhensif. Lorsque j’ai terminé, je lui ai dit, si elle ansi le désirait, qu’elle pouvait partir tout simplement, sans avoir besoin de dire un seul mot. Lis s’est levée et est entrée au café. Je crois qu’elle est allée aux toilettes. Trois minutes après, comptées à la montre en extrème état d’afflition, est retournée, s’est assise, a regardé dans mes yeux et a dit :

Je veux pas partir.

J’ai dû brouillonner un sourire malin. Elle a continué :

Mais je vais t’avouer que j’ai failli partir. C’est pour ça que je suis allée aux toilettes, afin de voir si j’y réfléchissais un peu. C’est pas que je voulais partir parce que j’ai pas aimé ce que t’as dit. Tout au contraire. J’ai pensé partir parce que j’avais peur, et partir c’est toujours comment je finis par agir dans ces situations. Je vais être franche avec toi : j’ai peur des relations amoureuses. J’ai déjà essayé une fois, ça fait longtemps, mais ça n’a pas marché et je me suis faite blesser. Depuis lors, j’ai l’habitude d’échapper des gens que j’aime davantage et je finis par être avec ceux qui veulent rien de moi. Je t’aime bien, depuis le premier moment que je t’ai vu arriver à la gare. Pourtant, j’ai peur, trop peur d’être avec toi, spécialement parce que tu sembles être la personne parfaite pour moi. Tout serait parfait entre nous deux. C’est pas juste une croyance, c’est une certitude. Néanmoins, et je sais que je vais m’en repentir, j’arrive pas à faire face à mon peur. En plus, je sais que je plongerais de tête dans une histoire avec un mec comme toi, c’est bien moi ça, et je ne peux pas le faire pour l’instant. Je suis dans un moment déterminant de ma carrière, et d’une certaine façon c’est la seule chose que j’ai vraiment. Je peux pas te demander ça, mais je voudrais tu comprennes…

Moi, au contraire de ce que je pourrais imaginer, j’ai eu une épiphanie. C’est comme si tout, d’un seul coup, faisait du sens et s’organisait. Ce sont rares les moments où ça m’arrive. Celui-là en a été un.

Je te comprends. Vraiment. Je crois qu’il faut aller après ce que tu veux, t’y plonger complètement. Ça peut être fou, mais je sais qu’un jour on sera ensemble, tôt ou tard.

Elle a souri. Moi aussi, surtout parce que, dans ce moment-là, j’étais sûr qu’un jour on allait nous rencontrer (et qui dit que ça ne va jamais se passer ?). Elle a pris ma main, m’a caressé le visage et a failli m’embrasser.

Ce que je voulais davantage c’est t’embrasser, mas je peux pas. Je peux pas parce que je sais si jamais je le fais je vais pas réussir à suivre, parce que je ne ferais que penser au goût de ta bouche. Je te prie d’essayer de me comprendre. T’embrasser c’est tout ce que je désirais, mais je ne peux pas.

Quoique je te désire vachement, je te comprends.

Elle m’a pris de ses bras, a approché son visage du mien, presque lèvre sur lèvre (j’ai failli l’attaquer !), a touché son front sur le mien et a laissé tomber une larme.

Faut que je parte maintenant.

Je voudrais te revoir encore une fois.

Tu crois que ça va être bon pour nous ?

Aucune idée, mais je veux te revoir.

D’acc. Pourquoi tu ne viens pas chez moi demain? Appelle-moi avant pour savoir comment marche mon déménagement.

Ok.

suite…




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