Archive for the 'carnet de route' Category

06
Jan
09

L’après – de comment tout peut changer pendant le voyage

15 jours après, me voilà à nouveau au Brésil retournant de mon voyage par l’Uruguay. La sensation avant départ n’a duré que quelques instants avant de partir. Une fois le pied sur la route, elle est complètement disparue et a laissé place à la joie de vivre d’être on the road en respirant le voyage à tout poumon.

Je suis parti de Curitiba le 20 matin. Pendant tout le jour, j’ai conduit vers Porto Alegre, où j’allais rencontrer mon compagnon d’aventure. À la capitale de Rio Grande do Sul, nous sommes restés chez la copine d’un ami, qui nous a reçu de bras ouverts et de dîner prêt.

Le soir, on a bougé un tout petit peu par les bars de la ville, buvant et bavardant.

Le dimanche à l’après-midi, on a repris la route vers Pelotas. De là, on a suivi vers Jaguarão, ville qui fait frontière avec Rio Branco, du coté uruguayen. Déjà en sol étranger, on a continué jusqu’à Tacuarembó. On dit que c’est la ville où Carlos Gardel est né, quoique les Français et les Argentins aient d’autres versions pour sa nacionalité.

Le jour suivant, on est allé jusqu’à Colonia, en passant par Paysandú et Mercedes. Là-bas on avait rendez-vous avec notre « abuelita » argentine, avec qui on allait fêter le Noël.

Le prochain destin a été Montevideo. Le couple Mauro et Ale nous ont hebergé chez eux et nous ont invité à partir sur un balneario le weekend. Nous, on a accepté l’invitation. Ce même soir, ils nous ont changé notre projet de voyage, et nous le leur. En théorie, de Montevideo on allait remonter à San Gregorio de Polanco et de là repartir vers la côte. Ils nous ont pourtant fait changer d’idée et continuer directement par la côte, coupant le centre de l’Uruguay de notre parcours. Autant ils nous en a parlé sans enthousiasme qu’ils ont fini par nous convaincre que l’alternative côte était la meilleure option. Et elle l’a été.

 

Voyage par Uruguay

Voyage par Uruguay

 

 

Le vendredi 26 on a donc pris la route vers Santa Lucia. Jolie plage, superbe compagnie. Y être avec eux m’a vraiment fait plaisir. Samedi soir Mauro nous a préparé un super asado uruguayo, de façon que l’on a mangé jusqu’au gonflage.

Le dimanche, on a pris congé du couple et est allé à Punta del Este. Je vous avoue que je l’ai trouvé degueulasse. Que de trucs des riches, des voitures qui valent tout ce que j’aurai gagné dans ma vie au travail.

On y est resté une nuit et on a conduit à Piriápolis. Deux jours là-bas ont été suffisant pour capter l’esprit de la ville, qui m’a beaucoup plû.

Pour le Nouvel An, on s’est hébergé à Manantiales, à La Barra. Particulièrement, bon fin d’année pour moi.

Le 1 janvier après le déjeuner, on a changé d’hostel. nous hébergeant cette fois à La Pedrera. Là, on a fait connaissance de deux argentines très sympas et sommes partis les quatre vers Cabo Polonio, le point principal de notre voyage (je vous en écrirai avec plus de détailles en autre billet). Ce même jour, on a dormi à Punta del Diablo et de là on est rentré au Brésil.

Peu à peu, pendant ce mois de janvier, je vous préparerai des billets-express sur les lieux les plus jolis où on est passé. Mais je vous avertis déjà: l’Uruguay c’est un pays incroyable, plein de belles plages, de gens sympatiques et de bonne nourriture. Faut y aller!

Bon 2009 pour tous!

 

 

 

 

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06
Oct
08

Récit de trek au Ladakh – 2

Au quatrième jour de trek, le soleil tape fort et tant à cause de cela que de l’altitude, C. attrape des saignements de nez. Le terrain est en pente douce, l’arrivée de l’étape se trouve dans ce que nous nommerions chez nous un haut alpage : troupeau de yaks gardé par un vacher qui dort dans un enclos de pierres rudimentaire. Un panneau solaire brille sur le toit mais le haut des murs est recouvert d’une couche de bouses séchées, combustible pour l’hiver (plusieurs années avant, dans la « plaine » de Nimaling, nous avions été repoussés par l’odeur de toute cette merde de yak entassée autour d’un abri de drogpa). A cinq heures, notre guide, Sarfaraz, nous accompagne chez le gardien du troupeau, qui n’a pas seulement des yaks, mais aussi des moutons et des chèvres pashmina. Incroyable rencontre de deux mondes : nous avec nos polaires et nos chaussures de montagne (sans appareil photo quand même…), et notre hôte, tellement affable, tellement souriant, visiblement tellement heureux, qui passe l’été dans ce minuscule terrier où il a accumulé des outils qui lui viennent d’au moins, dit-il, dix générations. Au centre : une masse beige qui ressemble à un animal blessé, mais c’est en réalité la peau de mouton qui lui sert à barater le lait et qu’il agite vigoureusement à intervalles réguliers. Le beurre est ensuite séparé du reste qui devient la base pour faire le fromage, d’abord chauffé au feu de bois de manière à produire une sorte de sérac, ensuite séché dans des sacs qui pendent aux murs.

Dans un coin, figure le classique instrument pour faire le thé au beurre, et le long d’un mur, dans un recoin sombre, en miniature, tout l’essentiel de la puja : un livre de prières à côté de trois coupes prêtes à recevoir l’eau et l’huile. Ici, la puja, rituel bouddhiste, plus que dévotion religieuse est manière de rythmer la journée. Près de cet autel, la jarre qui contient le beurre. L’homme rieur nous donne de son fromage séché sous forme de petites boules irrégulières et dures qu’il faut mâcher plutôt que croquer, ou bien que l’on peut faire fondre dans la soupe (thukpa).

C’est à l’extérieur, dans la petite cour attenante, dans un abri formé par trois murs et ouvert aux vents, tapissé de couvertures de laine de yak et de peaux de moutons, qu’il dort. L’enclos pour les bêtes (un pour les yaks et les dzos – obtenues par croisement entre yak et vache – et un pour les moutons) est plus vaste, son sol est formé des entassements d’excréments des bovins depuis les dix générations dont le petit homme rieur nous a déjà parlé. Nous assistons à la traite des dzos, une douzaine de bêtes, donnant chacune trois litres de lait par jour. L’été rapporte à notre hôte quatre-vingt dix kilos de beurre de yak qu’il peut revendre un bon prix au marché de Leh. Il préfère nettement cette existence à la solution qui consisterait à travailler à Leh, il souhaiterait passer le relai à ses enfants, lesquels hélas, comme partout, rechignent à ce mode de vie.

Quelle est la signification d’avoir vu cela ? Si demain nous devions mourir (par exemple dans un accident d’avion), quelle aura été la signification du fait que cette vision d’un autre temps, d’un autre monde soit entrée dans nos têtes ? Je disais : sans appareil photo, pour des raisons de politesse, mais quelle signification cela aurait-il eu de « prendre des photos » ? Pour faire quoi ? pour montrer quoi ? des ustensiles usés ? des murs sales ? A quoi bon ? Pour quelle fin ? Le caractère vain de l’effort à se saisir du temps au travers d’un objectif photographique apparaît ici dans toute son ampleur. La photo, c’est la finitude. A quoi sert-elle quand on est confronté au gouffre abyssal du temps, quand on parle de dix générations accumulées sans que peu de changements aient eu lieu dans les pratiques liées à la vie de tous les jours (si ce n’est un panneau de solaire branlant qui ne sert qu’à éclairer une lampe).

23
Sep
08

Récit de trek au Ladakh -1

Depuis que les voyages s’organisent à l’autre bout du monde, vers des endroits souvent inaccessibles par des moyens de transport motorisés, on a baptisé « treks » les marches de plusieurs jours, en général avec guide et portage (par porteurs humains – au Népal – , chevaux – en Inde – , ânes ou yaks – au Tibet -) qui mènent d’un point à un autre en franchissant le plus fréquemment des zones de montagnes arides ou de plates étendues de désert.

Le Ladakh est un pays rêvé pour le trekking.

On y va pour l’altitude,

pour les sentiers abrupts qui serpentent parmi les roches, pour les descentes dans les herbages, les huttes de pierres des nomades, les gompas accrochés aux promontoires d’un ciel éternellement changeant, la population rieuse et accueillante qui dit toujours « Djulé » en guise de salut, les gorges, les rivières, les arrivées dans les villages, cernés de champs dont le vert vif contraste avec la pierre jaune ou rouge des montagnes sèches. Les pays ont leur couleur. Quand on atterrit à Lyon, on voit bien que la France est bleue. L’Inde, elle, est rouge. Que ce soit dans la plaine et les villes (oriflammes hindouistes, saris éclatants) ou que ce soit dans les montagnes et les campagnes (rouge de la terre sèche).

Je ne connais pas directement les techniques de méditation, mais ce que je sais, c’est que ce genre de marche s’apparente à une longue méditation sur deux pattes…

Le premier jour est en général le plus dur : il consiste à se mettre en jambes et en souffle.

On part en général de relativement bas (en l’occurrence, depuis Phyang, près de Leh, à 3500 mètres) d’un fond de vallée où les blés ne viendront à maturité qu’en septembre. Et on remonte interminablement la rivière jusqu’à ce qu’elle soit torrent et qu’on la franchisse en équilibre sur un pont de lattes branlantes. Nous sommes escortés par les cinq petits chevaux loués, conduits par leurs poneymen, et par un guide. Qui préfère les tongues en plastique aux solides chaussures de montagne. Petit, rablais, la casquette enfoncée sur les oreilles, il évoque ses expéditions passées avec passion, comme la dernière qu’il a faite, celle du Parang la, qui va jusqu’au Spiti, la plus belle de toutes mais où on doit voiler les yeux des chevaux pour leur éviter d’être éblouis par l’éclat des glaciers, ou bien celle du Junlam, où il a dû rebrousser chemin parce que le débit des rivières était trop fort.

Le contact avec l’altitude, l’ascension lente et continue nous épuisent. Le camp de cette première étape n’est pas fastueux, mais il possède l’essentiel : l’eau et l’herbe verte pour les chevaux. Notre installation dérange une famille de marmottes qui finira bien par profiter des quelques miettes que nous allons laisser (savez-vous que les marmottes des Alpes ont trop de cholestérol car elles se nourrissent entre autres des bouts de gras de jambon que laissent les marcheurs ?). Un aigle passe. Les chevaux broutent leur herbe. Le soir venu, quand une petite pluie brouillera la netteté des sommets, nous nous réchaufferons d’un repas de légumes et de riz sous la tente du guide et du cuisinier.

Le sommeil vient ensuite, entrecoupé de réveils. Il arrive qu’on ait du mal à se rendormir : l’altitude cause une altération du souffle qui donne l’impression d’étouffer juste au moment où l’on va sombrer dans le sommeil, on se réveille alors en suffoquant comme si l’on sortait d’une apnée et qu’il faille avaler une énorme goulée d’air avant de replonger.

Souvent un doliprane aide à s’endormir. Eviter autant que possible les somnifères qui laissent groggy trois heures plus tard, ne sachant plus où on est et ne pouvant plus retrouver le sommeil jusqu’aux lueurs du petit matin.

C’est à partir du deuxième jour que les choses vont mieux aller, vos jambes se sont faites à la rudesse du chemin, et votre souffle a trouvé son accord avec les pulsations ralenties de votre cœur. Vous commencez à ressentir comme un plaisir l’entrechoc rythmé qui a lieu entre la semelle de vos chaussures (de bonnes chaussures évidemment, je conseille des Meindl) et le sol dur qui sonne mat. Le contact avec la pierre devient même plus amical qu’il n’était au premier jour quand chaque caillou vous semblait hostile. Il suffit de prendre le bloc solide sous son bon angle et d’y poser le pied à plat, avec fermeté, mais sans brusquerie. La traversée des minces cours d’eau se fait de la même façon : si vos semelles sont dures, elles se poseront avec sûreté même sur l’arête d’une pierre, et si elles sont assez souples, elles vous permettront de quitter cette arête comme si vous la survoliez, avant de pouvoir sauter sur un galet plus plat et ainsi de suite évitant de trébucher, ce qui aurait pour fâcheux effet de vous faire mettre un pied dans l’eau et peut-être – qui sait ? – de mouiller votre chaussette, ce qui, vous l’avouerez, est bien le pire désagrément du trekkeur. Quant à votre sac sur le dos, il se fera moins lourd, d’abord objectivement parce que vous consommez peu à peu son contenu (et en particulier l’eau qu’il contient), mais aussi parce qu’il se fera de mieux en mieux à la géographie de votre dos. Le soin que vous aurez eu à le sangler convenablement (une sangle au niveau de la poitrine, une autre à celui de la taille) vous évitera le ballottement douloureux pour vos omoplates.

C’est désormais comme si le chemin lui-même venait à votre rencontre. Votre tête se vide. Les dernières pensées qui l’habitent encore ne viennent que pour un moment affleurer votre esprit, chassées immédiatement par d’autres, puis laissant la place à plus rien si ce n’est au rude souci d’avancer et d’atteindre un point lointain où déjà s’ébattent les chevaux…

En route nous avons rencontré une file de touristes indiens redescendant du col et ayant donc choisi de faire cet itinéraire dans la direction opposée à la notre. Notre guide nous dit que c’est la première fois qu’il rencontre autant d’Indiens des villes à l’assaut de ces montagnes : les choses seraient-elles en train de changer et les Indiens eux-mêmes à leur tour deviendraient-ils sensibles aux joies du trekking ? Ils venaient de Bombay… C’était curieux et troublant de voir de belles Indiennes ayant troqué leurs saris contre des habits de montagne, et qu’il est doux le frais gazouilli de la langue Hindi parlé par une voix féminine !

Ce deuxième jour aura donc été plus facile que le précédent, en dépit de l’altitude toujours plus haute. Cela se traduit par une relative fraîcheur au moment de monter la tente. Une sieste viendra pourtant nous cueillir… tandis que le vent qui s’est levé fait claquer les parois de toile comme les voiles d’un bateau. Le temps ici change chaque demi-heure, une mini-tempête succède à la chaleur d’un soleil lourd. Les nuages défilent et certains se perdent en route en s’accrochant aux sommets environnants comme des loques déchirées. La neige qui est là-haut varie de la lumière étincelante au gris un peu triste qui vient du reflet de la pierre.

Au loin, des rideaux de pluie pendent des matelas de nuages amoncelés au-dessus de l’Indus.

21
Mar
08

15 jours en Inde – 6

5ième épisode

On discute un peu. Un Indien se plaint de ce que les gens se moquaient de nous sur le quai.

Je lui dis que ce n’est pas bien méchant, que pour eux, on est des cosmonautes, et que déjà, ils nous parlaient.

Qu’en plus nous aussi on se moquait un peu d’eux.

On parle de chose et d’autre. Y’en a un qui offre un petit avion à Matteo. Mais il est de mauvais poil. Il faut dire que toute cette agitation l’a un peu remué.

Nous Voilà à Delhi. Un vélo rickshaw nous amène à notre hôtel « de luxe ». Bon, il est plein. Dans Pahar ganj, qui est un peu le coin à touriste, il y en a d’autres.

Finalement, on en trouve un à coté. Grande chambre claire et quasi-propre, une télé super pour Mattéo. Ouf.

Bon, y’a un peu moins de bruit dehors, c’est une petite rue.

Mais à l’usage…

Déjà, le diesel sur le toit, c’est la norme.

Et puis, les gens qui viennent ici et ceux qui y travaillent, sont beaucoup moins sympas que dans notre petit hôtel du début. L’eau chaude y est peut-être même moins présente.

Bon, je n’avais jamais eu l’eau chaude en Asie. Mais à cette époque de l’année les nuits sont un peu fraîches (17/20) et nos petits corps d’européens ne sont pas encore habitués…

Bon, en gros, à par la chambre plus grande et plus claire, on était mieux avant.

Mais, le nouveau quartier est assez sympa.

Juste sous ma fenêtre, il y a des gens qui dorment dans la rue. Sur des lits en lanières tressées (j’ai testé dans le temps…aie le dos), assez petits en longueur.

Parmi eux, il y a un petit vieux que je ne vois pas quitter sont lit pendant au moins deux trois jours. A force de l’observer, je m’aperçois qu’il est sourd et aveugle.

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Le même en live.
Je m’aperçois aussi qu’il est le patriarche d’une smala de femmes qui passent leur journée à laver du linge dans une petite cour juste derrière lui.

Il y a des vaches aussi. Et des chiens…qui gueulent beaucoup la nuit.

On prend le métro pour aller au Zoo.

Le métro est assez étonnamment nickel.

Le Zoo est moins pouilleux que celui de Pékin. Des écoliers en vadrouille…

Rien de spécial. Mais ça fait plaisir à Matteo qui râle toujours un peu.

Le lendemain, on va voir le fort rouge. On visite le coin, Chandni Chowk, tout aussi agité que dans notre coin.

On a un rickshaw pour quelques heures. Un type très sympa. Quand je lui demande du charas, il se marre et me demande comment je savais qu’il fumait.

Il me trouve de l’herbe du Kerala…

La circulation est infernale…

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Du coté de Pahar Ganj, il y a un chai shop. Un petit étal à thé, sous un arbre.

J’y sirote mon chai (thé, lait, cardamome et dieu sait quoi de délicieux) on regardant le monde qui y circule sans cesse. Vaches, rickshaw, moto rickshaw, voiture, motos, vespas, charrettes à bras, à bœufs…Touristes aussi, mendiants, sadous, babas…

Ça klaxonne à tout va.

Il y a un barbier aussi qui me rase, me masse…

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Des magasins où Flo dégotte des merveilles.

Un restaurant en terrasse, calme et sympa où Matteo mange des frittes et moi un superbe curry aux champignons.

Matteo s’est mis à faire la collec des cartes, non pas Panini, mais des dieux indiens !

Je l’imagine en train de faire la collec des vierges Marie, petit Jésus, saint bidule… Enfin, les dieux là bas sont plus rigolos et plus sympas. Et puis, ça lui plait bien.

On s’assoit tous les deux au bord de la route et on regarde les gens.

Les mendiants qui viennent tanner les touristes. Qui font semblant de ne pas les voir. Qui cèdent finalement car les mendiants s’accrochent.

Y’en a des pas tristes des mendiants. Des amputés, des déformés. Mais y’en a un encore plus gore. Je ne sais pas ce qu’il a, on dirait la lèpre. Il a la peau toute déscouamée. Il n’arrête pas de se gratter. Mais le pire, c’est le visage. Il n’a pas de lèvres, du coup, il a la bouche grande ouverte sur son visage tout rongé.

Matteo regarde, pas effrayé, juste un peu surpris.

Les vaches viennent se gratter contre les scooters. Elles aiment bien les scooters. C’est la bonne taille. Je me souviens d’une qui se nettoyait les oreilles avec la poignée d’un scooter.

Il y a plein de magasins, en dur ou sur des charrettes dans la rue.

J’y achète un Ganesh en plastique qui clignote et fait de la musique. Kitch à souhait.

Matteo se fait tatouer au henné. La classe ! Il va pouvoir frimer avec ses copains.

Ben voilà, quinze jours, ça passe vite.

On s’habitue juste à ce monde qu’il faut déjà le quitter…

19
Mar
08

15 jours en Inde – 5

4ième épisode

On atteint Kosi à la nuit tombée. Pour arranger le tout, l’électricité s’arrête.

Un type sympa, qui travaille à Pékin ( !), nous aide à trouver un hôtel. Hélas plein.

Bon, il ne lâche pas, trouve un rickshaw et nous emmène à un autre hôtel. Ouf, y’a de la place.

Mais alors, c’est sale, même avec des critères indiens.

Enfin, Matteo est content, y’a la téloche, il peut regarder des dessins animés.

Même si je vois bien qu’un tas de chose l’intéressent ou l’impressionnent, il râle après son ordi, ses copains, de la bouffe pas épicée, des gens qui parlent sa langue.

Autre aspect intéressant, on est juste au bord de l’autoroute. Les Indiens ne savent pas conduire sans klaxonner. Si le klaxon est en panne, le véhicule est en panne.

Même avec les boules quiès, je ne ferme guère l’œil de la nuit. Déjà à Agra…

En plus, on est assez éloigné de la « ville ». Et vu la propreté, j’ai l’estomac qui me chatouille.

On craque un peu. On rêve de palaces. Mais vu les prix à Delhi (200 Euros la nuit) on envisage plus raisonnable.

Donc, direction la gare pour Delhi.

A la gare, on est reçu comme des princes par le chef de gare.

Il faut dire que des touristes, par ici, il n’en voit pas souvent.

Il nous offre à boire, à manger et nous fait nos tickets pour Delhi. Des vrais tickets, format ticket de métro, en carton épais. Un peu comme les tickets des pèses personnes d’ici. La photo (délavée) de la star de Boliwood en moins. Pas des tickets informatiques en papier comme sur les grandes lignes.

Sur le quai, y’a du monde. Dans le train aussi…

Matteo flippe un peu. Surtout que tout le monde le regarde…

Dans le train, on est debout. Les gens m’offrent des places, mais je ne vois pas pourquoi, ce serait à eux d’être debout.

Un jeune parle anglais (ce n’est pas rare du tout…). On discute de la vie, la mort, la coiffure.

Il y a un changement de train.

Quand on arrive sur le quai…

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Il y a encore beaucoup plus de monde ! Et l’a, l’effet cosmonaute est encore plus manifeste. On est entouré d’une bonne centaine de personnes toutes aussi curieuses les unes que les autres. Matteo se concentre sur ses chips. Flo est plutôt amusée, surtout qu’elle me voit rigoler comme un bossu et filmer tout ça avec bonheur.

Un groupe de femmes s’empare de Routoutou qui les intrigue. Matteo est outré mais ne pipe pas mot.

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Après une longue série de rigolade, le train arrive.

La bousculade à la montée effraie un peu Matteo. Qu’est-ce qu’on rigole !

Les gens nous font un peu de place.

On est huit par banc de quatre.

suite…

17
Mar
08

15 jours en Inde – 4

3ème épisode

On prend le train. Encore un peu de bonheur. La sleeper class n’a pas changé.

Fenêtres à barreaux, ventilateurs, upper sleeper où Matteo peut grimper.

Par contre plus personne sur le toit.

Les marchants de : bouffe, thé, jouets, montres… passent incessamment en criant leurs produits.

Une petite indienne tente d’apprendre l’Indy à Matteo.

Agra m’avait laissé un mauvais souvenir de harcèlement touristique. On doit juste visiter le Taj, puis repartir le lendemain matin.

On dort à la gare, pratique, sympa, mais (encore plus) bruyant.

Pas de chance, on est vendredi et la Taj est fermé.

On va se balader.

Les rickshaws drivers sont un peu insistants, mais sans plus.

On s’égare, volontairement, dans les petites rues et on y rencontre la vie des gens.

Tous sont sympas et contents de nous voir par-là. On nous offre le thé.

On a emmené le « tigre » en peluche de Mattéo pour faire un reportage sur ses voyages.

Il plait beaucoup.

Puis nous voilà dans un mariage.
Ça égaille tout le monde, mais le père de la mariée n’est pas trop contant qu’on lui vole la vedette. On passe notre chemin.

Devant l’hôtel, un type nettoie les oreilles…
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en live
A l’hôtel, l’eau chaude est très théorique.

Et la speakerine de la gare est déchaînée…et le restera toute la nuit…

Bon nous voilà au Taj …quelques singes

Une queue d’enfer, fouille à l’entrée, détecteur de métaux.

Routoutou (le tigre) que l’on rêvait de photographier devant le Taj n’a pas le droit d’entrée. On n’a pas le droit au sac, cigarettes, briquets…

Sécurité…

D’ailleurs, à propos des cigarettes, il est maintenant interdit de fumer quasiment partout (comme ici) en Inde. Et assez surprenament, c’est respecté !

Bon, la sécurité laisse à désirer, j’arrive à passer en douce mon sac et mes clopes.

Le Taj, je m’y attendais, tout le monde trouve ça merveilleux, mais nous, pas plus que ça. Kojoharu, en Indes aussi, me parait beaucoup plus beau.

En plus, c’est 20 euros l’entrée ! Dans un pays où l’on peut facilement manger pour 50 centimes, c’est un peu abusif.

J’avais repéré sur Google earth une petite ville entre Agra et Delhi : Kosi.

Elle a aussi l’avantage de n’être sur aucun guide.

Plongée dans l’Inde hors tourisme.

Il faut déjà convaincre le guichetier de la gare d’Agra qu’on veut aller là bas.

Le train est un coucou local. Beaucoup plus bondé.

Les gens ne sont pas habitués aux touristes, on commence notre stage de cosmonaute.

J’avais prévenu la smala. Dans certain endroit, notre apparition fait l’effet de cosmonautes fraîchement débarqués.

Tout le monde nous entoure, nous regarde et rigole. Et ce n’est qu’un début.

Suite…

15
Mar
08

15 jours en Inde – 3

2ème épisode

Finalement, je retrouve les vaches qui se sont réfugiées dans les petites ruelles, à l’abri de la circulation qui est devenue trop importante pour elle

L’une d’entre elles fait un hold up chez un petit vendeur : elle s’approche l’air de rien et tout d’un coup attrape un paquet de pain de mie et l’éclate par terre. Et tranquillement avale le contenu…

Passage à New Delhi railway station. Le panneau d’affichage affiche un message de l’anti virus qui a détecté un virus. Longue hésitation de la souris qui passe d’un bouton à l’autre sans vraiment savoir quoi répondre.

Les pigeons qui défèquent sur l’écran ne semblent pas s’en émouvoir.

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Puis on s’enquille sur Pahar ganj.

Les boutiques à touristes ont fleuri. Mais ça reste sympathique.

Pas beaucoup de touristes. Une grande majorité de japonais. Pas mal d’ex soixante-huitards

C’est par-là que je traînais avant…Je ne reconnais pas grand-chose.

Un grand défilé, des fanfares, des chars…
Les gens sont toujours très sympas.

Puis on s’enfile des les ruelles. On rencontre des babas et autres sadous.

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On passe à Connaught Place. Déjà inintéressante il y à 18 ans. Ça n’a pas changé.

Mattéo y voit un Mc Do…Vu ce qu’il vit avec la bouffe, on a pas le choix (enfin, on est lâche)

Un Mc Do végétarien !

A force de manger dans des gargotes infâmes (Mc Do ?), Matteo, puis Flo ont la turista.

Ils vomissent aussi un peu.

Moi dont l’estomac a appris à réagir vite, je me sens bizarrement bien.

Bon, le jour d’après, j’irai vomir un peu aussi.

Nous voilà vraiment en Inde.

Bouger, y’a rien de tel pour remettre un estomac en place.

Aller, on part faire du tourisme. Le Taj Mahal. Agra.




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