Archive for the 'Chili' Category

03
Déc
07

Souvenirs:Le monde est un village – Part 1

Souvent on entend dire que le monde est « petit »! Lors de soirées entre voyageurs, on entend toujours une ou deux histoires sur le sujet.

On cherche toujours une explication, certains disent que c’est le destin, d’autres un pur hasard, moi je retiendrai une citation du célèbre écrivain Paolo Coelho:  » Essayer d’expliquer, c’est vouloir expliquer le mystère – impossible. »

Parmi mes nombreuses « histoires » sur le sujet, j’en ai une qui en général met fin à la discussion faute de mieux 😉

Je tiens à préciser que je ne romance rien (c’est le cas pour tous les billets de la catégorie « Souvenirs »).

C’était pendant mon voyage en Amérique du Sud, j’étais à Puerto Natales dans l’extrême sud du Chili, la Terre de Feu Chilien, autant dire le bout du monde.

C’était un début d’après-midi d’été austral, j’étais dans un troquet, seul en train de « digérer » la beauté du parc national Torres del Paine que je venais de visiter d’une manière peu conventionnelle, cela n’est pas le sujet, je m’égare! (déjà!). Je vis soudain entrer un couple.
La gueule du type ne m’était pas inconnue, mais dans un premier temps je me suis dit que c’était sûrement un type que j’avais croisé durant ce voyage, chose courante quand vous voyagez sur un même continent durant plusieurs mois.
Repassant en revue où j’avais pu rencontrer ce mec en Amérique du Sud, rien ne me revenait ! Impossible de me rappeler où nous avions pu nous croiser !
N’arrêtant pas de le lorgner pour enfin savoir où nous nous étions croisés (je fais souvent des fixations très connes sur des sujets sans importance!!), il s’aperçut qu’il y avait un « détraqué » qui n’arrêtait pas de le guigner!

Après une bonne demi-heure de « matage », sûrement insupportable pour lui 😉 , la lumière jaillit au fin fond de ma mémoire!!

« Mais c’est bien sûr ! »

Tout en me levant et m’approchant de sa table, je vis disparaître de son visage l’expression de malaise due à mon matage intensif et faire place à un grand sourire qui disait « Putain, mais c’est bien sûr! »

…à suivre…

19
Nov
07

Humberstone ou l’enfer du salpêtre

Voir carte …

Humberstone est l’une des incroyables mines de salpêtre à ciels ouverts du nord du Chili. Un des grands lieux de l’esclavagisme de l’ère industrielle. Cette région, chilienne depuis 1884 et la guerre du pacifique impliquant chiliens, Boliviens et Péruviens était le seul accès à la mer de la Bolivie. Aujourd’hui le port le plus accessible pour la Bolivie est porto Alegre sur l’Atlantique.

Humberstone

HumberstoneLes Boliviens réclament depuis 100 ans leur accès à la mer, mais les nationalismes exacerbés des deux protagonistes n’ont pas permis de faire évoluer le conflit d’un millimètre durant cette période. La guerre s’est déclenchée quand les Boliviens ont voulu taxer les mines de cette région qui avaient été développées par les Chiliens et les Anglais (ce qui explique le nom peu hispanique d’Humberstone.

Durant plus d’un siècle les mines se sont développées dans cette régions particulièrement inhospitalière; certains disent qu’il n’y pleut qu’une fois tous les 50 ans et que ce jour-là le désert se couvre de fleurs. Comme on peut se l’imaginer, Les conditions de travaille y était terrible. Pablo Neruda raconte, dans un chapitre de son magnifique livre autobiographique « j’avoue que j’ai vécu », ses luttes dans cette région à l’époque où il en était député. Certains massacres comme celui d’Iquique en 1907, durant lequel plus de 3000 mineurs sont tué par l’armée, restent encore dans toutes les mémoires chiliennes.

Humberstone Humberstone Humberstone Humberstone Humberstone

Voici donc quelques photos de la ville et mine fantôme de Humberstone où à son apogée 5000 ouvriers vivaient. La région autour d’Humberstone est le seul endroit au monde que je connaisse où l’on ne voit pas la moindre herbe, le moindre cactus pousserHumberstone. Laissez-vous porter, cherchez les fantômes des ouvriers, ils sont nombreux, combien d’histoires à raconter, combien de drames, d’histoires d’amour (dans un monde où les célibataires n’avaient le droit qu’à un lit). La rouille parle d’une voix forte, les barrières des maisons s’ouvrent, se ferment, un simple nuage de poussière entre ou sort. Dans le théâtre résonne des voix fortes des émotions de scènes, entre les cliquetis des premiers projecteurs de cinéma, une belle femme en noir et blanc embrasse son amant. Dans la boulangerie l’odeur du pain frais est plus qu’un souvenir. Les bancs de l’école sont parfaitement encaustiqués, les élèves vont bientôt rentrer, écoutez leur voix, près de la route. Approchez de la zone industrielle, les panneaux vous indiquent un chemin vers « peligro » (danger), craquement, claquement, poussière dans les yeux. ciel bleu, invariablement bleu, terre rouge, terre brune, coups de pioches, sirène, explosion, coups de pioches, au bout d’un rail perdu une locomotive monte au paradis des vapeurs, dernier coup de corne.

Humberstone Humberstone Humberstone Humberstone Humberstone

Le regard se repose un instant une infinie plate et brune et au dessus une infinie bleue. Passage blanc, le spectre d’un nuage que le soleil rageur éteind en quelques secondes. une infinie vide, une infinie sans vie, d’où deux fois par siècle surgit un océan de fleurs et de couleurs.

Je vous vois déjà crier hurler. Infini est masculin! L’infinie est trop belle pour être masculin.

Humberstone

Fermez les yeux, entrez dans l’absence du monde, Humberstone, ville fantôme où la vie, sorcière au bois dormant, attend un prince charmant aux yeux de pluie.

Toutes les photos d’Humberstone




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