Archive for the 'France' Category

17
Déc
08

Cosmopolitisme

2004-2005. Ce fut le réveillon le plus mélangé que j’ai jamais vécu.

Pour le Noël, j’étais allé à Barcelone fêter avec des amis qui y habitaient. Le 26, je suis parti à Génève, et de la capitale de la Suisse française je suis reparti vers Zürick, où j’allais passer quelques jours avec un ami brésilien qui en était venu pour visiter la tante, mariée avec un suisse. 

J’y suis donc resté pendant 5 jours, puis je suis rentré en France, à Paris. J’avais des plans pour y fêter le réveillon avec des amis. Je suis descendu du train et je suis allé directement chez un ami à moi de la communeauté brésilienne qui allait m’héberger. J’ai même pas pu déposer mon bagage dans son appartement que les préparations ont démarré: aller au supermarché pour nous faire les achats de fin d’année, faire le nettoyage de la maison, tout arranger, etc. 

Le 31, vers 14h, peu à peu les gens ont commencé à arriver. Chacun portait ses trucs. Un peu de ça, un peu de ça… Avec plusieurs mains, tout a été prêt très vite. Plus de temps pour boire et faire la fête.

Le dîner a fini vers 23h et on est allé prendre le métro pour voir le passage de l’an devant la Tour Eiffel. Il  y avait du monde au Trocadéro. Nous étions plusieurs brésiliens, chacun d’un coin du pays (Curitiba, Porto Alegre, São Paulo, Rio de Janeiro, Brasília, Fortaleza, Belo Horizonte), et aussi des gens du monde entier: une russe, une haïtienne, deux américaines, une espagnole, un japonais, deux allemandes, un ucranien, une polonaise, un chilien et deux colombiens. Une gang d’étrangers. Chacun, à sa façon, saluait les autres:

Feliz Natal

Schastlivovo Novovo Goda (Счастливого Нового Года)

Happy New Year

Feliz Año Nuevo

Akemashite omedetou gozaimasu (明けましておめでとうございます)

Frohes neues Jahr

Новий рік

Szczęśliwego nowego roku

Bonne Année

Là-bas, on a rejoint les mexicains-parisiens, dont la communeauté a l’habitude de commémorer le Nouvel An et la fête de la République à Trocadéro. Pourquoi là? Je n’en sais rien. À la mexicaine, tout le monde a picolé jusqu’à l’aube. On a fini la soirée en 20 personnes chez mon ami à 15h du 1er janvier. 

La première sensation de 2005? Quelle gueule de bois!

 

 

Publicités
30
Oct
08

Chartres

La France est un petit grand pays, messieurs, je vous l’avoue. De la taille d’un département moyen brésilien, vous y avez pas mal de choses à visiter. Au-delà des destinations les plus souhaitées, comme Paris, Lyon, Marseille, Bordeaux et Strasbourg, il y en a beaucoup plus d’autres. Moi, ce que j’aime en France c’est qu’à n’importe quel petit village où vous allez vous aurez des choses intéressantes à voir. Ville moyenne, Chartres en a plein.

Lorsque je suis arrivé en France, une des premières personnes à qui j’ai parlé a été O., une ex-copine chili-française de Brésil. O. était née au Chili, mais vers 6, 7 ans en est partie avec ses parents à cause de la dictature chilienne, de telle façon qu’elle a vécu presque sa vie entière en France. La jeunesse, elle l’a passé à Chartres, où son père habite toujours. De là, elle est partie pour étudier sur Paris. J’ai fait sa connaissance à Curitiba, lors de son « Erasmus » en Amérique Latine.

Je suis donc arrivé et le lendemain on s’est rencontré au petit jardin derrière l’église Notre Dame. On a passé toute la journée à bavarder et raconter les nouvelles l’un à l’autre. Ce jour-là, elle m’a promis qu’elle allait m’emmener à Chartres. Opportunité de visiter une ville avec un guide du coin? Pas de chance de rater ça.

La semaine suivante, nous voilà à nous rencontrer à la gare et partir vers sa ville natale. Qu’est-ce que j’en peux dire? Si jamais vous allez en France, allez-y. Si vous aimez bien l’architecture des églises, il faut visiter la cathédrale de Chartres.

espèce d'autel
espèce d’autel
le toit
le toit
Chartres vue de l'église
Chartres vue de l’église

Sinon, si jamais vous marchez à pied par Chartres, vous trouverez des jolis petit coins…

'tite rue à Chartres

'tite rue à Chartres II

Visiter Chartres m’a montré une chose que je soupçonnais déjà. N’importe quel lieu peut être intéressant si vous êtes accompagné avec quelqu’un du pays. Les rues deviennent des histoires, les places des romans, les bars des souvenirs…

Ma visite à Chartres a été plus qu’une destination touristique: a été un voyage dans le temps vers les mémoires de O., vers sa jeunesse, les amours du passé, les amis perdus…

25
Oct
08

Clermont-Ferrand

Quoique mon séjour en France ait été plein de mauvaises choses, je vous avoue que j’aime bien la France. Vachement. C’est un très joli pays, et vous pouvez y trouver plein de gens sympatiques. J’ai beaucoup d’envie d’y retourner pour habiter quelques années…

Le motif qui m’y emmena fut avoir réussi une bourse de travail comme professeur assistant langue étrangère. Clermont-Ferrand m’a été octroyé comme destination. Et me voilà à y être allé.

Après être passé trois mois à Paris et en voyageant en Europe, je suis parti à Clermont. Mon premier foyer là-bas fut à Montferrand, juste à coté de Michelin, dans un lycée.

Ma chambre dans le lycée

ma chambre dans le lycée

Oui, il y a tellement de poussière dans l’air que ça se faisait sentir lorsque vous respiriez, mais il y avait quand même un coup de charme.

La vue de ma chambre au lycée

la vue de ma chambre au lycée

Pas content avec le fait d’être loin du centreville et de ne pas avoir de transport pour chez moi après 20h30 (à Clermont, le transport s’arrêtait vers 20h-20h30), j’ai commencé à chercher où habiter plus près du centre. J’ai cherché quelques jours jusqu’à Annie, une autre assistante, m’a invité d’habiter avec elle et un autre italien. Nous voilà les trois à déménager au centreville.

chez nous à Clermont

chez nous à Clermont

La convivence n’était pas si difficile. Quoique nous fûmes trois, tout allait bien.

mon lit

mon lit

Moi, je dormais sur un lit gonflable acheté par 15 euros, qui au bout de quelques semaines m’avait déjà tout cassé le dos. Mais pas grave. On s’amusait quand même.

mes room/housemates...

mes room/housemates...

Parfois, et c’est souvent ça, Clermont me manque…

27
Juin
08

La Vache

Lors de mon séjour labourable en France, où je travaillais comme professeur assistant de portugais, j’ai souvent souffert du racisme. Dès les premiers mots que j’ai échangés avec ma professeuse superviseure (appelée dorénavant tout simplement « la Vache »), j’ai su que la coexistence entre nous n’allait pas être simple.

Le 4 octobre, vers 8h, je suis arrivé au collège où j’allais travailler pour faire signe que j’étais là. Je me suis présenté au directeur, à mes futurs collègues et à ma professeuse superviseure, à qui, hypothétiquement, je devais aider. Moi, voulant lui donner une bonne impression, j’ai utilisé toute la sympathie qu’a pue m’inculquer ma culture brésilienne. Notre première conversation a pourtant été ainsi :

Moi : Bonjour, Madame. Enchanté de faire votre connaissance.

La Vache : Bonjour.

M : Je voudrais me présenter. Je suis votre nouvel assistant de portugais langue étrangère.

V : Ah, vous êtes donc Maïkon, n’est-ce pas ?

M : Oui, Madame.

V : Avant tout, sachez que vous êtes là pour m’aider, pas le contraire. M’aider avec n’importe quoi n’importe comment n’importe quand. J’ai déjà eu plusieurs assistants et tous m’ont causé beaucoup de problèmes, surtout ceux qui étaient brésiliens, car ils étaient tous des paresseux et incompétents. J’espère que vous ne le serez pas.

M : Ben… (quoi dire dans une situation pareille ?)

Moi, j’ai dû pensé à basse voix : Maïkon, sois le bienvenu, putain !

Notre conversation a continué et la Vache m’a expliqué, avec une amertume infinissable, tout ce que je devais savoir pour faire mon travail bien fait.

Le même jour, fin d’après-midi, je suis rentré chez moi avec les pensées à toute vitesse : mon travail était plutôt de professeur (quasiment) et pas d’assistant comme on m’avait prévu. Pas de problème pour le boulot proprement dit. Je n’ai pas peur de travailler. Mais ce qu’elle m’a laissé bien clair c’était qu’elle voulait un assistant dans le sens d’aider, pas dans le sens d’apprentis, ce qui était en fait pourquoi j’étais venu du Brésil. Me voilà donc arriver chez moi complètement désespéré et travailler d’arrache-pied au-dessus des cours de la semaine.

Le lendemain matin, lors du déjeuner, au coin prof du restaurant du collège, elle s’est tournée vers moi, m’a lancé un regard âpre et m’a posé la question suivante :

V : Pourquoi est-ce que tous les travestis du monde sont brésiliens ? Pourquoi est-ce que tous les hommes sont des coureurs de jupes et les femmes des putes ?

Détail menu : on était tous (les professeurs du collège) assis à la même table ronde.

Silence absolu parmi tous les professeurs. Leur visage hébété et hagard était déjà tout signifiant.

Moi, j’ai dû me contrôler pour ne pas escagasser la Vache. Néanmoins, j’avais besoin de me défendre à la hauteur de son offense, pour qu’elle sache que je n’étais pas venu du Brésil pour engolir sapo (quelque chose comme « avaler des crapauds », c’est-à-dire, accepter soumis à ses offenses).

M : Ben, j’imagine parce que là-bas on a déjà passé par une vraie révolution sexuelle, de façon que les gens n’ont pas de faux moralismes et ne sont pas d’hypocrites de merde comme ailleurs ! Le plus important c’est s’accepter et être heureux.

Le ris contenu entre tous a été assourdissant. La Vache ne s’y attendait pas. Elle m’a jeté un regard machiavélique, s’est levée et s’en est allée sans avoir fini son repas.

Avant même qu’elle soit complètement sortie de la cantine, les autres professeurs s’écriaient déjà : Bravo ! Excellent ! Bien dit, elle le méritait ! Ce fut donc un grand vacarme. Dans ce moment-là, j’ai découvert que la Vache était haïe par tous. Moi, je me suis senti un peu soulagé et j’ai décidé de ne lui parler que pour le nécessaire au sujet des cours.

Il s’est passé qu’à partir de cet épisode-là j’ai fait pas mal d’alliés et une grande ennemie : Madame la Vache, comme elle était devenue connue parmi les autres professeurs !

Il est sûr que ma vie s’est bien compliquée depuis alors. À chaque allée au collège j’en revenais avec plus de travail (non nécessaire), de problèmes et de tracas. Pendant le trajet de retour, je venais plein de rage. La seule chose à laquelle j’arrivais à penser c’était d’empaller la Vache et en faire un bon barbecue. Putain de vache !

Mes jours étaient de plus en plus détestables. En ton de vengeance, la Vache faisait tout ce qui était à sa portée pour rendre ma vie insupportable : des petits commentaires sarcastiques et trop racistes, disséminait des faux commérages sur moi parmi les élèves, a distribué mes horaires de telle façon que je devais passer presque toutes les journées au collège (alors que tous les autres assistants que je connaissais, soit dans mes établissements d’enseignement, soit ailleurs en France, ne travaillaient qu’un ou deux jours par semaine justement pour optimiser leur temps). Affreux !

Disons que j’ai souffert à cause de la Vache.

Au bout de mon sixième ou septième mois de travail, je ne la supportais plus et, après y avoir beaucoup réfléchi, j’ai décidé de démissionner. C’est donc qu’un bon jour, à la fin de mes cours de l’après-midi, je suis allé au bureau du directeur, je lui ai tout raconté et je lui ai communiqué que j’allais partir. De façon surprenante, il m’a dit qu’il me comprenait (jusqu’aujourd’hui je ne sais pas pourquoi) et que ça ne lui posait pas de problèmes. Le plus important était mon bien-être. J’ai donc démissionné et un mois après, ne pas ayant trouvé du boulot et sans un sou, je suis retourné au Brésil.

L’année dernière, j’ai reçu, sur mon ancienne boîte de réception, un mél du secrétaire pédagogique d’Auvergne, à qui à l’époque j’ai dû rendre personnellement une lettre avec tous les motifs par lesquels j’avais démissionné. La lettre racontait que La Vache, après s’être soumise à une enquête auprès ses collègues, élèves et anciens assistants, avait été renvoyée.




Blog Stats

  • 58,577 hits
décembre 2017
L M M J V S D
« Juin    
 123
45678910
11121314151617
18192021222324
25262728293031

Carnet de voyages - groupe Flickr

Amis voyageurs du monde

Vous venez d’où?