Archive for the 'Pérou' Category

05
Déc
08

Portraits sur Amazone – 5

Yurimaguas

Yurimaguas, nous la nommerons ici la porte des Andes; De là part la route qui monte à Tarapoto d’où l’on aperçoit enfin les Andes. Yurimaguas c’est aussi une ville qui possède une cathédrale, laide, bleue, mais construite par Gustave Eiffel. C’est aussi à Yurimaguas que nous rencontrerons Nilo celui qui deviendra notre guide de la jungle.

Nous partons, notre direction l’improbable village de Parinari. Pour accéder à notre bateau, nous sautons de bateau en bateau. Fini la croisière sur les grands et “puissants” bateaux qui remontent le fleuve. Ici une longue barque étroite, couverte d’un toit de bois et de tôles ondulées,  un petit moteur et tout au bout, des latrines en suspension au dessus du fleuve, un simple trou comme chasse d’eau. Nous venons de nous installer quand ces deux enfants commencent à scruter le fleuve dans l’attente du départ.  Sortir l’appareil, les immortaliser, tel un réflexe.

Le moteur démarre. Nous voilà, flottant à hauteur de l’eau, dans le bruits de tondeuse du moteur, direction la jungle et de nombreux moments émouvants, déroutants et même douloureux.

vers Yurimaguas

19
Nov
08

Portraits sur Amazone – 4

Parinari

Nous sommes à Parinari, petit village de la jungle. Aujourd’hui nous sommes invités à visiter l’école publique du village. C’est un jour spécial, un jour de fête chaque enfant est venu avec une petite pirogue, œuvre d’un de leurs parents. Même au cœur de la jungle à 3 heures de marche du bateau le plus proche pour retourner à la ville Yurimaguas , les enfants ont leur uniforme, comme dans toute l’Amérique latine.

Parinari

libellule de Parinari

17
Nov
08

Portraits sur Amazone – 2

Vers Yurimaguas

Nous sommes sur le dernier bateau, entre Iquitos et Yurimaguas. La nuit précédente, je me suis fait subtilisé mes bons godillots de marche qui pourtant avait déjà souffert pendant plus d’un an sur diverses terres fascinantes. Un incident de voyage sans grande importance, mais toujours désagréable et surtout aux conséquences insoupçonnées (une grosse dizaine d’ampoules aux pieds après une marche en botte dans la jungle, mais nous y reviendrons).

Le nuit tombera dans quelques minutes avec cet empressement déroutant des crépuscules équatoriaux. La jeune fille est sur le pont inférieur, je suis sur le pont supérieur. A la main elle tient une tortue aux pates entravées qui terminera le lendemain ou le jour suivant au fond d’une marmite. Les heures sont longues sur le bateau, elle joue donc avec son futur repas pour accélérer le temps.

14
Nov
08

Portraits sur Amazone

La grosse fatigue se combinant maintenant avec des insomnies, j’ai décidé de me faire voyager un peu la tête et de vous emmener avec moi le long du plus grand fleuve du monde, verticale aorte de l’Amérique du sud, la stupéfiante Amazone.

J’ai découvert le fleuve le 17 août 2004 à Manaus et je l’ai quitté à Yurimaguas le 19 septembre de cette même année, malade comme un chien, mais triste de quitter cette fascination après un long mois de contemplation.

Pendant ce voyage au royaume des eaux et des arbres, le temps s’est déroulé au rythme des astres, de la chaleurs, des bateaux,  de la nature.

En tout nous naviguerons 11 nuits sur 3 bateaux. Nous traverserons ou croiserons 3 pays et 2 langues officielles.

Dans cette tranquillité féroce de la jungle, je me suis laissé prendre au jeux des portraits. Ce sont ces portraits que je vais partager avec vous dans les jours qui viennent. Ainsi je m’échapperai un peu de la canicule de Buenos Aires et le chaos de ma fatigue en vous entrainant sur les routes de ces beaux visages qui m’ont tant marqué pendant cette rencontre avec le Fleuve.

Sur l'Amazone - de Santa Rosa à Iquitos - Pérou

Nous sommes entre Santa Rosa et Iquitos. Dans la matinée du jour suivant nous arriverons à Iquitos, la plus grande ville au monde sans route, seuls le fleuve et l’avion permettent d’y accéder. Dés le premier jour de bateau la petite fille nous a  demandé notre bouteille de 5l d’eau. L’ayant terminés nous lui offrons. Ce qu’elle en fera nous l’ignorons un récipient pour de l’eau ou de l’huile ou même de l’essence difficile à dire, quoi qu’il en soit cette bouteille est pour elle un trésor précieux. Derrière elle se cache son petit frère, mais nous le retrouverons sur d’autres photos.

21
Juil
08

Un sourire salé

Maras, c’est d’abord une combe qui ouvre la montagne,

Puis un torrent aux rives étrangement blanches,

Puis un chemin qui crapahute dur dans la montagne,

Puis un tache blanche croquant celle-ci,

Puis des bassins en terrasse, blanc,  gris,beige, brun, rouge…

Puis des dizaines de points noirs ramassant, raclant le sel,

Puis des tas de sels aux couleurs distinctes,

Puis des enfants pieds nus courants, éclat de rire.

Continuer son chemin, la saline devient palette de peintre,

Puis on arrive sur le plateau,

Puis on arrive au village,

Un restaurant, une soupe chaude,

Un souvenir qui préfère rester un rêve.
Salines de Maras

carte

18
Juin
08

Un autre monde

Parinari, 3 heures de bateau, 3 heures de marche dans la jungle, une pause chez le fabricant du Whisky de la jungle (alcool de cane fermentée, rien à voir avec le rhum, qu’il nous dit), plus d’ampoules à chaque pied que de lampadaire dans Paris. Un petit coin de jungle récement brulé, un champ de manioc, quelques bananiers, une première hute, nous sommes arrivés à Parinari. Le village, de petite maison de bois et de feuillage entourent un improbable terrain de football. la seule batise en dur est l’école.

Nous resterons 3 jours dans ce village hors du temps, nous y boirons des litres et des litres de chica, une boisson douçâtre, nous nous plongerons dans la jungle à la recherche d’un palmier dont le coeur sera notre diner, nous dégusterons des vers de bananiers et quelques insectes.

Le second jours dans la cabane commune du village,  la salle des fêtes en quelques sortes, nous échangerons contes, histoires, mots, 3 heures passionnantes. Le derniers jours, nous remonterons en pirogue au levé du jour, un petit affluent du grand fleuve.

Toucans, oiseaux, brume légère, singes hurleurs, bruissement de la jungle, bruissement d’ailes, odeur de l’eau, odeur de verdure, il m’est difficile de savoir sur quel sens me concentrer, dois-je fermer les yeux, dois-je me boucher le nez ou les oreilles. Trop de sensations m’assaillent. Qu’importe.  Je me laisse porter. je me perds. Intenses sensations de bonheur. Je vis…

Parinari

Toutes les photos de la série sur l’amazone

19
Jan
08

Les chamanes de Tarapoto

C’est en bus depuis Lima que j’arrive dans la petite ville de Tarapoto. En fin d’après-midi, le centre est encore endormi par la chaleur et l’humidité. Les recherches commencent pour y trouver l’objet de ma visite.

Le centre Takiwasi. Ouvert et géré par un médecin de MSF, ce centre a comme but de soigner et réintégrer à la vie « normale » des accros à la pasta base (une drogue pas chère dérivée des restes de cocaïne).

Je suis intéressé par le concept que l’on puisse traiter cette dépendance grâce au chamanisme et a ses connaissances ancestrales. Pour être précis, je devrais écrire, grâce aux curaderos de la foret Amazonienne. En effet, le terme chaman vient de Mongolie mais s’applique maintenant de l’Amérique du Sud à l’Afrique et l’Asie.

Apparemment, le taux de guérison des patients du centre est de 60% !

Apres une visite de la ville, je le trouve en lisière de foret, dans le calme et la fraicheur, proche d’une belle rivière. L’ambiance est détendue et je me sens tout de suite a l’aise. Une charmante française m’accueille, me fait visiter le centre et m’explique le concept. Je suis passionné par ce que je vois et elle me propose de participer a un cours de trois jours de développement personnel. Apparemment, ils offrent ces cours afin de générer l’argent nécessaire au fonctionnement du centre. Parfais !

Je ne pouvais mieux demander. Le séjour se déroule ainsi.

Premier, une purge traditionnelle a base de magnésium et lait de coco. On commence. Rien de mieux qu’un bol de ce breuvage pour rentrer de suite en chambre et y rester pour un bon moment.

Rendez-vous le lendemain en début d’après-midi pour la deuxième purge. Celle vomitive.

Je vous passe les détails de fin de journée et me voici le lendemain, frais comme un rose, assis par terre, avec un seau, une carafe d’eau en plastique, trois autres participants et le chaman au milieu. Il nous explique que la purge vomitive est un élément essentiel dans la purification avant la séance chamanique de demain. Nous allons boire une mélasse gluante et amère extraite d’une plante et, pour faciliter la purification, avaler un maximum d’eau.

J’ingurgite, grimace, boit ma carafe de 1.5lt et en demande un autre. Le chaman me dit que certaines personnes, lors de vomissements sentent le gout de médicament qu’ils on prit il y a des années….je m’attend au pire!

Forcement, au bout d’un moment je commence à me questionner sur la raison de ma visite ici. Je n’étais pas bien au Galápagos, la plage, les animaux, le soleil. Décidément, l’homme est un animal bien complique.

Et c’est au milieu de ces pensées que la nausée commence à monter. Littéralement. Plié en quatre sur mon seau, je regarde le chamane et ai la confirmation que tout est normal. La purge commence. Je bois, je vomis, on vide le seau…et c’est reparti.

Malade comme un chien, j’aperçois mon voisin, un Alemand de mon âge. Le pauvre n’a pas encore commencé à se vider, il est vert et gonflé, j’ai mal pour lui.Trois heures plus tard, à bout de force, je me lève pour rentrer en chambre. Je peux partir avec la recommandation de ne rien manger jusqu’à demain soir. Enfin chez moi, une séance de lutte gréco-romaine avec la cuvette des chiottes me guète. La crise passée, je me sent mieux et vais m’allonger sur le lit. Vide, je me rends compte qu’il est minuit. Le temps vole quand on gerbe de la bile.

Quelle bonheur de se sentir de nouveau bien, léger. Je suis surement purifie mais mon estomac est vide et crie famine. Le chaman m’a dit…un thé peut être…impossible. Mon sang italien hurle, j’ai besoin d’une bonne pizza pour me remettre en forme. Par pure miracle, j’en trouve une en ville et l’avale comme un ogre. Ma conscience me fout la paix et je vais me coucher comme un bébé.

Troisième jour, séance chamanique a l’Ayahuasca.

Le Chamane nous explique que cette plante a des pouvoirs psychotropes et aide à communiquer a travers les mondes. Comme c’est une plante femelle, elle ne doit être prise que dans la nuit avec l’aide d’un guide.

Nous allons dans la foret pour voir à quoi ressemble cette plante fascinante. Noire, tordue, entremêlée de racines froides, elle m’inspire de la crainte et du respect. On voit bien que ce n’est pas un végétal commun. De cette racine, le chamane extrait le liquide qui, mélange a une autre plante (pour donner de la couleur aux visions), sera la base de notre expérience.

Je suis content de me trouver avec Juan, ce chamane en qui j’ai confiance, et de savoir qu’il sera mon guide cette nuit. Je me sens en sécurité et ne voudrais pas prendre de l’Ayahuasca dans un autre contexte, en soirée ou sur une plage pour se faire un trip. Si je peux donner un conseil et si l’expérience vous tente, faites le dans ce type de cadre et avec des personnes dont vous avez confiance.

Il fait noir, nous sommes en cercle, assit par terre. Au milieu de la foret d’Amérique du Sud on n’est jamais seul, tous ces sons, ces bruits. Un moment de silence et ça repart. Je bois mon Ayahuasca. Le gout amer enveloppe ma bouche et tortille mes entrailles. Je croise les jambes et me concentre.

Juan, commence à chanter. Sa voix et douce et mélodieuse, elle me porte, je suis léger et heureux. Puis, petit à petit, je sens que mon état de conscience change. Je ressens des choses, de la chaleur, des nouveaux bruits et le chant du chamane. Doucement, je commence un voyage qui ne terminera qu’au lever du soleil, demain matin. Le cercle que nous formons m’apporte la confiance nécessaire pour profiter de cette expérience. La voix de Juan me berce et son timbre change, comme pour accélérer mes pensées quand elles sont lentes et les calmer quand elles s’emballent. Ce n’est pas un hasard et j’éprouve de plus en plus de respect pour cet homme un peu frêle et modeste.

D’un coup, j’ouvre la porte d’un nouveau monde. Tout en couleur, je vois, je sens et j’écoute. Je me balade comme je le ferais dans une nouvelle ville, pour y découvrir ces merveilles.

Assis, un milieu de cette foret, je me rends compte que je suis vraiment éclaté et essaye de me concentrer sur mon voyage pour ne pas laisser la panique détruire ce nouveau monde des merveilles.

Et puis, une voix me parle, comme celle d’un guide. Ce n’est pas Juan. Peut être juste mon inconscient ou peut être… A chacun d’en décider. Pendant le reste de la nuit il va m’accompagner et répondre à mille questions que je lui pose. Il me parle des serpents, je les vois qui se glissent dans mes jambes, sensuels, je les crains et les admire. Je pourrais continuer encore longtemps.

Toutefois, ce qui me reste clairement gravé dans mon esprit est le respect de la Nature. Un dégout pour le chimique et l’artificiel qui m’accompagne encore aujourd’hui dans mes choix de vie. La vision du monde des chamanes me plait beaucoup. Animiste, je la trouve bien plus intéressante et valorisante que celle catholique du Vatican.

Je quitte Tarapoto et Juan plein d’énergie et les remercie de cette magnifique expérience. Je remercie également l’esprit de l’Ayahuasca pour m’avoir amené dans ce nouveau monde sans trop de tempête. Mon voisin ne pourra pas en dire autant.

Plus tard dans ma vie, j’aurai encore l’occasion d’aller voir ce qui se passe là-bas. Mais ceci je ne le sais pas encore et ce sera peut être une autre histoire….




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