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08
Avr
08

à la conquête de la Terre de feu

Après la traversée en bateau nous arrivons à Porvenir, un petit village mignon, mais on ne fait presque pas attention à ce qui nous entoure. Cela fait à peine une semaine que j’ai retrouvé mon frère, et après plusieurs mois de voyage je suis juste content de discuter avec lui, de manger du fromage et du chocolat. Alors on quitte Porvenir le jour même, nos gros sac sur le dos, de quoi se nourrir pour 3 ou 4 jours et plein d’énergie et de motivation. Nous partons à pied, une carte en main, à la conquête de la Terre de Feu et sûr de notre coup. Après quelques heures de marche nous décidons de planter la tente et de profiter de ce paysage incroyable, sans arbre, vallonné où trottent plein de bébêtes.

Le soir on se cuisine une bonne platée de pâtes, un lac à nos pieds nous sert de source. Nous regardons ensuite le tardif couché du soleil et nous admirons quelques instants le ciel étoilé avant de sombrer dans un sommeil profond. Tout est parfait.

Le réveil est un peu plus dur, le thé avec l’eau du lac a un sérieux goût de sel. Un blague qui nous fait pas vraiment rire, nos stocks d’eau sont très limité et si nous ne trouvons pas de sources nous risquons d’avoir des problèmes. Pourtant en Patagonie l’eau ne devait pas être un souci…

Malgré tout, nous décidons de reprendre notre route, à chaque lac on vérifie le goût de l’eau. A chaque fois le même dégoût, ce n’est franchement pas agréable. Le temps passe et la première voiture que nous voyons en deux jours nous prend en stop. Sur 10 kilomètres, rien de transcendant. Selon la carte que nous avons, nous sommes à une centaine de kilomètres de notre but. Sans eau ça va être dur. Un autre voiture nous avance dix de plus. Mais là c’est le drame, on apprend que la prochaine ville n’est pas à cents mais trois cent kilomètres (un peu moins en réalité). La question n’est plus seulement celle de l’eau, mais aussi celle de la bouffe, du temps etc.

On ne sait pas vraiment quoi faire alors on continue à marcher, espérant une solution miracle, on se regarde comme deux cons, avec notre carte pourrie. Sans se le dire nous pensons tous les deux la même chose… bordel de merde! C’est la deuxième fois qu’on se fait avoir comme des bleus pour une histoire de saloperie de carte, la première fois on s’était perdu dans une montagne en Thaïlande… On n’a pas appris!

Mais finalement le miracle arrive assez vite, on a toujours de la chance quand on voyage. Un nuage de poussière arrive à mille l’heure, le bus qui passe deux fois par semaine fonce sur la piste. Sans réfléchir on se met au milieu les bras en l’air pour lui faire des signes, et même si au dernier moment on se rabattra sur le bas côté (imaginez si les freins étaient pourris!), nous étions bien décidé à stopper ce bus. Bien logiquement il est plein, mais le chauffeur nous propose le couloir à moitié prix. Sans hésiter on accepte. Nous retrouvons nos compagnons de traversée qui eux sont restés à Porvenir pour attendre le bus qu’ils avaient réservé deux ou trois jours avant!

Quelques heures plus tard, après avoir passé la douane, descendu et remonter dans le bus pour éviter le terminal de Rio Grande, nous arrivons à Ushuaia.

El fin del mundo.

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19
Nov
07

Humberstone ou l’enfer du salpêtre

Voir carte …

Humberstone est l’une des incroyables mines de salpêtre à ciels ouverts du nord du Chili. Un des grands lieux de l’esclavagisme de l’ère industrielle. Cette région, chilienne depuis 1884 et la guerre du pacifique impliquant chiliens, Boliviens et Péruviens était le seul accès à la mer de la Bolivie. Aujourd’hui le port le plus accessible pour la Bolivie est porto Alegre sur l’Atlantique.

Humberstone

HumberstoneLes Boliviens réclament depuis 100 ans leur accès à la mer, mais les nationalismes exacerbés des deux protagonistes n’ont pas permis de faire évoluer le conflit d’un millimètre durant cette période. La guerre s’est déclenchée quand les Boliviens ont voulu taxer les mines de cette région qui avaient été développées par les Chiliens et les Anglais (ce qui explique le nom peu hispanique d’Humberstone.

Durant plus d’un siècle les mines se sont développées dans cette régions particulièrement inhospitalière; certains disent qu’il n’y pleut qu’une fois tous les 50 ans et que ce jour-là le désert se couvre de fleurs. Comme on peut se l’imaginer, Les conditions de travaille y était terrible. Pablo Neruda raconte, dans un chapitre de son magnifique livre autobiographique « j’avoue que j’ai vécu », ses luttes dans cette région à l’époque où il en était député. Certains massacres comme celui d’Iquique en 1907, durant lequel plus de 3000 mineurs sont tué par l’armée, restent encore dans toutes les mémoires chiliennes.

Humberstone Humberstone Humberstone Humberstone Humberstone

Voici donc quelques photos de la ville et mine fantôme de Humberstone où à son apogée 5000 ouvriers vivaient. La région autour d’Humberstone est le seul endroit au monde que je connaisse où l’on ne voit pas la moindre herbe, le moindre cactus pousserHumberstone. Laissez-vous porter, cherchez les fantômes des ouvriers, ils sont nombreux, combien d’histoires à raconter, combien de drames, d’histoires d’amour (dans un monde où les célibataires n’avaient le droit qu’à un lit). La rouille parle d’une voix forte, les barrières des maisons s’ouvrent, se ferment, un simple nuage de poussière entre ou sort. Dans le théâtre résonne des voix fortes des émotions de scènes, entre les cliquetis des premiers projecteurs de cinéma, une belle femme en noir et blanc embrasse son amant. Dans la boulangerie l’odeur du pain frais est plus qu’un souvenir. Les bancs de l’école sont parfaitement encaustiqués, les élèves vont bientôt rentrer, écoutez leur voix, près de la route. Approchez de la zone industrielle, les panneaux vous indiquent un chemin vers « peligro » (danger), craquement, claquement, poussière dans les yeux. ciel bleu, invariablement bleu, terre rouge, terre brune, coups de pioches, sirène, explosion, coups de pioches, au bout d’un rail perdu une locomotive monte au paradis des vapeurs, dernier coup de corne.

Humberstone Humberstone Humberstone Humberstone Humberstone

Le regard se repose un instant une infinie plate et brune et au dessus une infinie bleue. Passage blanc, le spectre d’un nuage que le soleil rageur éteind en quelques secondes. une infinie vide, une infinie sans vie, d’où deux fois par siècle surgit un océan de fleurs et de couleurs.

Je vous vois déjà crier hurler. Infini est masculin! L’infinie est trop belle pour être masculin.

Humberstone

Fermez les yeux, entrez dans l’absence du monde, Humberstone, ville fantôme où la vie, sorcière au bois dormant, attend un prince charmant aux yeux de pluie.

Toutes les photos d’Humberstone




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