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25
Oct
08

Clermont-Ferrand

Quoique mon séjour en France ait été plein de mauvaises choses, je vous avoue que j’aime bien la France. Vachement. C’est un très joli pays, et vous pouvez y trouver plein de gens sympatiques. J’ai beaucoup d’envie d’y retourner pour habiter quelques années…

Le motif qui m’y emmena fut avoir réussi une bourse de travail comme professeur assistant langue étrangère. Clermont-Ferrand m’a été octroyé comme destination. Et me voilà à y être allé.

Après être passé trois mois à Paris et en voyageant en Europe, je suis parti à Clermont. Mon premier foyer là-bas fut à Montferrand, juste à coté de Michelin, dans un lycée.

Ma chambre dans le lycée

ma chambre dans le lycée

Oui, il y a tellement de poussière dans l’air que ça se faisait sentir lorsque vous respiriez, mais il y avait quand même un coup de charme.

La vue de ma chambre au lycée

la vue de ma chambre au lycée

Pas content avec le fait d’être loin du centreville et de ne pas avoir de transport pour chez moi après 20h30 (à Clermont, le transport s’arrêtait vers 20h-20h30), j’ai commencé à chercher où habiter plus près du centre. J’ai cherché quelques jours jusqu’à Annie, une autre assistante, m’a invité d’habiter avec elle et un autre italien. Nous voilà les trois à déménager au centreville.

chez nous à Clermont

chez nous à Clermont

La convivence n’était pas si difficile. Quoique nous fûmes trois, tout allait bien.

mon lit

mon lit

Moi, je dormais sur un lit gonflable acheté par 15 euros, qui au bout de quelques semaines m’avait déjà tout cassé le dos. Mais pas grave. On s’amusait quand même.

mes room/housemates...

mes room/housemates...

Parfois, et c’est souvent ça, Clermont me manque…

27
Juin
08

La Vache

Lors de mon séjour labourable en France, où je travaillais comme professeur assistant de portugais, j’ai souvent souffert du racisme. Dès les premiers mots que j’ai échangés avec ma professeuse superviseure (appelée dorénavant tout simplement « la Vache »), j’ai su que la coexistence entre nous n’allait pas être simple.

Le 4 octobre, vers 8h, je suis arrivé au collège où j’allais travailler pour faire signe que j’étais là. Je me suis présenté au directeur, à mes futurs collègues et à ma professeuse superviseure, à qui, hypothétiquement, je devais aider. Moi, voulant lui donner une bonne impression, j’ai utilisé toute la sympathie qu’a pue m’inculquer ma culture brésilienne. Notre première conversation a pourtant été ainsi :

Moi : Bonjour, Madame. Enchanté de faire votre connaissance.

La Vache : Bonjour.

M : Je voudrais me présenter. Je suis votre nouvel assistant de portugais langue étrangère.

V : Ah, vous êtes donc Maïkon, n’est-ce pas ?

M : Oui, Madame.

V : Avant tout, sachez que vous êtes là pour m’aider, pas le contraire. M’aider avec n’importe quoi n’importe comment n’importe quand. J’ai déjà eu plusieurs assistants et tous m’ont causé beaucoup de problèmes, surtout ceux qui étaient brésiliens, car ils étaient tous des paresseux et incompétents. J’espère que vous ne le serez pas.

M : Ben… (quoi dire dans une situation pareille ?)

Moi, j’ai dû pensé à basse voix : Maïkon, sois le bienvenu, putain !

Notre conversation a continué et la Vache m’a expliqué, avec une amertume infinissable, tout ce que je devais savoir pour faire mon travail bien fait.

Le même jour, fin d’après-midi, je suis rentré chez moi avec les pensées à toute vitesse : mon travail était plutôt de professeur (quasiment) et pas d’assistant comme on m’avait prévu. Pas de problème pour le boulot proprement dit. Je n’ai pas peur de travailler. Mais ce qu’elle m’a laissé bien clair c’était qu’elle voulait un assistant dans le sens d’aider, pas dans le sens d’apprentis, ce qui était en fait pourquoi j’étais venu du Brésil. Me voilà donc arriver chez moi complètement désespéré et travailler d’arrache-pied au-dessus des cours de la semaine.

Le lendemain matin, lors du déjeuner, au coin prof du restaurant du collège, elle s’est tournée vers moi, m’a lancé un regard âpre et m’a posé la question suivante :

V : Pourquoi est-ce que tous les travestis du monde sont brésiliens ? Pourquoi est-ce que tous les hommes sont des coureurs de jupes et les femmes des putes ?

Détail menu : on était tous (les professeurs du collège) assis à la même table ronde.

Silence absolu parmi tous les professeurs. Leur visage hébété et hagard était déjà tout signifiant.

Moi, j’ai dû me contrôler pour ne pas escagasser la Vache. Néanmoins, j’avais besoin de me défendre à la hauteur de son offense, pour qu’elle sache que je n’étais pas venu du Brésil pour engolir sapo (quelque chose comme « avaler des crapauds », c’est-à-dire, accepter soumis à ses offenses).

M : Ben, j’imagine parce que là-bas on a déjà passé par une vraie révolution sexuelle, de façon que les gens n’ont pas de faux moralismes et ne sont pas d’hypocrites de merde comme ailleurs ! Le plus important c’est s’accepter et être heureux.

Le ris contenu entre tous a été assourdissant. La Vache ne s’y attendait pas. Elle m’a jeté un regard machiavélique, s’est levée et s’en est allée sans avoir fini son repas.

Avant même qu’elle soit complètement sortie de la cantine, les autres professeurs s’écriaient déjà : Bravo ! Excellent ! Bien dit, elle le méritait ! Ce fut donc un grand vacarme. Dans ce moment-là, j’ai découvert que la Vache était haïe par tous. Moi, je me suis senti un peu soulagé et j’ai décidé de ne lui parler que pour le nécessaire au sujet des cours.

Il s’est passé qu’à partir de cet épisode-là j’ai fait pas mal d’alliés et une grande ennemie : Madame la Vache, comme elle était devenue connue parmi les autres professeurs !

Il est sûr que ma vie s’est bien compliquée depuis alors. À chaque allée au collège j’en revenais avec plus de travail (non nécessaire), de problèmes et de tracas. Pendant le trajet de retour, je venais plein de rage. La seule chose à laquelle j’arrivais à penser c’était d’empaller la Vache et en faire un bon barbecue. Putain de vache !

Mes jours étaient de plus en plus détestables. En ton de vengeance, la Vache faisait tout ce qui était à sa portée pour rendre ma vie insupportable : des petits commentaires sarcastiques et trop racistes, disséminait des faux commérages sur moi parmi les élèves, a distribué mes horaires de telle façon que je devais passer presque toutes les journées au collège (alors que tous les autres assistants que je connaissais, soit dans mes établissements d’enseignement, soit ailleurs en France, ne travaillaient qu’un ou deux jours par semaine justement pour optimiser leur temps). Affreux !

Disons que j’ai souffert à cause de la Vache.

Au bout de mon sixième ou septième mois de travail, je ne la supportais plus et, après y avoir beaucoup réfléchi, j’ai décidé de démissionner. C’est donc qu’un bon jour, à la fin de mes cours de l’après-midi, je suis allé au bureau du directeur, je lui ai tout raconté et je lui ai communiqué que j’allais partir. De façon surprenante, il m’a dit qu’il me comprenait (jusqu’aujourd’hui je ne sais pas pourquoi) et que ça ne lui posait pas de problèmes. Le plus important était mon bien-être. J’ai donc démissionné et un mois après, ne pas ayant trouvé du boulot et sans un sou, je suis retourné au Brésil.

L’année dernière, j’ai reçu, sur mon ancienne boîte de réception, un mél du secrétaire pédagogique d’Auvergne, à qui à l’époque j’ai dû rendre personnellement une lettre avec tous les motifs par lesquels j’avais démissionné. La lettre racontait que La Vache, après s’être soumise à une enquête auprès ses collègues, élèves et anciens assistants, avait été renvoyée.

07
Jan
08

Ça caille, putain!

Dans mon cher pays, pendant le mois de décembre, il fait si chaud que même avant de sortir de la douche vous avez déjà commencé à suer désespérément. C’est dégueulasse. En Europe, par contre, non. Il fait froid là-bas, surtout dans ce petit pays appelé Auvergne. À la moitié du dernier mois de l’année, en 2004, il faisait froid, mais pas trop sur ville. J’imagine que la température rondait les 10 degrés.

Dans cette époque, j’avais un ami à moi qui me rendait visite à Clermont…

Cependant, pour pouvoir continuer ce récit, il faut parler un peu de lui. Goura c’est comment on l’appelle. Demi hari-krshna demi bon-vivant, au Brésil il est l’ami avec qui je pars souvent aux chutes d’eau, avec qui je fais mes randonnées, avec qui je pars à la recherche des sommets des montagnes de Serra do Mar, petite sierra à coté de chez moi. Goura est aussi le mec le plus zen dont j’ai jamais fait connaissance. C’est incroyable. Il est calme, tranquille, un mec avec qui la vitesse n’a pas de lieu.

Bon, Goura était venu me rendre visite à Clermont. Il est resté chez moi, sur mon coin, avec mon matelas. Ma roommate américaine était partie à Paris pour rencontrer le copain américain. Ma copine, américaine aussi, avec qui je passais tout le temps que j’avais libre, m’a accepté comme réfugié chez elle pendant le séjour de mon ami.

Le 18 décembre 2004, ma petite amie est partie pour passer la journée avec une famille qui l’avais aubergée lors de son arrivée en France. Moi, je suis rentré chez moi pour lézarder un tout petit peu avec Goura. Mon autre roommate, Lele, un italien fou de la tête, était sorti. Goura était là en train de prendre le petit déjeuner. Pendant on parlait et se demandait comment était allée la nuit antérieure, Goura est allé au balcon et a regardé le monde: ciel bleu, pas de nuages, ambiance agréable (pas si froid, chose de ne porter qu’un blouson). Il m’a donc dit: « Putain, ça te dit si on fait une randonnée n’importe où aux environs de la ville? » Moi, je lui ai répondu « Oui, bien sûr. Pourquoi pas? » Quelle destinée? Après avoir réfléchi un tout petit peu, on s’est décidé par le Puy-de-Dôme. Volcan, on dit que c’est touristique… Nous, déjà habitués à faire des randonnées à l’improviste, avons pris quelques choses que nous pensions que nous seraient utiles et sommes partis. Quelles choses avons-nous pris? Chacun portait un pantalon jeans, une tee-shirt, un blouson, un bonnet de laine et un pair de gants. Aux pieds, qu’un pair de chaussettes. D’acc. On y va, quoi.

dans le bus vers Orcines

Nous avons marché à pied jusqu’à la Place Jaude, d’où on m’avait dit que nous pouvions prendre un bus pour Orcines et de là-bas pour Puy. C’est ce que l’on m’a dit, parce que le bus nous a laissé au milieu de la route, où il n’y avait même pas une maison.

faisant de l’auto-stop

Putain, quoi faire? Ce fut un bon commencement. Faisons de l’auto-stop. Goura s’est levé le doigt, moi aussi, et nous avons lancé le coup. Première voiture, rien. Deuxième voiture, rien non plus. On s’est dit que cela n’allait pas marcher. Troisième voiture, le chauffeur a arrêté. La vache! Parfait. On n’a même pas attendu deux minutes. Où allait monsieur le chauffeur? Juste au parc du Puy-de-Dôme, car il allait faire un picnic avec sa femme et fils, qui l’attendaient déjà.

Ben, nous, on lui a remercié et s’est mis en marche vers le sommet.

le Puy

le commencement

 

On a pris le chemin et a sonné le cloche du début. Le commencement, comme vous voyez sur les photos d’au-dessus, tout était absolument parfait. Du soleil, pas trop de nuages. Il faisait bon.

pour commencer c’est toujours moins difficile

La montée s’est montrée pas trop importante au début. Du béton, des arbres côtoyant la route, le soleil qui nous chauffait. Du coup, on sent que la montée s’est faite augmenter et que les pas d’avant ne suffisaient plus. Il fallait faire plus d’effort pour atteindre les mêmes résultats du début. D’un moment à l’autre une brume s’est lancée vers nous et nous a avalé. On s’est vu complètement entourés. La portée de la vue atteignait, au plus, les cinq mètres. Il a commencé à bruiner. En peu de minutes, la température avait baissé sensiblement. Moi, je me suis mis mon bonnet, Goura a fait le même, chacun s’est mis ses gants et on a continué. De plus en plus penchée…

la brume

À peu près cinq minutes de bruine et brumes, on s’est croisé avec de la neige. La première fois que je voyais de la neige dans ma vie. Quelle émotion! Quel transport de voir quelque chose que je ne voyais que par la télé! Quel froid qu’il faisait! Attention déviée par la neige, la bruine et la brume, on ne sentait pas trop la sensation promue par le froid. On s’est arrêté un tout petit peu pour une pause repos et puis on a recommencé.

une petite halte

au milieu du néant

A chaque pas, la pente se faisait plus importante et le froid un peu plus intense. Mais pas de question de désister. On s’était dit qu’on allait jusqu’au bout. Autrement dit, jusqu’au sommet. Question d’orgueil. On ne pourrait pas retourner sans être montés comme il faut.

On a continué, continué, et la neige a augmenté, le vent s’est présenté comme autre adversaire, la brume nous diminuait la portée de la vue, la bruine nous mouillait peu à peu. La sensation des vêtements humides a commencé à nous préoccuper. Brusquement, le froid s’est vachement intensifié. Ça caillait, ça gelait… C’était vraiment quelque chose pour laquelle on ne s’était pas préparé. On était tout simplement au milieu de ce qu’on a appelé une tempête. Dans ce moment-là précisement, on a même pensé à désister, mais on a résolu de ne pas le faire. Faut continuer, quoi! On est des aventuriers.

ou la la la vache!

La montée continuait implacable et nous, encore nous croyant des courageux aventuriers, avons repris le chemin. Faut y arriver. Finalement, après avoir vacillé plusieurs fois (on désiste ou pas?), on est arrivé au sommet du Puy-de-Dôme.

Puy-de-Dôme

Il faisait si froid qu’on pensait que soit on allait perdre quelques doigts ou les oreilles, soit on allait arriver à Clermont avec une pneumonie. Dieu nous le dira, c’est certain. Là au-dessus, personne. Même pas une pauvre âme pour nous dire bonjour, coucou ou quoi que ce soit. La maison-établissement qu’il y a là, fermé. Tout fermé, quoi. Que nous! Il neigeait fort déjà, il faisait super froid. Mais nous, on n’a pas voulu désisté. Si l’on est là, faut parcourrir un tout petit peu et voir ce qu’il y a à voir. Comme la bruine, tempête de neige et brume étaient fortes, on n’a pas vu de loin les ruines. Ç’a été par hasard qu’on s’est allé se balader par là et on les a trouvé. Quelle bonne surprise au milieu de tout ce qui nous entourait.

les ruines latinesgelésGoura debout

On a pu résister à peu près 30 minutes au sommet. Il faisait trop froid pour nous deux. Qu’avec un blouson, un bonnet et un pair de gants de 3 euros on arrivait plus à y rester. On a dû descendre vite fait. En courrant, pour voir si le froid nous pardonnait un peu. Moi, je le savais déjà: j’attraperai au moins une grippe et problablement une pneumonie.

Et finalement on est descendu sains et sauvés… Dieu merci, quoi. Apprentisage que l’on peut en retirer: ne jamais sortir en hiver sans une doudoune!

Une fois sur Clermont, on a vu sur net qu’il faisait -7 au sommet du Puy! Et personne n’est tombé malade.

 

 

 

 

 

 




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