Posts Tagged ‘douanier

08
Nov
07

Passer la frontière – 2

Lei roumainNous en étions donc au moment où la douanière roumaine nous réveille. Elle nous demande nos passeports ce que nous nous empressons de faire. Puis voyant nos sacs verts kaki, elle décide de les fouiller. Je fais ici une brève aparté pour expliquer comment deux antimilitaristes de base voyagent avec des sacs de troufions. La raison est bien simple, nous cherchions des sacs de grandes tailles et surtout les plus solide possible et les seuls sacs répondant à ces deux caractéristiques était un Karimor type armé et n’existait qu’en une couleur, le vert kaki. Donc pour la première fois nous découvrions l’effet que la couleur de nos sacs provoquaient systématiquement sur des douaniers.

Elle se met à fouiller le sac de Claudio, qu’elle lui fait intégralement vider, éventrant avec un plaisir évident les sacs plastiques protégeant les habits plutôt que de les ouvrir. Elle s’arrête prés de 5 minutes devant une carte photocopiée de Bratislava (un secret défense ?) avant de tomber littéralement en arrêt devant le rouleau un papier toilette (arme de destruction massive???), bref 15 minutes plus tard, elle en finit avec le sac de Claudio et s’attaque au mien, même rituel, sauf que les découvertes faites dans le sac de Claudio semblent la rendre encore plus méfiante. C’est ainsi qu’elle découvre sur mon sac 2 poches qu’elle avait ratées sur le sac de Claudio. Elle se précipite donc sur mon camarade, mais son mouvement est intercepté par un autre douanier qui nous demande de tout remballer et de descendre du train. nous rangeons nos sacs avec la lenteur que nous impose notre fatigue et notre envie de faire chier discrètement les douaniers et une bonne dizaine de minutes plus tard nous posons enfin les pieds sur le sol roumain.

Eglide d'oradeaNous suivons notre douanier quand un étrange hurluberlu nous propose de nous changer de l’argent au noir. Nous essayons de lui expliquer que ce n’est pas vraiment le moment et que s’il attend un peu que nous ayons nos tampons d’entrée en Roumanie, nous serions ravis de faire affaire avec lui. Bien sur notre connaissance du roumain étant aussi limité que son anglais et son français, il nous a abandonné fort déçu à la porte du bureau de la douane. Là, c’est le chef qui nous reçoit, fort aimablement et dans un excellent français. Après un brin de causette, il nous tamponne nos passeports, nous sortons, nous sommes officiellement en Roumanie ! Par contre notre changeur a lui disparu. Qu’importe nous entrons dans le hall de la gare, regardons l’heure des trains, il est 7h30, nous avons un train à 9h tout est pour le mieux dans le meilleurs des mondes. Par contre la caissière refuse de nous vendre les billets car nous n’avons que des couronnes hongroises, des euros et quelques dollars, mais aucun lei roumain. Bref nous devons trouver un moyens de changer quelques euros en lei afin de pouvoir prendre le train. Mais où donc est passé notre hurluberlu? Ne le trouvant pas, nous décidons de tenter notre chance dans Solanto. Solanta est une de ces villes que Ceaucecus a profondément modifiée. la ville est une succession de petit bloc en béton de 3-4 étages qui se suivent jusqu’à ce que la ville s’arrête et laisse place à la campagne. Bien sur pas une banque et pas un magasin ouvert sur tout ce trajet (nous sommes dimanche pour ceux qui suivent encore).

vin Vampire
Bref de retour à la gare nous retournons au bureau de la douane pour demander où nous pourrions changer de l’argent. La réponse est nulle part, mais à ce moment de l’autre côté de la rue nous voyons une buvette qui ouvre. Claudio propose d’aller demander là, mais le douanier nous retient et nous change 5 euros contre une véritable fortunes de quelques 172 000 lei. Ouf, il est 8 heures, il nous reste une heure pour acheter les billets. Nous nous dirigeons vers le guichet quand le chef de gare nous demande si nous allons à Oradea. A notre réponse positive il nous dit de courir et de sauter dans le train qui part à la seconde même ou nous y montons. En effet, nous avions oublié un petit détail, il y a une heure de décalage entre la Roumanie et la Hongrie, il n’est donc pas 8 heures comme nous le pensions, mais bien 9 heures!

C’est ainsi que nous fraudons pour notre premier voyage en Roumanie. Nous croisons un contrôleur à qui nous essayons d’expliquer le problème. Il réfléchi longuement sort un petit livre avec tous les prix et nous montre la somme gigantesque de 200 000 lei. Nous lui montrons notre fortune, il regarde alors notre argent, regarde nos tronches, regarde notre argent, regarde nos tronches, regarde notre argent, prend un billet de 50 000 lei et s’en va sans nous donner le moindre ticket en contrepartie, trop fatigués, trop estomaqués par les aventures qui se succèdent depuis la veille, nous restons sans la moindre réaction. Fort heureusement, nous ne verrons plus le bout du nez du moindre contrôleur avant l’arrivée à Oradea.
La rivière d'Oradea
Totalement épuisés, nous descendons du train posons nos sacs, en sortons une bouteille de lait et un pain acheté la veille en Hongrie et nous nous offrons un sublime petit déjeuner. À ce moment, passe notre contrôleur, celui des 50 000 lei, il nous montre d’un geste de la tête et raconte quelque chose aux deux collègues qui l’accompagne. Nous ne serons jamais ce qu’il a dit, mais une chose est certaine cela à provoquer un éclat de rire général dans le groupe…

Qu’importe, nous étions en Roumanie et nos aventures dans ce pays nous ont appris que ce que nous avions vécu ces dernières heures étaient dans l’ordre de la normalité dans le plus dépaysant des pays européens. Pays oú l’on trouve un restaurant dans la maison de naisance de Vlad tepesh dracul dit dracula, pays où l’on croise des femmes entrant dans un cimetière avec un râteau dont la manche est taillé en pieu, pays dont les trains s’arrêtent au milieu de nulle part, pays où l’on trouve un vin, blanc ou rouge qui se nomme vampire.

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05
Nov
07

Passage de frontière épique, Guatemala-Mexique

Je pense que la pire chose qui puisse arriver avec nos amis les douaniers, surtout occidentaux, est une fouille pénétrante, je pense au touché rectal ;). Pourtant, et que Dieu (s’il existe) m’en préserve, ca ne m’est encore jamais arrivé, je vous le dirai, sûr ;). Je dis douaniers occidentaux, car dans beaucoup de pays au monde tout peut s’arranger moyennant un petit billet, mais faut pas se planter de pays, sinon quiz sur le 2eme effet kisscool !!

J’ai eu aussi mon lot de galère avec ces putains de douaniers (pardon, mais j’ai vraiment du mal avec les uniformes!), mais le plus grand plaidoyer que j’ai du faire auprès d’eux s’est déroulé à la frontière entre le Guatemala et le Mexique. Le problème étant que je ne pouvais pas sortir du pays, car je n’y étais jamais entré ! Je m’explique, là je parle comme le douanier ! Et seul un autre douanier peut comprendre !! J’étais donc effectivement bien entré au Guatemala puisque physiquement je m’y trouvé, mais mon passeport lui, était resté au Belize ! Ou plutôt était sorti du Belize mais jamais entré au Guatemala, j’étais donc, pour le douanier, toujours au poste de frontière entre le Belize et le Guatemala !!!! Vous me suivez !?? Pourtant le Belize était à plusieurs centaines de km vu que je revenais au Mexique par le sud du Guatemala, j’avais passé 15 jours dans le pays, et même fait une petite virée au Honduras, mais là, comme c’était tout près de la frontière pour aller voir un temple maya (Copan), il n’y avait pas eu d’entrée officielle au Honduras, donc pas de retour officiel non plus (en clair pas de tampon sur mon passeport, le douanier faisant une fixation sur ces détails !!). Donc que faire !???

Honduras, sur la route de copan Copan Statue Copan Pas encore de clef de voute

Après lui avoir vainement expliqué pendant une demi heure que ce n’était peut être pas entièrement de ma faute, qu’on peut entrer au Guatemala comme dans un moulin, que dans ce cas personne ne demande rien, mais qu’ensuite on ne veut plus nous laisser sortir ! En fait j’avais traversé le Belize en bus en pleine nuit et je suis bien allé au bureau de douane de sortie du Mexique, d’entrée au Belize, de sortie du Belize, mais mon état de fatigue m’a fait zapper le bureau d’entrée au Guatemala. Faut dire que personne ne vous dit rien, que tout avait l’air fermé en pleine nuit. Le bus vous laisse avant la frontière et vous récupère 200 mètresaprès, au Guatemala, et à nous de nous démerder, de réveiller les douaniers pour se faire tamponner le passeport j’imagine, si l’on y pense… Donc, qu’est-ce qu’on fait !???

Moi je n’allais pas passer ma vie au Guatemala, même si c’est un pays magnifique, ce n’était pas prévu comme ça !

Rue de Antigua (1600 mètres) volcan Pacaya près d’ Antigua (2 600 mètres) Panajanel, lac Atitlan, Vue sur le volcan Toliman (3158 mètres)

Site de Tikal, civilisation Maya Site de Tikal, civilisation Maya

C’est quand même hallucinant qu’on vous empêche de sortir d’un pays ! D’y entrer ok, mais d’en sortir !!!! Bref, ma copine de l’époque, qui faisait partie du voyage, commençait à ne plus du tout trouver ça drôle ! Mes “Ca va aller!” ne l’a rassuré plus du tout ! Donc, que faire ???

Au fond de moi je savais très bien ce que voulait le douanier, mais comme je considère l’argumentation comme un jeu d’esprit (Chose que le test de personnalité ma confirmé, guillaume et autres visiteurs de son blog comprendront ;)) Je me devais, face à l’absurdité de la situation, d’essayer d’argumenter, surtout face à un douanier ! Mais comme on n’apprend pas à un singe à faire la grimace, et comme le douanier avait bien compris que je n’allais pas retourner au poste de frontière guatémaltèque à la frontière du Belize, il avait gagné !!! Ok, combien ??? Ou plutôt, Cuanto ???? Toujours, dans ces cas là, ils essayent de vous dire qu’ils ne sont pas comme ça… bla bla bla…, mais qu’exceptionnellement, pour cette fois seulement (comme si j’allais le refaire !), il acceptait l’argent dont j’avais définit le montant comme le prix du visa d’entré dans le pays, du tampon quoi !

Bref j’en avais fini et c’est tout ce qui comptait, je ne me rappelle pas combien l’histoire m’a couté, mais ce n’était pas grand chose. J’ai bien sûr joué au routard étudiant fauché ;).

Voilà pour une de mes expériences frontalière avec nos « chers amis » les douaniers….

Gare routière de Panajanel Ciao




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