Posts Tagged ‘escalade

16
Nov
07

Les trains du Mali (3 et fin)

Cet épisode est la suite (et fin) du second épisode.

Voir carte


Nous partons plus tôt que la première fois et plus motivés que jamais. Le chemin entre le camps de base et le pied de la falaise se fait d’un pas rapide et sûr. Nous arrivons donc au pied de notre déesse très vite. Il fait encore nuit lorsque nous commençons à grimper.

Cette fois les pas les pas s’enchaînent sans encombre. On survole cette magnifique roche en oubliant presque que nous sommes au milieu du désert. Sentir cette symbiose avec la falaise est un plaisir énorme, la température est idéal et on arrive au sommet en moins de 4 heures.

le sommet est un petit plateau de quinze mètres sur quinze avec trois cents mètres de vide tout autour. Le désert s’étend jusqu’à l’horizon. La vue est grandiose, envoûtante, on restera de longs moments muets, couché sur la pierre, regardant le vide, savourant le désert. On profite de ces moments de vie inoubliable où plus rien n’existe. Pachamama est la plus grande, la plus belle, la plus forte…

C’est sans un mot mais avec le sourire jusqu’aux oreilles que nous quittons notre El Dorado du jour. La descente est bien plus rapide que la veille, cependant un piton mal accroché nous fait blêmir. Lors d’un rappel où un mouvement de balancier était nécessaire il s’est mis à bouger prédisant le pire… une grosse frayeur mais ce n’est pas notre jour.

Nous déposons les deux pieds sur la terre ferme fatigués mais heureux … Les trains sont déjà loin.

La même histoire en un seul épisode.

12
Nov
07

Les Trains du Mali (2)

Ceci est la suite du premier épisode

Au petit matin nous partons d’un pas décidé cherchant notre chemin à la frontale. Un peu plus d’une heure nous est nécessaire pour arriver au pied de la falaise, le jour commence à se lever et nous sommes tout excité, pourtant je me sens moyen. J’ai le bide en vrac avec un arrière goût du lait de la vache peule qui nous a accompagné cette dernière nuit.
Je ne dis rien, espérant que ça me passera. Mon pote part en tête, on commence lentement à enchaîner les longueurs. Tous les 40 mètres, on bidouille un relais, on discute quelques minutes et on admire le désert. Mais, malgré les encouragements de Nico je traîne, je suis incroyablement lent pour aligner les pas, lent pour faire les manips’ techniques et le soleil monte.
A 10h on n’a pas grimpé plus de 150 mètres, la moitié. La chaleur devient insupportable, définitivement je me sens mal. D’un coup c’est le malaise, je glisse, tout doucement mais sûrement et je reste pendu à ma corde, regardant le sol une centaine de mètre plus bas. J’entends Nico gueuler, mais je suis cuit, le soleil est trop fort: je vomis.
Après quelques minutes, qui me paraissent des heures, j’arrive à rejoindre Nico au relais. Il est presque 11 heures, il nous faut rebrousser chemin. Dépité on commence la descente. C’est long, très long, Nico se charge de presque tout, moi je suis un sac. Je traîne, j’ai de la fièvre. On pendra bien 3 heures pour arriver au camp. Et là direct je me couche, et je dors. Une longue nuit m’attend. La fièvre est montée et je délire, je me réveille mille fois en hurlant. Une grande première pour moi, des lumières partout et des trains qui passent tout près.
Je me souviens encore d’un, juste là, à coté de nous, qui traverse le désert …
La nuit passe et le lendemain je me sens mieux. Le train est parti aussi vite qu’il est venu, mais une journée de repos me requinque vraiment. La nuit suivante je dors comme ours et cette fois je me lève à 3 heures du matin comme un chat. On est prêt et motivé plus que jamais pour retenter notre ascension.

10
Nov
07

Les trains du Mali (1)

J’ai souvent comparé les préparations de voyage avec les préparations de course de montagne. Comme le disait Lachenal, premier homme au sommet d’un 8000, il faut mentaliser la course. Lui, il aimait mettre une photo de la face qu’il allait escalader, rêvant du chemin à parcourir pour atteindre le sommet. Je n’ai jamais été bien capable de mentaliser le chemin que j’aillais parcourir en m’essayant aux sommets alpins, mais ça m’a toujours fait rêver de le faire.

La préparation d’un voyage ressemble à mes préparation de course, je n’ai jamais réussis à mentaliser où je voulais aller, ni où j’irai. Mélanger les deux, alpinisme ou plutôt grimpe avec le voyage devenait réellement compliqué. Non seulement il fallait mentaliser le voyage mais en plus la falaise.
Avec un ami grimpeur nous décidons qu’on partirait au Mali escalader la main de Fatma. Un guide français avait soi disant équipé quelques voies et quelqu’un sur place essayait de développer cette activité. Alors on a mentalisé.
C’était la première fois que je partais en Afrique, la première fois aussi que je partais grimper ailleurs que dans mes alpes, autant dire que je n’avais aucune idée de la falaise qui nous attendait… en plein désert, j’imaginais ça chaud, et c’est bien tout. Mon pote connaissait le Mali, et on ne grimpait pas trop mal, alors j’étais confiant. Ça ne pouvait être que bien.
Nous avons donc pris l’avion, destination Bamako où bien logiquement les douaniers nous taquinent, les baudriers, cordes, coinceurs et dégaines ne sont pas monnaie courante, alors on a droit au milles questions…
On continue notre route, direction Hombori une petite bourgade en plein désert située au pied du Mont Hombori, le point culminant du Mali. On s’installe dans ce village pour quelques jours, le temps de rencontrer le guide local et de préparer notre escalade. Le temps aussi de visiter les alentours et d’aller escalader les bouts de bloc qui trainent par-ci par là.

On apprend très vite qu’à partir de 10 heures du matin il est totalement inutile de grimper. La chaleur est beaucoup trop forte pour faire le moindre effort. Cela nous préoccupe un peu, on projette de grimper 300 mètres de falaise et être au sommet avant 10 heures signifie partir de nuit. Enfin, on est là et gonflé à bloc, on a visualisé le sommet,… pas le parcourt mais le sommet.
Lorsque tout est prêt on part s’installer au camp de base, à une heure de marche du pied de la falaise. La soirée est magnifique, on distingue les cinq pics de la main de Fatma sous la lueur de la lune. Pourtant on a du mal à profiter, malgré un vent doux venant du désert on est nerveux, le grand jour c’est demain!

La suite




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