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27
Nov
07

Une nuit à Vondelpark

Le décor: Vondelpark, à Amsterdam. Les personnages: Leo et moi. La situation: froid…

Tout a commencé il y a 26 ans: mes parents m’ont eu le 9 septembre. Je suis né à Criciúma, ville du charbon et d’étés fulminants. Il fait si chaud là-bas que pendant presque toute l’année dès que vous sortez de la douche vous commencez à suer.

22 ans, 11 mois et 15 jours après, me voilà à Paris, où j’étais depuis début d’août. La cannicule brûlait la ville. Mon 23ème anniversaire s’approchait et je voulais faire quelque chose de nickel pour le commémorer. Mais quoi? J’ai décidé d’aller le passer à Amsterdam, ville que je ne connaissais pas. Billet de bus acheté (le moins cher), je suis parti à Amsterdam avec mon ami Leo.

Le 4 septembre nous y sommes arrivés.

Le même jour, nous rentrions à l’auberge après une soirée disco où nous avons fait connaissance du monde. Nous marchions par la rue et un mec nous a salué en hollandais: « … ». Nous n’en avons rien compris. Le mec a essayé en anglais: « Hey, dudes, what’s up? Would you… » Son accent était si rare et notre maîtrise de l’anglais si mauvaise que nous n’avons pas été capables de nous communiquer. Mais le mec a persisté: « Coño, tíos, ¿habláis español? » Ouais! Leo lui a répondu: « Y sí, pajarito, ¿qué quieres? » La conversation s’est faite. Le mec, de profession douteuse, nous a proposé que lui acheter le vélo. D’abord, il voulait 50 euros par le véhicule. Nous avons dit que non. Il a baissé le prix pour 45. Encore pas. 40? Non. 35? Pas du tout. 30? Non. « ¿Y cuánto me dáis entonces por la bicicleta? » Leo et moi nous sommes regardés et lui avons répondu à l’unisson: « 10 euros, papá! » Le mec, qui certes était un petit voyou, nous a regardé, a passé la main par la tête, a fait signe d’y réfléchir profondement et nous a finalement répondu: « ¡Pues sí! » Et nous voilà donc motorisés à Amsterdam.

Le mec est parti, Leo m’a regardé et m’a demandé: « Allez, tu pédales. Je suis fatigué. » Un peu honteux, sans savoir comment le lui raconter, je lui ai répondu: « Ben, écoute… Y a qu’un petit problème: je ne sais pas faire du vélo! » Surpris, Leo m’a dit: « Je te crois pas! On va bien changer ça. » Pour faire plus évidente sa surprise, il faut dire que Leo a un petit atélier de réparation de vélos à Barcelona. Figurez-vous donc que pour lui c’était quelque chose d’inimaginable une personne que ne sache pas faire du vélo. Pour moi, c’était vraiment normal, car mes parents ne savent pas non plus.

Le jour suivant, déterminés à changer ma situation, nous avons cherché un parc où je pouvais faire mes premiers essais. Leo était tout animé. Il me conseillait, m’avertissait, me montrait comment je devais faire. Moi, génétiquement incapable de m’équilibrer sur un vélo, j’ai fini toujours par tomber. Tout simplement, je ne le pouvais pas. Leo, déjà déçu et déprimé par mon inutilité, a laissé tomber l’affaire. Nous avons repris notre tourisme. Toujours en vélo avec Leo pédalant.

Leo et moi en vélo

Le 8 septembre. Nous étions déjà à Amsterdam depuis quelques jours. Notre vélo avait déjà gagné un nom, Macarena Amsterdada, et tout allait très bien. Leo et moi faisions une pause à l’ombre au bourd du Sloterplas. Du coup, il s’est tourné vers moi et m’a demandé: « Putain, demain c’est ton jour, n’est-ce pas? ».J’ai dit si. « Alors, qu’est-ce que tu veux faire demain? C’est à toi de choisir. C’est ton jour! N’importe quoi. » J’ai pensé pendant quelques instants et enfin j’ai répondu: « Tu sais, il me manque la mer. Je voudrais bien la voir, dormir sur la plage, passer le jour au bord de la mer. » « Allons donc découvrir une bonne plage aux environs et demain on va y aller. »

Nous avons fait une petite recherche à ce sujet et avons découvert que Zandvoort était juste à coté et que nous pouvions y aller facilement. D’accord. Ce serait donc Zandvoort. Nous avons découvert aussi qu’il y avait un train qui partait d’Amsterdam à 7h30, de façon que nous pouvions y arriver tôt pour profiter toute la journée. Comme nous faisions des soirées prolongées tous les jours et avions toujours très peu d’argent, Leo a eu une idée: « Mon vieux, on ne va pas sortir ce soir? Le train ne sort pas très tôt de la gare? Pourquoi on ne dort pas au parc qu’on a visité l’autre jour? Ce serait que quelques heures et comme ça on pourrait épargner l’argent qu’on allait dépenser inutilement avec l’aubergement. » « Ouais, quelle bonne idée, putain! » Et nous avons donc décidé de passer une partie de la nuit à Vondelpark. Au moment, je vous jure, ça m’a semblé pas mal comme idée…

Nous sommes allés à l’auberge, avons fermé nos comptes séjours, avons pris nos bagages et sommes repartis au parc. Il était encore jour, le soleil se couchant au soleil, et nous y sommes allés. Le but? Trouver un lieu caché où passer la nuit. Nous l’avons trouvé. C’était parfait. Il y avait un bon tas de feuilles au sol, qui nous serviraient comme matelas, et le site était bien abrité. Nous avons étudié pendant à peu près d’une heure notre futur refuge et avons décidé qu’il n’était pas dangereux. En plus, il était parfait. Nous nous sommes convaincus que ce n’était pas risqué de laisser nos choses cachées et sommes allés à la recherche d’une bonne soirée.

Nous l’avons trouvé et, au moment d’y entrer, il faisait très bon.

Vers 1h, quand nous sommes sortis, le climat avait changé. La bonne ambiance avait disparu et il faisait froid. Trop. Au parc, tout était comme nous avions laissé. Les bagages cachés, rien volé, tout parfait, sauf la température. Leo a pris son sac de couchage, s’est protégé avec tout ce qu’il avait de vêtement et s’est mis à dormir. Moi, j’ai essayé de faire le même, mais je n’ai pas réussi. Il faisait trop froid pour moi. Ça caillait, quoi! Aucune idée de comment il a fini par dormir, mais Leo, aux cinq minutes qu’il s’était déjà couché, rêvait déjà. Je ne comprenais rien. Les vêtements que j’avais portés n’étaient pas suffisants pour me protéger du froid. Je tremblais. Tout mon corps grelottait sans cesse. Et je n’arrivais surtout pas à dormir. J’ai dû me lever et bouger un peu, car je ne supportais plus. Une fois debout, je me suis mis à marcher, mais le froid était si fort que ça ne changeait rien. Quoi faire? Quoi faire? Il faut bouger, faire de l’exercice… Il m’est venu l’idée de prendre le vélo et pédaler pour me rechauffer. Mais je ne savais pas faire du vélo. « Je m’en fous! Faut me rechauffer, sinon je vais grelotter toute la nuit. » J’ai donc pris le vélo et pendant toute la nuit je me suis consacré à apprendre à faire du vélo et pédaler. Jusqu’à l’aube!

Mon cadeau d’anniversaire? Voir la mer et, après 23 ans, apprendre à faire du vélo. Premier détail important: il a fait 1 dégré ce soir. Deuxième détail important: nous avons revendu Macarena à deux Espagnols pour 30 euros.

Macarena et ses nouveaux propriétaires Espagnols

 

 

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