Posts Tagged ‘lahaul valley

25
Nov
07

A 26 mètres des 6000 – Inde, Himalaya – Part 4

Ceci est la suite et fin de l’épisode 1, 2 et 3

Dès le lendemain, il fallait déjà repartir ! Le temps était compté. Je voulais continuer la Spiti valley jusqu’au village de Nako dont mes anglophones m’avaient tant parlé, tout près de la frontière avec le Tibet. On prend donc les même et on recommence ! James et moi abandonnons nos amis de la Rose et de la Fougère argentée qui avaient plus le temps de prendre leurs temps…

Toujours sur le toit du bus, nous passons tout près du Monastère de Dhankar Gompa perché en flanc de montagne. Eh devinez quoi ? Nous décidons bien évidement d’aller y passer la nuit ! Ce n’était plus rien pour nous, 1h30 de grimpette, de la gnognote je vous dis ! Même avec les sacs sur le dos cette fois !

Monastère de Dhankar Gompa, tout là haut Monastère de Dhankar Gompa Vue du Monastère de Dhankar Gompa

grottes de Gompa Pho, TaboLe jour suivant, nous faisons halte dans le village de Tabo, célèbre pour son ancestral monastère bouddhiste-tibétain où le Dalaï Lama voudrait, soit disant, passer ses vieux jours. Nous visitons également les grottes de Gompa Pho en face du village, dont certaine sont encore ornées de peintures murales antiques. Journée relaxe bien méritée après l’effort fourni ces derniers jours !

Porte d'acces au village de Tabo grottes de Gompa Pho, Tabo

 

NacelleLe lendemain, avant d’arriver à Nako, la route est coupée sur deux cent mètres. Elle s’était littéralement effondrée au fond de la vallée. Un câble reliait les deux cotés. Une nacelle fixée à une poulie était utilisée pour faire traverser les marchandises et les bagages. Un couple de touriste décide de tenter le manège et de franchir le ravin sur l’engin. C’était très impressionnant, mais bien peu rassurant ! Je vous rappelle que j’ai extrêmement le vertige, et je me disais : « Y’a pas de doute, on va faire pareil ! » Mais à mon grand étonnement James n’est pas tenté par l’expérience, il la trouve trop risquée. D’un côté je suis rassuré, mais d’un autre, ça voulait dire encore 2 heures de marche pour descendre et remonter la vallée de l’autre côté de la route ! Et j’en avais franchement marre de marcher ! Mais comme j’étais incapable d’accomplir cette « folie » tout seul, je l’ai suivi. Pour le coup il était raisonnable, fallait reconnaître !

Arrivé finalement à Nako, nous ne regrettons pas notre virée en ces lieux si reculés. Le village, orné d’un petit lac, est entièrement battis de pierres plates apparentes disposées les unes sur les autres, ce qui lui donne un charme incontestable.

village de Nako

Nako Nako Nako Nako Nako

La fin du voyage approchait, il ne me restait que trois jours avant mon vol depuis new Delhi ! Je commençais sérieusement à me dire qu’avec toutes les embuches sur la route, il était difficile de prévoir très justement le temps du retour ! Le lendemain il me fallait déjà regagner Kaza, à mi chemin de Manali. C’est donc ici que je fais mes adieux à James.

col de Kuzum LaAprès une longue journée de bus et deux heures de marche, pour franchir à nouveau l’éboulement de route de la veille, j’arrive à Kaza comme prévu. Mais la nuit fût courte ! Le jour suivant j’avais décidé de prendre le bus des aurores pour Manali, puis de quitter le bus au col de Kuzum La ! Pourquoi quitter le bus me direz vous ? Je suis sensé être dans l’urgence ! Et vous avez raison ! Mais à 9 km de là, il y avait un lac que je ne voulais pas manquer. Et selon mes calculs, j’avais le temps de faire cette escapade et de rattraper le bus de l’après midi pour Manali ! Ce lac s’appelle Chandratal, ou le lac de lune.

col de Kuzum La col de Kuzum La col de Kuzum La

L’excursion faisait 23 km au total. 9 km jusqu’au lac, puis 14 km pour continuer la descente à travers la Chandra valley jusqu’à Batal, pour récupérer le bus. Et j’avais 5 heures au maximum, le sac dans le dos ! Ce qui nous faisait une moyenne proche des 5 km à l’heure. Une allure normale pensais-je, surtout qu’il s’agissait essentiellement de descente, mais fallait pas trainer !

Lac chandratalMes calculs s’avérèrent trop ambitieux ! Je m’étais surestimé du haut de mes treks successifs. J’avais pourtant fait vite, sans presque une pause ! Juste une au bord du lac pour boire le thé avec le propriétaire d’une tente destinée à accueillir les touristes de passage. Il m’a pris pour un fou quand je lui ai dit que je faisais le parcours en une journée. Que je n’avais aucune chance d’arriver à temps pour le bus. Qu’il fallait que je dorme au lac ! Humm, c’aurait été avec plaisir, l’endroit est indéniablement éblouissant, mais je n’avais malheureusement pas le temps pour ça ! Ce soir là, je devais dormir à Manali pour prendre un bus le lendemain matin pour New Delhi ! Après ces propos peu rassurant, il fallait donc vite que je reparte… La route était encore longue jusqu’à Batal !

Arrivé au lac de lune La chandratal

J’accélère donc encore le rythme, avec l’espoir que le bus ait du retard ! Le timing était très séré mais tout restait encore jouable, du moins, je l’espérais ! Mais malgré ma cadence effrénée et mes cuisses qui gonflaient à vu d’œil, les 14 km n’en finissaient pas ! Et je fini par arriver à Batal 5h30 après ! J’avais raté le bus de 30 minutes !! Et le prochain n’était que le lendemain matin ! C’était foutu ! J’allais manquer mon vol !!

route vers Bata route vers Bata route vers Bata route vers Bata

Je pris mon mal en patience en implorant le ciel de faire passer un véhicule, un cheval, un âne, ou n’importe quoi qui pourrait me faire arriver à Manali assez tôt le lendemain matin pour ne pas rater le bus pour New Delhi !

Et le ciel ce jour là m’avait écouté ! En un peu moins d’une heure de temps, le miracle m’apparût ! Et ce n’était ni un âne, ni un cheval, mais un 4×4 d’israéliens ! J’étais près à monter sur le toit s’il le fallait ! Mais ça ne fût même pas nécessaire, il y avait même une place pour moi en se serrant un peu !

4x4

Je fini par arriver à Manali à la tombé de la nuit, lessivé, mais heureux d’avoir pu accomplir tout mon programme. Ce passage dans l’Himalaya fût vraiment intense. J’ai poussé mes limites à l’extrême, mais le souvenir de tous ces instants sont là, comme si c’était hier, et il fallait que je vous les fasse partager… Vous comprenez mieux maintenant comment j’ai pu perdre 8 kilos en l’espace d’un mois en Inde 😉

La carte du parcours

Publicités
13
Nov
07

à 26 mètres des 6000 – Inde, Himalaya – Part 2

Ceci est la suite du premier épisode

col de Rohtang LaLe lendemain matin, comme prévu, je demande à passer sur le toit du bus. Le chauffeur me prends pour un fou, il me dit que c’est très dangereux… J’avoue qu’on n’avait pas la même logique ! Je lui ai finalement dit que c’était mon choix, que je voulais de mon plein gré prendre le risque de voyager sur le toit du bus parce que je ne voulais pas prendre le risque de voyager à l’intérieur ! Je ne suis pas certain qu’il m’ait compris, mais bon, comme je n’avais pas l’air de vouloir revenir sur ma décision, je suppose qu’il a abandonné et m’a laissé me caler au milieu des sacs, que l’on puisse enfin y aller.
Les quelques touristes du voyages n’avaient à ce moment là pas vraiment compris la raison de mon insistance. Ils devaient se dire que c’était pour avoir une meilleure vue, pour prendre des photos sans ces putains de fenêtres de bus ! Ils finiront par comprendre me disais-je 😉 Et s’il n’en reste qu’un, ce sera moi, j’ai tout prévu !

col de Kuzum LaBon je n’ai pas eu chaud, c’est sûr ! Ca doit être la raison pour laquelle personne ne m’a rejoint une fois arrivé au même col que j’avais connu la veille. Ou alors ils étaient tous du côté droit du bus, soit du coté de la montagne, vous vous souvenez ! Moi j’étais du côté gauche et j’ai eu le vertige dans un bus! Sur mon toit, en revanche, une fois bien couvert, j’étais benaise,col de Kuzum La le terme est adéquoi 😉 J’essayais seulement de ne pas regarder sur les bas côtés. Juste l’horizon et le ciel, tout en restant attentif pour les passages délicats.
On a continué comme ça pendant toute la journée en s’arrêtant de temps à autres pour déplacer des cailloux qui avait bouché la route, ou le chemin, ça dépend, ce qui permettait au moins une pause pipi ! On est monté aussi très haut (le premier col de la veille à 3979 mètres puis un second à 4551, le col de Kuzum La), on a longé deux splendides vallées (Lahaul valley, Spiti valley) et traversé des villages hors du temps (Batal, Losar), continuellement entouré par ces montagnes majestueuses qui forment la chaine de l’Himalaya.

Lahaul Valley Lahaul Valley

village de Losar Spiti Valley Spiti Valley Spiti Valley

On arrive finalement à Kaza en fin d’après midi, petit village à 3600 mètres au fond de la Spiti valley (Effectivement, on n’est pas dans les alpes, les vallées sont très hautes ici !).

Après une bonne nuit de récupe, je décide d’aller explorer un peu les environs

Faut quand même préciser qu’en venant en Inde je n’avais pas du tout prévu d’aller dans l’Himalaya. Je n’y avais même pas songé ! En fait j’ai croisé un type qui m’a parlé de ce village de Kaza et m’y voilà 😉

Hauteurs de KazaJe prends donc la décision de monter sur l’une des deux crêtes de la vallée pour voir d’autres perspectives, et du même coup un autre village au nom de Comic se trouvant de l’autre côté d’une semi vallée. En clair, en haut de ma crête, il y avait un plat (que l’on pourrait aussi nommer petit plateau !), puis ça redescendait un peu avant de Village de Comicremonter beaucoup plus haut et ainsi de suite, car derrière encore on pouvait apercevoir d’autres sommets enneigés…
Bon une fois ma photo du village de Comic en poche, je décide que j’en ai assez fait. J’étais passé de 3600 mètre à 4000 mètres, j’avais aussi traversé le petit plateau, sans compter le retour qu’il restait encore à faire… hey je suis encore étudiant moi, je n’ai pas encore eu le temps de me remettre au sport 😉 Pour une première journée c’était déjà bien.

Hauteurs de Kaza Hauteurs de Kaza Petit plateau

Le jour suivant, j’avais fait la connaissance de trois anglo-saxons, un australien, un néo zélandais et un british. Sur le toit du busIls étaient à Kaza depuis 3 jours et voulaient aller passer la nuit dans le village de Kibber, soit disant le village le plus haut du monde avec de l’électricité, à 4205 mètres d’altitude. Ni une, ni deux, je les suis 😉 Je suis content de voir que je ne suis plus le seul à avoir l’idée saugrenu de voyager sur le toit des bus. C’est l’australien qui me suit, James, s’il vous plait ! Je n’ai donc peut être pas halluciné lorsque j’ai vu des cadavres de bus à certains endroits.
Sur notre toit, James m’apprends l’existence du mal des montagnes, que ça peut tuer si on ne le soigne pas, que ça arrive sans prévenir ! Et que là où on est, on est bien loin du Village de Kyepremier hôpital !! Mais il va me faire flipper le con ! Que la meilleure façon de l’éviter c’est de fonctionner par pallier en restant 3 jours autours des 3500 mètres avant d’aller plus haut. Que c’est pour cela qu’ils étaient restaient 3 jours à Kaza !!! Hummmm,humm, quelqu’un aurait pu me prévenir ! Moi la veille j’étais encore à 2000 mètres ! Enfin, j’étais un ancien sportif, j’avais de beaux restes, et puis surtout on était déjà parti et je n’avais pas trop le temps de glander trois jours à Kaza. Faut positiver dans ces moments là !
Sur la route on s’arrête dans le petit village de Kye (4116 mètres), perché sur un Village de Kibbermonticule attenant à la falaise, avant de rejoindre Kibber, à la tombé de la nuit. Le groupe s’était alors agrandi. Dans le bus il y avait un couple de jeunes allemands et une française qui, comme nous, avaient décidé de passer une nuit plus près des étoiles.

Après avoir trouvé une maison qui pourrait tous nous accueillir, nous dînâmes et allâmes nous coucher, sans biensur avoir omis d’admirer au préalable à quel point les étoiles peuvent être belles sous un ciel pur et dépourvu de toute luminosité. La lune était absente ce jour là.

Demain va être un grand jour… 😉




Blog Stats

  • 58,439 hits
octobre 2017
L M M J V S D
« Juin    
 1
2345678
9101112131415
16171819202122
23242526272829
3031  

Carnet de voyages - groupe Flickr

Amis voyageurs du monde

Vous venez d’où?