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30
Nov
07

Panique sous-marine aux iles Farasan, Arabie Saoudite, Part 1

Je parie que très peu d’entre vous ont déjà entendu parler des iles Farasan. La raison principale à cela vient du fait qu’elles se trouvent dans un pays qui ne délivre pas de visas touristiques : l’Arabie Saoudite. Mais ce pays renferme des trésors cachés encore vierge de prédateurs que je vous ferai peu à peu découvrir…

Les iles Farasan se situent à l’extrême sud ouest de l’Arabie, tout près de la frontière avec le Yemen, en face de la ville de Jizan, dans la délicieuse mer rouge… Et c’est là que je voulais aller…J’avais entendu parler de ces iles comme d’un paradis pour les plongeurs. Et comme j’avais passé mon PADY (diplôme de plongé premier degré) en Thaïlande quelques mois auparavant, je décidai donc d’organiser une escapade à plusieurs plongeurs pour aller voir ça d’un peu plus prés !

On ne peut pas aller à l’improviste aux iles Farasan, la zone est gardée par l’armé. Il faut une autorisation spéciale pour s’y rendre. Il n’y existe qu’un petit hôtel, sur l’ile principale de Farasan Kabir, tenu par un passionné de plonger, Mohamed, travaillant la semaine à Riyad, à quelques 2500 kilomètres de là. Etant moi-même à Riyad (« jardin » en arabe), je décide de le rencontrer pour avoir plus de détails sur la façon de procéder. Momo avait 2 bateaux, il travaillait sur commande uniquement. Il me proposait un forfait 2 nuits à l’hôtel pension complète et 2 jours de plonger aux alentours de 350 euros par personne si nous étions au moins 7 ou 8, plus le vol pour Jizan, soit 100 euros supplémentaires. Mais cette expérience inédite valait bien cet investissement…

Je me mis donc à la recherche de partenaires pour ma petite aventure ! Je ne m’inquiétais pas pour ça car mes contacts étaient nombreux… Comme je travaillais pour l’Ambassade j’avais pu, petit à petit, me faire intégrer dans les soirées du quartier diplomatique.

Petite parenthèse à ce sujet : Sauf pour les événements officiels ou à la résidence de l’Ambassadeur, où l’on pouvait se croire dans la pub de Ferrero Rochet, les soirées en ambassades en Arabie sont les seules où l’on peut trouver un bar digne de ce nom ! Je tire à ce propos mon chapeau à l’Ambassade de Grande Bretagne pour ses nombreux Happy Hour, à l’Ambassade d’Allemagne, l’Ambassade d’Australie, l’Ambassade des Pays Bas et l’Ambassade américaine sans lesquelles on se serait fait bien chier ! L’ambassade de France n’organisant rien d’autres que des soirées culturelles pour écouter un concerto de luth ou autres évènements de ce genre ! Pas que ce soit mal, mais on aurait pu faire les deux ! Même pas un bar pour le personnel !! Bon heureusement on avait droit à une petite commande tous les 6 mois ! Je ferme ma parenthèse.

Tout ça pour vous dire que je côtoyais dans ces soirées pas mal expatrié(e)s de tous horizons… Et en moins d’un mois j’avais constitué ma petite équipe : 2 irlandais, 1 australien, 3 américains (dont une américaine), 1 sud africain, 1 italien et 1 français, moi ! Le seul n’ayant pas de réelle expérience de plonger ! Je ne compte pas Max, l’italien (Chef du département économique de l’Ambassade d’Italie et aussi devenu sur mes conseils organisateur des meilleurs soirées privées de tout le Pays) qui se contenterai du tuba par peur que ses poumons exposent. Mais je partais confiant, j’allais suivre, faire comme les autres… Le plus dur fut de trouver une date qui conviendrait à tous. Cette date tomba le 30 mars 2006. Le « hic » c’est que Momo ne pouvait pas ce jour là ! Il avait d’autres priorités de dernières minutes… Mais il me certifia que son personnel s’occuperait bien de nous, qu’il connaissait les coins par coeur… Par contre personne ne nous accompagnerait sous l’eau, c’était le seul homme grenouille de l’ile ! Humm, l’inquiétude me pris ! Le seul plongeur de ces lieux ne nous accompagne pas ! Mais bon, il y avait Corne, le sud africain, qui avait son diplôme d’instructeur… Donc allons-y quand même ! Sinon faut tout réorganiser… et ça fait chier !

Nous voilà donc parti… A l’exception de deux de nos compères ricains (dont la fille), qui venaient de Djeddah (Grand-mère en arabe), on se retrouve tous à l’aéroport international du Roi Fahad le mercredi soir (équivalent du vendredi chez nous !). Equipé de nos masques, palmes et tubas loués la veille dans le seul magasin de plonger de Riyad, nous sommes fin près à embarquer pour Jisan (je ne sais pas en arabe !) où il nous faudrait prendre le bateau pour nos tant désirées iles Farasan… 

dans le taxiMaxA Jisan, un taxi nous attend pour nous emmener au port. Mais une fois sur les lieux un bateau vient à peine de partir, il faudrait donc attendre le prochain ! Pendant ce temps on vérifie nos autorisations, on fume des clopes, et on apprend que la mer devient de plus en plus colèrique, que la traversé va être agité voir annulé ! Ah non ! Pas ça !! Du coup on se débrouille pour faire partir un bateau immédiatement, même à moitié plein, on s’arrangerait… Et les deux ricains nous rejoindraient le lendemain matin.

Moi

Dans le navireNous voilà donc dans notre embarcation, en pleine nuit, prenant le large pour une heure de mer… A peine les protections naturelles du port franchit que l’on se mit à sentir la houle nous secouer, ralentir le moteur, nous contre balancer… Au début tout le monde trouve cela marrant, un peu comme des gamins enivrés par une nouvelle aventure… Mais au bout d’un moment, certaines têtes changent de Cornecouleurs ! Je m’aperçois qu’Axel, le consul australien, n’a pas décroché un mot depuis un moment ! Que Corné, le sud africain, à ouvert le petit vasistas et respire de l’air à pleins poumons ! On demande si tout va bien mais je crois qu’il vaut mieux pas poser de question dans ces cas là ! Ils se concentrent dans autre chose ! Au lieu de me répondre, Axel se retourne et rend tout ce qu’il a à Max qui fait semblant, lui ca allétravers un autres vasistas ! Il était devenu livide ! Plus blanc que blanc ! L’œil blafard… Il avait pourtant pris des cachets contre le mal de mer ! Corne, entendant la scène se força à ne pas la regarder et à continuer son exercice, sans décrocher un mot non plus ! Cela dura comme ça presque tout le voyage. J’ai eu peur qu’Axel y laisse son estomac ! En plus la traversé a duré presque le double de temps, et je dois avouer que parfois c’était presque flippant, surtout avec la panique régnante à bord !

Moi

PhotoMais nous arrivâmes saints et saufs sur nos iles, il devait être près des 11 heures du soir ! L’armé nous contrôle, je prends une photo qu’on me demande d’effacer mais je l’efface pas, et un autre taxi nous attendait pour nous amener à l’hôtel. On apprend que jusqu’à nouvel ordre les bateaux effectuant la traversé sont annulé pour raison de tempête. Les deux ricains manquant risquent bien de passer le week-end à Jisan… Mais pour notre bateau de plonger ça devrait aller, en espérant que le temps s’améliore… on rentre donc vite à l’hôtel pour manger un bout et aller se coucher, demain une autre aventure nous attend…

Max au lit !

La carte des iles Farasan

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