Posts Tagged ‘montagne

06
Fév
08

un voyage devant ma porte

J’ai toujours cru que pour voyager il n’était pas nécessaire de partir bien loin. Bien souvent il est possible d’ouvrir la porte de son « chez soi » et commencer un voyage tout aussi excitant qu’à l’autre bout du monde. Bien sûr vous n’aurez pas de problème de langue, pas de problème de choc culturel, simplement une aventure qui débute sur votre palier…

On a 18 ans, peut être 19 ans, on est plein d’énergie et d’envie. Je suis avec mon pote Ju, c’est mon compagnon de cordée, un peu comme mon frère… Et on se prépare pour nos sessions de snowboard extrême. Bien sûr vivre dans les alpes nous facilite la tache…

Alors un samedi de septembre, on décide d’aller au sommet de l’Europe voir si on y est, au niveau montagne le Mont Blanc n’a pas grand chose d’attirant, mais pour le physique il est tip top. On emboutit donc toutes nos affaires dans la voiture et on file à St Gervais pour prendre le train et commencer notre marche. On a prévu de faire la montée en une fois, on transporte juste une tente pour laisser nos affaires au dessus du dernier refuge (le Goûter) et continuer la montée de nuit, pour arriver au sommet sur le coup des 5 ou 6 heures du matin .

En théorie c’est largement faisable….

Le premier problème surgit sur la route, on a 30 minute de voiture pour arriver sur place qui se transforme en une bonne heure pour cause de crevaison sur l’autoroute. le pneu éclate littéralement et la jante finit en bouillie. On arrive donc limite à attraper le dernier train. Et dans notre précipitation on oublie la moitié de notre réserve d’eau. Après quelques heures de marche on se rend compte de notre oubli. On rationne. On fait bouillir de la neige pendant nos pauses. Ça se passe.

On traverse le fameux couloir « de la mort » où les pierres tombent comme de la pluie (à cause du dégel, on s’amuse sur les rochers, on admire le magnifique couché du soleil sur la vallée et sur nos alpes chérie. On sent se lever le petit vent qui rafraîchit l’air. On passe le refuge du Goûter, content de voir le dernier lien avec le bas. On est libre et heureux!

Pourtant le manque d’eau et la montée un peu rapide (en une journée) de 400m à 4000m a rendu pale mon pote Ju. Rien de bien grave à priori, et on monte la tente sans trop se poser de question. On se prépare notre petit repas à la lueur de la frontale, buvons un petit thé…

Et là c’est la catastrophe. Le vomi crépit la tente. Mon pote entre en pleine crise de délire. C’est pas très beau à voir. Le mal des montagne a fait son effet. On se calme, rien de grave, simplement on abandonne le sommet. Il est minuit, on est au milieu de nulle part et il fait moins 20. Impossible de redescendre avant le lever du jour, la montée était possible car il nous reste que de la marche sur glace, rien de bien dangereux, on a passé les endroits compliqué de jour.

Il faut donc prévoir la nuit…. mais le détail est que nous n’avons pas de sac de couchage, on ne devait pas dormir. On rigole 5 minute, on nettoie le vomi, … mais le froid commence sérieusement à se faire sentir. On installe alors notre corde pour s’isoler du sol, c’est pas très confort, mais c’est presque efficace. Ensuite on retire nos chaussures et mettons nos pied dans nos gants, et dans nos sacs. Rapidement on glisse nos mains sous nos aisselles et on se serre. Difficile de dormir, le petit vent du soir souffle fort, la tente bouge bien, malgré le mur de neige que nous avons construit.

On restera réveillé toute la nuit, allumant le réchaud chaque demi heure, 5 minutes, pas plus car au moment où la température monte on sent notre corps s’endormir… et avec le réchaud allumé ça pue la catastrophe.

Le jour se lève enfin, je n’ai jamais attendu le lever du jour avec autant d’impatience, la vue est absolument magnifique, la tente a été recouverte par la neige soufflée, mais on a pas vraiment le goût ni l’envie d’admirer. On entame alors notre longue marche de retour qui se passe sans encombre, on arrive épuisé, complètement vidé.

Le lundi: « t’as fait quoi ce week end? …. non rien, j’ai ouvert une porte. »

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04
Déc
07

Insouciance – vallée de la Swat – Pakistan

 Quand j’ai lu cet article de Guillaume « Souvenirs:Racket à la Colombienne« , je me suis dis mais quel bouffon c’est pas possible d’être aussi insouciant, puis j’ai commencé à réfléchir un peu. J’ai repensé à nos retours à pas d’heure dans notre hôtel de Caracas, malgré les remarques fréquentes et répétées de Vénézuéliens ou de français sur les risques importants de ce quartier la nuit tombée. Bien sur, nous n’avons eu aucun problème en dehors de la taille ridicule des bières (22cl) et quelques tentatives d’approche des filles travaillant dans l’hôtel où nous étions et dont les 2 premiers étages était un bordel (99 000 bolivianos – environ 45 euros à l’époque, la fille, la bouteille de champagne et la chambre).

Mingora

Puis surtout j’ai repensé à notre aventure Pakistanaise dans la petite ville de Mingora. Ces derniers jours Mingora à fait la une des journaux après l’attentat d’extrémistes qui a tué au moins 30 personnes dont une majorité de militaires. Mingora est la principale ville de la vallée de Swat, vallée du nord du pays qui à la réputation d’être tranquille. L’ambassade de France nous avait même conseillé la région pour sa relative sécurité comparé au reste du pays et sa beauté. A Mingora en dehors de l’accueil chaleureux que nous avons reçu, invitations à boire le thé, invitations à manger, il y a aussi de passionnantes ruines bouddhistes. C’est dans l’ambiance enfiévrée du marché, quelques minutes après le dernier appel à la prière du Muzzin que l’histoire commence.

Mingora Mingora

Nous étions sortis de l’hôtel pour diner, les restos ayant tendance à être tous fermés à 8 heures, il faut s’y prendre à temps. Donc le dernier appel à la prière est un bon point de repère. Nous nous rendons donc à notre resto habituel, un bouge sympathique, bon marché et avec des rations de riz et de viandes plus que généreuses. Comme nous y mangions tous les soirs depuis une semaine nous nous étions fait quelques amis. Ce soir là quand nous avons terminé notre dernier verre de yaourt liquide, un homme est venu nous offrir le thé. Bien entendu nous aceptons et discutons avec lui. Au bout d’une demi-heure il nous invite au ciné.

Mingora

La salle ressemble à nos vieilles salles des années 50 qui n’aurait jamais été remise au gout du jour. Nous nous asseyons au balcon non sans une certaine inquiétude. Les murs et le sols sont en effet complètement noirs et certains fauteuils n’ont plus qu’une armature de métal brulé. Nous demandons ce qui s’est passé et notre homme (dont j’ai malheureusement oublié le nom), nous explique tout à fait tranquillement que des intégristes ont mis une bombe il y a un mois car dans un film le nombril d’une femme était visible. Nous avons alors décidé d’éviter ce genre de questions saugrenus. Par chance le film a commencé. Le cinéma patchtoun est un art sublime ou les principaux acteurs sont les armes blanches et les armes à feu. Aucun besoin de comprendre le farsi pour suivre, Rambo 4 est en effet un film d’auteur en comparaison. Bref nous passons un excellent moment, en essayant de ne pas trop rire de l’irrésistible humour involontaire du film, afin de ne pas offenser notre hôte.

Mingora vallée de Kalam

Comme de bien entendu, en sortant du ciné nous sommes allés boire un thé dans ce qui s’est avéré être la çaihouse (maison de thé) de notre homme. Il était bien plus de 11 heures quand nous avons pris le chemin de retour vers notre hôtel à 300 petits mètres plus loin. Arrivés devant nous voyons le patron totalement affolé qui nous saute dessus et nous engueule comme du poisson pourri. Il y avait bien longtemps que je n’avais pas pris un tel savon. Le regard baissé, l’air penaud, nous sommes donc rentré dans l’hôtel. Le patron dans un anglais hésitant nous a alors expliqué que nous avions tout simplement joué avec nos vies car il y avait régulièrement la nuit des descentes d’intégristes qui ramassaient suivant leur humeur et leur niveau d’alcool (faut pas croire qu’ils ne boivent pas) n’importe qui dans le rue.

Bref cette nuit là dans notre petite chambre surchauffée, ni l’un ni l’autre n’a bien dormi en songeant à notre inconscience. Le lendemain, nous sommes monté plus au nord dans la vallée de Kalam qui se trouve juste sous le Karakoram Highway, la grande route qui relie la Chine et la Pakistan, qui passe sur les contreforts de l’impressionnant K2. Dans cette vallée, nous avons découvert à quel point cette région était imbriquée entre Chine, Pakistan et Afganistan et surtout que chaque vallée était un petit univers inaccessible.

vallée de Kalam

Photos par Claudio

25
Nov
07

A 26 mètres des 6000 – Inde, Himalaya – Part 4

Ceci est la suite et fin de l’épisode 1, 2 et 3

Dès le lendemain, il fallait déjà repartir ! Le temps était compté. Je voulais continuer la Spiti valley jusqu’au village de Nako dont mes anglophones m’avaient tant parlé, tout près de la frontière avec le Tibet. On prend donc les même et on recommence ! James et moi abandonnons nos amis de la Rose et de la Fougère argentée qui avaient plus le temps de prendre leurs temps…

Toujours sur le toit du bus, nous passons tout près du Monastère de Dhankar Gompa perché en flanc de montagne. Eh devinez quoi ? Nous décidons bien évidement d’aller y passer la nuit ! Ce n’était plus rien pour nous, 1h30 de grimpette, de la gnognote je vous dis ! Même avec les sacs sur le dos cette fois !

Monastère de Dhankar Gompa, tout là haut Monastère de Dhankar Gompa Vue du Monastère de Dhankar Gompa

grottes de Gompa Pho, TaboLe jour suivant, nous faisons halte dans le village de Tabo, célèbre pour son ancestral monastère bouddhiste-tibétain où le Dalaï Lama voudrait, soit disant, passer ses vieux jours. Nous visitons également les grottes de Gompa Pho en face du village, dont certaine sont encore ornées de peintures murales antiques. Journée relaxe bien méritée après l’effort fourni ces derniers jours !

Porte d'acces au village de Tabo grottes de Gompa Pho, Tabo

 

NacelleLe lendemain, avant d’arriver à Nako, la route est coupée sur deux cent mètres. Elle s’était littéralement effondrée au fond de la vallée. Un câble reliait les deux cotés. Une nacelle fixée à une poulie était utilisée pour faire traverser les marchandises et les bagages. Un couple de touriste décide de tenter le manège et de franchir le ravin sur l’engin. C’était très impressionnant, mais bien peu rassurant ! Je vous rappelle que j’ai extrêmement le vertige, et je me disais : « Y’a pas de doute, on va faire pareil ! » Mais à mon grand étonnement James n’est pas tenté par l’expérience, il la trouve trop risquée. D’un côté je suis rassuré, mais d’un autre, ça voulait dire encore 2 heures de marche pour descendre et remonter la vallée de l’autre côté de la route ! Et j’en avais franchement marre de marcher ! Mais comme j’étais incapable d’accomplir cette « folie » tout seul, je l’ai suivi. Pour le coup il était raisonnable, fallait reconnaître !

Arrivé finalement à Nako, nous ne regrettons pas notre virée en ces lieux si reculés. Le village, orné d’un petit lac, est entièrement battis de pierres plates apparentes disposées les unes sur les autres, ce qui lui donne un charme incontestable.

village de Nako

Nako Nako Nako Nako Nako

La fin du voyage approchait, il ne me restait que trois jours avant mon vol depuis new Delhi ! Je commençais sérieusement à me dire qu’avec toutes les embuches sur la route, il était difficile de prévoir très justement le temps du retour ! Le lendemain il me fallait déjà regagner Kaza, à mi chemin de Manali. C’est donc ici que je fais mes adieux à James.

col de Kuzum LaAprès une longue journée de bus et deux heures de marche, pour franchir à nouveau l’éboulement de route de la veille, j’arrive à Kaza comme prévu. Mais la nuit fût courte ! Le jour suivant j’avais décidé de prendre le bus des aurores pour Manali, puis de quitter le bus au col de Kuzum La ! Pourquoi quitter le bus me direz vous ? Je suis sensé être dans l’urgence ! Et vous avez raison ! Mais à 9 km de là, il y avait un lac que je ne voulais pas manquer. Et selon mes calculs, j’avais le temps de faire cette escapade et de rattraper le bus de l’après midi pour Manali ! Ce lac s’appelle Chandratal, ou le lac de lune.

col de Kuzum La col de Kuzum La col de Kuzum La

L’excursion faisait 23 km au total. 9 km jusqu’au lac, puis 14 km pour continuer la descente à travers la Chandra valley jusqu’à Batal, pour récupérer le bus. Et j’avais 5 heures au maximum, le sac dans le dos ! Ce qui nous faisait une moyenne proche des 5 km à l’heure. Une allure normale pensais-je, surtout qu’il s’agissait essentiellement de descente, mais fallait pas trainer !

Lac chandratalMes calculs s’avérèrent trop ambitieux ! Je m’étais surestimé du haut de mes treks successifs. J’avais pourtant fait vite, sans presque une pause ! Juste une au bord du lac pour boire le thé avec le propriétaire d’une tente destinée à accueillir les touristes de passage. Il m’a pris pour un fou quand je lui ai dit que je faisais le parcours en une journée. Que je n’avais aucune chance d’arriver à temps pour le bus. Qu’il fallait que je dorme au lac ! Humm, c’aurait été avec plaisir, l’endroit est indéniablement éblouissant, mais je n’avais malheureusement pas le temps pour ça ! Ce soir là, je devais dormir à Manali pour prendre un bus le lendemain matin pour New Delhi ! Après ces propos peu rassurant, il fallait donc vite que je reparte… La route était encore longue jusqu’à Batal !

Arrivé au lac de lune La chandratal

J’accélère donc encore le rythme, avec l’espoir que le bus ait du retard ! Le timing était très séré mais tout restait encore jouable, du moins, je l’espérais ! Mais malgré ma cadence effrénée et mes cuisses qui gonflaient à vu d’œil, les 14 km n’en finissaient pas ! Et je fini par arriver à Batal 5h30 après ! J’avais raté le bus de 30 minutes !! Et le prochain n’était que le lendemain matin ! C’était foutu ! J’allais manquer mon vol !!

route vers Bata route vers Bata route vers Bata route vers Bata

Je pris mon mal en patience en implorant le ciel de faire passer un véhicule, un cheval, un âne, ou n’importe quoi qui pourrait me faire arriver à Manali assez tôt le lendemain matin pour ne pas rater le bus pour New Delhi !

Et le ciel ce jour là m’avait écouté ! En un peu moins d’une heure de temps, le miracle m’apparût ! Et ce n’était ni un âne, ni un cheval, mais un 4×4 d’israéliens ! J’étais près à monter sur le toit s’il le fallait ! Mais ça ne fût même pas nécessaire, il y avait même une place pour moi en se serrant un peu !

4x4

Je fini par arriver à Manali à la tombé de la nuit, lessivé, mais heureux d’avoir pu accomplir tout mon programme. Ce passage dans l’Himalaya fût vraiment intense. J’ai poussé mes limites à l’extrême, mais le souvenir de tous ces instants sont là, comme si c’était hier, et il fallait que je vous les fasse partager… Vous comprenez mieux maintenant comment j’ai pu perdre 8 kilos en l’espace d’un mois en Inde 😉

La carte du parcours

22
Nov
07

A 26 mètres des 6000 – Inde, Himalaya – Part 3

Ceci est la suite de l’épisode 1 et 2

petit dejHabituellement me lever tôt n’est pas ma tasse de thé, mais ce matin là, comme mes acolytes, j’étais debout aux aurores ! Après avoir pris le petit déjeuné sur la terrasse, nous décidons d’aller voir le village d’un peu plus haut depuis le sommet de la montagne en amont. D’après notre hôte il n’y avait pas plus d’une heure de marche. Comme la température devenait clémente en même temps que le soleil l’élevait, je décide de porter mes sandales. Autrement j’avais une paire de vieilles Patogas toutes troués qui auraient pu faire l’affaire. Les mêmes qui avaient parcouru les savanes Zimbabwéennes 6 ans auparavant ! Mais rassurez-vous, je les ai jeté depuis 😉 Vuer de Kibber

Nous voilà donc parti. Le rythme est bon ! Après une heure de marche à peine, nous atteignons effectivement le sommet surplombant le village de Kibber. Mais ce sommet n’avait rien d’un sommet, ce n’était rien de plus qu’une courbe suivit d’un petit plat faisant face à une autre colline. Déçu par ce Berger sur le cheminconstat, nous décidons de continuer notre grimpette jusqu’en haut de cette deuxième colline, pas plus haute que celle que nous venions de franchir.En moins d’une heure nous atteignons ce deuxième sommet. Mais pour la seconde fois, la montagne se joue de nous ! Nous n’étions pas au sommet, et nous en étions loin ! Cette deuxième butte n’était que l’arbre qui cache la forêt ! Au lieu d’une vue sur une autre vallée, comme nous l’espérions, nous avions désormais la montagne face à nous, la vraie, celle avec toute sa splendeur, sa crête escarpée et ses deux sommets. A ce moment là, une question devait être posée : Que faire ? L’australien, le néozélandais, l’anglais et moi-même, étions partis, si l’on peut dire, en short ! Nous n’avions amené ni bouteille d’eau, ni rien à grignoter. Je vous rappelle que nous n’étions censés faire qu’une petite marche d’une heure à peine au départ. Mais heureusement pour nous, les filles sont plus avisées ! La française et l’allemande avaient pensé à prendre une bouteille d’eau chacune, Prendre une décision !ainsi que quelques bananes. Mais pour sept bonhommes, cela restait quand même peu ! D’autant qu’une bonne quantité avait déjà été bu par leurs propriétaires pendant ces deux premières heures. Nous devions donc passer en mode survie si nous voulions continuer ! J’avale ma première gorgée d’eau depuis le départ, et nous décidons de poursuivre, c’est trop bête d’abandonner ici. Nous avions déjà trop avancé…Nous décidons de longer la crête pour arriver au premier des deux sommets, le moins haut. Mais cette fois au moins, nous pouvons enfin parler de sommet, et espérer voir l’autre côté de la vallée !L’australien caracole en tête, plus motivé que jamais ! Il nous sert de catalyseur. Nous le suivons comme nous pouvons sans trop nous poser de question, d’un pas de plus en plus lourd, mais décidés à ne pas trop nous laisser distancer ! La pente est de plus en plus raide. Les cailloux qui la façonnent se glissent continuellement entre la semelle de ma sandale et mon talon. C’est extrêmement agaçant ! Mon rythme est cassé à chaque fois que je dois m’arrêter pour m’en libérer ! Je commençais vraiment à regretter mes vieilles Patogas !!Après deux heures et demi de marche supplémentaire, sans autres haltes que celles pour reprendre notre souffle, nous atteignons le sommet de la crête. Enfin nous pouvons voir l’autre versant de la vallée, avec ses montagnes enneigées et ce flot continuels de pointes blanches à l’horizon… Nous étions sur le toit du monde… Ou presque ! Puisque que le vrai sommet était encore à quelques encablures le long de la crête.Arrivé au premier sommetDe là, nous faisons une pause bien méritée ! Nous buvons chacun une gorgée d’eau et avalons une bouchée de banane, et nous en finissons du même coup avec notre pitance. Nous n’avions aucune idée précise de l’altitude à laquelle nous nous trouvions. 5000 mètres, 5200 mètres peut être…Tout le monde semblait exténué ! Le gros de la troupe décide donc de retourner au village. Mais je voyais bien que l’australien ne se satisfaisait pas de voir le sommet face à nous. Il décide de continuer ! Il ne restait environ qu’une heure de marche au même rythme entamé depuis le début du périple. Juste une heure ! Simplement une petite descente et la montée finale vers le pinacle de ces lieux ! Pourquoi s’en priver !! Il n’a pas eu besoin de me convaincre de le suivre, je ne voulais pas qu’il soit le seul à réussir cet exploit ! Je représentais l’image de la France tout de même ! Et cela nous permettrait de redescendre par l’autre versant de la montagne au lieu de revenir sur nos pas…

Vue de la vallée du coté de Kibber

Nous voilà donc repartis laissant notre groupe derrière nous… Comme il était déjà midi passé, nous décidons d’accélérer encore le rythme ! Enfin, l’australien décide, moi j’essaye de le suivre ! Avec toujours mes petits cailloux dans les godasses qui m’obligent à m’arrêter continuellement ! Les vue de la crête que nous avons longé entre les deux sommetsderniers mètres sont les plus durs, je souffre, le souffle et l’énergie me manque. Mon cœur bat à la démesure, et mes jambes pèse deux tonnes chacune. Tous les trois ou quatre pas je fais une pause ! Mais après une heure trente d’effort, nous arrivons enfin au sommet ! Et cette fois enfin, nous pouvions affirmer que nous étions sur le toit du monde… Des monticules d’amas de pierres disposaient par l’homme nous le prouvait ! Nous ne pouvions aller plus haut ! Ceci me rassurait d’un coté, parce que sans ça, l’australien n’aurait pas lâché !

Pendant un temps nous apprécions la vue, encore beaucoup plus impressionnante que celle de l’autre sommet. Nous pouvons apercevoir un petit lac en contre bas que nous ne pouvions voir auparavant, et rien n’entravait le spectacle sur 360 degrés cette fois ! C’était prodigieux… Aujourd’hui est un jour mémorable ! Celui de mon premier sommet !!Vue du sommet

Et comme chaque grande occasion se doit d’être célébrée comme il se doit, je vois James, mon australien, sortir une feuille à rouler, une clope, et son Charas (nom du haschich de la région, autrefois célèbre pour cela !) dans l’idée de se rouler un joint ! T’es sûr lui dis-je !? Est-ce bien raisonnable !?? Il nous reste encore toute la descente, et nous n’avons plus d’eau !!

Mais l’endroit était magique, et faute de champagne, nous nous fumâmes ce pet en récompense de nos efforts ! Je ne pouvais le laissé seul pour ce coup, on avait déjà tellement partagé depuis le toit du bus, qu’il fallait qu’on vive ensemble ce grand moment ! Mais à quelle altitude sommes-nous ??

Le sommet, enfin !

La célébration terminée, il fallait se presser. Il était déjà 14 heures, et il nous fallait redescendre avant la tombé de la nuit. Il nous restait 4 heures ! Cette course contre le temps a permis à l’adrénaline de prendre le dessus sur l’effet du Charas. Nous nous hâtons de descendre par la voie la plus directe, la Mes chaussuresligne droite, pas le choix ! Par petit bonds successifs, sans réfléchir, en nous laissant pousser par l’attraction, l’effort me semblait presque imperceptible… La pente, plus ardue de ce côté de la montagne, nous entrainait d’elle-même. Par contre j’aurais donné n’importe quoi pour une paire de chaussures sans trous ! Mais plus le temps de s’arrêter pour des gravillons, seules les pierres me faisaient stopper ! Il fallait suivre James, coûte que coûte !!

Couché du soleil sur KibberA part quelques arrêts photos indispensables et une tranche d’escalade obligée par le relief de notre ligne droite, nous avançons sans répit ! Lorsque nous arrivons enfin à Kibber, les lampadaires éclairaient déjà le village, le soleil était sur le point de se coucher ! Et moi de m’écrouler !!

Nous retrouvons nos amis qui commençaient franchement à s’inquiéter ! Passer la nuit en pleine montagne, en sandalette, short et t-shirt, sans rien à manger ni à boire, aurait été une vrai épreuve de survie !

Mais la grande question restait ! Le chiffre ! A quelle altitude était ce sommet que nous avions si péniblement accomplit !??

Notre hôte avait cette réponse : 5974 mètres !! J’avais du mal à le croire ! Nous avions donc monté et descendu presque 1800 mètres de dénivelé en une seule journée !! Un trek de deux jours normalement !! Ca paraissait incroyable ! Il est vrai que depuis 8 heures du matin nous avions marché à un rythme effréné sans presque une pause ! Soit environ 10 heures de marche ! Dommage quand même d’être passé si près des 6000 !

Le soir je me suis effondré ! J’étais vidé, incapable de réfléchir, de parler, de bouger, j’avais tout donné ! Manger et au lit…

Dans la dernière partie vous verrez la fin de mon parcours himalayesque, dont mon arrivé à Nako, village au charme unique à la frontière tibétaine, et la splendeur du lac Chandratal…

15
Nov
07

Au dessus le ciel

en bas 4700mCarte de l’ascension du Chachani
Nous étions à Arequipa depuis 2 jours, le Misti et le Chachani, les deux volcans qui dominent la ville, nous narguaient. À la fin du second jour, dans le petit bouiboui où nous mangions, nous rencontrons un guide, nous discutons un moment avec lui et, l’envie étant plus forte que tout, nous décidons que nous essayerons de grimper le Chachani dont le sommet culmine à 6075m. Le soir même nous allons à l’agence afin de voir le matériel nécessaire à l’ascension. Le sommet étant sans neige à cette époque de l’année, nous avons presque tout le matériel nécessaire. Il nous prêtera une paire de vraie chaussure de montagne à chacun et une tente en tout et pour tout. Après nous avoir donné quelques conseils d’usage, on ne grimpe pas n’importe comment à ces altitudes, et nous avoir expliqué, carte à l’appui, le programme du lendemain. Nous sommes allés nous pioter avec une vague peur au ventre.
la tente, la pente et le vent
Le lendemain après un rapide petit déjeuner, nous grimpons dans un 4*4 direction les flancs du Chachani, 3 bonnes heures de routes et de pistes dans des décors sublimes. En arrivant à 4700m notre chauffeur nous abandonne. Une pente à l’apparence infinie s’ouvre devant nous. Le camp de base est à 5200m, nous voilà donc en chemin pour grimper les 500 m de cette première journée de marche. À notre grande surprise, nous grimpons bien sans vraiment ressentir l’altitude. Il est vrai que nous sommes depuis plus d’un mois au dessus de 3000m et nous sommes donc plutôt bien acclimatés à l’altitude. Camp de base 5200mEn deux heures environs nous arrivons aux camp de base, un replat au pied du col qui permet l’accès au sommet du volcan. Un autre groupe se trouve aussi là, se préparant pour l’ascension du lendemain. Près d’un muret fait avec les pierres jonchant les flancs de la montagne, nous installons notre tente. Bien que l’endroit ait été choisit par notre guide, nous comprenons facilement ce choix tant les rafales de vent sont puissantes. Après avoir avalé un morceau, nous allons nous tester en marchant une bonne heure en direction du col. Le paysage totalement minéral et désertique est fascinant, mais au moment où le soleil se cache, le vent se fait encore plus violent et surtout la température dégringole dramatiquement. Nous n’avons d’autre choix que de nous réfugier dans la tente et de préparer une bonne soupe chaude afin de ne pas congeler sur place.

depuis le camp de base

coucher de soleilLe départ de la grimpette étant prévue à 3 heures du matin, nous n’imaginons même pas de nous planter devant notre réchaud pour jouer aux cartes jusqu’à pas d’heure, il est à peine 8 heures quand nous allons nous dormir. C’est là que nous découvrirons un inconvénient fondamental du sommeil (je dirai plutôt tentative de sommeil) en altitude. A 5200 m, il n’y a pas beaucoup d’air et la nuit il fait terriblement froid. Il faut alors choisir entre avoir chaud et ne pas respirer ou respirer et se geler la tête en ce congelant le système respiratoire. Je dois donc bien accepter ce fait, je ne dormirai pas cette nuit ! Cinq minutes la tête dans le duvet en apnée pour se réchauffer, cinq minutes la tête hors du duvet pour respirer. Je sors un moment de la tente pour aller pisser un coup. Le duvet, la polaire, la parka, les gants et deux paires de chaussettes thermiques sont indispensable pour ne pas congeler sur place. C’est donc avec un relatif soulagement que je vois apparaitre la tête de notre guide dans la tente pour nous dire qu’il est l’heure d’y aller.

Arequipa depuis le colUn bon thé chaud et quelques tartines à la confitures, nous voilà sur les pente du Chachani. La montée s’effectue à la frontale jusqu’au col ou nous attend un spectacle incongru. Une plaque de lumière s’entend au bas du volcan, Arequipa se dévoile. C’est à ce moment que je prends conscience du désert qui nous entoure, pas une lumière n’est visible en dehors de la ville ou de très rare faisceaux de voitures ou de camions. Du côté du camp de base seules les étoiles offraient de la lumière. Nous montons doucement, pour ne pas dire lentement, le lever de soleil est un moment extraordinaire et nous l’apprécions encore plus quand ses rayons nous réchauffent enfin.Guide et pénitents Le paysage nous offre sa minéralité et ses couleurs, le rouge, le brun, le gris, le jaune, le bleu, le blanc, incroyable mélange que ne vient perturbé que le bruit de nos respirations et de nos pas. Nous montons toujours plus lentement, chaque pas coute davantage que le précédent, le sol rouge brun semble se dérober, nous souffrons, mais nous avançons. Nous apercevons enfin le sommet, qu’il semble loin et haut! Dans une petite descente, nous traversons un étrange champ de glace que le vent à sculpter pour former une procession de pénitents. Voilà nous sommes à 6000 m, plus que 75 m à grimper un enfantillage. Dernière montée, il commence à faire chaud, nous commençons à avoir vraiment chaud, dernière montée, dernière souffrance, combien de temps pour ces 75 derniers mètres plus d’une heure probablement ! Perte de repère, où est le ciel, où est le sol, où est l’horizon.

Au dessus de 6000mAu dessus de 6000mLe misty depuis le somment du ChachaniLe sommet

Enfin nous arrivons, l’autre groupe est arrivé une bonne demi-heure avant nous, même si nous avons récupéré un de ses membres, trop fatigué pour suivre leur rythme et qui était près à abandonner si nous ne l’avions pas pousser à franchir les derniers mètres. Il est un peu plus de 8 heures. Au sommet le bonheurLe sommet l’incroyable bonheur d’avoir pousser mes limites et le bonheur de ce paysages irréel, la lumière est différente, les couleurs sont différentes. On a chaud pourtant il gèle, nous nous en rendons compte en respirant. Peu de vent à cette heure, nous pouvons rester en admiration devant ce spectacle. Sur l’horizon, à l’ouest, une ligne bleue foncée, notre guide nous dit que c’est le Pacifique, incrédulité, fascination.
Descendre
L’envie de rester est forte, mais il faut bien descendre et la descente sera pénible et longue, la fatigue se fait sentir. Il est environ 11h30 quand nous arrivons aux camp de base, nous dévorons tout ce que nous trouvons, je mange même avec plaisir de la confiture de fraise (je déteste les fraises). Le temps de ranger la tente, de nettoyer notre campement, de mettre le sac sur le dos, nous disons adieu au Chachani. Une dégringolade rapide nous voilà au point deLes héros sont fatigués rendez-vous avec le 4*4 que nous attendons une bonne heure. Le retour est assez terrifiant avec un chauffeur qui ne conçoit que de rouler à gauche de la route et le plus proche possible du ravin. En une heure de moins qu’il nous en avait fallu pour venir, nous arrivons, sans trop savoir comment, vivant à Arequipa. Retour à l’hôtel, une bonne bouffe et tombons de fatigue. Ce n’est que le lendemain matin en regardant le volcan depuis la ville que nous nous rendons compte jusqu’où nous sommes allés.

Voilà, nous avons passé ce jour-là les 6000m. Mais il ne faut pas croire que le volcan ne se soit pas venger de notre victoire. Les jours suivants mon organisme à souffert, je mourrai de faim 24h sur 24, j’ai perdu beaucoup de poids , j’étais aussi très fatigué, ce n’est qu’en entrant un mois plus tard en Argentine que j’ai retrouvé la forme. Le bonheur d’une viande Argentine est inestimable.

13
Nov
07

à 26 mètres des 6000 – Inde, Himalaya – Part 2

Ceci est la suite du premier épisode

col de Rohtang LaLe lendemain matin, comme prévu, je demande à passer sur le toit du bus. Le chauffeur me prends pour un fou, il me dit que c’est très dangereux… J’avoue qu’on n’avait pas la même logique ! Je lui ai finalement dit que c’était mon choix, que je voulais de mon plein gré prendre le risque de voyager sur le toit du bus parce que je ne voulais pas prendre le risque de voyager à l’intérieur ! Je ne suis pas certain qu’il m’ait compris, mais bon, comme je n’avais pas l’air de vouloir revenir sur ma décision, je suppose qu’il a abandonné et m’a laissé me caler au milieu des sacs, que l’on puisse enfin y aller.
Les quelques touristes du voyages n’avaient à ce moment là pas vraiment compris la raison de mon insistance. Ils devaient se dire que c’était pour avoir une meilleure vue, pour prendre des photos sans ces putains de fenêtres de bus ! Ils finiront par comprendre me disais-je 😉 Et s’il n’en reste qu’un, ce sera moi, j’ai tout prévu !

col de Kuzum LaBon je n’ai pas eu chaud, c’est sûr ! Ca doit être la raison pour laquelle personne ne m’a rejoint une fois arrivé au même col que j’avais connu la veille. Ou alors ils étaient tous du côté droit du bus, soit du coté de la montagne, vous vous souvenez ! Moi j’étais du côté gauche et j’ai eu le vertige dans un bus! Sur mon toit, en revanche, une fois bien couvert, j’étais benaise,col de Kuzum La le terme est adéquoi 😉 J’essayais seulement de ne pas regarder sur les bas côtés. Juste l’horizon et le ciel, tout en restant attentif pour les passages délicats.
On a continué comme ça pendant toute la journée en s’arrêtant de temps à autres pour déplacer des cailloux qui avait bouché la route, ou le chemin, ça dépend, ce qui permettait au moins une pause pipi ! On est monté aussi très haut (le premier col de la veille à 3979 mètres puis un second à 4551, le col de Kuzum La), on a longé deux splendides vallées (Lahaul valley, Spiti valley) et traversé des villages hors du temps (Batal, Losar), continuellement entouré par ces montagnes majestueuses qui forment la chaine de l’Himalaya.

Lahaul Valley Lahaul Valley

village de Losar Spiti Valley Spiti Valley Spiti Valley

On arrive finalement à Kaza en fin d’après midi, petit village à 3600 mètres au fond de la Spiti valley (Effectivement, on n’est pas dans les alpes, les vallées sont très hautes ici !).

Après une bonne nuit de récupe, je décide d’aller explorer un peu les environs

Faut quand même préciser qu’en venant en Inde je n’avais pas du tout prévu d’aller dans l’Himalaya. Je n’y avais même pas songé ! En fait j’ai croisé un type qui m’a parlé de ce village de Kaza et m’y voilà 😉

Hauteurs de KazaJe prends donc la décision de monter sur l’une des deux crêtes de la vallée pour voir d’autres perspectives, et du même coup un autre village au nom de Comic se trouvant de l’autre côté d’une semi vallée. En clair, en haut de ma crête, il y avait un plat (que l’on pourrait aussi nommer petit plateau !), puis ça redescendait un peu avant de Village de Comicremonter beaucoup plus haut et ainsi de suite, car derrière encore on pouvait apercevoir d’autres sommets enneigés…
Bon une fois ma photo du village de Comic en poche, je décide que j’en ai assez fait. J’étais passé de 3600 mètre à 4000 mètres, j’avais aussi traversé le petit plateau, sans compter le retour qu’il restait encore à faire… hey je suis encore étudiant moi, je n’ai pas encore eu le temps de me remettre au sport 😉 Pour une première journée c’était déjà bien.

Hauteurs de Kaza Hauteurs de Kaza Petit plateau

Le jour suivant, j’avais fait la connaissance de trois anglo-saxons, un australien, un néo zélandais et un british. Sur le toit du busIls étaient à Kaza depuis 3 jours et voulaient aller passer la nuit dans le village de Kibber, soit disant le village le plus haut du monde avec de l’électricité, à 4205 mètres d’altitude. Ni une, ni deux, je les suis 😉 Je suis content de voir que je ne suis plus le seul à avoir l’idée saugrenu de voyager sur le toit des bus. C’est l’australien qui me suit, James, s’il vous plait ! Je n’ai donc peut être pas halluciné lorsque j’ai vu des cadavres de bus à certains endroits.
Sur notre toit, James m’apprends l’existence du mal des montagnes, que ça peut tuer si on ne le soigne pas, que ça arrive sans prévenir ! Et que là où on est, on est bien loin du Village de Kyepremier hôpital !! Mais il va me faire flipper le con ! Que la meilleure façon de l’éviter c’est de fonctionner par pallier en restant 3 jours autours des 3500 mètres avant d’aller plus haut. Que c’est pour cela qu’ils étaient restaient 3 jours à Kaza !!! Hummmm,humm, quelqu’un aurait pu me prévenir ! Moi la veille j’étais encore à 2000 mètres ! Enfin, j’étais un ancien sportif, j’avais de beaux restes, et puis surtout on était déjà parti et je n’avais pas trop le temps de glander trois jours à Kaza. Faut positiver dans ces moments là !
Sur la route on s’arrête dans le petit village de Kye (4116 mètres), perché sur un Village de Kibbermonticule attenant à la falaise, avant de rejoindre Kibber, à la tombé de la nuit. Le groupe s’était alors agrandi. Dans le bus il y avait un couple de jeunes allemands et une française qui, comme nous, avaient décidé de passer une nuit plus près des étoiles.

Après avoir trouvé une maison qui pourrait tous nous accueillir, nous dînâmes et allâmes nous coucher, sans biensur avoir omis d’admirer au préalable à quel point les étoiles peuvent être belles sous un ciel pur et dépourvu de toute luminosité. La lune était absente ce jour là.

Demain va être un grand jour… 😉

08
Nov
07

à 26 mètres des 6000 – Inde, Himalaya – Part 1

Des enfants et moiLorsque je suis allé pour la première fois en Inde, en août 2002, je pesais 72 kilos, j’avais pris 4 kilos pour avoir arrêté de fumer un ou deux mois auparavant. Lorsque je suis revenu, un mois après, j’étais descendu à 64 kilos, le poids de mes 16 ans ! Et ceci sans faire de régime 😉 Mais il y a des raisons à cela ! Certes en Inde on passe au régime végétarien, aussi, lorsqu’on voyage en routard on n’a pas de service de chambre ou de frigo pour grignoter à toute heure, mais surtout, il y a une journée où j’ai du en perdre quatre d’un coup, Dromadaires pres de Jaisalmer, radjasthanet c’est celle là que je vais vous compter…

Après avoir fait le tour du Radjasthan, être passé furtivement à Agra pour admirer le Taj Mahal, et quelques jours obligatoires à Vârânasî, où tout indou doit mourir s’il veut son accès réservé au nirvana, je décide de remonter le Gange en train jusqu’à Haridwar puis de pénétrer dans l’Himalaya où la première étape est le village de Manali, perché à 2000 mètres d’altitude. De là on peut choisir plusieurs options de route. Soit partir vers le Ladakh, au nord, soit prendre la direction de la Spiti valley, en direction de la Chine, oups pardon, je voulais dire du Tibet. C’est donc cette dernière option que j’ai choisi car il ne me restait que neuf ou dix jours de vacances, et vu qu’il faut parfois 8 heures pour faire 150 km, je n’avais pas vraiment d’autre choix.

Bahai temple, New Delhi Vache, New Delhi Havelis à Jhunjhunu, Radjasthan Havelis à Jhunjhunu, Radjasthan Karni Mata Temple à Deshnok près de Bikaner, Radjasthan Charmeur de serpent

Jaisalmer, Rajasthan village de Khuri, sud est de Jaisalmer, Radjasthan

Les dunes de Khuri, sud est de Jaisalmer, Radjasthan Les dunes de Khuri, sud est de Jaisalmer, Radjasthan village de Khuri, sud est de Jaisalmer, Radjasthan village de Khuri, sud est de Jaisalmer, Radjasthan Musicien à Jaisalmer, Radjasthan Chez un vendeur d'épice à Jodhpur, Radjasthan

Jodhpur, la ville bleue, Radjasthan Pushkar, Radjasthan

entre Jodhpur et Jaipur, Radjasthan Taj Mahal, Agra

Varanasi Burning ghat, Varanasi Offrandes au Ganga, Varanasi

Varanasi Ghats d'Haridwar Ghats d'Haridwar Ghats d'Haridwar

Je suis d’abord resté 2 jours à Manali, ou plutôt à Vashisht, petit village 300 mètres plus haut, plus tranquille, avec des plants de cannabis poussant un peu partout et des sources de chaude. Endroit plus sympa le temps de décider quoi faire.

Vashisht Sources d'eau chaudes, Vashisht

Pendant l’une de ces 2 journées je décide d’aller voir le col de Rohtang La culminant à 3979 mètre et à seulement 51 km de Manali, avec les quelques chutes d’eau sur la route.
En Inde on roule à gauche, et c’était aussi le coté du ravin. col de Rohtang LaJ’étais assis également du côté gauche, juste derrière la porte du bus, et je n’aurai donné ma place pour rien au monde ! Je m’explique. Lorsque deux bus viennent à se croiser sur cette route, même moi, assis du côté de la pente, côté fenêtre, je ne voyais plus la route, mais seulement du vide, presque à l’infini, ou disons plutôt le fond de la vallée, en tout petit petit. Comme si nous avions la moitié des roues du côté gauche dans le vide. Je ne me rappelle pas avoir prié car je suis trop cartésien pour ça, mais je me préparai à bondir en dehors du bus en cas de frémissement de chute. J’ai rarement eu aussi peur ! Les chauffeurs sont certainement très doués, mais le fait d’être entouré d’être considérant la mort physique comme une nouvelle naissance dans un autre corps leur permettant de poursuivre leurs évolutions vers le Nirvana (appelé plus communément le Moksha en Hindouisme) ne me rassurait guère. Ma confiance restait donc toute relative. Moi j’aime la vie, et j’ai bien peur qu’on en ait qu’une !col de Rohtang La
J’avais donc pris la décision de ne pas déconcentrer le chauffeur, et de le laisser nous conduire jusqu’au col qui n’était plus très loin, en comptant sur ma bonne étoile tout devrait bien se passer. Ensuite je voyagerais sur le toit du bus ! Au moins là j’avais une chance de m’en tirer en sautant ;).
Bon, le retour, vu qu’on était du bon côté, je l’ai quand même fait dans le bus, il faisait vraiment froid et je n’étais pas parti équipé ce jour là.Mais j’étais content d’avoir pris conscience de ce fait, qui me servirai dès le lendemain, jour du départ dans les profondeurs de l’Himalaya. D’ailleurs pendant toute la route qui me menera au travers des villages de Batal, Losar, Kaza, Kye, Kibber (4205 mètres, d’où partira l’aventure), Tabo, et enfin Nako tout près du Tibet (Cette fois je ne me trompe pas ;)), en passant par le col de Kuzum La pêrché à 4551 mètres et le lac Chandertal (lac de la lune), vraiment époustouflant, il n’est pas rare de voir des bus écrasés au fond d’une vallée…




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