Posts Tagged ‘passeport

25
Juin
08

NASTRAHVIA

Dès que je bouge sur ma banquette, le soldat, d’un seul bond, braque sa Kalachnikov sur moi. Il me regarde d’un oeil féroce. Mon sang se fige, une vraie mitraillette et tout  près! Puis, ayant compris que je voulais juste jeter un coup d’oeil par la baie vitrée, il reprend sa place. Du haut de ses 2 mètres et plus, mon gardien ne me quitte des yeux. On attend.

Très tot ce matin, en compagnie d’un charmant guide roumain, on était arrivé  à l’aéroport International Borispol de Kiev en visite touristique. Organisée par une agence à Bucarest, quinze français et moi – la seule latino – devions faire le tour de Sainte Sophie, musées, églises, parcs. Plus tard, déjeuner, croisière sur le Dnipro, shopping, tout ça en vrai Speedy González (vous savez, le rat mexicain, le héros le plus sympathique et véloce du monde. Il a été accusé en 1999 comme étant ethniquement offensif aux mexicains, autrement dit, politically incorrect. Ce n’est pas tout: il a des amis qui fument et boivent!!! Le cartoon a été banni aux USA, pourtant il est toujours populaire dans les chaines TV latines).

Après ce petit hommage a Speedy, revenons à Kiev. A ce moment-là – les années 80 -, certains pays en Amérique Latine étaient dominés par des dictateurs fascistes et les portes soviétiques fermées à leurs citoyens. Pas question de se présenter sans visa sur son passeport. Mais l’agence à Bucarest avait oublié ou ignoré ce petit détail. Moi, je l’ignorais tout court. Me voilà donc essayant d’atterrir en toute innocence, porteuse d’un passeport virginal sans visa.

Le contrôle de passeports se faisait avant de quitter l’avion. On retenait le passeport, à sa place on vous donnait un livret qu’il fallait garder avec soin. Quand arrive mon tour, catastrophe! Les contrôleurs se regardent, me regardent, s’agitent. Consultation avec notre guide. Je ne comprends pas ce qui arrive, mais mon  passeport disparait rapidement et aucun livret ne le remplace. Je suis arrêtée sans ménagements, mon guide semble assez vexé et marmonne des excuses. Entre-temps le groupe m’attend dans le bus. Ils rouspètent bruyamment, se demandent de quoi il s’agit. Mais, qui est cette femme? Une espionne de la Cia? Ce délai va tout dérégler, on va manquer une partie du tour. Ces latinos! Allez, partons tout de suite!

Plus loin, deux soldats me font descendre de l’avion et me poussent vers la Zone de Transit. Isolée. Le guide a disparu, il est peut-être en train de faire des démarches chez la KGB pour me relâcher. Maintenant je suis seule avec mon redoutable gardien, puisque le bus et le nouveau guide sont déjà partis.

Impatience. Angoisse. La matinée s’écoule lentement en attendant l’accord de la police pour que je puisse sortir. Vers midi le guide apporte des nouvelles: les enquêtes sont terminées et je peux joindre mon groupe, qui déjeune dans un hôtel. Alors il faudra prendre un taxi… à mes frais!!!  Est-ce que j’ai bien compris? À mes frais? Ah, non, pas du tout, Monsieur le Guide. Ma furie se déchaine, c’est le bouquet! Alors le guide a dû se remettre. Il m’a offert, au nom de l’agence et le sien, des excuses sincères, le prix du taxi et son service comme guide.

Voilà une belle compensation. Je jouis d’un vrai tour guidé pendant le trajet jusqu’à l’hôtel, tout le long d’une route impeccable flanquée par des forêts luxuriantes.

De ma visite à Kiev, seulement la trouille, la vulnérabilité, l’impuissance et l’angoisse face au Pouvoir sont restés inoubliables.

par Ana Tejero

13
Juin
08

Cauchemar sur le train (2ème partie)

1ère partie

À la gare de Turin nous attendent trois carabinieri qui ont pris la relève après celui qui, sans souffler mot,  nous avait gardés pendant le trajet. De ma part, aucune intention de prendre la fuite. Dans une ville inconnue? Une sans-le-sou? Sans papiers? Ce sera plus sage de se laisser faire et voir où ça mène.

Oui, ça menait tout droit vers le panier à salade. Allez, hop. On y monte. La voiture démarre comme un éclair, sirènes hurlant à toute vapeur. Les passants pensent: qu’est-ce qu’elle est efficace, notre Superpolice, ils ont sûrement attrapé des délinquants dangereux.

La Questura est un bâtiment énorme, et maintenant je suis seule, car mes copains délinquants ont été amenés ailleurs. Dans un bureau privé, je dois faire face au détective qui m’assaillit de questions. Qui suis-je, que faisais-je à Rome, où vais-je, etc. Ça devient grave, puisque sauf un vague souvenir de gros mots appris au Poste de douane j’ignore les mots plus ou moins savants qui pourraient m’aider tout de suite. Mais voici un interprète qui arrive.  Uff… Je raconte tout, adresse à Paris, lieu de travail, nom de ma banque, cartes de crédit, etc., etc.

Question:. numéro de votre passeport?……… Zut! Rien, zéro, oublié…

Question:  numéro de votre compte en banque? Rien, zéro, oublié…

Question:  numéro de votre Carte de Séjour? Rien, blanc total. Zut zut zut !!!

Et ainsi de suite. Seul peut me sauver une vérification consulaire. C’est ce que je demande aux italiens car je suis toujours une étrangère suspecte et malfaisante. Bientôt un officier de mon consulat arrive au secours. Il paraît que le détective a écouté son intuition et me laisse partir avec le  bonhomme qui a promis de me prendre en charge dorénavant.

Pour le reste, tout se passe très vite. Au Consulat, une fois toutes vérifications avec Paris accomplies, je reçois un prêt pour m’offrir un repas (finalement !), me balader et faire mes photos d’identité. Entre-temps le Consulat préparait un Laissez-passer, achetait un billet pour le train Turin-Paris de 21 heures.

Puis, un officier du Consulat m’a conduit vers une grande salle. Ou je me suis effondrée sur des Superfauteuils en cuir pour dormir (finalement) jusqu’à mon départ. De temps en temps et puisque je suis à moitié endormie, j’entends des pas très discrets qui respectent mon sommeil avec soin. Après, on me réveille doucement, un taxi m’attend pour me conduire à la gare.

Subir à nouveau les controles de douane, quel cauchemar !!! Est-ce que le douanier va accepter mon Laissez-passer, est-ce que, est-ce que… Pendant que le train roule j’ai des flash-backs, je revois ces paysans habillés en complet bleu. En attendant le départ du train ils sont toujours sur le quai, cette fois en face de mon compartiment. Ils ne font des adieux à personne. Ils me regardent à travers la fenêtre, font des grimaces, rient et chuchotent.  Maintenant je comprends, trop tard !!!

Quelques mois plus tard j’ai appris que, dans la matinée de cette journée, mes joyeux parents en vacances faisaient le tour de Turin en voiture. Mais moi, je traversait la ville en tant que prisonnière. C’est possible que nos chemins se soient croisés et qu’ils aient regardé d’un oeil curieux ce bruyant panier à salade!

par Ana Tejero

05
Nov
07

Passage de frontière épique, Guatemala-Mexique

Je pense que la pire chose qui puisse arriver avec nos amis les douaniers, surtout occidentaux, est une fouille pénétrante, je pense au touché rectal ;). Pourtant, et que Dieu (s’il existe) m’en préserve, ca ne m’est encore jamais arrivé, je vous le dirai, sûr ;). Je dis douaniers occidentaux, car dans beaucoup de pays au monde tout peut s’arranger moyennant un petit billet, mais faut pas se planter de pays, sinon quiz sur le 2eme effet kisscool !!

J’ai eu aussi mon lot de galère avec ces putains de douaniers (pardon, mais j’ai vraiment du mal avec les uniformes!), mais le plus grand plaidoyer que j’ai du faire auprès d’eux s’est déroulé à la frontière entre le Guatemala et le Mexique. Le problème étant que je ne pouvais pas sortir du pays, car je n’y étais jamais entré ! Je m’explique, là je parle comme le douanier ! Et seul un autre douanier peut comprendre !! J’étais donc effectivement bien entré au Guatemala puisque physiquement je m’y trouvé, mais mon passeport lui, était resté au Belize ! Ou plutôt était sorti du Belize mais jamais entré au Guatemala, j’étais donc, pour le douanier, toujours au poste de frontière entre le Belize et le Guatemala !!!! Vous me suivez !?? Pourtant le Belize était à plusieurs centaines de km vu que je revenais au Mexique par le sud du Guatemala, j’avais passé 15 jours dans le pays, et même fait une petite virée au Honduras, mais là, comme c’était tout près de la frontière pour aller voir un temple maya (Copan), il n’y avait pas eu d’entrée officielle au Honduras, donc pas de retour officiel non plus (en clair pas de tampon sur mon passeport, le douanier faisant une fixation sur ces détails !!). Donc que faire !???

Honduras, sur la route de copan Copan Statue Copan Pas encore de clef de voute

Après lui avoir vainement expliqué pendant une demi heure que ce n’était peut être pas entièrement de ma faute, qu’on peut entrer au Guatemala comme dans un moulin, que dans ce cas personne ne demande rien, mais qu’ensuite on ne veut plus nous laisser sortir ! En fait j’avais traversé le Belize en bus en pleine nuit et je suis bien allé au bureau de douane de sortie du Mexique, d’entrée au Belize, de sortie du Belize, mais mon état de fatigue m’a fait zapper le bureau d’entrée au Guatemala. Faut dire que personne ne vous dit rien, que tout avait l’air fermé en pleine nuit. Le bus vous laisse avant la frontière et vous récupère 200 mètresaprès, au Guatemala, et à nous de nous démerder, de réveiller les douaniers pour se faire tamponner le passeport j’imagine, si l’on y pense… Donc, qu’est-ce qu’on fait !???

Moi je n’allais pas passer ma vie au Guatemala, même si c’est un pays magnifique, ce n’était pas prévu comme ça !

Rue de Antigua (1600 mètres) volcan Pacaya près d’ Antigua (2 600 mètres) Panajanel, lac Atitlan, Vue sur le volcan Toliman (3158 mètres)

Site de Tikal, civilisation Maya Site de Tikal, civilisation Maya

C’est quand même hallucinant qu’on vous empêche de sortir d’un pays ! D’y entrer ok, mais d’en sortir !!!! Bref, ma copine de l’époque, qui faisait partie du voyage, commençait à ne plus du tout trouver ça drôle ! Mes “Ca va aller!” ne l’a rassuré plus du tout ! Donc, que faire ???

Au fond de moi je savais très bien ce que voulait le douanier, mais comme je considère l’argumentation comme un jeu d’esprit (Chose que le test de personnalité ma confirmé, guillaume et autres visiteurs de son blog comprendront ;)) Je me devais, face à l’absurdité de la situation, d’essayer d’argumenter, surtout face à un douanier ! Mais comme on n’apprend pas à un singe à faire la grimace, et comme le douanier avait bien compris que je n’allais pas retourner au poste de frontière guatémaltèque à la frontière du Belize, il avait gagné !!! Ok, combien ??? Ou plutôt, Cuanto ???? Toujours, dans ces cas là, ils essayent de vous dire qu’ils ne sont pas comme ça… bla bla bla…, mais qu’exceptionnellement, pour cette fois seulement (comme si j’allais le refaire !), il acceptait l’argent dont j’avais définit le montant comme le prix du visa d’entré dans le pays, du tampon quoi !

Bref j’en avais fini et c’est tout ce qui comptait, je ne me rappelle pas combien l’histoire m’a couté, mais ce n’était pas grand chose. J’ai bien sûr joué au routard étudiant fauché ;).

Voilà pour une de mes expériences frontalière avec nos « chers amis » les douaniers….

Gare routière de Panajanel Ciao




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