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28
Juil
08

Le temps des trains

carte
Nous arrivons avec une heure d’avance, Le train partira avec 5 heures de retard.
Assis par terre, nous sommes écrasés de chaleur. L’attente n’est pas le problème, la chaleur oui. Nous buvons, nous mangeons, nous jouons aux cartes pour essayer d’oublier la puissance de la chaleur. Stratégiquement nous sommes pourtant dans l’air d’un ventilateur.
Nous jouons aux cartes, des gamins veulent apprendre. Nous leur enseignons nos jeux, ils nous enseignent les leurs, finalement nous jouons sans bien savoir quelle règle est d’actualité, qu’importe ce sont les rires qui remportent les parties.
Finalement le train arrive, nous cherchons notre wagon, nous cherchons notre couchette. Un ventilateur par couchette, le bonheur d’un luxe indispensable. Le train démarre, s’enferme dans la nuit.
Dans quelques heures je serai assis sur le pas de la porte ouverte. A chaque arrêt un flic m’éjectera pour la fermer. A chaque départ je l’ouvrerai et me rassirai pris par la beauté d’un désert où les hommes s’efforce de faire pousser la vie.
attendre

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13
Juin
08

Cauchemar sur le train (2ème partie)

1ère partie

À la gare de Turin nous attendent trois carabinieri qui ont pris la relève après celui qui, sans souffler mot,  nous avait gardés pendant le trajet. De ma part, aucune intention de prendre la fuite. Dans une ville inconnue? Une sans-le-sou? Sans papiers? Ce sera plus sage de se laisser faire et voir où ça mène.

Oui, ça menait tout droit vers le panier à salade. Allez, hop. On y monte. La voiture démarre comme un éclair, sirènes hurlant à toute vapeur. Les passants pensent: qu’est-ce qu’elle est efficace, notre Superpolice, ils ont sûrement attrapé des délinquants dangereux.

La Questura est un bâtiment énorme, et maintenant je suis seule, car mes copains délinquants ont été amenés ailleurs. Dans un bureau privé, je dois faire face au détective qui m’assaillit de questions. Qui suis-je, que faisais-je à Rome, où vais-je, etc. Ça devient grave, puisque sauf un vague souvenir de gros mots appris au Poste de douane j’ignore les mots plus ou moins savants qui pourraient m’aider tout de suite. Mais voici un interprète qui arrive.  Uff… Je raconte tout, adresse à Paris, lieu de travail, nom de ma banque, cartes de crédit, etc., etc.

Question:. numéro de votre passeport?……… Zut! Rien, zéro, oublié…

Question:  numéro de votre compte en banque? Rien, zéro, oublié…

Question:  numéro de votre Carte de Séjour? Rien, blanc total. Zut zut zut !!!

Et ainsi de suite. Seul peut me sauver une vérification consulaire. C’est ce que je demande aux italiens car je suis toujours une étrangère suspecte et malfaisante. Bientôt un officier de mon consulat arrive au secours. Il paraît que le détective a écouté son intuition et me laisse partir avec le  bonhomme qui a promis de me prendre en charge dorénavant.

Pour le reste, tout se passe très vite. Au Consulat, une fois toutes vérifications avec Paris accomplies, je reçois un prêt pour m’offrir un repas (finalement !), me balader et faire mes photos d’identité. Entre-temps le Consulat préparait un Laissez-passer, achetait un billet pour le train Turin-Paris de 21 heures.

Puis, un officier du Consulat m’a conduit vers une grande salle. Ou je me suis effondrée sur des Superfauteuils en cuir pour dormir (finalement) jusqu’à mon départ. De temps en temps et puisque je suis à moitié endormie, j’entends des pas très discrets qui respectent mon sommeil avec soin. Après, on me réveille doucement, un taxi m’attend pour me conduire à la gare.

Subir à nouveau les controles de douane, quel cauchemar !!! Est-ce que le douanier va accepter mon Laissez-passer, est-ce que, est-ce que… Pendant que le train roule j’ai des flash-backs, je revois ces paysans habillés en complet bleu. En attendant le départ du train ils sont toujours sur le quai, cette fois en face de mon compartiment. Ils ne font des adieux à personne. Ils me regardent à travers la fenêtre, font des grimaces, rient et chuchotent.  Maintenant je comprends, trop tard !!!

Quelques mois plus tard j’ai appris que, dans la matinée de cette journée, mes joyeux parents en vacances faisaient le tour de Turin en voiture. Mais moi, je traversait la ville en tant que prisonnière. C’est possible que nos chemins se soient croisés et qu’ils aient regardé d’un oeil curieux ce bruyant panier à salade!

par Ana Tejero

09
Juin
08

Cauchemar sur le train (1ère partie)

Fin de vacances à Rome, je rentre à Paris pour reprendre mon travail. À la Stazione Termini le train attend, sur le quai il y a des groupes de gens qui font leurs adieux. Un petit groupe de quatre ou trois hommes et deux femmes bloquent mon passage quand je veux monter. Tous en costume bleu, bien vêtus. Trop bien vêtus. Chapeaux, cravate, chemise blanche pour les hommes. En tout cas, ils ont l’air de paysans venus pour une fête de mariage? qui sait.

Bon, donc, avec ma grande valise je finis par me faufiler parmi eux et je monte. Trouve ma couchette en haut, m’installe. Pip pip, voilà le train qui part tout doucement.

Suis prête à dormir jusqu’à mon arrivée à Paris.

Deux heures du matin. Le train s’arrête, il fait très froid, on vous réveille brusquement car on est à la frontière (Ventimiglia?)  pour le contrôle de papiers. Mon passeport et mon argent sont dans une pochette que j’avais mise dans mon sac. Mais hélas, la pochette n’est plus là, ni nulle part. Désespoir. Je cherche partout, est-ce qu’elle a glissé sur ma litière? Est-ce qu’elle est tombée par terre? Est-ce que,  est-ce… Non, disparue !!! Un vrai cauchemar !!!

Les douaniers me font descendre et, faute d’aide avec une valise de plus en plus lourde, je marche péniblement sur la neige. A quelques mètres se trouve le poste frontière, ils me poussent dedans sans ménagements. Le train est déja reparti.

Donc, me voilà au Commissariat, partout des sans-papiers, tunesiens, sudaméricains, marocains, qui hurlent sans comprendre l’italien, des flics qui hurlent pour se faire comprendre. Et des fois, en ajoutent des coups. Engeulades.

Un des flics est assis derrière un bureau, le reste, nous patientons debout. Ça dure des heures. À ce moment-là voilà que je reçois un cours express et gratuit de gros mots en italien. Remerciements! Je profite aussi de cette leçon.

Mais, encore plus important, j’ai compris ce que veut dire l’Identité. Comment prouver qui on est? Je pouvais bien dire que j’étais Mme. Bovary ou n’importe qui, ça aurait été pareil. Je prie le Grand Flic de téléphoner à Rome, demander si mon passeport a été trouvé à la gare ou sur les voies. Sauf pour l’argent le reste ne devrait être utile à personne.

Ah, mais non, nous, on a pas le droit de passer des coups de fil à d’autres villes. Même dans l’Italie? Même…

Le temps passe, pas de café, pas de chaise, pas de réponse, pas d’eau, c’est déjà bien entrée la matinée et on est fatigué, ennervé, on maudit les italiens, les voleurs et les flics. On déteste tout le monde.

Dans mon cas, M. le Flic a pris une décision. Me virer vers la Division pour les Étrangers en faute à la Questura de Turin, un Commissariat important dans une ville importante. Mais un petit détail, il faut prendre un train local, et dans ce cas, je dois payer mon billet. C’est pas cher pour un trajet court mais, de quoi il parle?, Je n’ai pas d’argent sur moi, ils sont au courant, ils s’en fichent. Cela dit, ils m’escortent jusqu’à la petite gare ou le train pour Turin attend.

Saisie d’étonnement!  Que faire? Je fouille dans mes poches. Rien. Et voilà q’un ange gardien apparaît sur le quai caché dans le corps d’un modeste flic. Il m’approche d’un air furtif, puis, en cachette, me glisse la monnaie dont j’avais besoin. Avec son doigt sur la bouche il me fait signe de me taire. Je faillis fondre en larmes. Pas question de lui rembourser, n’ayant rien sur moi pour le remercier. Sauf un simple briquet bon marché. Je le lui donne, les larmes coulent sur mon visage. Je fais la paix avec les italiens et quelques flics. Son visage est resté pour toujours dans mon coeur, tout comme son petit grand geste. Une nuit remplie de leçons, une fois de plus je comprends comment c’est inutile de mettre tout le monde dans le même sac.

Le train pour Turin démarre, nous sommes quatre détenus fatigués marchant vers qui sait quels nouveaux pépins.

 

par Ana Tejero

25
Mai
08

Rase campagne

Il fait encore nuit quand le train quitte Camagüey et quand la contrôleuse et une passagère réveille tout le wagon suite à leur brève mais intense engueulade. Une grosse demi-heure plus-tard le train s’arrête au milieu de nulle part.
La nature nous propose quelques temps plus-tard le spectacle d’une magnifique aurore. La chaleur grimpe peu à peu dans le wagon dont la température est restée toute la nuit au dessus des 30 degrés.
Vers 6 heures, quand la chaleur devient insupportable je descends du wagon, quelques cubains sont déjà assis sur les voies. Peu à peu le train se vide. Je profite de la magnifique lumière pour shooter des paysages et des portraits, mes dernières photos cubaines.

Locomotive en panne nous annonce le contrôleur. Il faudra plusieurs heures pour qu’une locomotive en état de marche prenne le relais.
Nous arrivons finalement à la Havane vers 16 heures. Le quais est rempli de gens attendant les naufragés habituels du Santiago-La Havane. Vingt-deux heures de trajet au lieu de quatorze annoncées, rien que du normal.

train Santiago - La Havane...

23
Nov
07

Reposez en paix trains des Mineurs (Uyuni – Bolivie)

la carte

Salar d'Uyuni et Parc Eduardo AvaroeSalar d'Uyuni et Parc Eduardo AvaroeSalar d'Uyuni et Parc Eduardo Avaroe

Quand vous arrivez à Uyuni et si vous n’êtes pas Boliviens vous venez pour découvrir le salar du même nom qui s’étend sur plus de 100 km au nord-ouest de la ville et le parc Eduardo Avaroa, plus au sud. Ces deux lieux sont tellement surprenant, incroyable, déroutant, unique, sublime, que le détour par Uyuni semble une évidence pour tout ceux et toutes celles qui découvrent la Bolivie. La blancheur infinie du salar sur laquelle flotte les montagnes à l’horizon, qui transforme de vulgaires tas de sel en diamants auxquels un dieu saugrenu aurait donné le don de lévitation ou encore qui se fait miroir parfait sur lequel humains et volcans se prennent pour Narcisse. Une ile de corail à plus de 4000m, La maison de l’Inca, dite ile des pêcheurs , au centre de cet océan blanc et sans vie, sur laquelle poussent des cactus géants et entre lesquels jouent les colibris. Les lagunes qui s’amusent à changer de couleurs suivant l’orientation du vent et qui par comble de coquetterie s’offrent quelques flamands roses, mouettes et autres oiseaux comme ornement. Salar d'Uyuni et Parc Eduardo AvaroeSalar d'Uyuni et Parc Eduardo AvaroeDes Geysers dont la gueule ressemble à une fleur. Des volcans au noms puissant qui nous regardent du haut de leur 6000m, fumant parfois les entrailles de la terre. La terre elle-même qui se prend pour un arc en ciel. De cette magie le scientifique retiendra, bore, sel, argent , antimoine, plomb, argent, or, cuivre et je sais quoi encore. Vous vous retiendrez cette sensation unique d’être dans un autre univers à la beauté féroce et envoutante.

Cimetière de trains d'Uyuni Cimetière de trains d'Uyuni Cimetière de trains d'Uyuni Cimetière de trains d'Uyuni Cimetière de trains d'Uyuni

Cimetière de trains d'UyuniTout près de la ville, à quelques centaines de mètres, se trouve un autre endroit étonnant, mais qui, cette fois, a été façonné par les hommes. En suivant les voies, vous arrivez à un embranchement, d’un côté la voie qui dessert Calama au Chili et Villazon en Bolivie et de l’autre une vieille voie dont il manque les rails et qui s’ouvre sur un vieux wagon abandonné , rempli de terre et de déchet métallique :

Le gardien du cimetière de train d’Uyuni.

Cimetière de trains d'Uyuni Cimetière de trains d'Uyuni Cimetière de trains d'Uyuni Cimetière de trains d'Uyuni Cimetière de trains d'Uyuni

Comme dans une grande partie de la Cordillère des Andes, la région d’Uyuni regorge de métaux divers et variés, argent, cuivre, mais aussi le bore ou le sel. Au cours du XIXème siècle les mines se sont industrialisées, le train est arrivé, s’est étendu, a relié la côte Pacifique au niveau d’Antafagasta, alors port bolivien. Les guerres, l’épuisement des filons, la modernisation et l’arrivée des camions ont tué petit à petit les mines et bien sur le réseau ferré. Ne sachant que faire de ces vieilles locomotives, wagons de passagers ou wagons de marchandise, les boliviens les ont abandonnés en plein désert à la sortie d’une voie abandonnée. À l’origine l’idée était de récupérer le métal qui rouillait à quelques encablures de la ville, puis, voyant l’intérêt que les touristes lui portaient, il s’est transformé en une espèce de musée ferroviaire minier. C’est ainsi qu’est né le cimetière de train.

Cimetière de trains d'Uyuni Cimetière de trains d'Uyuni Cimetière de trains d'Uyuni Cimetière de trains d'Uyuni Cimetière de trains d'Uyuni

Avant d’entrer dans cet étrange univers, faites une pause, tourner sur vous même, regardez, les montagnes qui émergent sur l’horizon, le ciel aux couleurs changeantes, Uyuni dont vous apercevez un clocher et quelques maisons basses, la ligne de train qui sort de la ville et s’enfonce dans le désert. Respirer cet air rare et d’une pureté enivrante, fermez les yeux un instant, écoutez le vent et les bruits ténus venant de la ville.

Cimetière de trains d'Uyuni Cimetière de trains d'Uyuni Cimetière de trains d'Uyuni Cimetière de trains d'Uyuni Cimetière de trains d'Uyuni

Voilà, vous êtes près, vous pouvez entrer, suivez la voie, touchez les vieilles carlingues, écoutez leurs histoires, observez leur date, leur lieu de naissance, une grande majorité ont traversé l’océan venant d’Angleterre. Au milieu des amas de métal, des tas de vis qui autrefois liaient le rail à ses traverses, quelques plantes rachitiques, piquantes aux fleurs jaunes vous observent. Passez les carcasses des wagons de voyageur, découvrez c’est incroyable wagon rouge vif à l’avant défoncé. Un peu plus loin se trouve les wagons citernes toujours orgueilleusement marqués du signe YPFB (la compagnie pétrolière bolivienne).
Cimetière de trains d'Uyuni Cimetière de trains d'Uyuni Cimetière de trains d'Uyuni Cimetière de trains d'Uyuni Cimetière de trains d'Uyuni
Faufillez-vous entre les essieux qui ont perdu leur fonction et sont orphelins de leur wagon. remontez lentement jusqu’à arriver devant l’alignement de dizaines de vieilles locomotives à vapeur. Les touristes, les Boliviens y ont laissé leurs marques, un enfant a dessiné la voiture de ses parents, un autre sa maman, une autre personne se prend pour Einstein, une autre cherche un mécanicien, Urgent. Puis tout au bout, le voie continue seule, une locomotive s’est mise en tête du cimetière, gardienne de la sortie. Quand vous arrivez à ses côté, le désert s’ouvre infini, bordé de montagne et d’horizon.

Cimetière de trains d'Uyuni Cimetière de trains d'Uyuni Cimetière de trains d'Uyuni Cimetière de trains d'Uyuni Cimetière de trains d'Uyuni

Cimetière de trains d'UyuniGrimpez sur une des locomotives, attendez que le soleil se couche, buvez une petite bière, une Potosina par exemple, en admirant ce paysage. Les montagnes se font plus net, l’air semble en plus pur, le rouge, l’orange, le violet, le bleu nuit ce mélange au bleu du ciel, brun du sol et au rouge de la rouille. Voilà les premières étoiles apparaissent, la croix du sud vous salut et vous annonce qu’il est temps de rentrer. Marchez le long de la voix, derrière vous les derniers feux du soleil s’éteignent, la voie ferré vous porte jusqu’à la gare, le froid vous attrape, les lumières de la ville vous entourent, vous rassurent, vous font oublier. choisissez un bar sympa, un resto tranquille revenez au monde des vivants, du bruit, des hommes.
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Toutes les photos du cimetière de trains d’Uyuni




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