Après une bonne heure de route sur le salar, tout à coup le ciel se pose sur le sol, les montagnes et les nuages nous mettent la tête en bas.
Je demande au chauffeur de s’arrêter.
Sur le sol un petit centimètre d’eau, mais surtout le monde du haut et du bas se mélangent dans un gigantesque reflet où nous ne savons plus trop bien où se trouve le haut du bas.
Qui sait Lewis Carol à peut-être imaginé sa petite Alice dans un lieu de ce genre.
Je cherche encore le Lapin en retard…

Il était congé et on avait 5 jours pour voyager. Quoi faire? Où aller? Le soir, Bruno (mon pote des voyages en stop) et moi, les deux chez moi, on discutait nos options: rien faire; aller à l’île (Ilha do Mel); rendre visite à un ami n’importe lequel; ou faire quelque chose de plus audace, de plus intéressante. On a choisi la dernière option. Mais quoi faire? Où aller? Les questions se posaient encore. Pas de réponse pour elles. Moi, un peu iluminé, j’ai eu la très bonne idée de prendre une carte du Sud du Brésil et l’étudier. On pensait qu’avec toutes les options devant nous on allait arriver facilement à un choix. Mais la vie n’est pas toujours en rose. Aucune idée d’où aller pour le congé. Du coup, les deux ont eu une deuxième idée: “Pourquoi on ne ferme pas les yeux et un de nous ne pointe un site? Ça sera notre destination! Pourquoi pas?”, on s’est dit. Ç’a été à moi de pointer et choisir. Me voilà à fermer mes yeux, me concentrer à la recherche d’inspiration et pointer n’importe où. Quelle destination? Le Cânion do Itaimbezinho. Distance de chez nous? 600km. On s’est dit “D’acc. On y va, quoi!”.
Bruno, par contre, m’a dit: “Aller et retourner tout simplement c’est trop facile. On pourrait difficulter un peu plus ce machin, non?” “Comment?” “On pourrait y aller en stop!”, a-t-il dit. “D’acc. Pourquoi pas?”.
Enthousiasmés les deux par notre nouvelle aventure, on a fait nuit blanche en préparant notre virée: tente, tapis de caoutchouc, nourriture, vêtements, carte, etc.
Le lendemain, les deux sans avoir dormi, on est parti de chez moi pour la terminale de bus municipale du centre-ville, d’où on allait prendre un bus qui nous mènerait à une station essence sur l’autoroute d’où on pourrait faire du stop. On est arrivé à la terminal vers 5h30. Il n’y avait personne là. On est allé jusqu’à la voie d’où sortait le bus et on a attendu. Quinze minutes passées, on a sommeillé les deux. On s’est réveillé avec le bruit du moteur du bus qui garait devant nous. On est entré, payé le billet et on s’est rendormi. De la terminale à la station essence il y avait une bonne démi-heure, de façon que l’on a pensé pouvoir dormir un peu dans le bus avant de commencer le voyage. On rêvait même avant qu’il soit sorti de la terminale.
Du coup, je me suis réveillé sans savoir où on était. J’ai regardé autour de moi: dans un bus, dans l’autoroute, une station essence qui s’approchait. Tout allait nickel! Le bus s’arrêta. Heureux, on est descendu. On allait commencer notre virée en stop. Excellent! Excellent!
Un camion s’est arrêté pour se faire remplir de l’essence. On s’est approché du choffeur, lui a demandé si l’on pouvait l’accompagner. Il nous a donc demandé: “Et vous allez où?”. “Vers le sud!”. “Pas de problème”. Montez que je vous emmènerai”. On est monté et le camion est reparti.
Néanmoins, à fur et à mesure que l’on avançait, Bruno et moi soupçonnions que quelque chose de mauvaise arrivait. On ne savait pas exactement quoi. Du coup, Bruno a commencé à perscruter la route. Il avait vu quelque chose… Je le savais. Il a tourné vers moi et m’a dit en basse voix: “Putain, on est sur la mauvaise route! Celle-là va vers les plages, pas vers le canyon!” Quoi?! Mais comment?! C’était vrai: en fait on était sur la mauvaise route. Quels cons! Quels cons!, je me le disais en me frappant la tête. Quel couple de tarés!
Bruno s’est donc tourné vers le routier et lui a demandé: “Est-ce que nous sommes en train d’aller aux plages?” “Absolument oui. Vous ne vouliez pas y aller?” Quoi dire? On s’est regardé l’un à l’autre et s’est dit: “Pas de problème. Tous les chemins mènent à Rome. On ne voulait pas un peu d’aventure? C’est ce qu’on a obtenu!”
N’oublions pas qu’on n’avait que cinq jours pour arriver au canyon, en profiter et revenir chez nous. Commencer comme ça, sur la mauvaise route, allait nous coûter moins de temps là-bas. Mais pas de problème, que le but des voyages c’est profiter de quoi que ce soit qui vous arrive. Nous, on a bien entamé une longue conversation avec le camionneur.
Comme promis, il nous a déposé à Praia do Leste. Pour arriver à l’autoroute BR101 il nous fallait aller à Matinhos, traverser la baie de Guaratuba et prendre l’autoroute PR412 vers Garuva. Le dire c’est simple. Compliqué c’est l’accomplir. Les plages de Paraná (département brésilien dont la capitale est Curitiba) sont complètemente entrecoupées, servies de très mauvaises routes, peu de voitures pendant l’hiver. Autrement dit: un peu compliquer pour ceux qui n’ont pas de bagnole.
Sans réussir à faire arrêter une voiture, bus ou autobus pour nous mener, on a decidé de prendre la route jusqu’au ferryboat à pied, sacs à dos aux dos, encore contents de notre aventure. Mais, comme tout qui commence mal continue mal, on a eu la mauvaise chance de voir une grosse pluie s’approcher. Il allait pleuvoir et on n’avait même pas un parapluie.
Serait-ce un problème pleuvoir? Biensûr que oui. On n’avait pas de parapluie, non plus de protection plastique pour les sacs et par conséquent pour les vêtements qui y étaient. Résultat? Il a plu tellement que nous sommes restés complètement trempés. Le cas écheant pour les vêtements, chaussures, chaussettes et n’importe quoi d’autres qu’on portait dans nos sacs. De la catastrophe!
Comme la pluie ne s’arrêtait point, on a dû faire une halte dans une maison abandonnée et attendre que ça soit fini. Malheureusement, ça n’a pas fini et on s’est rencontré dans la situation de dormir au jardin d’une maison abandonnée, avec une tente mouillée, nous deux trempés… Il ne nous restait que de la pneumonie. Espérons que non, nous nous le disions.
Suite…
Après la traversée en bateau nous arrivons à Porvenir, un petit village mignon, mais on ne fait presque pas attention à ce qui nous entoure. Cela fait à peine une semaine que j’ai retrouvé mon frère, et après plusieurs mois de voyage je suis juste content de discuter avec lui, de manger du fromage et du chocolat. Alors on quitte Porvenir le jour même, nos gros sac sur le dos, de quoi se nourrir pour 3 ou 4 jours et plein d’énergie et de motivation. Nous partons à pied, une carte en main, à la conquête de la Terre de Feu et sûr de notre coup. Après quelques heures de marche nous décidons de planter la tente et de profiter de ce paysage incroyable, sans arbre, vallonné où trottent plein de bébêtes.
Le soir on se cuisine une bonne platée de pâtes, un lac à nos pieds nous sert de source. Nous regardons ensuite le tardif couché du soleil et nous admirons quelques instants le ciel étoilé avant de sombrer dans un sommeil profond. Tout est parfait.
Le réveil est un peu plus dur, le thé avec l’eau du lac a un sérieux goût de sel. Un blague qui nous fait pas vraiment rire, nos stocks d’eau sont très limité et si nous ne trouvons pas de sources nous risquons d’avoir des problèmes. Pourtant en Patagonie l’eau ne devait pas être un souci…
Malgré tout, nous décidons de reprendre notre route, à chaque lac on vérifie le goût de l’eau. A chaque fois le même dégoût, ce n’est franchement pas agréable. Le temps passe et la première voiture que nous voyons en deux jours nous prend en stop. Sur 10 kilomètres, rien de transcendant. Selon la carte que nous avons, nous sommes à une centaine de kilomètres de notre but. Sans eau ça va être dur. Un autre voiture nous avance dix de plus. Mais là c’est le drame, on apprend que la prochaine ville n’est pas à cents mais trois cent kilomètres (un peu moins en réalité). La question n’est plus seulement celle de l’eau, mais aussi celle de la bouffe, du temps etc.
On ne sait pas vraiment quoi faire alors on continue à marcher, espérant une solution miracle, on se regarde comme deux cons, avec notre carte pourrie. Sans se le dire nous pensons tous les deux la même chose… bordel de merde! C’est la deuxième fois qu’on se fait avoir comme des bleus pour une histoire de saloperie de carte, la première fois on s’était perdu dans une montagne en Thaïlande… On n’a pas appris!
Mais finalement le miracle arrive assez vite, on a toujours de la chance quand on voyage. Un nuage de poussière arrive à mille l’heure, le bus qui passe deux fois par semaine fonce sur la piste. Sans réfléchir on se met au milieu les bras en l’air pour lui faire des signes, et même si au dernier moment on se rabattra sur le bas côté (imaginez si les freins étaient pourris!), nous étions bien décidé à stopper ce bus. Bien logiquement il est plein, mais le chauffeur nous propose le couloir à moitié prix. Sans hésiter on accepte. Nous retrouvons nos compagnons de traversée qui eux sont restés à Porvenir pour attendre le bus qu’ils avaient réservé deux ou trois jours avant!
Quelques heures plus tard, après avoir passé la douane, descendu et remonter dans le bus pour éviter le terminal de Rio Grande, nous arrivons à Ushuaia.
El fin del mundo.
La bonne bohème
À part les paysages, les monuments, les églises et les vues, une autre partie importante des voyages ce sont les rencontres que l’on fait, ce sont les verres que l’on prend avec n’importe qui qui croise notre cours, ce sont les amitiés que l’on fait.
Quand j’habitais encore à BsAs, Gibraltar a été le point de rencontre entre Guillaume et moi. Avec Dul (te souviens-tu du nom?), on est allé à un petit resto arabe et on a trop mangé pendant que Dul me racontait ces aventures autour du monde! Cette dernière semaine a été la fois de Greg, qui est venu me rendre visite à Curitiba, où je suis pour l’instant.
Qu’est-ce qu’il a vu de bon là? Ben… quoi dire? Demandons-lui: Greg, qu’est-ce que tu as vu de bon là? On est allé à deux parcs, juste pour y jeter un coup d’oeil, mais que ça. Mais alors qu’est-ce que nous avons fait? Cair na vida (tomber dans la vie), comme on dirait en portugais! C’est-à-dire, faire des interminables soirées, visiter les bars et faire des rencontres. Nous avons commencé le vendredi soir et avons fini le dimanche à 2h, au bar, en prenant un verre (plusieurs) et en écoutant de la musique franco-suisse. Pas mal du tout comme week-end. Je lui ai présenté mes bars préférés, il a fait connaissance de quelques amis à moi, nous avons bu, parlé des voyages, bavardé…
Notre parcours bohème:
Vendredi: Menina dos Olhos (pour bouffer), Wonka (pour prendre un verre) et Aoca (pour danser à la brésilienne).
Samedi: Parque Tanguá, Unilivre, Atelier ArteLux (où nous avons écouté des mecs à faire de la musique qu’avec la bouche), Jacobina (pour manger), Kitinete (pour prendre un verre et bavarder), La Lupe (pour danser) et Wonka (pour finir la soirée).
Dimanche: Pantagruel (pour manger de la feijoada, nourriture brésilienne typique), Atelier ArteLux, Lucca Cafés, Menina dos Olhos et Wonka (pour écouter de la musique franco-suisse).
Ils nous ont encore manqué Era Só O Que Faltava et Alice Bar, fermés.
Lundi matin, Greg repart à Florianópolis, d’où il aura certainement des histoires à raconter. Et qu’est-ce que l’on peut en extraire de sagesse? Que voyager ce n’est pas que visiter les lieux. C’est aussi faire des rencontres et surtout tratar de pasarla bien.
Vive les voyages, vive la bière, vive les caipirinhas!!!
Voyager seul… Il a mille manières de partir, mille manières de voyager, il n’existe pas une fois ou cela se ressemble, pas une fois où on partira sans rien trouver.
Voyager seul est égoïste, mais pour certain nécessaire. On ne partage pas, on est seul; seul face à un paysage idyllique, une montagne, une mer ou un océan, un désert, ou seul face à soi même.
Avant de partir, avant de dire au revoir aux autres, de dire au revoir à soi même, il y a le gros moment de doute. Le doute de supporter cette solitude, le doute du pendant, de l’après…
Et puis la décision: partir, partir suffisamment longtemps pour être sûr que le changement soit radical. A ce moment là 8 mois me semblait suffisant. Après avoir réunis l’argent nécessaire je m’étais mis une seule condition: passer mon deug. Un deug que j’ai fait par hasard, pour rien, seulement pour prendre le temps d’être capable de partir seul. Le jury m’a aidé, et je suis parti.
J’atterris alors au Pérou, comme ça, par hasard et finalement qu’importe. Je passerai 3 semaines à me poser cette question, pourquoi le Pérou… simplement parce que c’était le premier billet pour l’Amérique du Sud? peut être… mais pendant 3 semaines, un mois peut être je regrettais cette décision, non pas pour le Pérou mais pour être parti, parti seul.
Je visitais le nord du pays, les montagnes, le Huscaran, si beau, si élégant. Mais rien n’y faisait, j’avais arrêté des études inutiles, abandonné ma copine toxicomane, laisser mes potes et mes fêtes. Pourquoi?
Après 2 mois mon espagnol progresse, je commence à peine à pouvoir communiquer. Des rencontres futiles, d’un ou deux jours m’aident… mais cela reste précaire. Je croise aussi d’autres voyageurs, le jeune dynamique super ambitieux qui visite le Pérou en 15 jours, le baroudeur qui a vu le monde entier et qui s’écoute parler, la femme de 40 ans, célibataire et faussement féministe… etc. On retrouve un bout de soi même dans chacun. Le reflet fait parfois mal, parfois non. Mais il est toujours instructif.
Deux rencontres marqueront mon début de voyage, une qui m’emmènera faire des photos et l’autre qui me montera le chemin, mon chemin.
Je venais de passer la frontière chilienne et je projetais d’aller à Putre et dans le parc Lauca. La veille de prendre le bus je tombais sur un type à l’hôtel qui râlais en français sur la pauvre employée qui n’avait rien fait. A ce moment je pense que c’est encore un de ces français râleur et désagréable qui a tout vu et surtout qui n’arrête pas de dire qu’il y a la même chose chez lui…
Je le retrouve dans le bus le lendemain, et à coté de lui… alors on commence à parler. Il est belge et était architecte mais à 30 ans il a décidé qu’il y avait assez de maison sur la terre et que l’être humain était un sale con. Il passe donc son temps à bosser dans n’importe quoi et à voyager a travers le monde, de préférence où il y a peu d’humanoïde. Il a 45 ans environ. Sa voix est rauque, cela fait 3 mois qu’il voyage et il n’a presque pas parlé… il erre, admire les oiseaux et la nature.
On arrive à Putre et décidons de partager l’hôtel. Il me dit que j’ai l’air d’un sale con avec mes dread locks et mes boucles d’oreilles mais quant fin de compte je ne le suis pas tant que ça, ça me rassure, je lui dit que lui aussi est un nase et que l’employée de service n’avait rien fait. On voyagera 2 semaines, peut être 3, à la découverte de parcs naturels bien caché… en Bolivie et au Chili.
Ce gars m’impressionne, voyager comme lui me fait rêver même si ça haine me semble inutile. Il disait que la seul qualité de l’humain était sa capacité intellectuel mais malheureusement il ne savait pas s’en servir. En suivant cette logique la connaissance serait le fondement d’une éventuelle amélioration…
Je resterai pensif sur cette idée après avoir laissé ce compagnon de route partir à l’Est. Et après 3 autres mois de voyage je me retrouvais au nord du Chili, dans un désert en bord de mer. Je voulais rejoindre Antofagasta pour aller à San Pedro de Atacama, mais je suis descendu du bus avant. Une station essence avec une route qui partait en direction de la mer m’attirait. Je pris donc 7 litres d’eau et je commençais à marcher. Il était temps pour moi d’être vraiment seul et de rencontrer ce que je cherchais.
Le soir de ce même jour j’arrivais enfin au bord de l’océan et rapidement je me suis senti bien, il me fallait donc rationner mon eau pour faire durer le plaisir. Je passe mes journées à l’ombre, immobile à observer les cactus et les oiseaux. Le soir je me fais des bouillons de pâtes, c’est dégueu, mais comme ça je ne gâche pas d’eau. Après 3 jours je sens déjà la déshydratation m’envahir, mais j’arriverai à prolonger ma réflexion pendant 5 jours. Le sixième j’entends à nouveau le son de la voix humaine.
Ma décision est prise, je retournerai chez moi… pour étudier, même si j’ai appris à ce moment qu’apprendre à apprendre cela ne s’apprenait pas à l’école…
15 jours en Inde - 6
On discute un peu. Un Indien se plaint de ce que les gens se moquaient de nous sur le quai.
Je lui dis que ce n’est pas bien méchant, que pour eux, on est des cosmonautes, et que déjà, ils nous parlaient.
Qu’en plus nous aussi on se moquait un peu d’eux.
On parle de chose et d’autre. Y’en a un qui offre un petit avion à Matteo. Mais il est de mauvais poil. Il faut dire que toute cette agitation l’a un peu remué.
Nous Voilà à Delhi. Un vélo rickshaw nous amène à notre hôtel « de luxe ». Bon, il est plein. Dans Pahar ganj, qui est un peu le coin à touriste, il y en a d’autres.
Finalement, on en trouve un à coté. Grande chambre claire et quasi-propre, une télé super pour Mattéo. Ouf.
Bon, y’a un peu moins de bruit dehors, c’est une petite rue.
Mais à l’usage…
Déjà, le diesel sur le toit, c’est la norme.
Et puis, les gens qui viennent ici et ceux qui y travaillent, sont beaucoup moins sympas que dans notre petit hôtel du début. L’eau chaude y est peut-être même moins présente.
Bon, je n’avais jamais eu l’eau chaude en Asie. Mais à cette époque de l’année les nuits sont un peu fraîches (17/20) et nos petits corps d’européens ne sont pas encore habitués…
Bon, en gros, à par la chambre plus grande et plus claire, on était mieux avant.
Mais, le nouveau quartier est assez sympa.
Juste sous ma fenêtre, il y a des gens qui dorment dans la rue. Sur des lits en lanières tressées (j’ai testé dans le temps…aie le dos), assez petits en longueur.
Parmi eux, il y a un petit vieux que je ne vois pas quitter sont lit pendant au moins deux trois jours. A force de l’observer, je m’aperçois qu’il est sourd et aveugle.
Le même en live.
Je m’aperçois aussi qu’il est le patriarche d’une smala de femmes qui passent leur journée à laver du linge dans une petite cour juste derrière lui.
Il y a des vaches aussi. Et des chiens…qui gueulent beaucoup la nuit.
On prend le métro pour aller au Zoo.
Le métro est assez étonnamment nickel.
Le Zoo est moins pouilleux que celui de Pékin. Des écoliers en vadrouille…
Rien de spécial. Mais ça fait plaisir à Matteo qui râle toujours un peu.
Le lendemain, on va voir le fort rouge. On visite le coin, Chandni Chowk, tout aussi agité que dans notre coin.
On a un rickshaw pour quelques heures. Un type très sympa. Quand je lui demande du charas, il se marre et me demande comment je savais qu’il fumait.
Il me trouve de l’herbe du Kerala…
La circulation est infernale…
Du coté de Pahar Ganj, il y a un chai shop. Un petit étal à thé, sous un arbre.
J’y sirote mon chai (thé, lait, cardamome et dieu sait quoi de délicieux) on regardant le monde qui y circule sans cesse. Vaches, rickshaw, moto rickshaw, voiture, motos, vespas, charrettes à bras, à bœufs…Touristes aussi, mendiants, sadous, babas…
Ça klaxonne à tout va.
Il y a un barbier aussi qui me rase, me masse…
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Des magasins où Flo dégotte des merveilles.
Un restaurant en terrasse, calme et sympa où Matteo mange des frittes et moi un superbe curry aux champignons.
Matteo s’est mis à faire la collec des cartes, non pas Panini, mais des dieux indiens !
Je l’imagine en train de faire la collec des vierges Marie, petit Jésus, saint bidule… Enfin, les dieux là bas sont plus rigolos et plus sympas. Et puis, ça lui plait bien.
On s’assoit tous les deux au bord de la route et on regarde les gens.
Les mendiants qui viennent tanner les touristes. Qui font semblant de ne pas les voir. Qui cèdent finalement car les mendiants s’accrochent.
Y’en a des pas tristes des mendiants. Des amputés, des déformés. Mais y’en a un encore plus gore. Je ne sais pas ce qu’il a, on dirait la lèpre. Il a la peau toute déscouamée. Il n’arrête pas de se gratter. Mais le pire, c’est le visage. Il n’a pas de lèvres, du coup, il a la bouche grande ouverte sur son visage tout rongé.
Matteo regarde, pas effrayé, juste un peu surpris.
Les vaches viennent se gratter contre les scooters. Elles aiment bien les scooters. C’est la bonne taille. Je me souviens d’une qui se nettoyait les oreilles avec la poignée d’un scooter.
Il y a plein de magasins, en dur ou sur des charrettes dans la rue.
J’y achète un Ganesh en plastique qui clignote et fait de la musique. Kitch à souhait.
Matteo se fait tatouer au henné. La classe ! Il va pouvoir frimer avec ses copains.
Ben voilà, quinze jours, ça passe vite.
On s’habitue juste à ce monde qu’il faut déjà le quitter…
15 jours en Inde - 5
On atteint Kosi à la nuit tombée. Pour arranger le tout, l’électricité s’arrête.
Un type sympa, qui travaille à Pékin ( !), nous aide à trouver un hôtel. Hélas plein.
Bon, il ne lâche pas, trouve un rickshaw et nous emmène à un autre hôtel. Ouf, y’a de la place.
Mais alors, c’est sale, même avec des critères indiens.
Enfin, Matteo est content, y’a la téloche, il peut regarder des dessins animés.
Même si je vois bien qu’un tas de chose l’intéressent ou l’impressionnent, il râle après son ordi, ses copains, de la bouffe pas épicée, des gens qui parlent sa langue.
Autre aspect intéressant, on est juste au bord de l’autoroute. Les Indiens ne savent pas conduire sans klaxonner. Si le klaxon est en panne, le véhicule est en panne.
Même avec les boules quiès, je ne ferme guère l’œil de la nuit. Déjà à Agra…
En plus, on est assez éloigné de la « ville ». Et vu la propreté, j’ai l’estomac qui me chatouille.
On craque un peu. On rêve de palaces. Mais vu les prix à Delhi (200 Euros la nuit) on envisage plus raisonnable.
Donc, direction la gare pour Delhi.
A la gare, on est reçu comme des princes par le chef de gare.
Il faut dire que des touristes, par ici, il n’en voit pas souvent.
Il nous offre à boire, à manger et nous fait nos tickets pour Delhi. Des vrais tickets, format ticket de métro, en carton épais. Un peu comme les tickets des pèses personnes d’ici. La photo (délavée) de la star de Boliwood en moins. Pas des tickets informatiques en papier comme sur les grandes lignes.
Sur le quai, y’a du monde. Dans le train aussi…
Matteo flippe un peu. Surtout que tout le monde le regarde…
Dans le train, on est debout. Les gens m’offrent des places, mais je ne vois pas pourquoi, ce serait à eux d’être debout.
Un jeune parle anglais (ce n’est pas rare du tout…). On discute de la vie, la mort, la coiffure.
Il y a un changement de train.
Quand on arrive sur le quai…
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Il y a encore beaucoup plus de monde ! Et l’a, l’effet cosmonaute est encore plus manifeste. On est entouré d’une bonne centaine de personnes toutes aussi curieuses les unes que les autres. Matteo se concentre sur ses chips. Flo est plutôt amusée, surtout qu’elle me voit rigoler comme un bossu et filmer tout ça avec bonheur.
Un groupe de femmes s’empare de Routoutou qui les intrigue. Matteo est outré mais ne pipe pas mot.
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Après une longue série de rigolade, le train arrive.
La bousculade à la montée effraie un peu Matteo. Qu’est-ce qu’on rigole !
Les gens nous font un peu de place.
On est huit par banc de quatre.











































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